Toute l'Histoire en un clic
Herodote Facebook Herodote Twitter Herodote Youtube
Ami d'Herodote.net
 
>
Il était une fois... l'Europe
Toute l'Histoire en un clic
Articles récents
Les 10 articles les plus lus
Publicité

Des origines à nos jours

Le peuplement et l'Histoire de l'Europe


À l'extrémité de l'immense et massive Eurasie, la péninsule européenne ne ressemble en rien à un continent. Elle n'est d'ailleurs considérée comme tel que depuis cinq siècles !

Mais elle bénéficie d'un climat tempéré et de côtes ciselées, favorables au cabotage des navires et aux échanges. Ces facteurs ont très tôt favorisé son peuplement et l'épanouissement de grandes civilisations, dont la nôtre.

Le baptême de l'Europe

L'enlèvement d'Europe (Véronèse, Scala de Venise)

C'est aux Grecs de l'Antiquité qu'il appartint de baptiser les régions mystérieuses qui s'étendent à l'ouest de la mer Égée. D'après Hésiode, poète du VIIIe siècle av. J.-C., ils l'appelèrent Europe, du nom d'une princesse de la mythologie qui aurait vécu dans l'actuel Liban.

Fille d'Agénor, roi de Phénicie, Europe jouait sur la plage quand elle remarqua un magnifique taureau et monta sur son dos, manière de jouer. La bête plongea aussitôt dans les flots et l'entraîna sur l'île de Crète. Là, le taureau, qui n'était autre que Zeus, le roi des dieux, prit forme humaine pour s'unir à Europe, lui donnant trois fils, dont Minos, roi légendaire de l'île.

Des linguistes plus sérieux postulent que le mot viendrait de l'akkadien, langue ancienne de la Mésopotamie. Il dériverait du mot erebu, qui veut dire entrer, tandis qu'Asie dériverait du mot asu, surgir, l'Europe désignant le Couchant, où se couche le soleil, et l'Asie le Levant...

Quoiqu'il en soit, le nom de l'Europe resta confidentiel jusqu'à la fin du Moyen Âge !

Un peuplement diversifié

Nous conservons de la Préhistoire les belles peintures rupestres de Lascaux (France) ou encore Altamira (Espagne), vieilles de 18.000 ans environ.

Temple mégalithique de Stonehenge, près de Salisbury (Angleterre), IIIe-IIe millénaire av. J.-C. (DR)Certains linguistes voient aussi dans la langue basque une réminiscence des cultures paléolithiques de l'Europe, comme de celle qui a inspiré la civilisation des mégalithes (dolmens et menhirs) aux Ve-IIIe millénaires av. J.-C..

Mais il semble que la plupart des populations européennes actuelles se soient fixées seulement au IIe millénaire av. J.-C., tandis qu'à la même époque prospérait en Mésopotamie la cité de Babylone !

À la fin du Chalcolithique (Âge du Cuivre et de la pierre polie) et à l'Âge du Bronze, on voit ainsi apparaître en Europe les Celtes, les Germains, les Latins, les Grecs, les Scythes... Beaucoup plus tard, au VIe siècle après J.-C., viennent les Slaves. Toutes ces populations se caractérisent par des parentés linguistiques qui ont conduit les érudits à définir une identité commune indo-européenne.

À l'Âge du Fer, au cours du 1er millénaire av. J.-C., les Celtes occupent un très vaste espace, de la Grande-Bretagne à l'Anatolie, dont les Gaulois ne sont qu'un rameau. Ils se signalent par des techniques agricoles très développées (Halstatt ou premier Âge du Fer, Tène ou second Âge du Fer à partir de 450 av. J.-C.).

Char cultuel celte de l'époque de Hallstatt (début du 1er millénaire av. J.-C.), Mérida (Espagne) (DR)

La civilisation urbaine pénètre au même moment dans les plaines et les vallées septentrionales par le biais des marchands et des colons venus de Grèce ou encore de Phénicie et de Carthage.

Unité méditerranéenne

Enlèvement d'Europe (fresque de Pompéi, musée de Naples)Après son « baptême » par les Grecs, l'Europe reste encore longtemps un concept vide de sens : c'est autour de la Méditerranée, en effet, que Rome fait, dans un premier temps, l'unité de l'Occident, diffusant partout l'écriture, le droit, l'urbanisme et également les sciences et les arts helléniques.

Au nord, les légions romaines ne dépassent guère le Rhin et le Danube, laissant dans l'ombre la moitié de l'Europe (aujourd'hui occupée par des États de culture germanique ou slave). À l'est, elles atteignent l'Euphrate et les marges de l'Arabie. Au sud, elles ne sont arrêtées que par le Sahara et les cataractes du Nil.

Rome atteint son apogée au IIe siècle de notre ère. Son empire recense alors cinquante millions d'habitants, soit autant que l'empire chinois de la même époque, tandis que la Terre dans son ensemble en compte environ 250 millions... Aujourd'hui, l'Europe et le monde méditerranéen, héritiers de Rome, représentent presque un milliard d'hommes et la Chine, 1,4 milliard.

Après l'assassinat de l'empereur Commode, en l'an 192, les symptômes de crise se multiplient dans l'empire romain. Les campagnes se dépeuplent du fait d'une dénatalité déjà ancienne. Aux marges de l'empire, on recrute des Barbares pour combler les effectifs des légions et remettre les terres en culture.

L'industrie s'étiole par manque de débouchés. L'État tente de réagir par des réglementations tatillonnes qui ne font qu'aggraver les maux de la société. Aux frontières, les Barbares se font menaçants : Maures en Afrique du nord, Germains sur le Rhin et le Danube, Parthes en Orient. Au Ve siècle, des Germains pénètrent avec armes et bagages à l'intérieur de l'empire et s'établissent où ils le peuvent...

Leurs effectifs ne sont pas élevés. Tout compris, ces envahisseurs qui ont défait l'empire romain représentent 5 à 10% de sa population. Mais provinces et pays conservent encore le souvenir de leurs invasions : l'Andalousie, qui vit passer des Vandales, la Bourgogne, occupée par des Burgondes... Le nom de l'Allemagne rappelle celui des Alamans... celui de l'Angleterre, les Angles (et les Saxons) et celui de la France, les Francs.

Les deux siècles qui suivent sont marqués par l'arrivée de nouvelles tribus germaniques, les Lombards, qui ont laissé leur nom à la Lombardie. Des Slaves s'installent enfin au centre du continent, jusque sur l'Elbe. Ils repeuplent la péninsule grecque et adoptent la langue des derniers descendants de Périclès et Eschyle. En marge du peuplement indo-européen, quelques tribus de type mongoloïde s'installent au bord de la Baltique et dans le bassin du Danube. Le hongrois, le finnois et l'estonien en portent témoignage (...).


Épisode suivant Voir la suite
Les limites de l'Europe
Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2016-06-26 10:34:41

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Gilles (17-02-201522:56:26)

Excellent article de synthèse comparatif l.asie au levant l.europe au couchant et l'an mil qui inaugure une ´ere de calme propice a une renaissance et surtout ce travail. De construction de notre pays : il n'est de sens que par l'Histoire : ce texte devrait être soumis aux jeunes générations
GM

JPL (10-12-200715:37:41)

Pourquoi vouloir s’attacher à tout prix à des concepts du passé ?
Il est vrai que le nom “Europe” nous vient des Grecs. Très bien, mais ce n’est qu’un mot !
Il est vrai que l’Église chrétienne a favorisé l’émergence d’une certaine façon de voir les choses, en particulier la primauté de l’individu sur le groupe (“clan”, “tribu”…). Encore que, de ce point de vue-là, elle a, plutôt qu’à le libérer, essayé de soumettre l’individu à elle-même en usant d’un terrorisme spirituel (“damnati... Lire la suite

MC Micouleau (01-10-200613:27:50)

Il est intéressant de faire remarquer que les territoires de l'Europe se désignaient sous le vocable de "Chrétienté occidentale" et que de plus, le nom Europe nous vient de la mythologie grecque , preuve, s'il en était besoin que l'entité européenne doit conserver sa double identité greco-latine d'une part et judéochrétienne d'autre part! Sans refuser pour autant les apports économiques et culturels d'une immigration SI ELLE RESTE MESUREE , bien sûr.


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

Qui appela-t-on le Prince de la Peinture ?

Réponse
Publicité