Jules II (1443 - 1513) - Un pape soldat, homme d'État et mécène - Herodote.net

Jules II (1443 - 1513)

Un pape soldat, homme d'État et mécène

Pape sous le nom de Jules II, Giuliano Della Rovere entame son ascension à la cour pontificale grâce au soutien de son oncle Francesco Della Rovere, pape en 1471 sous le nom de Sixte IV.

Il ne dédaigne pas les plaisirs profanes comme l'atteste la naissance de plusieurs bâtards. Mais assez peu attiré par le luxe pour lui-même, il dénonce le népotisme d'Alexandre VI Borgia, ce qui lui vaut d'attendre sa mort pour revenir à Rome et préparer sa propre élection. Celle-ci intervient le 1er novembre 1503 après le bref pontificat de Pie III (25 jours).

Jules II (Raphaël, 1511-1512, National Gallery, Londres)

Un pape soldat

Le nouveau pape a déjà soixante ans mais, plus épris de combats que de bonnes paroles, plus à l'aise dans une armure que sous la tiare, homme d'action, combattant dans l'âme, il va se comporter avant tout en souverain temporel.

Soucieux de consolider les États pontificaux alors menacés de dislocation, il réannexe à la tête de son armée, dès 1504, la Romagne et les autres possession de César Borgia, dont Bologne et Pérouse.

Mais il ne tarde pas à se heurter à Venise. La Sérénissime République prétend en effet étendre ses possessions de Terre Ferme et conquérir la Romagne. Le 10 décembre 1508, le pape Jules II constitue contre elle la ligue de Cambrai, avec la France de  Louis XII, l'empereur d'Allemagne Maximilien 1er, l'Aragon de Ferdinand le Catholique et la Savoie.

À Agnadel, la Ligue a raison des Vénitiens. Sa victoire met la République de Venise à la merci d'une invasion, voire d'une disparition.

Le pape, du coup, craint pour son indépendance. Il se retourne contre ses alliés et fait la paix avec la Sérénissime avec l'objectif de chasser d'Italie les « Barbares du Nord » (les Français).

Le  4 octobre 1511, il forme avec le doge de Venise, et le roi d'Aragon une Sainte Ligue contre le roi de France et l'empereur d'Allemagne. L'alliance est rejointe par le roi Henri VIII d'Angleterre.

Le 11 avril 1512, les Français l'emportent à Ravenne sur les Vénitiens et les Espagnols réunis mais cette victoire ne les empêche pas d'être peu après chassés du Milanais.

Triomphant, le vieux pape se réconcilie avec les princes italiens comme avec l'empereur Maximilien 1er. Mais il meurt avant d'avoir tiré tout le bénéfice de sa victoire et laissera à la postérité le souvenir de son mécénat bien plus que celui de ses exploits militaires.

Un mécène

C'est que Jules II, assez peu intéressé au dogme et à la réforme de l'Église, use des richesses du Saint Siège au bénéfice des humanistes et des artistes.

Il passe d'importantes commandes aux principaux génies de son temps, Michel-Ange, Raphaël ou encore Bramante. Il ouvre de nouvelles artères à Rome, dont la via Giulia. Il entreprend aussi en 1506 la reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome, un chantier de vingt ans et plus, sous la conduite de Bramante.

À Michel-Ange, il confie, outre la décoration de la Sixtine, la réalisation de son propre tombeau dans l'église Saint-Pierre-aux-Liens.

Ces chantiers ainsi que le mécénat et les dépenses militaires assèchent les revenus du Saint Siège. Pour y remédier, Jules II multiplie les ventes de bénéfices ecclésiastiques, de dispenses et d'indulgences (une réduction du temps de purgatoire promise aux généreux fidèles après leur mort). 

Ces mesures poursuivies par son successeur Léon X (Jean de Médicis) vont scandaliser les fidèles, notamment en Allemagne, et contribuer à la Réforme luthérienne (ou protestante).


Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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