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Amerigo Vespucci (1454 - 1512)

Dans l’ombre de Christophe Colomb


Traduction en Espagnol

Amerigo Vespucci, estampe de Crispijn van de Passe l'Ancien, vers 1590, British Museum, Londres, Royaume-Uni. Autour du portrait est inscrit : Amerigo Vespucci le Florentin, découvreur et conquérant de la terre du Brésil. Parce que le Nouveau Monde a pris son nom au lieu de celui de Christophe Colomb, que le nombre et les dates de ses voyages demeurent contestés, de même que l’exactitude de ses récits, Amerigo Vespucci est souvent considéré comme un imposteur.

C’est injuste...

Car il  fut bien le premier à prendre toute la mesure de la découverte. Contrairement à Colomb qui resta persuadé jusqu’à sa mort d’avoir atteint la partie la plus orientale de l’Asie, Amerigo Vespucci a le premier pressenti que l'Amérique était bien un continent à part entière.

La postérité a su lui rendre justice.

Julien Colliat

La Vierge de la Miséricorde, fresque de Domenico Ghirlandaio, vers 1472, église Ognissanti, Florence, Italie. Amerigo Vespucci est représenté entre le vieillard en rouge et la Vierge.

Un financier florentin

Rien ne prédestinait Amerigo Vespucci à devenir navigateur. Né à Florence en 1454, il appartient à l’une des plus riches familles de la ville, proche des Médicis. Très impliqués dans la vie artistique florentine, les Vespucci sont les mécènes de plusieurs peintres tels Sandro Botticelli et Domenico Ghirlandaio.

Simonetta Vespucci, cousine d'Amerigo Vespucci, Sandro Botticelli, vers 1480, musée Städel, Francfort, Allemagne.Le premier prendra comme modèle la cousine d’Amerigo, Simonetta Vespucci, pour sa célèbre toile La Naissance de Vénus. Le second représentera toute la famille Vespucci, dont le jeune Amerigo, dans une fresque destinée à l'église d'Ognissanti de Florence et intitulée La Vierge de la Miséricorde.

Neveu de Giorgio Antonio Vespucci, religieux dominicain et propriétaire de l’une des plus riches bibliothèques de Florence, Amerigo suit les cours de son oncle au couvent de San Marco. Bien qu’initié à la culture humaniste et aux auteurs anciens, il s’intéresse surtout aux sciences, en particulier les mathématiques et la physique.

En 1480, il accompagne un autre de ses oncles, nommé ambassadeur par Laurent le Magnifique, à la cour de Louis XI. Il restera un an en France.

Ange Politien (à droite) au côté de Cristoforo Landino (au centre), détail de la scène de l'Annuncio dell'angelo a Zaccaria, peinte par Domenico Ghirlandaio entre 1486 et 1490 dans la Chapelle Tornabuoni de la basilique Santa Maria Novella à Florence.À la mort de son père, en 1483, Vespucci reprend les affaires familiales et devient l’administrateur commercial du banquier Laurent de Médicis, dit le Popolano, et de son frère Jean, cousins de Laurent le Magnifique.

Parallèlement à ses activités commerciales, Vespucci fréquente des écrivains humanistes renommés tels Ange Politien et Luigi Pulci. Passionné par l’astronomie et la cosmographie, il constitue une énorme collection de cartes et d’ouvrages spécialisés.

L’adieu de Christophe Colomb aux souverains espagnols Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, Grands Voyages, America pars quarta, gravure, Théodore de Bry, Francfort, 1592, BnF, Paris.

La rencontre avec Colomb

Désormais homme de confiance des frères Médicis, Vespucci est envoyé en 1492 à Séville, qui est alors le plus important centre économique de Castille. Il y devient l’agent du banquier florentin Gianetto Berardi lequel finance l’armement et l’approvisionnement de bateaux espagnols ainsi que la traite des esclaves.

Le contact des marins et leurs récits fascinants éveille aussitôt son intérêt pour la navigation. Selon toutes vraisemblances, Berardi participe au financement du premier voyage de Colomb outre-Atlantique. Vespucci fait à cette occasion la connaissance du navigateur génois et à son retour des Antilles l’accompagne à Barcelone où il est reçu solennellement par Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille.

La « Santa Maria à l'ancre », Andries van Eertvelt, vers 1628, National Maritime Museum, Londres. L' un des trois navires ayant permis à Christophe Colomb de traverser l'océan Atlantique lors de sa première expédition, en 1492.Au cours des mois suivants, Vespucci participe aux préparatifs du deuxième voyage de Colomb. Le Florentin se découvre une vocation pour l’exploration et caresse l’espoir de se rendre personnellement sur les terres nouvellement découvertes.

En avril 1495, Berardi obtient un contrat pour l'envoi aux Indes de douze caravelles, divisées en trois convois, dont le départ s’échelonnera entre avril et septembre, afin de ravitailler la colonie d’Hispaniola fondée par Colomb. Mais les retards s’accumulent et l’armateur meurt huit mois plus tard sans qu’aucun navire n’ait appareillé.

En tant qu’exécuteur testamentaire, Vespucci a pour mission de remplir le contrat. En janvier 1496, une première flotte prend donc le large à destination des Indes. Hélas, à peine parties, les quatre caravelles sont victimes d’une tempête et sombrent. Tout le chargement est perdu mais par chance seuls trois marins ont péri.

Vespucci est contraint de liquider la compagnie commerciale de Berardi et se consacre désormais à ses propres affaires. Souhaitant mettre à profit son expérience dans la fourniture de matériel pour les expéditions maritimes, le Florentin décide de devenir navigateur.

Amerigo Vespucci devant affronter les indigènes de l'île d'Ity (peut-être proche des Bermudes), lors de son premier voyage vers le Nouveau Monde, comme décrit dans sa Lettre à Soderini en 1505. Gravure de Théodore de Bry, 1592, musée d'Histoire de Miami, Floride.

Vespucci, premier à aborder sur le continent américain ?

En mai 1499, Vespucci obtient une place d'astronome et de cartographe dans une expédition dirigée par Alonso de Ojeda, un ancien lieutenant de Colomb, qui appareille de Cadix. Les Espagnols atteignent la côte sud-américaine non loin du delta de l’Orénoque, dans l’actuel Venezuela. L’itinéraire emprunté ensuite par la flotte est assez flou. Il aurait conduit Vespucci le long des côtes brésiliennes, un an avant Cabral, jusqu’à l’embouchure de l’Amazone où le Florentin se serait attardé et aurait découvert une flore et une faune paradisiaque. Le navire de Vespucci serait ensuite descendu jusqu’à Recife avant de mettre le cap au nord-ouest.

Parvenant au lac de Maracaibo, les Espagnols découvrent un village de maisons de paille sur pilotis, entre lesquelles les indigènes circulent en pirogue. Ils baptisent cette contrée Venezziola (Venezuela), soit littéralement « petite Venise ».

Vespucci aurait ensuite atteint une île peuplée de géants et qui semble correspondre à Curaçao, avant de rejoindre Hispaniola où il séjourne deux mois. L’expédition fait son retour à Cadix en septembre 1500, les navires chargés de perles et surtout d’esclaves.

Vue panoramique de Lisbonne, enluminure de la Chronique de Dom Afonso Henriques par Duarte Galvão vers 1500.

Au service du Portugal

Alors qu’il se prépare pour un nouveau voyage, le navigateur voit ses projets contrariés par une décision des souverains espagnols qui interdisent l’embarquement de ressortissants étrangers dans les expéditions de découverte. Vespucci ne s’avoue cependant pas vaincu et se rend au Portugal, où fort de son expérience, il convainc le roi Manuel Ier de lui confier trois navires.

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Publié ou mis à jour le : 2018-03-30 01:43:14

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Henri Cotta (14-02-201817:35:59)

Pour rentrer dans les détails, lire l'excellent "Amerigo" de Stefan Zweig !


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