Jules Mazarin (1602 - 1661)

Cardinal diplomate et séducteur

Aucun immigrant n'a connu en France autant de fortune que Giulio Mazarini, en français Jules Mazarin.

Enfant de Rome, il naît le 14 juillet 1602 dans les Abruzzes, où sa mère est allée accoucher pour échapper à l'été étouffant de la Ville éternelle. Jeune homme surdoué, il devient fonctionnaire au service du Saint-Siège et sert comme capitaine dans les armées du pape Urbain VIII mais c'est comme diplomate que, très vite, il révèle des dons exceptionnels.

Alban Dignat

Cardinal mais pas prêtre

Envoyé en mission en France en 1630, il se fait apprécier du Premier ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu, qui prend l'habitude de recourir à ses services.

L'année suivante, dans le Piémont, devant la forteresse de Mantoue que se disputent Français et Espagnols, il négocie longuement durant une trêve entre les chefs des deux armées. Ceux-ci ne se résolvant pas à négocier, il s'interpose entre les armées espagnole et française au moment de l'affrontement au cri de « Pace, Pace ! ». Les soldats interloqués mettent l'arme au pied et les chefs se résignent à négocier avec Mazarin la paix de Cherasco qui assure à la France la possession de la forteresse de Pignerol, dans les Alpes.

En 1639, Richelieu l'enlève définitivement au pape et se l'attache en remplacement de feu le père Joseph, son « éminence grise ». Deux ans plus tard, Mazarin obtient la barrette de cardinal sans pour autant avoir été ordonné prêtre (le fait est rare mais admis par l'Église catholique).

À sa mort, Richelieu recommande au roi Louis XIII de prendre Mazarin à son service. Le roi, qui est lui-même au bord du tombeau, demande à Mazarin d'être le parrain de son fils, le futur Louis XIV, alors âgé de 4 ans. Suprême honneur pour l'Italien ! Dans son testament, Louis XIII, qui meurt le 14 mai 1643, le désigne aussi comme membre du futur Conseil de régence.

Séducteur et mécène

Mazarin, séducteur jusqu'à l'obséquiosité, gagne les faveurs de la régente en titre, la reine mère Anne d'Autriche dont il devient l'ami et peut-être l'amant. Peut-être même l'épouse-t-il en secret ? Principal ministre, il se dévoue à la monarchie et au jeune roi, dont il assure la formation politique.

Dès son accession au pouvoir, Mazarin est confronté à la rébellion des grands seigneurs et des parlementaires. Comme il est de règle sous toutes les régences, ceux-ci tentent de profiter de la faiblesse supposée du gouvernement pour étendre leurs privilèges et consolider leur pouvoir.

Mazarin réagit avec détermination. Prenant prétexte d'une « Cabale des Importants », il fait incacérer Beaufort, fils de César de Vendôme, enfant adultérin d'Henri IV et Gabrielle d'Estrées, et exile plusieurs autres opposants. Plus sérieusement, il doit faire face en 1649 à la Fronde des parlementaires puis des princes, qui cultivent l'art du pamphlet sous la forme de « mazarinades » et doit pendant un temps s'exiler pour calmer l'agitation.

Dans le même temps, le Principal ministre conduit avec brio les traités de Westphalie qui consacrent l'émiettement de l'Allemagne.

Faiseur de mariages

Usant et abusant de sa position, Mazarin s'enrichit en prélevant sa part sur les transactions publiques. Mais il redistribue sa fortune fort généreusement en pensionnant les artistes comme le compositeur italien Jean-Baptiste Lully. Il se constitue une très belle collection d'oeuvres d'art, qu'il lèguera au roi, fonde le collège des Quatre-Nations et ouvre la première bibliothèque publique de France, qui porte son nom, la bibliothèque Mazarine.

Louis XIV est reconnaissant de son action à son parrain et Principal ministre. Quand prend fin la régence à son treizième anniversaire, le 5 septembre 1651, il lui renouvelle sa confiance et lui demande de poursuivre sa tâche à la tête du gouvernement, ce qu'il fera jusqu'à sa mort.

Une décennie plus tard, le traité des Pyrénées, conclu par le mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, et la paix du Nord sont ses derniers chefs-d'oeuvre. Ils consolident la position internationale de la France. Le cardinal arrange aussi le mariage de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, avec Henriette d'Angleterre, soeur du roi Charles II Stuart.

Sur son lit de mort, le 9 mars 1661, Jules Mazarin recommande à Louis XIV son commis Jean-Baptiste Colbert. Mais celui-ci ne reprendra pas la fonction de Premier ou principal ministre, Louis XIV décidant de diriger désormais lui-même le gouvernement.

Amour et raison d'État

Le jeune roi Louis XIV est tombé amoureux de Marie Mancini, l'une des cinq jolies nièces de Mazarin.

Il n'est pas non plus resté indifférent au charme de sa soeur Olympe, la future mère du prince Eugène, et certains historiens supputent que celui-ci est peut-être le fils naturel du roi !

Craignant une mésalliance, le cardinal et la régente Anne d'Autriche prennent des dispositions pour détourner le roi des soeurs Mancini et le marier au plus vite avec l'infante Marie-Thérèse d'Autriche.

Marie est reléguée à Brouage tandis que sa soeur Olympe épouse le comte de Soissons... Plus tard, Olympe et sa soeur Marie-Anne se compromettront dans la triste « affaire des Poisons », ce qui leur enlèvera l'affection du roi. Olympe et son fils Eugène devront alors quitter la Cour.

Publié ou mis à jour le : 2020-02-17 08:42:16

 
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