Institutions

Proportionnel ou uninominal, quel scrutin choisir ?

Le général de Gaulle, quand il a promulgué en 1958 la Constitution de la Ve République, n'a pas souhaité y inscrire le mode d'élection des députés. Il considérait que celui-ci était affaire de circonstances, comme sous la IIIe République, durant laquelle il a été plusieurs fois modifié.

Le président Mitterrand a ainsi introduit la proportionnelle aux élections législatives de 1986, pour limiter le recul de son camp, et il est à nouveau envisagé de l'introduire aux législatives de 2022. Sera-ce un progrès démocratique ? L'histoire et l'expérience des pays étrangers rappellent que, ici comme ailleurs, le mieux peut être l'ennemi du bien.

Dans les démocraties modernes, les députés, qui ont vocation à faire les lois, sont élus :
• soit au scrutin uninominal, avec autant de circonscriptions que de sièges à pourvoir,
• soit au scrutin de liste à la proportionnelle, dans une circonscription élargie ou à l'échelon du pays (proportionnelle intégrale).

Au-delà des apparences, la proportionnelle intégrale est le mode de scrutin le moins démocratique et le plus désordonné qui soit. Mais entre ces deux pôles, notre génie politique a inventé bien des manières de voter, chaque pays et chaque régime ayant les siennes propres.

André Larané

Hémicycle de l'Assemblée nationale.

Avantages, inconvénients

Le scrutin uninominal a été privilégié par les premières démocraties, en Angleterre, aux États-Unis et dans la France des débuts de la Révolution. Il pénalise les petites formations, implantées sur tout le territoire mais avec trop peu d'électeurs pour l'emporter ne serait-ce que dans quelques circonscriptions. Il favorise en conséquence les oppositions binaires (majorité-opposition). Ce mode de scrutin répond à un souci d'efficacité : apporter des réponses bien argumentées aux problèmes immédiats du pays.

Le scrutin de liste à la proportionnelle répond à une revendication plus idéologique : permettre à chaque sensibilité politique de se faire entendre à l'Assemblée. Dans les faits, il empêche tout parti d'obtenir à lui seul la majorité absolue et conduit à des coalitions de partis.

À partir de ces deux modèles, l'expérience et l'Histoire ont inspiré d'innombrables variantes qui tentent chacune à leur manière de pallier aux inconvénients de chaque système :
• scrutin uninominal à un tour et à la majorité simple (Angleterre, États-Unis),
• scrutin uninominal à deux tours et à la majorité absolue (France),
• proportionnelle intégrale ou quasi-intégrale (Israël, Parlement européen, Belgique),
• combinaison de proportionnelle et de scrutin uninominal (Allemagne, Italie),
• ...

Pour juger de l'efficacité d'un mode de scrutin, il ne faut pas oublier d'autres facteurs comme la relation entre le pouvoir législatif (Parlement), qui vote les lois, et le pouvoir exécutif (gouvernement), qui les applique et parfois aussi les inspire ou les impose :
• Dans certains pays, l'exécutif est dans la main du Parlement ; c'est le propre d'un régime parlementaire ; ainsi, le Premier ministre anglais et le chancelier allemand peuvent être renvoyés par les députés dès lors qu'ils n'ont plus la confiance de l'opinion et font craindre une défaite électorale aux députés de leur majorité.
• Dans d'autres pays, les deux pouvoirs sont rigoureusement indépendants l'un de l'autre (les États-Unis).
• Dans d'autres enfin (la France de la Ve République), la majorité parlementaire, quand elle est du même bord que le chef de l'exécutif (le président de la République) se soumet à celui-ci dans la crainte d'une dissolution qui lui ferait perdre beaucoup de sièges (le général de Gaulle qualifiait pour cette raison les députés de « godillots » avec une touche de mépris).
Cette soumission à l'exécutif a été renforcée par le quinquennat, en 2000 : les députés étant depuis lors élus dans la foulée du président pour un mandat de même durée, beaucoup lui doivent leur siège et ne peuvent se permettre une rébellion, sauf à provoquer une dissolution et le perdre.

Le scrutin de liste à la proportionnelle

Le scrutin de liste à la proportionnelle dérive des « listes de notabilités » instituées par la Constitution de l'An VII (1800), qui installa en France le Consulat, un régime à la solde de Bonaparte.

Dans sa version intégrale, au niveau du pays (Israël) ou d'une grande région (Belgique, Parlement européen), les électeurs choisissent entre plusieurs listes de candidats. Chaque liste est présentée par un parti et comporte autant de noms que de sièges à pourvoir. Après le scrutin, on accorde à chaque liste un nombre de sièges proportionnel au nombre de voix qui s'est portée sur elle.

Ses inconvénients sont de deux ordres :

— Émiettement des partis et marchandages de couloirs

Le scrutin de liste à la proportionnelle est en apparence très démocratique : tous les partis, y compris les plus modestes, ont la possibilité d'avoir des députés en proportion de leur poids électoral. Mais l'expérience (Israël, Italie, Belgique...) montre qu'il favorise l'émiettement des partis. Pour l'emporter sur leurs concurrents les plus proches, les petits partis tentent de séduire les électeurs non sur un programme politique global mais sur un enjeu particulier (exemple : « Voulez-vous sauver à tout prix le droit de chasse ? Votez pour nous et nos députés négocieront à l'Assemblée le maintien de ce droit contre leurs votes sur d'autres sujets, peu importe lesquels »).

Ainsi le scrutin de liste ouvre-t-il la voie, après le scrutin, aux tractations de couloir et aux coalitions d'opportunité dans lesquelles les électeurs n'ont aucunement leur mot à dire. Il s'ensuit un résultat totalement antidémocratique. En prime, ces tractations de couloir rendent quasiment impossible la constitution d'une majorité parlementaire stable autour d'un programme de gouvernement cohérent, comme la Belgique en fait périodiquement la démonstration. Or, c'est bien là le but de tout régime parlementaire.

Le cas d'Israël est probant. L'opinion publique de ce pays s'est longtemps montrée majoritairement favorable à la création d'un État palestinien et cependant, toutes les coalitions gouvernementales s'y sont refusées avec constance. Pourquoi ? Parce que ces coalitions ne tiennent que grâce à l'appoint de petits partis extrémistes, religieux ou nationalistes, qui, à la différence des principaux partis, ne s'accrochent pas au pouvoir et sont prêts à se retirer de la coalition si celle-ci s'écarte de leurs vues. Cela leur donne une capacité de nuisance sans commune mesure avec leur poids électoral !

L'inconvénient peut être limité par l'instauration d'un seuil élevé, autrement dit un pourcentage de voix minimum à partir duquel un parti peut espérer des députés. Ce seuil est souvent de 5%. Il peut aussi être aussi limité par l'octroi d'une « prime » en nombre de sièges au parti arrivé en tête, comme dans l'ancienne loi électorale de l'Italie.

— Candidats sans représentativité

Le scrutin de liste à la proportionnelle livre le choix des candidats aux appareils des partis et les électeurs se déterminent non sur une personnalité mais sur une étiquette (PS, Verts, UMP...). Le poids électoral de chaque parti étant connu à l'avance à peu de chose près, chacun peut en déduire les candidats éligibles et ceux qui seront élus de manière quasi-certaine d'après leur place sur les listes. Par exemple, dans les élections au Parlement européen, les partis nationaux nomment aux premières places de leur liste des hommes d'appareil dont on veut récompenser le dévouement mais aussi des vedettes du show-biz (Jean-Marie Cavada) ou de vieux routiers de la politique rejetés par leurs électeurs (ce fut le cas de Michel Rocard).

La plupart de ces candidats auraient très peu de chance d'être élus à Strasbourg s'ils devaient se présenter sous leur seul nom dans un scrutin uninominal. Inconnus des électeurs, ils ne sont pas non plus sous leur pression. Ils ne rendent de comptes qu'à l'appareil de leur parti.

Ces inconvénients du scrutin de liste peuvent être tempérés avec le « panachage », c'est-à-dire la faculté donnée aux électeurs de rayer les candidats dont ils ne veulent pas sur la liste de leur choix. Le panachage est une technique assez lourde, limitée aux élections locales et aux circonscriptions de taille réduite comme dans le grand-duché du Luxembourg ou en Suisse. En France, il s'applique aux élections municipales des communes de moins de 1000 habitants.

Tout est une question de taille

La taille des circonscriptions de référence est un facteur essentiel de réussite ou d'échec du scrutin à la proportionnelle. On le voit au Parlement européen ou à la Knesset, où les députés sont élus sur des listes nationales. Il s'ensuit tout à la fois une absente de majorité à l'assemblée et des élus sans lien avec leur base électorale. On retrouve les mêmes inconvénients en France avec les conseillers régionaux, élus à la proportionnelle dans les 13 Régions, dont certaines sont plus grandes et plus hétérogènes que maints États européens. 
Avec par contre un scrutin de liste au niveau départemental, comme en France à certaines époques de la IIIe République et sous la IVe République, ces inconvénients sont atténués car les députés demeurent assez proches de leurs électeurs et arrivent à former des coalitions de circonstance à l'assemblée.  

Le scrutin uninominal

Dans le scrutin uninominal, les élections se font sur la personnalité du candidat et sa capacité à séduire les électeurs. Ce mode de scrutin met les appareils des partis en situation de dépendance par rapport aux élus, lesquels sont bien enracinés dans leur circonscription et assoient leur popularité sur l'écoute de leurs concitoyens. Sauf à prendre le risque de se priver d'une circonscription, les partis sont obligés de respecter ces élus. C'est un gage de démocratie et une prévention contre les dérives oligarchiques. 

Le scrutin uninominal permet aussi à des « électrons libres » de se présenter à la candidature et éventuellement de l'emporter sur les notables investis par les partis.

— Scrutin uninominal à deux tours :

Le principal reproche fait au scrutin uninominal est d'exclure les petits partis du Parlement. Mais ce reproche ne vaut pas lorsque les partis ont la faculté de négocier entre eux pour avoir des candidats en position éligible. C'est ce qui se passe avec le scrutin uninominal majoritaire à deux tours comme le pratique la France de la Ve République pour l'élection de ses députés au Parlement national.

Au premier tour du scrutin, chaque parti, aussi modeste soit-il, peut présenter un candidat dans chaque circonscription. Si un candidat obtient dès le premier tour une majorité absolue (plus de 50% des suffrages exprimés), il est déclaré élu. En l'absence de majorité absolue, cas le plus courant, il y a un deuxième tour auquel sont admis les candidats qui ont obtenu un minimum de suffrages (12,5% dans le cas français).

Entre les deux tours, les partis qui se sentent des affinités entre eux (à gauche comme à droite) ont coutume de négocier des retraits au profit de leur candidat le mieux placé. Ces négociations se font au vu de tout le monde et les citoyens gardent leur liberté de vote. En définitive, on arrive ainsi à élire des coalitions relativement stables (droite, gauche) constituées sur la base d'un programme électoral public (et non sur des tractations de couloir comme dans le scrutin de liste).

Rassemblement National : la faute à pas d'alliances !

Dans les élections législatives avec un scrutin à deux tours comme en France, les partis minoritaires négocient des désistements réciproques avec les partis qui leur sont proches. C'est seulement ainsi qu'ils peuvent avoir des députés en nombre conséquent... Les écologistes y arrivent avec brio car tous les grands partis ont le souci de négocier avec eux des alliances pour « verdir » leurs affiches. Aux élections locales, ils remportent au second tour un nombre d'élus très élevé relativement à leur faible poids électoral grâce aux désistements en leur faveur. C'est aussi le cas des centristes car, selon les circonscriptions, ils négocient leurs voix entre les deux tours qui avec la droite, qui avec la gauche.
Le Rassemblement National (ex-Front National) fait exception car tous les autres partis s'interdisent une alliance avec lui. Ce « front républicain » empêche le parti d'extrême-droite et ses électeurs d'être correctement représentés au Parlement (sauf en 1986). Il exclut aussi leur victoire aux élections présidentielles.
Si le RN a donc très peu de députés relativement à son poids électoral, la raison en revient à l'absence d'alliances, pas au mode de scrutin. On peut s'en féliciter. On peut aussi regretter que soient ainsi privés de représentation politique les classes populaires, les jeunes et les populations d'outre-mer devenus le socle électoral de ce parti ; une façon de rétablir le scrutin censitaire en écartant sans le dire les mal-votants (opposés à la souveraineté européenne, à la mondialisation, au multiculturalisme, etc.). 

— Scrutin uninominal à un tour :

Le Royaume-Uni se distingue par un scrutin uninominal à un seul tour aux législatives : le candidat qui obtient le plus grand nombre de suffrages exprimés est immédiatement élu. Ce système a conduit à une bipolarisation de la vie politique entre deux partis dominants (pas toujours les mêmes : aux whigs ont ainsi succédé les travaillistes).

Faut-il le déplorer ? Après tout, on peut penser que sur les grands problèmes de l'heure, il n'y a pas besoin d'avoir 36 avis mais qu'il importe d'offrir aux électeurs un choix (celui de la majorité) et une alternative (celle de l'opposition) qui soient l'un et l'autre bien argumentés et en cohésion avec un programme politique d'ensemble. De fait, force est de constater qu'après plusieurs siècles d'existence, le système britannique a fait ses preuves mieux qu'aucun autre, mais cela tient peut-être moins au mode de scrutin qu'à la nature parlementaire du régime.

Législatif, exécutif

En Grande-Bretagne, le chef du gouvernement (le Premier ministre) est sous la stricte tutelle du Parlement. Si celui-ci doute de son adéquation à la situation du moment, il peut le renvoyer sur le champ ou le pousser à la démission même s'il est le chef du parti majoritaire. C'est que les députés ont avant tout le souci d'être réélus et donc de satisfaire leurs électeurs. Ainsi, lorsque Hitler a attaqué le front occidental le 10 mai 1940, au moment le plus critique de l'histoire anglaise (et mondiale), le Premier ministre Neville Chamberlain, qui misait sur un accommodement avec Hitler, a remis sa démission et le roi et le Parlement ont aussitôt désigné Winston Churchill pour le remplacer.

Réservons une place particulière à l'Allemagne fédérale qui tente de concilier la proportionnelle avec le scrutin uninominal. La moitié des députés de l'assemblée législative fédérale, le Bundestag, sont élus au scrutin uninominal à un tour et, sur la base de ce même scrutin, l'autre moitié est désignée au scrutin proportionnel de façon à ce que toutes les sensibilités soient représentées. La République italienne, affectée par une grande instabilité législative, a introduit un système similaire en 2017 avec l'élection de 37% des députés au scrutin uninominal à un tour et le reste à la proportionnelle. Pour l'heure, les résultats ne sont pas probants.

Le parlementarisme s'accommode d'une dose de proportionnelle dans le mode d'élection des députés comme sous la IVe République française (1946-1958). Celle-ci a été beaucoup décriée par les gaullistes. Elle a cependant autant réformé et modernisé la France que la Ve République qui l'a suivi. Les députés de la IVe République, élus à la proportionnelle au niveau départemental, constituaient une coalition de circonstance chaque fois qu'ils avaient à résoudre un problème (Indochine, Maroc, Europe...) et la dissolvaient une fois celui-ci résolu, parfois au bout de quelques mois seulement.

Cette instabilité féconde est à l'opposé de l'extrême stabilité de la Ve République, dans laquelle le Président est assuré de conserver le pouvoir même lorsque la conjoncture économique et politique entre en contradiction flagrante avec son programme, ses convictions et son mode de gouvernement. Ainsi Jacques Chirac n'a-t-il pas démissionné après l'échec du référendum du 29 mai 2005 sur le traité constitutionnel. De Valéry Giscard d'Estaing à Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, on constate également que les velléités réformatrices du chef de l'État ne survivent pas à la deuxième année de son mandat.

Avec un système d'élection similaire à celui des Anglais, les Américains présentent un régime d'une toute autre nature, que l'on dit présidentiel, mais dans lequel le président ne peut pas plus dissoudre les assemblées que celles-ci ne peuvent le démettre (sauf par la procédure très exceptionnelle de l'impeachment).  Il s'ensuit un constant bras de fer entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif dont on a vu sous la présidence de George Bush Jr qu'il n'évitait pas des choix contestables (guerre d'Irak et déstabilisation de l'Iran).

En résumé, si l'on met à part la proportionnelle intégrale (Parlement européen, Belgique, Italie, Israël), à laquelle on ne trouve que des défauts, les autres systèmes électoraux s'accommodent plus ou moins bien des impératifs démocratiques.

Publié ou mis à jour le : 2024-06-18 19:07:55
Bernard (19-06-2024 23:39:33)

Excellente analyse comparative.
En fait, le mode de scrutin des Législatives tente de concilier 2 objectifs qui peuvent être contradictoires : représenter fidèlement l'opinion des électeurs et dégager une majorité de gouvernement stable. Le scrutin uninominal à deux tours de la V° République n'y parvient pas trop mal. Cependant, entre ces 2 objectifs, les pays ayant en charge le tragique de l'Histoire (en gros, les membres permanents du Conseil de Sécurité) ont tendance à privilégier un mode d'accès au Pouvoir (démocratique ou non) qui permet une stabilité et une centralisation de celui-ci. Difficile quand on veut disposer d'une dissuasion nucléaire crédible de devoir recourir d'un débat au Parlement avant d'appuyer sur le Gros Bouton Rouge.
Cela peut contribuer à expliquer les différences entre les régimes constitutionnels français et belge. Les législatives britanniques de 1940 ont été repoussées...jusqu'à la fin de la guerre. Et Churchill a été désavoué en 1945 en pleine conférence de Postdam qui s'est terminée sans lui, 4 jours avant Hiroshima.

bison categorique (19-06-2024 17:14:15)

Il me semble que la majorité des pays européens utilisent un scrutin à la proportionnelle, mâtiné de dispositifs qui permettent d'éviter les inconvénients dont vous parlez et surtout de gouverner (il n' a pas que la Belgique en Europe!!). Il reste que dans le système français, au moins 30% des électeurs qui vont voter n'ont pas droit à un représentant. J'ai fait ce calcul sur la base des résultats de plusieurs élections législatives (sauf les dernières). et cela est dû soit au magouillage pré-électoral entre les partis soit au fait qu'une partie des électeurs décident que les autres n'ont pas le droit à un représentant ce qui est contraire au principe même de la Démocratie (et ce qui est différent de ne pas nouer d'alliance). Par ex, depuis plusieurs élections législatives, pour avoir un député FN/RN, il faut exactement dix fois plus d'électeurs que pour n'importe quel autre parti, fût il minuscule.

Jacques Groleau (12-06-2024 15:36:44)

Il n'y a pas de "modèle parfait". Mais il y a une possibilité qui serait intéressante à essayer :
Il y a 2 chambres parlementaires, en France. Pourquoi pas l'une au scrutin majoritaire de circonscription (et j'ai une préférence pour "à un seul tour", ce qui éviterait les "magouilles entre petits copains entre les 2 tours), et l'autre au scrutin proportionnel sur la France entière ?
Resterait à définir comment le gouvernement est responsable ; ce qui relève de la "cuisine politicienne".

Bernard (12-06-2022 16:02:15)

Avec le scrutin majoritaire, les électeurs choisissent leur député. Certes, avec bien des imperfections (bourrage de crânes, charcutage électoral, etc.). Mais ils PEUVENT choisir.

Avec la proportionnelle, c'est fini : ce sont les partis qui choisissent. Il y aura ainsi des inamovibles de la politique, parce que têtes de liste. On aura des Hidalgo, des Royal, des Hollande, des Philippe, des Bayrou, des Mélenchon, des Rousseau, des Zermmour, etc. pour 30 ans. Sans parler des partis islamiste, juif, intégriste, animaliste, vegan, breton, corse, etc.

Cela seul - me semble-t-il - suffit à condamner la proportionnelle.

Didier (01-03-2021 18:49:06)

1 Bien des problèmes sont identiques que le scrutin soit proportionnel ou uninominal
Les électeurs devraient « se déterminer non sur une personnalité mais sur une étiquette» ou à l’inverse « sur la personnalité du candidat». Le problème est l’impossibilité de pouvoir choisir à la fois sur une personnalité ET sur une étiquette : un habitant UMP de Levallois Perret avait le choix entre un escroc UMP et des candidats non UMP ! Il faut donc permettre aux électeurs d’éliminer des candidats sur la liste du parti de leur choix pour toutes les élections. Et assortir les condamnations d’une peine d’inéligibilité.
C’est clair que « les petits partis tentent de séduire les électeurs non sur un programme politique global mais sur un enjeu particulier ». Le problème est que peuvent se présenter à toutes les élections des micro-partis, des groupes de pressions, voire des « électrons libres », dont le seul but est d’avoir une tribune.
2 où sont les vrais problèmes de non représentativité ?
En quoi y-a-il une « absence criante de représentativité » des conseils régionaux et du Parlement européen élus à la proportionnelle ?
Le mode de scrutin actuel surreprésente les zones rurales. Par exemple un Lozérien pèse trois fois plus qu’un Parisien : un député pour 38.000 Lozériens contre un député pour 128 000 Parisiens.
C’est pour le Sénat qu’il y a une « absence criante de représentativité » : c’est une cooptation, faite entre des individus élus pour 99.5 % d’entre eux pour des questions locales (conseillers régionaux, départementaux, municipaux), et de surcroit pour un mandat de 6 ans, soit plus que les députés et même le président de la république !

Bertrand (22-02-2021 10:59:55)

Le fait que la démocratie soit actuellement en panne en France - comme le montre la montée de l’abstention - résulte d’une multitude de facteurs : discrédit de la classe politique, sentiment diffus que les vraies décisions se prennent ailleurs (pouvoir croissant des juges, de la technocratie bruxelloise, des médias et des GAFA), recul de l’esprit civique, faillite du système éducatif, triomphe du consumérisme et du chacun pour soi, absence de grande cause nationale à défendre, etc., et non du seul mode de scrutin.

En fait, le retour de la proportionnelle ne ferait qu’empirer la situation.

Les élections ont en effet pour objet de dégager une majorité pour gouverner (objectif du scrutin uninominal) et non de faire une photo de famille (objectif de la proportionnelle).

Dans un pays désormais aussi fracturé que la France, le retour de la proportionnelle aboutirait à une catastrophe (risque sérieux de listes islamiques, végan, régionalistes, etc.) et, à terme, peut-être à l'éclatement d'un pays qui a mis - non sans mal - plus de mille ans à s'édifier, avec des frontières à peu près stabilisées.

En réalité, la proportionnelle - comme le vote par correspondance (dont on vient de voir le résultat désastreux aux Etats-Unis) ou le vote anticipé - achèverait de mettre la classe politique à l'abri des électeurs, qui n'auraient plus aucune prise sur un système politique déjà opaque et, pour une large part, confisqué par l'oligarchie.

Pour remettre la machine démocratique en route, il y a d’autres voies, par exemple : réduction du nombre de parlementaires (promesse électorale restée sans suite d’E. Macron) à un niveau raisonnable : 300 députés et 100 sénateurs suffiraient amplement et redonneraient du lustre à la fonction, retour au mandat de 7 ans pour le président de la République avec pour contrepartie l’impossibilité de se représenter, recours systématique au référendum pour tout sujet de société dès lors qu’un million d’électeurs le demandent, possibilité de révocation donnée aux électeurs mécontents de leur député, réforme du Conseil constitutionnel cantonnant ses pouvoirs aux seuls articles de la constitution, sans qu’il puisse « interpréter » le préambule.

Emile (21-02-2021 21:20:36)

Votez VOTEZ VOTEZ !!! Majoritaire Proportionnelle ou pas , c est la Haute fonction publique qui tient la pédale du frein 😎 ! Sauf a creer un vrai SPOIL systeme a l Americaine et encore .’’’’’ DEEP STATE IS WATCHING YOU !!! Politiques , Il ne leur reste que du SOCIETAL !et faut être motivé pour l euthanasie du 9 eme mois 🥸

Groleau (21-02-2021 21:18:07)

Bonne comparaison des avantages et inconvénients des divers "systèmes". En suggérerais-je une autre ? Beaucoup de pays "démocratiques" (dont la France) ont 2 chambres parlementaires. Pourquoi ne pas en avoir une au scrutin uninominal (et mon penchant va au scrutin à 1 seul tour, pour éviter les "alliances contre nature" et "exclusions discriminatoires"...) et un scrutin à la proportionnelle "pure" ou presque ? Avec un gouvernement responsable seulement devant les élus au scrutin uninominal, mais des textes votés (avec présence obligatoire !) par les 2 chambres...

jacques (21-02-2021 17:32:08)

Excellente critique dla es différents modes de scrutin, et nécessaire mise en garde des mirages de la proportionnelle et de ses dangers.
Le rôle des parlementaires n'est pas

Jean Paul MAÏS (21-02-2021 14:44:55)

"Le mieux serait l'ennemi du bien" ? Et ce mieux serait la proportionnelle intégrale, le seul mode électoral à proposer "One man, one vote" serait "d'apparence démocratique" ? L' historien se laisse emporter par ses convictions politiques personnelles, ce n'est pas ce que l'on attend de vous !

Michel (21-02-2021 10:50:43)

Deux remarques: La première, comme d'habitude en ce qui concerne les médias de France, la Belgique est ignorée. Or ce pays, depuis 1830, pratique la proportionelle. Nul mieux que le Plat Pays pour montrer tous les défauts de ce système avec des négociations qui n'en finissent pas pour la constitution du gouvernement fédéral mais par contre qui ne pose pas -trop- de problèmeèmes pour les gouvernements régionaux.
L'autre remarque est plus générale. Je crois que ce qui est à la base même du problème, c'est le non respect réel de la séparation des pouvoirs dans la plupart des pays (même dit démocratique). En théorie, le judiciaire, le législatif et l'exécutif devraient être totalement indépendants les uns des autres. Or, sauf aux USA et en partie au Royaumes Unis, le judiciaire est sous la coupe de l'exécutif (par exemple en ce qui concerne la nomination des magistrats du conseil d'état et de la cour constitutionnelle). Mais c'est encore plus flagrant avec la dépendance du législatif envers l'exécutif

Liger (21-02-2021 09:59:06)

Bravo et merci pour cette excellente synthèse, à la fois, complète, honnête, nuancée et réaliste : ce texte devrait figurer au programme de tous les cours d'instruction civique.

Encore une fois, je sais pourquoi j'ai adhéré aux Amis d'Herodote.net

Cordialement,

Le Glaunec (15-11-2011 18:25:12)

C'est la première fois que je trouve une analyse complète et sans passion mais pourquoi dans le système à deux tours ne pas utiliser le système dit finlandais (je crois!!)dans lequel on classe les candidats par ordre de préférence ce qui évite le 2ème tour et les tractations que les électeurs n'approuvent pas toujours et les conduisent à l'abstention

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