L'Antiquité en cartes animées

Vincent raconte la Grèce classique

La Grèce classique

Dans cette vidéo, on s’intéresse à l’Histoire de la Grèce classique, depuis l’arrivée des Perses jusqu’à l’essor de la Macédoine.

En 550 av. J.-C., la Grèce forme un réseau de cités-états belliqueuses de culture et de langue voisines : elle couvre la Grèce continentale, les îles de la mer Egée et la côte ionienne en Anatolie. Par le biais de ses colonies, elle rayonne sur les côtes de la Mer Noire et de la Méditerranée. En Anatolie, l’empire lydien, très connecté aux Grecs, est à son apogée. Son roi Crésus tire sa richesse légendaire des nombreuses ressources en or de son empire. C’est lui qui forme un rempart à l’expansion de l’empire mède.

En 550 av. J.-C., les Perses menés par Cyrus II s’emparent de l’empire mède. Crésus croit y voir un affaiblissement de ses ennemis et tente d’en profiter pour s’étendre vers l’est. C’est là un très mauvais calcul : Cyrus II réplique aussitôt, écrase l’armée de Crésus, entre dans Sardes, et s’empare de l’empire lydien en 547. Les cités grecques de la côte tentent de résister, mais elles sont prises une à une. Cet évènement va provoquer le glissement du cœur culturel grec de l’Anatolie vers la Grèce continentale, ouvrant la voie à l’époque classique.

En 513 av. J.-C., l’empereur perse Darius franchit le Bosphore et s’empare de la Thrace tandis que le royaume de Macédoine lui prête allégeance. C’est l’époque où la démocratie est établie à Athènes sous l’impulsion de Clisthène, qui prolonge ainsi les idées de Solon.

En 499, les cités ioniennes se soulèvent contre la domination perse : après 6 ans de guerre, l’empire perse rétablit le contrôle. Cependant, l’aide d’Athènes aux rebelles convainc le roi de Perse Darius qu’il faut envahir la Grèce continentale. En 492, il déclenche la première guerre dite « médique », par référence aux Mèdes qui posèrent les premières bases de l’empire perse. Les Perses débarquent à Marathon, à 40 km d’Athènes, mais ils sont écrasés par les Athéniens, ce qui met un terme à l’invasion. Cet évènement va donner un grand prestige à Athènes.

En 481, Xerxès, successeur de Darius, prépare une armée d’invasion gigantesque, déclenchant la 2e guerre médique. Il s’allie avec Carthage et profite des rivalités intestines entre Grecs pour obtenir le soutien de nombreuses cités, notamment Thèbes. Cependant Sparte et Athènes, les 2 grandes cités rivales, décident de s’allier contre l’envahisseur.

Les Perses s’avancent rapidement vers le sud et remportent une victoire contre les Grecs menés par Léonidas à la bataille des Thermopyles. La ville d’Athènes est abandonnée à l’ennemi, mais la flotte perse est décimée à la bataille de Salamine. L’hiver laisse le temps à Sparte de lever une immense armée de coalition, qui défait l’armée perse à la bataille de Platées. Les navires perses restants sont incendiés au cap Mycale : c’est la fin des guerres médiques.

Comme l’empire perse reste menaçant, Athènes crée une vaste coalition appelée la ligue de Délos. Les cités ioniennes se révoltent alors contre l’empire et rejoignent la ligue. Cette ligue remporte de grands succès : l’empire perse doit peu à peu abandonner ses prétentions sur l’Europe. Ces victoires consacrent l’hégémonie d’Athènes, et la ligue de Délos se  transforme en véritable empire athénien. Lorsque Périclès parvient à la tête de la démocratie athénienne en 461, la cité est à son apogée. L’argent de la ligue sert alors à financer l’embellissement de l’acropole, notamment la construction du Parthénon qui durera 15 ans. C’est l’époque des premiers historiens, notamment Hérodote, puis Thucydide. C’est aussi l’âge de gloire des tragédies grecques avec Eschyle, Sophocle et Euripide.

L’impérialisme athénien provoque des révoltes à l’intérieur de la Ligue, soutenues par Thèbes et Sparte demeurées indépendantes. Sparte s’impose bientôt à la tête de la Ligue du Péloponnèse. En 431, Corinthe menacée par Athènes appelle Sparte à l’aide, ce qui déclenche la Guerre du Péloponnèse. Celle-ci met aux prises les 2 ligues et va durer 27 ans, provoquant un profond affaiblissement de la Grèce.

En 404 av JC, Sparte sort victorieuse du conflit : ruinée, Athènes doit renoncer à son empire. Cela ne l’empêche pas de demeurer le phare de la culture grecque : après Socrate dont l’enseignement coïncide avec la guerre du Péloponnèse, Platon prolonge la réflexion philosophique en fondant l’Académie à Athènes. L’historien Xénophon et l’auteur de comédies Aristophane sont aussi des Athéniens. Quant à Sparte, bien qu’elle ait confirmé sa suprématie militaire, elle sort elle-même affaiblie du conflit. Elle tente de bâtir son propre empire, sans grand succès : Corinthe, Thèbes et Athènes résistent. L’empire perse profite de ces rivalités pour retrouver son influence dans la région : en 386, il récupère la côte ionienne.

En 371, Thèbes remporte une victoire décisive contre Sparte, dont la puissance est anéantie. Thèbes tente de reprendre le flambeau, sans succès : son échec face à Sparte 9 ans plus tard met un terme à ses ambitions. Cela laisse un espace pour Athènes qui tente de reconstituer une ligue, mais celle-ci fait long feu : en 355, l’empire perse l’oblige à abandonner ses alliances. Finalement, la situation en Grèce est plus confuse que jamais.

Contre toute attente, c’est du nord que va venir le renouveau : le royaume de Macédoine, fondé au VIIIe siècle avant JC, a su profiter à la fois de son alliance avec les Perses et des rivalités entre Sparte et Athènes pour conserver son intégrité. Parallèlement, la culture grecque s’est diffusée dans ce pays dont la langue, le macédonien, est proche du grec. 

En 359, la montée de Philippe II sur le trône marque un tournant : ayant passé 3 ans à Thèbes en tant que prisonnier, il rapporte les techniques grecques dans son pays et modernise considérablement son armée en combinant la cavalerie et la phalange. Il peut ainsi s’emparer des villes grecques de la côte et se fait élire à la tête de la confédération thessalienne. Puis il conquiert la Thrace au nord-est. Ses tentatives hégémoniques provoquent l’entrée en guerre de Thèbes alliée à Athènes, mais Philippe II remporte une victoire décisive à la bataille de Chéronée en 338. Il oblige alors toutes les cités grecques à s’unir au sein de la Ligue de Corinthe, à l’exception notable de Sparte. Bien que la Macédoine ne fasse pas partie de la Ligue, celle-ci se retrouve dans les faits entre les mains de Philippe II. Fort de cette puissante fédération, il peut enfin tourner son regard vers l’est avec un objectif : la conquête de l’empire perse.

Voici bientôt venir la fabuleuse épopée d’Alexandre le Grand, qu’on racontera dans l’épisode 8. Avant ça, on va s’intéresser à l’empire perse achéménide que les Grecs s’apprêtent à conquérir.

Vincent Boqueho
Publié ou mis à jour le : 2022-01-14 14:28:49

 
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