Les noms d'époques

La genèse des « chrononymes »

Le passé est-il vraiment l’objet de l’histoire ? Les recherches menées depuis un demi-siècle sur la mémoire et l’écriture de l’histoire ont peu à peu ébranlé cette certitude. Moins que le passé, réalité évanouie et à jamais disparue, c’est le temps et les relations que les diverses temporalités entretiennent entres elles qui constitue la matière vive de notre discipline.

C’est pourquoi la périodisation s’est imposée comme une opération historiographique majeure. Même si périodiser a toujours suscité des débats et des contestations, le procédé demeure indispensable car lui seul permet de mettre au jour des séquences signifiantes et d’agencer l’ordre du temps.

Dominique Kalifa

La Mise au tombeau, XVIIe siècle, Pedro Roldán, sculpteur du « Siècle d'or » espagnol. L'agrandissement montre un tableau de Rembrandt, Parabole de l'homme riche, 1627, Berlin, Gemäldegalerie. Peintre du « Siècle d'or » néerlandais, son génie ne sera guère reconnu de son vivant.

Donner une identité à des périodes

Les historiens ne se contentent pas de « découper l’histoire en tranches » (ce fut le titre du dernier livre de Jacques Le Goff, publié en 2014), ils la nomment également, la dotent de noms propres, indispensable pour singulariser, donner une cohérence à des séquences du passé. Ainsi parlons-nous communément de « Siècle d’or », de « Semaine sanglante », d’« Années Trente » ou de « Guerre de cent ans ». À ces « noms propres » du temps, les linguistes ont donné le nom de « chrononymes ».

Évidemment, nommer n’est jamais neutre. L’opération est toujours porteuse d’intentions ou d’interprétations, elle charrie des imaginaires, une théâtralité, voire des dramaturgies, qu’il importe de comprendre pour saisir toutes les significations dont le passé est investi. Les époques les plus anciennes ont fait l’objet de telles études.

On connaît par exemple les belles pages que Marc Bloch consacre, dans son Apologie pour l’Histoire ou Métier d’historien, à la dénomination « Moyen Âge », ou l’analyse pénétrante de Lucien Febvre observant Michelet inventer la Renaissance en plein milieu du XIXe siècle.

Plus près de nous encore, François Furet puis Olivier Christin s’attachèrent à décrypter la façon dont les révolutionnaires fabriquèrent la catégorie « Ancien Régime ». Mais les périodes les plus contemporaines étaient demeurées à ce jour à l’écart de ces interrogations, alors même que les deux derniers siècles ont forgé des dizaines de noms du temps, de « Belle Époque » à « Trente Glorieuse », de « Restauration » à « fin de siècle ».

Allégorie du retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant la France de ses ruines, Louis-Philippe Crépin, 1814, Château de Versailles.  L'agrandissement montre une oeuvre créée par l'école de Nancy, fer de lance de l'Art Nouveau en France (« fin de siècle »), Le paon, vitrail de Joseph Janin dans le jardin d'hiver de la villa Bergeret à Nancy (Lorraine).

L’historiographie ne fut bien sûr jamais dupe des raccourcis ou des artifices que suscitaient de telles expressions – une « Belle époque », vraiment ?, des « Années folles », vraiment ? – mais une fois la mise en garde énoncée, on continuait à les utiliser ou à y recourir comme à de commodes outils. Or le problème qu’ils posent n’est pas seulement formel ou rhétorique : les noms d’époques sont parfois porteurs d’une lourde charge anachronique qui peut gauchir, voire altérer la compréhension historique. C’est le cas par exemple de l’expression « Second Empire », qui ne fut jamais utilisé par les contemporains.

Entre 1852 et 1870, on ne parla que d’Empire ou d’Empire restauré. Si la facilité nous pousse à parler de « Second Empire », il faut aussi admettre qu’une telle expression étouffe la compréhension du projet politique propre de Napoléon III et replie sur une séquence étroite et achevée un imaginaire politique qui se pensait précisément ouvert (note).

Parce qu’ils ne sont pas de simples artefacts, les chrononymes méritent donc qu’on les prenne au sérieux et qu’on les étudie pour eux-mêmes. Non pour les congédier « ou finir avec ». Car ces termes sont des faits de langage, donc des faits d’histoire, produits par les sociétés qui les chargent de significations.

On n’en aura donc jamais fini avec eux et ils continueront sans doute longtemps à façonner notre appréciation du temps passé. Mais parce que de tels termes sont capables de condenser tout un imaginaire historique et de le constituer en mémoire collective, il me semble décisif de les élucider, d’en identifier la nature et d’en cerner les usages.

Défilé en direction du château de Hambach le 27 mai 1832 avec le drapeau noir-rouge-or renversé, lithographie d'Erhard Joseph Brenzinger. L'agrandissement montre le Frankfurter Wachensturm (ou Insurrection de Francfort),3 avril 1833, François Georgin. Ces deux événements constituent des manifestations importantes du Vormärz.

Comment naissent les « chrononymes » ?

Un tel chantier a débuté dès 2008 lorsque Paul Bacot, Laurent Douzou et Jean-Paul Honoré publièrent une livraison spéciale de la revue Mots consacrée aux chrononymes du contemporain (note). Des articles substantiels y étaient consacrés à l’analyse d’expressions tels que « Ancien Régime », « Décade infâme » ou « Années de plomb ». Il rebondit en 2016 dans un numéro de la Revue d’histoire du XIXe siècle intitulée « Chrononymes : dénommer le siècle » dans lequel huit auteurs, français et étrangers, s’attelaient à huit noms du temps qualifiant des périodes du XIXe siècle.

En s’attachant, parmi quelques autres, à des expressions comme Vormärz (la période qui précède Mars 1848 dans la culture allemande ), Hungry Forties (les années de misère et de famine qui frappent les îles britanniques dans la décennie 1840) ou Sexenio democratico (le moment de transition que connait l’Espagne entre l’abdication d’Isabelle II en 1869 et le retour des Bourbons en 1874), le volume entendait à la fois porter l’accent sur des dénominations moins connues et suggérer une méthode d’analyse : étudier les conditions d’émergence de ces expressions, les intentions qui les portent, leurs usages, leurs traductions et leurs évolutions (note).

Refuge pour les démunis durant les « Hungry forties ». Quartier des hommes, The Male Ward de l'Illustrated London News, 23 décembre 1843. L'agrandissement montre une caricature sur les étapes du « Sexenio democratico » : la révolution de 1868, le gouvernement provisoire, le règne d'Amadeo I, la Première République jusqu'en décembre 1874. Caricature de La Flaca, Tomás Padró, 1874.

J’y consacrai pour ma part une première esquisse dans une étude portant sur la « Belle Époque » que je pris le temps de développer dans un ouvrage entier qui parut l’année suivante (note). Car « Belle Époque » offrait peut-être l’exemple le plus significatif de ce qu’est un chrononyme et des problèmes qu’ils posent. L’expression est en effet très connue, généralement admise, en France comme à l’étranger, comme désignant les quinze premières années du XXe siècle, avant que l’Europe et le monde ne sombrent dans l’horreur de la Grande Guerre.

On en connaît les grands traits – la paix, la croissance économique, les progrès scientifiques, l’inventivité culturelle – mais aussi les limites : poches de pauvreté, tensions et luttes sociales, marges et inégalités. À tel point que l’usage du chrononyme était presque toujours suivie de la formule rituelle : « pas belle pour tout le monde ! » Il s’agissait donc de dépasser ces appréciations somme toute banales. Le premier objectif fut d’identifier avec précision le moment d’émergence. Et c’est là qu’apparurent les premières surprises.

Le bal ou une soirée élégante, vers 1890, Victor Gilbert, Collection privée. L'agrandissement montre les apaches combattant la police sur la place de la Bastille. Supplément illustré du Petit Journal, 14 août 1904, Paris, BnF, Gallica. Les « apaches » désignent les voyous de la « Belle époque ».

Nous avions tous pris l’habitude d’écrire que la notion de Belle Époque surgit au lendemain du premier conflit mondial pour pleurer le monde d’hier. C’était là une idée fausse. Tout à la reconstruction, au plaisir retrouvé, à la marche en avant, les années vingt n’avaient nul désir de regretter une séquence qui avait précisément conduit à la catastrophe. Le regret, et la nostalgie, vinrent plus tard : durant la décennie 1930 qui parla d’abord « d’époque 1900 » puis, petit à petit, de « belle époque ».

Vue de Notre-dame depuis le quai Saint-Michel, Georges Stein, début XXe siècle.  L'agrandissement montre la rue Soufflot à Paris, près du Panthéon (5e arr.), en 1950, photographie Janine Niépce.Mais le véritable acte de naissance survint en novembre 1940, lorsque l’animateur André Alléhaut lança sur Radio-Paris (la radio de l’occupant nazi) une émission intitulée « Ah la Belle Époque ! » qui offrait chaque soir une brassée de récits pittoresques et de chansons « 1900 ».

L’occupant en fut ravi, tout comme le Tout-Paris qui s’accommodait de la Collaboration. Alléhaut eut beau plaider devant la commission d’épuration que c’était pour lui un acte de « résistance », il ne convainquit pas grand monde. Le plus étonnant fut que malgré sa naissance dans ce contexte trouble, la « Belle Époque » survécut et s’adapta parfaitement à la Libération.

Son heure de gloire s’affirma même dans les années 1950, lorsqu’elle fut érigée en valeur refuge, figure compensatoire capable d’incarner une République triomphante à un moment où la puissance culturelle internationale et coloniale du pays marquait le pas.

La suite n’est pas moins étonnante : alors que l’imaginaire des frous-frous et des flonflons déclinait dans la France modernisée de Georges Pompidou, l’expression franchissait les frontières ; d’autres langues et d’autres cultures (l’Italie, le Brésil) la revendiquaient pour dépeindre leurs propres histoires.

Tandis que la France des années 1980 s’intéressait plutôt à son envers (les marginaux, les anarchistes, les féministes, etc.), le monde s’appropriait une autre « Belle Époque » surtout faite d’audace et d’innovations culturelles, à tel point que l’expression, surtout dans les travaux anglophones, en vint à caractériser une sorte de « moment de grâce » esthétique, sensible dans toute l’Europe du tournant du siècle.

Ce qui se dévoilait était la grande plasticité, et d’une certaine manière l’autonomie, d’un chrononyme capable de puiser selon les contextes à des sources différentes, de montrer des visages différents, de nourrir des imaginaires concurrents.

Kandinsky, Dans le gris, 1919, Paris, Centre Pompidou. L'agrandissment montre un tableau de Hans Hartung, T1971-R30, 1971, Parie, Galerie Perrotin.

Genèse d’un livre

L’intérêt personnel pris à ces travaux, et le bon accueil public qu’ils reçurent, me poussèrent à élargir un peu plus encore la focale et à concevoir un ouvrage, nécessairement collectif, capable de constituer une réflexion de référence sur ces questions. Le choix fut d’en proposer l’idée à Pierre Nora dont l’œuvre historienne autant qu’éditoriale s’accordait assez bien au propos.

Des Lieux de mémoire aux Noms d’époque, il y avait quelques échos – et de modestes filiations – qui justifiaient que l’on s’adresse d’abord à leur promoteur. Ce qui explique aussi pourquoi ce dernier fit bon accueil à ce projet et l’accompagna avec intérêt et bienveillance jusqu’à son terme.

Les noms d'époque, sous la direction de Dominique Kalifa, 2020, Collection Bibliothèque des Histoires, Gallimard, 2020.Le livre est collectif, parce que le savoir nécessaire, qui couvre deux siècles et un espace géographique élargi aux mondes européens et américains, dépassait les compétences d’un seul auteur. Mais l’objectif restait bien le même : inventorier et élucider les principaux « noms d’époque » du contemporain (les plus usités, ceux qui font sens pour le plus grand nombre), les soumettre au questionnement précédemment évoqué.

L’enquête commence au lendemain de la Révolution française, qui a échoué à réordonner le temps calendaire, mais qui a réussi à le bouleverser. Elle s’achève à la fin du XXe siècle avec les derniers grands chrononymes – « Trente Glorieuses » et « Années de plomb » – qui ont marqué notre temps. L’espace recouvert est large (l’Europe occidentale, les Amériques, la Russie) mais n’est pas parvenu à se faire « mondial », ce qui est un regret et une limite. Travailler dans toutes les langues est difficile et construire un projet véritablement mondial un lourd défi.

Les quatorze auteurs réunis se sont attachés à penser large et à suivre le plus loin possible les usages et les circulations des chrononymes étudiés. La capacité d’un nom d’époque à faire sens par-delà les frontières, à circuler d’une langue à l’autre, d’une culture à une autre, constituait un critère d’analyse particulièrement intéressant. Et tous les noms ne sont pas égaux à cet égard.

Pour une « fin de siècle » ou une « belle époque » dont l’histoire est vite mondiale et dans leur langue d’origine, pour un « entre-deux-guerres » qui se traduit quasiment d’emblée (dès la fin 1939 donc) dans la plupart des langues, combien de chrononymes incapables d’être compris à l’étranger.

Le Gilded age par exemple, qui désigne aux États-Unis la séquence de forte croissance mais aussi de corruption et d’inégalités qui marquent les années 1870-1890, est très peu connu hors du monde des américanistes. Il en va de même de « l’âge d’argent » (l’intense effervescence artistique, poétique, culturelle qui caractérise la Russie des deux premières décennies du XXe siècle), très peu usité hors des cercles spécialistes.

Jean Fourastié, Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible, 1979, Fayard. L'agrandissement montre  le salon de l'auto vers 1960, affiche scolaire ancienne Rossignol.Et que dire des très populaires « Trente Glorieuses » inventées par Jean Fourastié en 1979 pour désigner les trente années de croissance et de consommation qui suivent la fin de la Seconde Guerre mondiale mais qui demeurent une locution étroitement franco-française ?

Ces distinctions n’empêchent cependant pas les noms d’époque de partager de nombreux traits communs, que l’enquête a aussi mis au jour. À commencer par la question de origines, qui se ventile en deux grandes familles.

D’un côté les chrononymes forgés par des contemporains pour désigner leur propre époque, qui témoignent donc d’une sorte de « conscience du temps » et nous disent quelque chose des perceptions, des sentiments, de l’historicité d’une séquence. C’est le cas d’un terme comme « Restauration » qui, malgré des contestations et des rivalités, rend compte des intentions des élites et d’une partie du pays au lendemain des vingt-cinq années de bouleversements révolutionnaires et impériaux.

C’est aussi le cas du Risorgimento italien, qui traduit bien les aspirations culturelles et politiques à l’unité italienne, ou encore de la « fin de siècle », sentiment diffus où s’entremêlent l’idée de décadence, d’anxiété face à l’avenir et de pose esthétique.

De l’autre côté viennent se ranger les chrononymes élaborés après-coup, de loin les plus nombreux, et dont la signification historique est évidemment très différente. Postérieurs aux séquences qu’ils désignent, ils procèdent de lectures rétrospectives, récapitulatives, le plus souvent nostalgiques, parfois animées d’un désir de règlement de comptes et dans tous les cas porteuses d’anachronismes.

Josephine Baker dans la revue La folie du jour aux Folies Bergères, Paris, 1926.  L'agrandissement présente un tableau d'andré Devambez, Exposition de 1937, Vue de la Tour Eiffel, musée des Beaux-Arts de Rennes.C’est le cas bien sûr de la « Belle Époque », ou des « Années folles », ou encore de l’« entre-deux-guerres » qu’aucun contemporain n’a jamais perçu comme tel et qui témoigne d’une approche lourdement téléologique.

Dans tous les cas cependant, les chrononymes qui « prennent », qui durent, partagent des similitudes : des termes simples, des images vivantes, capables « d’éveiller la mémoire des faits par la seule mention du nom (note) », de synthétiser d’emblée tout un imaginaire historique.

C’est pourquoi ces noms, à quelques exceptions près, ne sont pas des créations d’auteurs, mais des produits du collectif, du sens commun, de « l’air du temps » en quelque sorte, dont l’origine précise se perd dans l’entrelacs des usages, des reprises, des appropriations. Qui peut se prétendre auteur de la « Belle Époque » ou des « Années noires » ? Au discours public, aux médias, à l’école d’en assurer par la suite le devenir.

Car l’autre grande caractéristique de ces chrononymes réside dans leur dimension profondément « historique ». L’existence d’un nom attesté ne signifie pas la permanence des images qui lui sont liées. La Belle Époque des années 1950, toute de joie de vivre, de vaudevilles et de chansons légères ne ressemble guère à celle, sombre et contestataire, que mettent en scène les années 1970, ni à celle, patrimoniale et « vintage », des vide-greniers, des cartes postales et des correspondances oubliées qu’on célèbre vingt ans près.

The Bayswater Omnibus, George William Joy, 1895, Museum of London. L'agrandissement montre la photographie d'une réunion du Bloomsbury group au manoir de Garsington Manor en juillet 1915. De gauche à droite, Lady Ottoline Morrell, Mme Aldous Huxley, Lytton Strachey, Duncan Grant et Vanessa Bell.

Autre exemple, celui du Victorianisme britannique, âge d’or de la modernité triomphante du vivant de la reine Victoria (elle meurt en 1901), épouvantail d’archaïsme et d’hypocrisie pour les intellectuels du Bloomsbury group dans les années 1920, valeur refuge du thatchérisme en 1980.

Aucun des imaginaires historiques que ces noms synthétisent n’a jamais été coulé dans le bronze, ils fluctuent au gré de nos interrogations, de nos anxiétés ou de nos certitudes. C’est aussi pourquoi les noms du temps constituent un extraordinaire objet d’histoire : leurs usages, leurs évolutions, leurs vies posthumes nous racontent une histoire fascinante, celle des lectures et des relectures du passé, celle de l’imbrication des temporalités, des « temps mêlés » pour le dire comme Queneau.

À la croisée de l’histoire et de l’historiographie, un tel chantier n’a sans doute pas dit ses derniers mots. Mille questions, mille problèmes demeurent ouverts, que les travaux engagés n’ont fait qu’entr’apercevoir.

Quid par exemple des dénominations par décennies – années trente, cinquante, quatre-vingt – dont nos sociétés sont devenues si friandes ? Invention du xxe siècle sans l’ombre d’un doute, mais comment expliquer une telle fortune ? Que nous dit de notre rapport au temps et à l’histoire la vogue de ces découpes décennales ? Il y a ici comme dans de nombreuses autres questions matière à poursuivre une réflexion passionnante.

Publié ou mis à jour le : 2020-06-20 08:12:20

 
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