Antoine le Grand (250 - 356)

Le plus célèbre des « Pères du désert »

Le futur « Père des moines d'Occident » est né en Égypte, à Qeman (Coma), près de Memphis, dans une famille aisée. Sa vie nous est connue par son contemporain et ami, l'évêque d'Alexandrie Athanase qui, en marge de son combat contre l'hérésie arienne, écrivit sa biographie en 370.

Mille ans plus tard, à l'époque du Quattrocento italien, saint Antoine et les autres ermites du désert ont inspiré un thème pictural populaire, les « thébaïdes », du nom de la Thébaïde, la région de Thèbes, en Basse-Égypte. 

Ysaline Homant

La tentation de Saint Antoine, par Jérôme Bosch (1508, musée du Prado, Madrid)

Un ermite parmi beaucoup d'autres

À 20 ans, Antoine décide de se retirer dans le désert et de vouer sa vie à la prière comme beaucoup d'autres Égyptiens de son époque. Ces ascètes sont appelés ermites (du mot grec eremos qui désigne le désert) ou anachorètes (du grec ana, à l'écart, et khorein, se retirer).

Pour se conformer strictement aux enseignements de l'Évangile, il renonce donc à tous ses biens et s'initie à la vie érémitique auprès d'un vieil ascète. Il le quitte bientôt pour s'installer seul dans un tombeau à flanc de montagne, sur le mont Qulzum, en Thébaïde (région de Thèbes, Égypte).

Là, il est soumis à diverses tentations du Malin ou du diable qui donneront lieu beaucoup plus tard à de célèbres oeuvres picturales comme la toile ci-dessus de Jérôme Bosch (1508).

Saint Antoine est sur cette toile comme sur beaucoup d'autres représenté en compagnie d'un cochon. Sous cette apparence inoffensive se dissimule le Malin venu induire en tentation le malheureux ermite !

Sa réputation de sainteté lui vaut le malheur supplémentaire d'attirer de nombreux disciples, qui s'établissent non loin de lui, dans des cabanes individuelles, et le retrouvent à différents moments pour partager la prière.

Lui-même accepte à contrecoeur leur voisinage, ce qui fait de lui le plus célèbre des « Pères du désert » mais aussi le patriarche des cénobites (du mot grec keinobios qui désigne ceux qui vivent ensemble et s'oppose à anachorète). Il est considéré de façon un peu abusive comme le « Père des moines d'Occident (et d'Orient) ».

Les ermites cessent d'être isolés

À vrai dire, c'est plutôt à son contemporain saint Pacôme que doit revenir le mérite d'avoir organisé la première règle monastique, en réponse à la demande des évêques. Pour les ermites établis autour de Tabennisi, près du Nil, il a ainsi précisé dans un écrit très simple les heures et les jours de prière commune ainsi que quelques obligations comme celle d'obéir à un supérieur...

Un prêtre d'origine scythe, Jean Cassien, se forme à la vie monastique en Basse-Égypte, pendant une quinzaine d'années (384-400), avant de s'établir à Marseille où il fonde sur le même principe le monastère Saint-Victor. Ses écrits, sous le titre de Collations (entretiens en latin), vont faire connaître les principes de la vie monastique en Occident.

Son contemporain l'évêque saint Martin de Tours participe aussi à la formation du monachisme occidental avec la fondation de l'abbaye de Ligugé, près de Poitiers. 

Au siècle suivant, saint Benoît de Nursie va rédiger une règle qui s'imposera peu à peu en Occident à tous les monastères (on appelle ainsi les lieux où vivent les moines, du grec monos, seul), avec le soutien du pape Grégoire le Grand et sous la pression de Charlemagne et son fils Louis le Pieux.

Saint Antoine préfère la solitude

En attendant, Antoine, lui, se refuse à donner une règle à ses communautés de disciples. En 311, il se rend exceptionnellement à Alexandrie pour défendre ses coreligionnaires contre les persécutions des derniers empereurs païens. Il y retourne en 354 pour soutenir l'évêque Athanase dans sa lutte contre les hérétiques ariens.

L'ermite serait mort plus que centenaire dans une palmeraie proche de la mer Rouge le 17 janvier 356. Découverte vers 561, sa dépouille sera plus tard transférée en Dauphiné à la Motte-Saint-Didier (aujourd'hui La Motte-Saint-Antoine). En référence à sa lutte contre le démon et les flammes de l'enfer, la tradition prête à Saint Antoine la réputation de guérir les brûlures et l'inflammation dite « feu Saint-Antoine » !

Publié ou mis à jour le : 2020-01-16 18:59:54

 
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