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Diplomatie

La paix est affaire d’équilibre

La diplomatie apparaît avec les premiers États, au IIIe millénaire avant notre ère. Elle désigne toute forme de négociation entre gouvernements.

C’est un instrument de paix avant tout fondé sur la recherche de l’équilibre entre les partenaires, à l’égal de la danse. Le congrès de Vienne l’a montré en 1815. Mais cet exemple est aujourd’hui oublié.

Isabeau de Bavière et Charles VI de France lors du traité de Troyes (1420), Chroniques de Jean Froissart vers 1470, Londres, British Library.

Une affaire familiale et dynastique

Dans la chrétienté médiévale, la diplomatie est avant tout une affaire dynastique. On négocie pour solder les querelles entre familles et l’on conclut les guerres par de nouvelles alliances matrimoniales. Au Moyen Âge, la puissance du royaume de France et l'attraction qu'il exerce en font un acteur incontournable de la diplomatie.

Saint Louis, par exemple, suscite l'admiration à double titre : pour sa capacité à faire des concessions, comme l'illustre la signature du traité de Paris de 1259 conclu avec Henri III d'Angleterre.

Mais à la fin du Moyen Âge, il n’est plus question que les souverains se déplacent en personne pour mener les négociations de paix. C’en est fini de ces rencontres dispendieuses qualifiées de « grandes folies »  par Philippe de Commynes.

La diplomatie devient une affaire de professionnels et les ambassades permanentes se généralisent. Ambassadeur de Suède en France, Hugo Grotius rédige en 1625 un traité sur le Droit de la guerre et de la paix, considéré comme un des textes fondateurs du droit international public.La célébration du traité de Münster (l?un des traités de la paix de Westphalie) par la garde civique des arbalétriers, Bartholomeus van der Helst, 1648, Rijksmuseum, Amsterdam.

La grande diplomatie européenne, de la Westphalie à Berlin

La dimension européenne de la diplomatie apparaît à l'issue de la guerre de Trente ans (1618-1648), menée sur le sol allemand par de nombreux États.

Selon que ces États sont protestants ou catholiques, leurs diplomates se réunissent dès 1643 à Osnabrück et Münster, en Westphalie. Ils vont palabrer cinq ans durant, sans que s’arrêtent les combats, avant d’aboutir à deux traités concomitants. Cette forme de diplomatie, encore pratiquée à Utrecht (1713), à l’issue de la guerre de la Succession d’Espagne, est remise en cause par la Révolution française.

La Convention se propose d'établir la France dans ses « frontières naturelles » et même de « libérer » les peuples de l'absolutisme sans plus se soucier du droit international. Le 19 novembre 1792, l'assemblée révolutionnaire vote un décret qui énonce : « La Convention nationale déclare au nom de la nation française qu'elle accordera fraternité et secours à tous les peuples qui voudront reconquérir leur liberté ».

La chute de Napoléon Ier marque un retour à la diplomatie westphalienne mais les conférences qui concluent la guerre austro-prussienne (1866) puis la guerre franco-prussienne (1870-1871) s’inscrivent dans un simple rapport de forces entre vainqueur et vaincu.

Les Européens font encore bon ménage quand il s’agit de se partager le monde. Par la convention de Pékin, en 1860, la Chine s’incline devant les Français et les Anglais. En 1878, Bismarck invite au congrès de Berlin le ban et l’arrière-ban de l’Europe pour régler le sort de l’empire ottoman. Il remet ça en 1885 à la conférence de Berlin pour, cette fois, préparer le partage du continent africain.

Versailles et la fin de la diplomatie européenne

Ce développement prometteur d'une diplomatie mondiale connaît une fin abrupte avec la Première Guerre mondiale. L'Allemagne est exclue des négociations de paix et le texte du  traité signé à Versailles le 28 juin 1919, lui est seulement communiqué le 7 mai 1919. 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la diplomatie européenne n'est plus qu'un lointain souvenir : c'est un procès (Nuremberg) et une conférence entre vainqueurs (Potsdam) qui règlent le sort de l'Allemagne nazie. La force appartient désormais aux États-Unis et à l'URSS, et la crise de Suez (1956) se charge de le faire comprendre aux Français et aux Britanniques (...).

Publié ou mis à jour le : 2025-06-29 11:36:12
Momon (13-12-2016 21:03:13)

Momon

Vous avez dit : Diplomatie !!!

J’ai apprécié le développement de votre article sur un sujet si important, mais aussi peu équilibré, tant, ceux qui font la diplomatie aujourd’hui ne sont pas à arme égales et ne servent que leurs intérêts au détriment d’une sagesse et une raison dans l’intérêt général.

Oui, de tous temps, la diplomatie a été le combat des diplomates sans arme dans les salons dorés.

Peut-on parler de diplomatie lorsque les représentants du Conseil de Sécurité de l’O.N.U dotés d’un droit de veto en font usage au seul profit de leurs intérêts nationaux protégeant ainsi leurs influences géopolitiques, qui reposent encore pour environ cent ans sur les richesses pétrolières et gazières du Proche et Moyen-Orient.

Pourquoi, au grand désespoir de monsieur Kofi Annan, ex secrétaire général de l’O.N.U et de monsieur Ban Ki-moon, l’actuel les réformes engagées, mais non aboutis, qui consistaient à élargir le cercle du Conseil de Sécurité à d’autres pays tels que : l’Allemagne, un de l’Afrique et un ou deux pays arabes, n’ont pas trouvées d’entente. Cette seule raison ne donne pas l’image d’un réel engouement de la mise en pratique d’une diplomatie raisonnable de la recherche de la paix et pour l’intérêt de toutes les nations ?

Pourquoi, lorsque Israël, qui ne respecte pas les règles du droit international sur l’occupation de la Cisjordanie par des colonies illégales, trouve t-elle le soutien des Etats-Unis et son veto, quasi constant ?

De même lorsque le monde occidental s’émeut du carnage qui se prolonge en Syrie depuis plus de quatre ans, se trouve muselé par un veto de la Russie, qui prêtent combattre les « rebelles » sans distinction entre les résistant au régime de Bachar el Assad et les groupes islamistes ?

Vous avez dit DIPLOMATIE.

Aujourd’hui, cette institution, qui devrait être la garantie de l’écoute des peuples fait « SA » diplomatie, le doigt sur le bouton nucléaire.

JP Saels (21-11-2016 07:16:47)

Pour info on écrit Jemappes et non Jemmapes.
Bravo pour toutes ces synthèses et rappels !
JPS

Jack (14-11-2016 22:58:17)

J'ai beaucoup apprécié cette synthèse qui ne peut être que le fruit d'une grande érudition. J'ajouterais seulement ceci: le rôle du feu atomique qui a porté à deux niveaux l'organisation de la paix entre les nations, à savoir d'une part, les pays majeurs détenteurs de cette arme qui négocient entre eux seuls l'équilibre nucléaire du monde , évitant , comme jadis, l'affrontement entre les grandes puissances, laissant , d'autre part , en apparence à l'ONU le soin de régler les conflits secondaires entre toutes les nations. Cet équilibre atomique "gardien de la paix du monde" et objet de la plus haute diplomatie , justifierait peut-être d'avoir sa place dans votre si intéressant article.
Bien amicalement.

THOREPENN (14-11-2016 19:03:01)

Si les Anglais avaient laissé les Russes terminer leur guerre contre l'Empire Ottomans durant la guerre de Crimée sans nous entrainer nous n'aurions pas aujourd'hui des problèmes avec la Turquie qui ne ferait pas partie de l'Europe car CONSTANTINOPLE appartiendrait soit à la Grèce soit à la Bulgarie.

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