La Normandie, qui tire son nom des « hommes du Nord », les Vikings, a très tôt occupé une place primordiale dans l'Histoire de la France... comme dans celle de l'Angleterre. On le constatera de visu en 2027 quand les Britanniques célèbreront le millénaire de la naissance de Guillaume Ier, le fondateur de leur dynastie. À la France, l'ancien duché a donné quelques-uns de ses plus grands écrivains : Corneille, Flaubert, Tocqueville, Maupassant, etc.
L'actuelle région administrative (capitale : Rouen, 30 000 km2 et 3 400 000 habitants en 2025) recouvre à peu de chose près les limites du duché médiéval. Elle est l'une des régions les plus florissantes du pays par son industrie et son agriculture...
La Normandie, une Histoire en quatre épisodes !
Commençons déjà par un aperçu de la géographie. Le territoire de la Normandie est bien délimité depuis le XIe siècle. Il s’articule autour de la basse vallée de la Seine qui a toujours été un couloir commercial de premier plan, et s’étend vers l’ouest jusqu’à la côte occidentale du Cotentin. Il inclut cinq départements créés en 1790 et englobe trois villes de plus de cent mille habitants : Rouen, Caen, Le Havre.
La géologie laisse apparaître une division en deux parties : tandis que l’ouest métamorphique se trouve pleinement intégré au Massif Armoricain, l’est sédimentaire est une continuité du Bassin Parisien. A l’ouest se trouve le granite, les schistes et le grès, à l’est se trouve la craie et les argiles, avec une petite zone de transition entre les deux. Cela explique qu’on trouve surtout des prés à l’ouest, et des champs à l’est. L’atout naturel du val de Seine s’en trouve encore renforcé.
Le peuplement de la région est inconnu avant l’arrivée des Celtes vers 500 avant J.-C. La Normandie est alors une simple continuité des régions voisines. Puis à partir du IIe siècle avant J.-C., l’influence croissante des Germains conduit à l’émergence des peuples belges au sein du monde celtique.
Au Ier siècle avant J.-C., la Normandie se retrouve divisée en une dizaine de clans d’extension modeste. Au nord de la Seine, les Calètes et les Veliocasses se distinguent par leur appartenance aux peuples belges. Ailleurs se trouvent les Eburons, Lexoviens, Essuviens, Viducasses, Bajocasses, Abrincates et Unelles. Ces derniers étendent leur influence à l’ouest jusqu’aux îles anglo-normandes.
Parmi tous les oppidums connus, un seul se trouvait à l’emplacement d’une grande ville actuelle : celui de Rouen. Les Veliocasses profitaient pleinement de leur position sur l’axe commercial reliant les civilisations de la Méditerranée à l’Europe du Nord, notamment les Cornouailles riches en étain. L’oppidum de Rouen rivalisait alors avec celui de Sens qui était l’autre étape majeure de cette route fluviale.
Lorsque Jules César amorce sa Guerre des Gaules, cela provoque d’abord la révolte des Belges en 57 avant J.-C. à laquelle les Calètes et les Veliocasses apportent un soutien modéré. Puis l’année suivante, la résistance des Vénètes entraîne une large rébellion de tous les Armoricains. Au nord, elle est menée par le chef des Unelles, Viridovix. Mais celui-ci est tué dans la bataille de Vernix et la rébellion est écrasée. Finalement, la région est intégrée à la Gaule Romaine sans que César ait besoin d’intervenir personnellement.
Sous le règne du premier empereur, Auguste, les territoires des anciens clans sont refondés en cités administrées depuis des villes nouvelles : à l’est, Lillebonne et Evreux émergent aux côtés de Rouen. À l’ouest sont fondées les villes de Lisieux, Bayeux, Coutances, Avranches, Sées, ainsi que Vieux qui alimentera la future ville de Caen. De façon assez singulière, les Esuviens, autrefois centrés sur Exmes, changent de nom pour devenir les Sagiens, en référence à la nouvelle capitale. Enfin les îles anglo-normandes sont rattachées à la cité des Unelles.
Cet ensemble appartient à la province de Gaule Lyonnaise dont Lyon est la capitale, ce qui en fait une région assez excentrée. On remarquera que les plus grandes villes de Gaule s’articulent autour de l’axe commercial majeur passant par Rouen dont nous avons parlé. De façon générale, le Grand Ouest apparaît peu urbanisé.
La pax romana s’achève dans les années 250 qui vont marquer le début de profonds bouleversements. Profitant de l’anarchie militaire qui secoue l’empire, des peuples germaniques envahissent la Gaule, les Francs par voie de terre, les Frisons et les Saxons par voie de mer. Cela provoque une chute démographique majeure dans les villes, encore accentuée par le développement des Bagaudes. La sécurité n’est rétablie qu’à la fin du IIIe siècle avec la création d’un réseau de fortifications sur la Manche, le Litus Saxonicum. L’ancienne province de Lyonnaise est découpée en 4 parties, ce qui marque l’émergence de l’actuelle Normandie en tant qu’unité administrative.
La fin de l’ordre ancien favorise la diffusion du christianisme au IVe siècle en même temps que s’achève la latinisation des Gallo-Romains. Puis en 407 survient une invasion germanique beaucoup plus massive que la précédente qui submerge toute la Gaule. En particulier, les Saxons mènent des attaques sur les deux rives de la Manche et s’installent sur l’île de Bretagne abandonnée par l’Empire. Cela augmente encore la pression saxonne sur la Normandie, tant et si bien que l’apport génétique des Saxons devient non négligeable dans toute cette région.
En parallèle, la pression anglo-saxonne pousse les Bretons des Cornouailles et du Pays de Galles à migrer outre-Manche : si cela concerne surtout l’Armorique, l’ouest de la Normandie n’est pas épargné, notamment dans le Cotentin et l’Avranchin où l’implantation bretonne est massive. Finalement, cela forme une continuité de peuplement entre la Bretagne et la Normandie, avec une transition dans le Cotentin. La langue bretonne ne s’impose toutefois que plus à l’ouest, là où les immigrants bretons sont les plus nombreux. Ailleurs, les Bretons et Saxons finiront par se fondre dans la population latine. C’est aussi le cas dans les îles anglo-normandes du fait de leur lien avec le Cotentin.
Une autorité romaine se maintient tant bien que mal depuis la ville de Soissons jusqu’à sa conquête par Clovis en 486. La Normandie se retrouve intégrée durablement dans le royaume franc qui rétablit une certaine sécurité dans la région. La proximité du cœur neustrien revitalise la vallée de la Seine sous les Mérovingiens tandis que l’ouest reste davantage délaissé.
Si l’avènement des Carolingiens marque un nouvel apogée des Francs, celui-ci reste éphémère : les premiers raids vikings surviennent dès le début du IXe siècle. S’ils restent contenus sous Charlemagne et Louis le Pieux, les guerres que se livrent ses trois fils ouvrent un boulevard pour ces Hommes du Nord qu’on appelle les Normands. La ville de Rouen est pillée en 841 en même temps que les abbayes de Jumièges et de St Wandrille. Puis ils remontent une deuxième fois la Seine en 845, cette fois jusqu’à Paris.
À partir de 850, les Vikings commencent à s’implanter sur place, dans le nord du Cotentin d’une part qui est moins bien contrôlé par le pouvoir franc, et sur l’île d’Oissel d’autre part d’où ils peuvent mener des raids plus en profondeur. En 852, c’est un territoire immense qui est mis à sac incluant Rouen, Evreux et Bayeux.
Incapable de chasser les Normands du Cotentin, le roi de Francie Occidentale Charles le Chauve accepte de le céder au roi Salomon de Bretagne en 867. Cependant les Bretons peinent déjà à repousser les Vikings sur leur propre terre et ils vont délaisser le Cotentin tout autant que les Francs.
Finalement, la mort de Charles le Chauve en 877 s’accompagne d’une colonisation de grande ampleur dans toute la Normandie qui laissera des traces non négligeables sur le plan génétique. En parallèle, plusieurs villes sont largement détruites comme Coutances en 886 et Saint-Lô en 890. L’impuissance du royaume de Bretagne s’accentue à partir de 907 qui voit les Vikings submerger tout le pays. Il s'ensuit une continuité dans l’implantation scandinave depuis la Bretagne jusqu'à la Normandie, avec un maximum dans le Cotentin et le Bessin, sans toutefois dépasser les 20% d’apport génétique. Cela s’ajoute à l’apport des Saxons survenu au Ve siècle, et à celui des Bretons à la même époque. Finalement, le Cotentin, l’Avranchin et le Bessin sont les régions ayant connu le plus fort apport génétique venu du nord.
L’immigration viking, d’origine essentiellement danoise, va peu à peu se stabiliser au Xe siècle et la Normandie ne connaîtra plus de bouleversement génétique jusqu’à l’époque actuelle. C’est le début de l’âge de gloire pour cette région dorénavant dominée par les Normands.
Tout commence en 911 : à cette époque, le roi Charles le Simple a perdu tout contrôle sur la Basse vallée de la Seine au profit des Normands. Il décide alors de pactiser avec l’un d’entre eux, un certain Rollon : il lui accorde le titre de comte de Rouen, en échange de quoi, Rollon doit se convertir au christianisme et sécuriser la région face aux nouveaux arrivants.
Cependant, Rollon ne tarde pas à trahir son serment en menant un raid sur Beauvais en 923. Puis l’année suivante, il mène une expédition vers l’ouest et s’empare du Bessin et du Hiémois. Il mène ensuite des raids vers la Picardie avant d’en être repoussé par les armées franques.
Son fils Guillaume Longue-Epée lui succède vers 932. Sa mère originaire de Bayeux n’est pas d’ascendance scandinave, ce qui amorce déjà un glissement linguistique et culturel vers le substrat romano-franc.
D’emblée, Guillaume tourne ses forces contre la Bretagne qui est alors en pleine décomposition. Il s’empare rapidement de l’Avranchin et du Cotentin, incluant aussi les îles anglo-normandes. Finalement, le rétablissement du pouvoir breton avec l’aide des Francs en 939 l’empêche de poursuivre sa progression. La Normandie a déjà pratiquement atteint ses frontières modernes.
Son fils Richard Ier lui succède en 943 à l’âge de 10 ans, ce qui entraîne un conseil de régence. Le roi des Francs Louis d’Outremer tente aussitôt de restaurer son emprise sur l’état normand, mais Richard parvient à exploiter sa rivalité avec le duc des Francs, Hugues le Grand, qui possède un pouvoir quasi-équivalent à celui du roi. Cela permet à Richard de reprendre la main en 947, assurant fermement son autorité sur le comté.
Les Francs tentent à nouveau de récupérer la Normandie en 960, mais c’est un nouvel échec. Finalement en 965, le roi des Francs est contraint d’accorder à Richard le titre de duc. Cette même année, le roi du Danemark se convertit au christianisme, ce qui va rapidement mettre un terme aux raids vikings.
La paix durable que connaît la Normandie permet une embellie économique qui se prolonge sous les successeurs de Richard. Les accrochages avec les Bretons permettent par ailleurs de rogner du territoire jusqu’au Mont-Saint-Michel vers 1015. Celui-ci restera comme un symbole de cette vieille rivalité entre Normands et Bretons.
Pendant ce temps-là, la fusion des immigrants avec les autochtones se poursuit, tant et si bien que le terme de « Normand » ne réfère plus aux Hommes du Nord, mais aux habitants de la Normandie. La langue d’oïl locale, proche du vieux français, prend le nom de « normand » alors qu’elle n’a aucun rapport avec le vieux norrois des Scandinaves. Le christianisme s'impose partout aux dépens du vieux polythéisme scandinave.
La situation se complique en 1035 lorsque le duc Robert Ier meurt prématurément. Son fils Guillaume le Bâtard, futur Guillaume le Conquérant, lui succède à l'âge de 8 ans, et les seigneurs profitent de ce vide central pour accroître leurs territoires. Le pays se couvre de châteaux forts dont certains sont en pierre, conséquence de la richesse acquise au cours des décennies précédentes.
Dès sa majorité, Guillaume commence à rétablir l'ordre. En 1047, il bat une armée de barons coalisés à la bataille de Val-es Dunes. Puis il continue de mater les seigneurs dissidents un à un depuis son poste avancé de Caen qui devient une capitale secondaire aux côtés de Rouen. La construction du château incarne cette nouvelle prospérité.
Inquiet de voir cette montée en puissance, le roi de France se retourne contre lui, mais Guillaume remporte des victoires qui lui permettent d'annexer le Passais en 1052 aux dépens du comte du Maine. La Normandie acquiert alors ses frontières définitives, à l’exception notable du Perche où les comtes conservent une grande autonomie.
Cette reprise en main par Guillaume pousse certains nobles à se tailler de nouveaux fiefs outremer dans l'esprit de l'ancienne culture viking. Cela concerne notamment le sud de l'Italie menacé par la progression des musulmans implantés en Sicile. Robert Guiscard, originaire du Cotentin, s’y distingue en se taillant un duché en Apulie et en Calabre en 1059, puis en entamant la conquête de la Sicile. La dynastie normande s’y maintiendra jusqu’en 1189, mais sans lien politique avec le duché de Normandie.
En 1064, Guillaume profite d'une rivalité interne à la Bretagne pour s'emparer de Dinan, mais sans parvenir à s'y maintenir. Une opportunité bien plus intéressante s'ouvre deux ans plus tard avec la mort sans héritier du roi d'Angleterre Edouard le Confesseur. Trois prétendants se retrouvent en ligne : l'anglo-saxon Harold, beau-frère du roi ; le Scandinave Harald, roi de Norvège ; et le Normand Guillaume qui avait accordé l'asile à Edouard dans sa jeunesse.
Le temps que Guillaume rassemble sa flotte, Harald et Harold se sont livrés une première bataille qu’Harold a remportée. Guillaume trouve ainsi l'armée d'Harold affaiblie par ce premier combat et triomphe le 14 octobre 1066 à la bataille d'Hastings. Le 25 décembre, il est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster, consacrant le prestige de la dynastie normande. La redistribution de nombreux fiefs à des barons normands va durablement imposer la langue normande, proche du vieux français, dans la haute noblesse de l’Angleterre. La langue anglaise elle-même va évoluer sous cette influence.
Dans les deux décennies suivantes, les richesses acquises en Angleterre accroissent encore la prospérité de la Normandie. Mais en 1087, la mort de Guillaume le Conquérant rebat les cartes : tandis que la Normandie et l'Angleterre sont séparées entre ses fils, les seigneurs tentent d'en profiter pour retrouver leurs anciens pouvoirs féodaux. L'affaire n'est réglée qu'en 1106 lorsque Henri Beauclerc triomphe de son frère Robert Courteheuse à la bataille de Tinchebray, unissant de nouveau la Normandie à l'Angleterre.
La Normandie atteint alors son apogée avec une forte densité de population, l'essor de nouvelles villes, et l'érection de nombreux monuments en pierre, notamment châteaux et abbayes.
La mort d'Henri Beauclerc sans enfant mâle en 1135 marque toutefois le début du déclin. La légitimité de sa fille Mathilde est contestée par un petit-fils de Guillaume, Etienne, qui s'empare du trône. Une longue guerre éclate entre Etienne et l'époux de Mathilde, Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, de Touraine et du Maine. Celui-ci remporte plusieurs victoires qui lui permettent de récupérer le duché en 1144, mais Etienne conserve l'Angleterre.
À la mort de Geoffroy en 1151, son fils Henri II Plantegenêt poursuit la lutte. Son mariage avec Aliénor lui permet d'obtenir l'Aquitaine en 1152, puis la mort d'Etienne lui permet de récupérer le trône d'Angleterre en 1154. Cet événement marque l'avènement d'un immense empire qui s’étend encore au-delà jusqu’à l’Ecosse et l’Irlande, mais la Normandie devient un duché parmi d'autres et perd quelque peu son rôle central.
À première vue, cet empire semble beaucoup plus puissant que la France des Capétiens, mais en réalité, l’autorité royale sur de si nombreux vassaux est d’autant plus fragile. Après la mort d’Henri II en 1189, le roi de France Philippe Auguste cherche à en profiter pour récupérer la Normandie. Si Richard Cœur de Lion parvient tant bien que mal à résister face à la progression française, il n’en est pas de même de son frère Jean sans Terre qui lui succède en 1199. La conquête française de la Normandie est finalisée en 1204, à l’exception des îles anglo-normandes qui resteront arrimées à l’Angleterre jusqu’à aujourd’hui. Maintenant que la Normandie est rattachée au domaine royal, son Histoire va pleinement s’inscrire dans l’Histoire de France.
Le retour d’une paix durable au XIIIe siècle permet un regain de vitalité marqué par l’épanouissement de l’art gothique. Mais cet essor est brisé par deux évènements coup sur coup : d’abord le début de la Guerre de Cent Ans. En 1346, l’armée anglaise ravage toute la Normandie avant de remporter la victoire de Crécy en Picardie. Puis en 1349, la Peste Noire y décime la population comme ailleurs en Europe.
Peu après, le comte d’Evreux et roi de Navarre Charles le Mauvais profite du conflit entre la France et l’Angleterre pour agrandir ses possessions, mais il est finalement vaincu en 1364.
Après une accalmie qui permet une belle reprise économique, le conflit reprend avec une nouvelle vigueur en 1415 : le roi d’Angleterre parvient à s’emparer d’Harfleur pour s’en faire une tête de pont avant de remporter la victoire d’Azincourt non loin de Calais. Il peut alors revenir en position de force : en 1419, il s’empare de Rouen, imposant son autorité sur toute la Normandie.
Rouen devient la principale ville anglaise sur le continent avec Bordeaux, et c’est là que Jeanne d’Arc subit son procès avant d’être brûlée vive le 30 mai 1431.
D’abord plutôt favorables aux Anglais de par les liens historiques avec l’Angleterre, les Normands tolèrent de moins en moins les lourds impôts de guerre. Finalement, le roi de France Charles VII engage une reconquête rapide en 1449-1450. La paix avec l’Angleterre sera signée trois ans plus tard.
Les conflits ne cessent pas pour autant car en 1465, le nouveau roi Louis XI doit récréer le duché de Normandie pour satisfaire son frère cadet révolté. C’est juste une ruse pour gagner du temps : Louis XI reconquiert militairement le duché en 1468 et le supprime de façon définitive.
La Normandie peut enfin retrouver un bel essor. Le début de la Renaissance est marqué par une forte expansion du commerce maritime, incarnée par la fondation du port du Havre en 1517 par François Ier. Dernière-née en Normandie, cette ville va rapidement s’imposer comme l’une des plus dynamiques de la région. La ville de Rouen profite également de ce nouvel essor économique.
L’ouverture commerciale sur l’Europe du nord et le développement urbain favorisent la diffusion de la Réforme dans la région, qui se retrouve emportée dans les Guerres de Religion de 1562 à 1590. La prospérité reprend au siècle suivant : la création de la manufacture royale des draperies à Elbeuf en 1667 donne un nouveau coup de pouce à ce secteur économique majeur. En 1659, la fondation de Saint-Louis au Sénégal par des marins de Dieppe accompagne l’essor du commerce triangulaire qui va encore renforcer la prospérité du Havre et de Honfleur.
Concomitament, le développement de la Nouvelle-France pousse le Rouennais Cavelier de la Salle à explorer le Mississipi depuis les Grands Lacs jusqu’à la Louisiane en 1682. Cette croissance est seulement freinée par la révocation de l’édit de Nantes en 1685, qui entraîne un exode massif des protestants en direction de l’Angleterre et de la Hollande.
En 1790, la création des départements entraîne le démembrement de la province du Perche dont une partie est rattachée à l’Orne. C’est ainsi que lors de la création des régions en 1972, cette partie du Perche se retrouvera naturellement intégrée à la Basse-Normandie, puis à la Normandie actuelle.
Au XIXe siècle, la Révolution Industrielle tend encore à renforcer le déséquilibre entre la vallée de la Seine, urbanisée et prospère, et l’ouest de la Normandie, plus pauvre et rural. La répartition des principaux sites historiques de la région témoigne de l’équilibrage qui existait autrefois entre ces deux pôles. Notons l’importance du débarquement de Normandie du 6 juin 1944, qui a transformé les plages normandes en un lieu de mémoire majeur dans le Monde. La ville du Havre est la dernière à tomber le 12 septembre et se retrouve détruite à près de 85%, partageant le sort de Caen et de St-Lô.
Aujourd’hui, la Normandie conserve en mémoire toute la richesse de sa très longue histoire.











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RF (16-10-2025 11:22:01)
Cher Vincent, Corse et Provence sont toutes les deux bienvenues!
Lily (16-10-2025 09:34:37)
Bonjour, je pense qu'il y a une coquille : ce serait plutôt Charles VII et non V qui "engage une reconquête en 1449-1450".
Merci, c'est toujours un grand plaisir de lire ces pages d'histoire.