La Préhistoire

Des origines au Paléolithique

Pour étudier l’Histoire humaine depuis ses débuts, il faut revenir plusieurs millions d’années en arrière, dans les forêts équatoriales du globe. Les grands singes de cette époque y forment les embryons de notre lignée.

Des origines au Paléolithique, une carte animée de Vincent Boqueho pour Herodote.net, 2014

Le chimpanzé et l'homme

La lignée des Orangs-Outans en Indonésie est la première à diverger de celles des hommes, il y a 12 millions d’années environ. Puis la lignée des gorilles suit son propre chemin en Afrique vers 8 millions d’années. Les chimpanzés et bonobos actuels, qui vivent également en Afrique, sont nos plus proches cousins : nous avons des ancêtres communs avec eux qui vivaient il y a seulement 5 à 6 millions d’années.

La première caractéristique humaine qui apparaît est la bipédie : celle-ci est probablement favorisée par les périodes d’assèchement du climat, qui change la forêt en savane et pousse l’individu à se redresser. La posture bipède permet à la tête de gagner du poids, car elle n’est plus suspendue à l’horizontale mais repose sur le reste du corps. Ce n’est que bien plus tard que la libération de la main favorisera l’utilisation de l’outil.

Autre changement lié à l'aridification du climat est-africain : une dentition affaiblie propice à une alimentation omnivore. C'est un atout par rapport aux singes de la forêt qui ne se nourrissent que de fruits assez peu nutritifs et doivent consacrer la moitié de leur temps éveillé à manger et digérer (note).

Dès 7 millions d’années avant notre ère, certains grands singes ont déjà tenté d’évoluer en ce sens, comme le montrent les vestiges de Toumaï découverts au Tchad. L’Histoire humaine est riche en de telles évolutions avortées. Orrorin apparaît au Kenya il y a 6 millions d’années, puis les Ardipithèques en Éthiopie 1 million d’années plus tard. Il n’est pas certains que ces hominidés aient été nos ancêtres ; toujours est-il que c’est à cette époque que le patrimoine génétique de la lignée humaine se sépare définitivement de celui du chimpanzé.

Les premiers pré-humains  sont les hominidés du genre Australopithèque, dont les plus anciens vestiges découverts remontent à 4 millions d’années. Ils sont situés en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie.

On remarque qu’ils sont alignés le long de la vallée du Rift africaine, de nature volcanique. Les fossiles s’y sont sans doute mieux conservés qu’ailleurs grâce aux dépôts réguliers de cendres. Dans tous les cas, les Australopithèques occupèrent peu à peu une grande partie de l’Afrique, depuis le Tchad jusqu’en Afrique du sud.

Les hommes se suivent

C’est aussi dans la vallée du Rift qu’ont été retrouvés les premiers vestiges appartenant au genre homo, datés de 2,5 millions d’années. Un véritable saut est accompli à cette époque : d’une part apparaissent les premières pierres taillées, de façon très sommaire. C’est le début du Paléolithique. D’autre part les premiers embryons de langage articulé émergent peu à peu. L’espèce la plus répandue, Homo Habilis, continue de côtoyer de nombreuses autres espèces ; en particulier, les paranthropes divergent de la lignée humaine et subsisteront pendant près d’1,5 millions d’années.

Le cerveau des hommes continue peu à peu d’augmenter en taille. Il y a 1,8 millions d’années, une nouvelle étape cruciale est franchie : Homo Ergaster acquiert l’intelligence nécessaire pour la sortie d’Afrique et la conquête de nouveaux climats. D’un coup, l’aire de peuplement de l’homme change d’échelle : Homo Ergaster conquiert toute la moitié sud de l’Asie, où il prendra le nom d’Homo Erectus. Il n’est arrêté que par la ligne Wallace en Indonésie, profond bras de mer qui reste immergé même pendant les glaciations.

Un peu plus tard, il y a 1,2 millions d’années, l’homme atteint l’Europe de l’Ouest. Il y évoluera jusqu’à former Homo Heidelbergensis. La domestication du feu, réalisée vers -400000, autorise ensuite la conquête de climats de plus en plus froids. Enfin vers -250000 émergent les deux dernières espèces d’hominidés  : l’homme de Néandertal (on écrit aussi Neanderthal) en Europe, puis un peu plus tard notre propre espèce, Homo sapiens, en Afrique. Ces deux espèces ont un volume crânien comparable et voient l’apparition des premières traces d’art et des premières sépultures. Elles sont peut-être plus proches qu'on ne l'a longtemps cru.

Homo sapiens quitte l’Afrique vers 80000 BP (Before Present, avant 1950) : c’est donc la deuxième grande sortie d’Afrique après celle d’Homo Ergaster. En peu de temps, l’homme moderne se mélange aux derniers Néandertaliens et supplante Homo Erectus en Asie, sauf dans des endroits isolés comme sur l’île de Florès, à l'est de Java, où une lignée distincte survivra jusqu’en 12000 av. J.-C.. L’intelligence d’Homo sapiens lui permet aussi de gagner des régions encore vierges de présence humaine : Vers 70000 BP, il franchit les bras de mer pour gagner la Papouasie et l’Australie. Puis, vers 35000 BP, il traverse les terres alors émergées séparant l’Asie et l’Amérique, profitant du faible niveau des océans pendant la dernière glaciation.

Pendant tout ce temps, l’homme de Néandertal coexiste aux côtés d’Homo sapiens en Europe. Notons que c’est là qu’apparaissent les premières traces d’art pariétal. Néandertal finit par disparaître il y a 28000 ans. Si l’on excepte quelques isolats résiduels, Homo sapiens devient à cette époque la seule espèce humaine sur Terre. Bientôt, la dernière glaciation va atteindre son paroxysme. La fin de cette glaciation donnera un coup d’accélération décisif à l’évolution de l’histoire humaine.

Vincent Boqueho
Publié ou mis à jour le : 2019-10-16 13:09:38

 
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