Ukraine

Une «petite Russie» en quête d'identité

L'Ukraine a été ainsi baptisée en 1187 d'après un mot slave qui veut dire « frontière » ou « marche ».

Ce grand État en mal de visibilité s'étire de fait aux marges du monde russe, dont il a été le berceau, et à la jonction entre le monde orthodoxe et le monde catholique. Indépendant depuis 1991 seulement, il peine à trouver sa place entre un Occident attirant mais lointain et une Russie proche mais crainte.

André Larané
Famille de paysans, peinture de Taras Chevtchenko, 1845
Le berceau de la Russie

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L'Europe orientale et l'Ukraine
L'Ukraine s'étend de part et d'autre du Dniepr et au nord de la mer Noire. Elle est un peu plus vaste que la France (600.000 km2) mais moins peuplée avec 45 millions d'habitants en 2013, Crimée comprise (cette population est en rapide décroissance et ne devrait plus s'élever qu'à 34 millions en 2050 dans les mêmes frontières).

Les Ukrainiens de l'Est et du Sud ont été longtemps désignés sous l'appellation de « Petits-Russiens » du fait de leur parenté étroite avec la Russie, cependant que ceux du Nord-Ouest (Galicie, Volhynie, Podolie), proches de la Pologne-Lituanie ou des États habsbourgeois, ont été qualifiés de « Ruthènes ».

C'est autour de Kiev, capitale actuelle de l'Ukraine, sur le Dniepr, que la future nation russe est née, aux alentours de l'An Mil. Mille ans plus tard, elle a été divisée en trois États : Russie proprement dite, Ukraine et Biélorussie, avec des langues nationales qui ont lentement dérivé par rapport à l'ancienne langue commune.

Les divisions

Les plaines fertiles de l'Ukraine, recouvertes d'une épaisse couche d'humus, le « tchernoziom », ont vu passer de nombreux peuples nomades (Scythes et Sarmates, Goths et Huns) avant d'être enfin occupées par des Slaves ainsi que des Varègues (Vikings).

Après le baptême du grand-prince de Kiev Vladimir, en 988, une fédération prospère de principautés marchandes s'épanouit autour de Kiev et de la dynastie des Riourikides. Elle doit toutefois combattre de nouveaux venus, Khazars, Bulgares, Petchenègues et Coumans.

Au nord-ouest de Kiev et du Dniepr, les principautés de Volhynie et Galicie s'émancipent de Kiev et s'unissent en 1199 mais c'est pour tomber deux siècles plus tard, en 1386, sous la coupe de l'État polono-lituanien de la dynastie des Jagellon.

Les nouveaux souverains, catholiques bon teint, supportent mal leurs sujets orthodoxes de rite byzantin. Le concile de Florence, en 1439, décrète l'union de l'Église de Galicie à Rome.

En juillet 1569, par l'Union de Lublin, l'État polono-lituanien se mue en une « République unie » dirigée de fait par les Polonais.

Orthodoxes contre « Uniates »

La cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie, à Kiev, XIe siècle (photo : Gérard Grégor pour Herodote.net)Tolérants à l'égard des protestants et des juifs, les Polonais se montrent par contre impitoyables envers les chrétiens orthodoxes d'Ukraine.

En 1596, par le synode de Brest-Litvosk, ils imposent la création d'une Église catholique ukrainienne dite « uniate », autrement dit rattachée à Rome. Ses fidèles conservent les rituels byzantins et le slavon comme langue liturgique tout en faisant allégeance au pape.

À vrai dire, seules les élites et la bourgeoisie urbaine se rallient à cette Église uniate (moins de 10% de la population actuelle du pays). Le peuple des campagnes demeure pour l'essentiel fidèle à la tradition orthodoxe.

Aujourd'hui encore, ces questions religieuses divisent l'Ukraine et altèrent ses relations avec l'Occident, les Ukrainiens étant devenus méfiants à l'égard de tout ce qui vient du monde catholique.

Les seigneurs polonais ne sont pas tendres non plus avec leurs sujets ukrainiens. Ils s'attribuent d'immenses domaines dans le pays et réduisent peu à peu leurs paysans au servage, alors même que ce statut, qui fixe les paysans et leur descendance au domaine, est en voie de disparition dans toute la chrétienté occidentale.

À partir du XVIe siècle, beaucoup de paysans ukrainiens s'enfuient vers le Sud, au-delà des cataractes du Dniepr, et se constituent en communautés indépendantes, les Cosaques Zaporogues (d'après une expression mongole ou tatar qui signifie : « hommes libres d'au-delà des rapides »).

Au nombre de quelques milliers, ils se réunissent dans leur quartier général (sitch), sur une île du Dniepr, dans une assemblée (Rada) au cours de laquelle ils élisent un porte-parole ou un chef (hetman).

Dans un premier temps, les rois de Pologne leur laissent leur liberté de mouvement dans la mesure où ils défendent le territoire contre les incursions des Tatars musulmans de Crimée et du littoral de la mer Noire.

Ce danger diminuant, ils tentent de rétablir leur autorité. Mais les Cosaques se révoltent sous la direction de leur chef, l'hetman Bogdan Chmielnicki, et, par le traité de Pereyaslav, le 18 janvier 1654, se placent sous la protection du tsar Alexis 1er Romanov, qui règne à Moscou.

La Pologne proteste et il s'ensuit une longue guerre qui se termine par le traité de paix d'Androussovo du 31 janvier 1667. À cette occasion, la Russie des Romanov, en pleine ascension, récupère la rive orientale du Dniepr. Vingt ans plus tard, Kiev et Smolensk passent à leur tour à la Russie. Seule la Galicie et sa capitale Lvov (ou Lviv) demeurent polonaises.

Les Cosaques Zaporogues écrivent une lettre au sultan de Turquie (Ilya Repin, 1891, Musée d'État de Russie, Moscou)

Domination russe

Dans l'esprit du tsar, l'Ukraine est terre russe et n'a droit à aucun statut particulier. Ainsi, le métropolite de Kiev, chef religieux de l'Église orthodoxe ukrainienne, est placé sous l'autorité du patriarcat de Moscou. C'est dès lors du joug russe que commencent à pâtir les Cosaques et autres Ukrainiens.

Le 14 juillet 1700, à l'issue d'une guerre contre l'empire ottoman, le tsar Pierre le Grand obtient la cession de l'embouchure du Don, sur la mer d'Azov, avec, enfin, un accès sur la mer Noire. C'est le moment où débute la Deuxième Guerre du Nord, qui met aux prises la Suède de Charles XII avec la Russie de Pierre le Grand et ses alliés.

Le nouvel hetman des Cosaques, Ivan Mazeppa, décide de profiter de l'occasion pour obtenir des Suédois l'indépendance de l'Ukraine. Et Charles XII, désireux de soutenir son providentiel allié, décide de le rejoindre avec son armée au lieu de marcher sur Moscou.

Après un difficile hiver en Ukraine, il met le siège devant Poltava mais en est délogé le 8 juillet 1709 par des renforts russes. Charles XII et Mazeppa n'ont plus d'autre choix que de demander asile à la Turquie. C'en est fini pour deux siècles des espoirs d'indépendance ukrainienne.

En 1764, Catherine II la Grande destitue le dernier hetman et, en 1775, à la suite de la révolte de Pougatchev, un Cosaque du Don, elle détruit le sitch des Zaporogues et abolit les dernières libertés cosaques.

Odessa, la « Nouvelle Russie », Potemkine et Richelieu

Prince Grigori Potemkine (11 octobre 1739, Tchijovo - 16 octobre 1791, Nikolaïev), portrait anonyme, 1847Le traité de Kutchuk-Kaïnardji (21 juillet 1774) consacre une nouvelle défaite de l'empire ottoman et permet à Moscou de consolider sa présence sur la mer d'Azov.

La Crimée est annexée en 1783 par le prince Grigori Potemkine, favori et amant de la tsarine Catherine II, qui en devient le premier gouverneur russe.

C'en est fini de ce khanat, dernière survivance de la Horde d'Or mongole.

Ayant chassé les Tatars du Don, Potemkine fonde dans cette « Nouvelle Russie » plusieurs villes dont le port de Sébastopol, base navale destinée à tenir la mer Noire. Les immigrants russes remplacent en bonne partie les précédents habitants, Turcs et Tatars de confession musulmane.

Armand-Emmanuel du Plessis, duc de Richelieu (Paris, 20 février 1820 – 14 décembre 1821)En 1794, l'empire ottoman cède encore à la Russie l'embouchure du Dniepr, à l'ouest de la péninsule de la Crimée. Catherine II décide d'y fonder une nouvelle forteresse sous le nom d'Odessa, librement inspiré d'Odysseus (nom grec d'Ulysse !).

En 1803, le tsar Alexandre 1er donne à Odessa et à la Nouvelle Russie un gouverneur français en la personne d'Armand du Plessis, duc de Richelieu et arrière-petit-neveu du cardinal.

En dix ans, cet émigré, qui a fui la Révolution (et une épouse bossue), va faire d'Odessa la « perle de la mer Noire » et une « Saint-Pétersbourg du Sud » en style rococo.

Il va ensuite revenir en France pour accomplir une brillante carrière ministérielle au service de Louis XVIII.

Le théâtre de la ville d'Odessa, construit en 1887 (photo : André Larané, 2013)

La reconquête de l'Ukraine par Moscou est complétée à la faveur des deux premiers partages de la Pologne, en 1772 et en 1793. Ils font passer l'ensemble du territoire ukrainien mais aussi la Biélorussie sous l'autorité du tsar.

Au XIXe siècle, la montée des nationalismes conduit le gouvernement du tsar Nicolas 1er à réprimer les forces centrifuges.

Le poète a parlé

Taras Chevtchenko, autoportrait (9 mars 1814 - 10 mars 1861)Le peintre et poète romantique Taras Chevtchenko (1814-1861), fils de serfs et serf lui-même, est le symbole de la renaissance douloureuse de la culture ukrainienne à travers sa courte vie, tissée de servitude, de prison et d'exil.

À la différence de son compatriote et ami Nicolas Gogol (1809-1852), qui choisit d'écrire en russe et dépeint la République cosaque dans son célèbre roman Taras Boulba, Taras Chevtchenko reste fidèle à sa langue maternelle. Il lui donne ses lettres de noblesse en créant le grand poème national Kobzar.

Arrêté en1847 comme membre de la société secrète Fraternité de Cyrille et Méthode, il est envoyé en Sibérie comme soldat avec interdiction d'écrire et peindre.

Alexandre II, bien que réputé « libéral », interdit la langue ukrainienne dans l'imprimerie et à l'université et c'est de l'autre côté de la frontière, en Autriche-Hongrie, dans l'université de Lvov ou Lemberg (Ruthénie), que les lettrés et intellectuels ukrainiens trouvent refuge.

Avec la première Révolution russe, en 1905, une éclaircie se fait jour. Le Manifeste publié par Nicolas II le 30 octobre 1905 promet de respecter les nationalités. Aussitôt fleurissent en Ukraine des dizaines de journaux dans la langue nationale.

Scène du film Le cuirassé Potemkine (Serguei Eisenstein, 1925), sur l'escalier Richelieu d'Odessa, qui mène du port à la ville

La première indépendance

Les Révolutions russes de 1917 offrent aux nationalistes ukrainiens une opportunité inattendue de recouvrer leur indépendance et le droit de pratiquer leur langue, si peu différente qu'elle soit du russe.

À Kiev, une assemblée (Rada) réunie le 15 mars 1917 constitue une République autonome ukrainienne avec Vinnichenko à la présidence du Conseil des ministres. Elle conserve un lien fédéral avec la Russie. Mais Lénine et les bolchéviques, après qu'ils ont pris le pouvoir le 6 novembre 1917, lui opposent une République soviétique d'Ukraine, proclamée à Kharkov en décembre 1917. La Rada réplique en annonçant le 22 janvier 1918 un « État du peuple ukrainien, souverain, libre et indépendant ».

Attaquée par les bolchéviques, la Rada de Kiev signe avec l'occupant austro-allemand une paix séparée le 9 février 1918 mais le pouvoir moscovite fait de même le mois suivant.

Après l'armistice de Brest-Litovsk du 3 mars 1918, par lequel les Russes se retirent de la Grande Guerre, les Allemands occupent Kiev et leurs alliés autrichiens Odessa, avec la complicité des Cosaques.

Chars français à Odessa, en 1919, en soutien à l'armée blanche de DenikineÀ la défaite austro-allemande succède la guerre civile. Les nationalistes ukrainiens, l'armée bolchévique et l'armée tsariste de Denikine se font face.

À la mêlée se joignent les Cosaques et les anarchistes de Nestor Makhno, mais aussi des troupes occidentales et notamment françaises qui débarquent à Odessa et apportent leur soutien à Denikine, contre Lénine et les bolchéviques.

Anton Denikine refuse de faire alliance avec les nationalistes du général Pavlo Skoropadsky, auto-proclamé « hetman d'Ukraine » et ce sont en définitive les bolchéviques qui l'emportent... mais à moitié seulement car le traité de Riga de 1921 avec la Pologne laisse la Galicie et la Volhynie à cette dernière.

La création de l'URSS, le 30 décembre 1922, fait de l'Ukraine la deuxième République du pays après la Russie. La langue ukrainienne en devient la langue officielle.

Mais ces concessions politiques cachent mal l'emprise très forte du Kremlin sur le Parti communiste ukrainien et la hiérarchie administrative.

Dans les années 1930, sous le prétexte de lutter contre le « nationalisme bourgeois », Staline décapite les élites ukrainiennes. Et sous prétexte de lutter contre les « koulaks », paysans riches, il provoque une famine gigantesque par voie administrative ! C'est l'Holodomor (deux à six millions de morts).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en dépit des horreurs de l'occupation allemande, illustrées par les massacres de Babi Yar (Kiev), les nationalistes locaux ont la tentation d'en profiter pour acquérir enfin l'indépendance. 

Leur chef Stepan Bandera proclame celle-ci dès le 1er juillet 1941, une semaine après l'invasion allemande. Mal lui en prend. Il est arrêté par les Allemands eux-mêmes, Hitler ne voulant pas d'une alliance avec les Ukrainiens, qu'il méprise autant que les autres Slaves. Il sera finalement tué à Munich le 15 octobre 1959 par des agents du KGB soviétique.

Les Ukrainiens du bataillon Nachtigall défilent à Kharkov devant les Allemands en 1941

À l'heure de la revanche, Staline se montre impitoyable avec les anciens collaborateurs des nazis et tous ceux considérés comme tels, mais pas seulement en Ukraine...  Le 18 mai 1944, les Tatars de Crimée sont massivement déportés vers l'Asie centrale. Une partie d'entre eux reviendront plus tard dans la péninsule. Au nombre d'environ 250.000, ces musulmans d'origine turque forment aujourd'hui un peu plus de 12% de la population de la Crimée.

Dans le demi-siècle qui suit, jusqu'à l'éclatement de l'URSS, la République socialiste soviétique d'Ukraine va subir sans mot dire la tutelle de Moscou et du Parti communiste. Avec une maigre consolation : un siège à l'ONU (de même que la Biélorussie, la troisième composante du peuple russe).

En 1954, prenant prétexte du tricentenaire du traité de Pereyaslav par lequel les Cosaques avaient fait allégeance au tsar, le secrétaire général du PCUS Nikita Krouchtchev détache la Crimée de la République de Russie et en fait cadeau à l'Ukraine - sa patrie d'origine. Il s'agit d'un cadeau incongru mais de peu de signification dans une Union soviétique où l'on s'applique à briser les nationalismes en mélangeant les nationalités à l'intérieur des grandes divisions administratives...

La deuxième indépendance

Le 24 août 1991, dans la confusion qui suit l'éviction de Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant de l'Union soviétique, le Parlement ukrainien proclame l'indépendance de la République dans les frontières artificielles dessinées par les dirigeants bolchéviques.

Après quelques disputes, Moscou et Kiev finissent par s'accorder sur le cas particulier de la péninsule de Crimée, traditionnellement russe mais rattachée à l'Ukraine par Nikita Khrouchtchev en 1950. Moscou conserve en particulier l'usage du port militaire de Sébastopol.

Pauvre, dépendante de la Russie pour ses approvisionnements en gaz, saturée qui plus est en équipements nucléaires, dont l'ex-centrale de Tchernobyl, la nouvelle Ukraine est handicapée par l'absence d'État de droit et la prévalence d'une ploutocratie affairiste issue des anciens cadres du parti communiste. Elle doit au surplus composer avec son importante minorité russe ou russophone, importante en Crimée et à l'Est, en particulier à Kharkiv (ou Kharkov) et autour du gisement charbonnier du Donbass, sur les bords du Donets, un affluent du Don.

Dans les premières années, le président Léonid Kravtchouk consolide l'indépendance du pays en nouant des rapports plus étroits avec l'Union européenne. Son successeur Leonid Kouchtma, élu en 1994, se rapproche du grand frère russe et de Vladimir Poutine.

Le 21 novembre 2004, l'élection truquée du candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch à la présidence de la République jette l'opposition dans la rue. La capitale Kiev est en ébullition. C'est la « Révolution orange ». Pacifique, elle se solde par l'arrivée au pouvoir de Viktor Iouchtchenko. Le vainqueur est défiguré par ce qui semble être une tentative d'empoisonnement à la dioxine.

Les dissensions entre le nouveau président et son Premier ministre Ioulia Timochenko, une femme charismatique à la belle natte blonde, entraînent le renversement de celle-ci dès 2006 par la nouvelle majorité législative et son remplacement par Viktor Ianoukovitch. Ce dernier remporte l'élection présidentielle du 25 février 2010, pour de bon cette fois. Mais il est renversé par la rue quatre ans plus tard, au terme d'une nouvelle révolution, cette fois dramatique et sanglante. Il s'ensuit l'arrivée à la présidence de Petro Porochenko, un industriel du chocolat ! Dans le même temps, Moscou encourage la sécession de la Crimée et son rattachement à la Russie à l'issue d'un référendum. Moscou soutient aussi une rébellion meurtrière dans le Donbass, la partie orientale russophone du pays...

Le 20 mai 2019, de nouvelles élections ont raison du pouvoir corrompu et inefficace de Porochenko mais elles portent cette fois à la présidence un acteur de série télé, Volodymyr Zelensky (41 ans). Désireux de sortir à tout prix son pays de la paralysie, il négocie avec son homologue Vladimir Poutine, autrement plus habile et expérimenté, un premier échange de prisonniers le 7 septembre 2019. Les deux hommes se rencontrent aussi à Paris le 9 décembre et concluent un autre échange de prisonniers le 29 décembre 2019...

Publié ou mis à jour le : 2020-01-02 14:19:17

 
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