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Les écrivains en politique au XIXe siècle

1871 : le spectre de la Commune


Après la chute de Napoléon III et le retour d'exil de Victor Hugo, symbole de l’écrivain engagé, le peuple parisien entre à nouveau dans l'Histoire.

Opposé à l'armistice que le gouvernement républicain a signé avec l’envahisseur prussien, il se découvre en mars 1871 maître de la capitale. La Commune de Paris fait resurgir le spectre des violences révolutionnaires. Elle sera réprimée sans pitié par le pouvoir replié à Versailles. Parmi les écrivains, seul Jules Vallès a pris le parti des insurgés et s'est battu à leurs côtés...

Jean-Pierre Bédéï

La Villette cernée par les troupes versaillaises, mai 1871, Gustave Boulanger, Paris, musée Carnavalet.

« Communards » contre « Versaillais »

L'épisode sanglant de la Commune débute en mars 1871. À l'origine de cette guerre civile entre « Communards » et « Versaillais », la déception causée par la signature des préliminaires de paix par le gouvernement républicain avec les Prussiens alors que la population parisienne a enduré avec héroïsme des sacrifices pendant le siège de la capitale.

À cette frustration, à ce ressentiment s’ajoutent les provocations de l’Assemblée nationale à majorité monarchiste et conservatrice élue en février. N’a-t-elle pas supprimé la solde des Gardes nationaux, choisi Versailles comme siège de réunion de l’Assemblée nationale ou encore exigé le paiement des loyers, suspendu pendant le siège de Paris ? De quoi exaspérer une population aux abois qui compte en son sein une frange révolutionnaire importante. 

Barricade sous la Commune, place Blanche, Jean-Baptiste-François Arnaud-Durbec, Paris, musée Carnavalet, (photo RMN-Grand Palais), DR.

En toile de fond de cette colère, la paupérisation du monde ouvrier qui n'a pas profité de l'essor économique de la France durant le Second Empire, mais aussi la ségrégation dont est victime le prolétariat parisien, due à la politique d'urbanisme du baron Haussmann qui a refoulé les « classes laborieuses » vers les faubourgs de la capitale.

Dès la proclamation de la République le 4 septembre 1870, des « comités de vigilances » sont formés à Paris à l'instigation de militants de gauche et de membres de l'Internationale avec pour objectif de constituer une « commune » nommée par le peuple.

Une rue de Paris en mai 1871, Maximilien Luce, Paris, musée d’Orsay.

Le mois sanglant de Mai

Les hostilités entre le peuple soutenu par les Gardes nationaux et les militaires du gouvernement de Thiers « chef du pouvoir exécutif de la République », débutent le 18 mars. Ensuite, c'est l'engrenage qui conduit à son paroxysme lors de la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai. Des deux côtés, on se livre à des atrocités : les Versaillais fusillent hommes, femmes, enfants, après avoir conquis les barricades, les Communards exécutent froidement leurs otages. Plus de 20 000 Parisiens devaient trouver la mort au mois de mai, avant que des emprisonnements et des déportations massives ne parachèvent l'écrasement de la Commune.

Vallès, seul contre tous

Parmi les grands écrivains, seul Jules Vallès, le bachelier révolté de 1848, cohérent avec ses engagements, participe à l’insurrection.

Julles Vallès, caricature par Émile Cohl parue dans un album de 55 portraits de Communards, 1871, coll. mhv., DR.Il n’a pas encore publié sa trilogie romanesque et en grande partie autobiographique (L’Enfant, Le Bachelier, L’Insurgé) mais il est un journaliste réputé qui a collaboré aux principales publications de son temps. 

À la fin des années 1860, il a fondé des journaux La Rue, Le Peuple, Le Réfractaire, rapidement interdits ou victimes de difficultés financières. 

Après la chute de Napoléon III, en octobre 1870, il manifeste contre le gouvernement de la Défense nationale et occupe la mairie du XIXe arrondissement de Paris. Il fonde Le Cri du Peuple

La une du « Cri du peuple» le 28 octobre 1885, BnF, Paris.

Se comptant parmi les « socialistes révolutionnaires », il devient ensuite l’une des figures majeures de la Commune, mais affiche des divergences avec la majorité de l’Assemblée de la Commune qui vote la création d’un Comité de salut public, sombre référence à la Terreur de la Révolution. Vallès est plutôt favorable à un compromis avec Versailles. Il pressent l’écrasement de l’insurrection mais il ne cherche pas à se retrancher derrière ses désaccords avec la majorité de la Commune pour fuir. 

Il a toujours lutté avec les « blouses » contre les « redingotes », alors il demeurera au milieu de ses compagnons d’armes au péril de sa vie. Jusqu’au bout. Pas question d’abandonner son camp. Recherché au terme de la « Semaine sanglante », il réussit à s’enfuir à Bruxelles puis à Londres. Mais cet épisode marquera profondément son œuvre littéraire.

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Publié ou mis à jour le : 2018-03-15 15:08:51

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Les commentaires sur cet article :

Marie-Suzy Vascotto (05-03-201818:09:09)

Avant d'écrire que George Sand était "une pasionaria républicaine et socialiste" en 1848, vous devriez lire ce que pense d'elle et de ce qu'elle a écrit Henri Guillemin, qui n'était peut-être pas un historien professionnel, mais qui était un homme de coeur.

Marie-Suzy Vascotto (05-03-201818:08:03)

Avant d'écrire que George Sand était "une pasionaria républicaine et socialiste" en 1848, vous devriez lire ce que pense d'elle et de ce qu'elle a écrit Henri Guillemin, qui n'était peut-être pas un historien professionnel, mais qui était un homme de coeur.


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