Politique française

Les secousses politiques de la Ve République

Au cours de son premier demi-siècle, la Ve République a connu un changement important en 1981 avec la première alternance née de l’élection de François Mitterrand, puis en 1986 avec la première cohabitation. Mais la véritable charnière sur les plans économique et politique est l’année 1983, dont les conséquences politiques se prolongent jusqu’à aujourd’hui comme le montre l’aperçu chronologique suivant.

Les grandes étapes

1958 : approbation de la Constitution par référendum

Pendant sa mise au point, le général de Gaulle refuse à son rédacteur Michel Debré l’inscription dans la Constitution du mode de scrutin majoritaire pour les élections législatives, car il estime que le mode de scrutin reste affaire de circonstances.

Les institutions du nouveau régime se mettent en place avec le général Charles de Gaulle à l’Élysée (la résidence du président de la République), Michel Debré à l'hôtel Matignon (la résidence du Premier ministre) et Valéry Giscard d’Estaing au secrétariat d’État aux finances. En 1959 est créé un nouveau franc (la nouvelle monnaie s'accompagne en toute discrétion d'une dévaluation de 17,55%).

1962 : référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel

Les modalités de cette élection sont inscrites dans la Constitution. La même année, l’Assemblée est dissoute après un vote de censure contre le nouveau gouvernement de Georges Pompidou et reconduction de ce dernier.

1963 : plan de stabilisation

Le ministre des finances Valéry Giscard d'Estaing veut refroidir l’économie en surchauffe. Le plan se prolongera un peu trop longtemps et coûtera son poste au ministre en 1966.

1965 : première élection présidentielle au suffrage universel

Affiche de campagne de Charles de Gaulle (2e tour des élections de 1965)Les Français goûtent avec passion à cette élection présidentielle, la première depuis l'élection du premier président de la République en 1848, un certain Louis-Napoléon Bonaparte.

Le général de Gaulle (74 ans) sollicite le renouvellement de son mandat de sept ans. Trop assuré de sa réélection, il néglige de faire campagne. Cela lui vaut l'amère surprise d'être mis en ballotage par François Mitterrand et l'emportera néanmoins au second tour par 55% des voix.

Deux ans plus tard, les élections législatives sont gagnées d’extrême justesse par les gaullistes et giscardiens. Le général de Gaulle avait auparavant indiqué à son ministre Alain Peyrefitte dans une conversation privée qu’il « cohabiterait » en cas de courte défaite à ces élections arrivant à leur date normale, mais qu’il se considèrerait comme désavoué et partirait en cas de lourde défaite à des élections législatives, ou s’il perdait une élection nationale après l’avoir lui-même provoquée (dissolution ou référendum).

1969 : référendum de désaveu du général de Gaulle

Fidèle à ses principes, le général démissionne sans se faire prier. Georges Pompidou est élu sans trop de difficulté à l'Élysée et nomme Jacques Chaban-Delmas à la tête du gouvernement. Le ministre des finances Valéry Giscard d'Estaing (VGE) effectue en août 1969 la dévaluation de 11,5%. Celle-ci a été rendue nécessaire par les accords de Grenelle consécutifs aux événements de Mai 68, mais de Gaulle l'avait refusée à l’automne 1968 sur le conseil du commissaire européen Raymond Barre.

1973 : premier choc pétrolier

C'est la fin des « Trente Glorieuses », période entamée à la Libération et marquée par une forte croissance économique et démographique accompagnée d’inflation et de dévaluations régulières du franc vis-à-vis du mark, dont la parité se maintient grâce à une politique économique allemande plus rigoureuse.

1974 : mort de Georges Pompidou

Le ministre de l'Économie VGE (48 ans) prend de court ses rivaux et accède à l’Élysée d'extrême justesse à l’issue d’une campagne électorale qui marque la fin de la suprématie gaulliste sur les institutions de la Ve République et voit la première candidature de Jean-Marie Le Pen, président du Front national depuis 1972 qui finit septième avec 0,75% des voix, après s’être fait remarquer à la télévision avec son bandeau sur l’œil.

Nomination à Matignon de Jacques Chirac qui tente une relance à contretemps, pendant la première récession économique depuis le début de la Ve République causée par le premier choc pétrolier : cette fausse manœuvre creuse les déficits du budget et du commerce extérieur et conduit en 1976 au remplacement de Jacques Chirac par Raymond Barre, chargé d’appliquer une politique de rigueur.

1976 - 1981 : Raymond Barre et la rigueur

Les trois « plans Barre » de 1976, 1977 et 1978 redressent progressivement les finances publiques et les comptes extérieurs, mais le deuxième choc pétrolier de 1979 efface leurs effets avant qu’ils aient pu se manifester à plein en 1980-1981. Le septennat giscardien s’achève néanmoins sur des déficits publics et un endettement maîtrisés, mais avec une inflation et un chômage élevés.

La rupture du programme commun de la gauche en 1977 avait permis au président Giscard d'Estaing d’éviter en 1978 une défaite législative, qui aurait débouché sur la première expérience de cohabitation, mais il n’évitera pas la défaite à l’élection présidentielle de 1981 marquée par la candidature dissidente de Jacques Chirac qui sera 3ème avec 18% des voix.

C’est le seul exemple à ce jour d’un ancien Premier ministre candidat contre le président qui l’avait nommé à Matignon, en-dehors des Premiers ministres de cohabitation, donc de couleur politique opposée à celle du président (Chirac en 1988 et Jospin en 2002). Jean-Marie Le Pen n’était pas candidat en 1981 faute d’avoir obtenu ses 500 signatures, et le candidat communiste Georges Marchais finit 4ème avec 15,35%.

Affiche de campagne de François Mitterrand en 1981

1981-1982 : élection de François Mitterrand,

Le nouveau Premier ministre Pierre Mauroy engage une politique de relance à contretemps pendant une période de stagnation économique chez nos principaux partenaires allemand et américain. Cette fausse manœuvre débouche sur un déficit du commerce extérieur qui entraîne une 1ère dévaluation de 3% en octobre 1981, donnant l’occasion au ministre des finances Jacques Delors de réclamer une « pause des réformes », puis une deuxième dévaluation de 5,75% en juin 1982 accompagnée d’un plan de rigueur avec blocage des prix et fin de l’indexation automatique des salaires sur les prix (réforme que Raymond Barre appelait de ses vœux mais n’avait pu réaliser, faute de soutien suffisant à cause de la fronde du RPR de Jacques Chirac), enfin une troisième dévaluation de 4,25% en mars 1983.

Le tournant de la rigueur

Mars 1983 : la « semaine folle »

Les élections municipales perdues par la gauche sont suivies d’une « semaine folle » qui voit le président Mitterrand hésiter à arbitrer en faveur d’une « autre politique » de sortie du système monétaire européen, puis à nommer Jacques Delors à Matignon...

Pour finir, le président choisit de maintenir Pierre Mauroy à Matignon. Le Premier ministre est chargé avec le ministre des finances Jacques Delors d’appliquer un plan de rigueur drastique pour accompagner la troisième dévaluation, rester dans le SME et rétablir la compétitivité de l’économie française afin d’éviter la poursuites de crises du franc à répétition.

Ce « tournant de la rigueur » ne sera jamais assumé politiquement par la gauche, qui préfèrera parler de « parenthèse » plutôt que de reconnaître avoir réalisé là son « Bad Godesberg » (congrès de 1959 au cours duquel les socialistes allemands abandonnèrent les références marxistes pour s’engager dans la voie sociale-démocrate).

Septembre 1983 : révélation du Front national

Dans la petite ville de Dreux, l’annulation du scrutin de mars 1983, qui avait vu la réélection de la maire socialiste Françoise Gaspard, entraîne des élections municipales partielles. La liste FN de Jean-Pierre Stirbois obtient 17% des voix au 1er tour, dans le climat de désenchantement créé par le tournant de la rigueur. Une alliance avec le FN permet à la liste RPR-UDF d’éviter une triangulaire et de l’emporter au 2ème tour, sous le regard attentif des médias français intéressés par cette élection partielle qui fait la une de l’actualité.

Juillet 1984 : départ de Pierre Mauroy

Le Premier ministre démissionne après les manifestations sur l’école privée et remplacé par Laurent Fabius (37 ans). Celui-ci poursuit la politique de redressement économique et financier engagée en 1983. Elle restera attachée à son nom et à celui du nouveau ministre des finances Pierre Bérégovoy, grâce à leur action modernisatrice et au renouvellement d’image lié notamment au départ des 4 ministres communistes du gouvernement, qui ne modifie pas son assise parlementaire. Jacques Delors devient président de la Commission européenne.

Mars 1986 : élections législatives

Grâce à l'introduction du scrutin proportionnel par département, ces élections limitent le recul de la gauche mais elles entraînent aussi l’entrée de 35 députés du Front National à l’Assemblée. Comme l’avait envisagé en privé le général de Gaulle en 1967, François Mitterrand commence la 1ère cohabitation en nommant Jacques Chirac à Matignon.

Le ministre des finances Édouard Balladur dévalue le franc de 6% par rapport au mark et poursuit la politique de redressement économique en la complétant par un programme de privatisations. Laurent Fabius commente la défaite par un « il nous a manqué un an » qui s’avèrera exact, puisque le gouvernement constate à partir de 1987 une amélioration de la situation qui lui permet de desserrer les contraintes budgétaires pour préparer l’élection présidentielle de 1988.

1988 : réélection de François Mitterrand

Le président sortant l'emporte haut la main sur son Premier ministre de cohabitation Jacques Chirac, tandis que Jean-Marie Le Pen arrive quatrième avec 14,38% des voix devant le candidat communiste avec 6,76%. Gouvernement successifs de Michel Rocard puis Edith Cresson, dont le ministre des finances Pierre Bérégovoy poursuit sa politique de modernisation économique et de maintien de la parité du franc dans le SME, qui culmine avec la signature du traité de Maastricht en 1992.

1993 : récession économique

Cette deuxième récession depuis le début de la Ve république est causée par la conjonction des effets récessifs de l’unification allemande et d’une stagnation aux États-Unis (à cause d'elle et malgré son succès militaire en Irak, le président Georges Bush est lui-même battu aux États-Unis).

Dans un climat marqué par des affaires de financement politique et la dégradation de l’image personnelle du nouveau Premier ministre Pierre Bérégovoy, cette deuxième récession dont l’effet est minimisé pendant la campagne par l’opposition de droite aboutit à une sévère défaite de la gauche aux élections législatives de 1993 avec un scrutin redevenu majoritaire en 1988, qui débouchent sur la deuxième cohabitation avec la nomination d’Edouard Balladur à Matignon.

Selon le principe invoqué en privé par le général de Gaulle, cette lourde défaite législative aurait dû conduire François Mitterrand à démissionner, ce qu’il ne fera pas. Jacques Chirac aurait alors été élu à l’Élysée dès 1993 au lieu d’attendre 1995, ce qui n’aurait pas changé grand-chose mis à part éviter la division du RPR entre balladuriens et chiraquiens.

1995 : Jacques Chirac élu à l’Élysée

Parti de très loin, il écarte au premier tour son « ami de trente ans », le Premier ministre Édouard Balladur, qui avait engagé une action de sortie de la crise économique avec notamment la première réforme des retraites, puis a levé le pied à l’approche de l’élection. Jean-Marie Le Pen est quatrième avec 15% des voix, devant le candidat communiste Robert Hue avec 8,64%. Le second tour, deux ans après la sévère défaite socialiste aux législatives, est sans grand suspense face à Lionel Jospin.

Le nouveau Premier ministre constate que la situation financière est restée « calamiteuse » et lance à l’automne 1995 le « plan Juppé » de redressement des comptes budgétaires et sociaux (qui ne concerne pas le commerce extérieur resté proche de l’équilibre). La contestation conduit à retirer la partie du plan sur les régimes spéciaux de retraite (SNCF, EDF, etc…), tandis que le reste représentant plus de 90% des économies est appliqué et ne sera pas remis en cause par le gouvernement suivant.

1997 : dissolution de l’Assemblée nationale

Cette dissolution malencontreuse a été recommandée au président Jacques Chirac par le Premier ministre Alain Juppé qui ne voyait pas comment parvenir à qualifier la France dans l’euro en 1999 et voulait changer la donne politique avec un an d’avance sur le calendrier normal, s’achève sur un échec électoral qui débouche sur la troisième cohabitation.

Toujours selon le principe invoqué en privé par le général de Gaulle, Jacques Chirac aurait dû démissionner et la suite de l’histoire politique en eût été changée. Il ne le fait pas, et la poursuite de l’application du plan Juppé par le Premier ministre Lionel Jospin et son ministre des finances Dominique Strauss-Kahn aboutit à la qualification de la France dans la monnaie unique européenne en 1999.

2002 : Jean-Marie Le Pen cause la surprise

Affiche de campagne de Jean-Marie Le Pen (2e tour des élections de 2002)Le ralentissement économique constaté depuis 2001 en France, en Allemagne et aux États-Unis et la division de la gauche aux présidentielles aboutissent après une longue cohabitation de cinq ans à l’échec du Premier ministre Lionel Jospin, arrivé troisième au premier tour derrière Jean-Marie Le Pen qui obtient 16,86% des voix.

Le deuxième tour n’est qu’une formalité qui voit la réélection de Jacques Chirac, suivie de la nomination de Jean-Pierre Raffarin à Matignon.

2002-2012 : dérive des comptes publics

Le ralentissement économique provoque en 2002 la dérive des comptes publics en France et en Allemagne. Ils dépassent ensemble à la fin de l'année le seuil de déficit public de 3% né du traité de Maastricht mais obtiennent en 2003 de ne pas être pénalisées par les instances européennes.

De 2002 à 2012, les politiques économiques allemande et française qui avaient convergé jusqu’à l’entrée dans l’euro, se mettent à diverger. L’Allemagne utilise le répit laissé par les instances européennes pour mettre en œuvre une politique structurelle de redressement des finances publiques (TVA dite sociale) et d’amélioration de sa compétitivité (réformes Hartz).

La France se borne sous les gouvernements Raffarin, Villepin puis Fillon à gérer des actions de rigueur conjoncturelles, avec des réformes parfois significatives (lois Fillon sur les retraites en 2003 puis 2010) mais sans plan structurel d’ensemble. Comment aurait-il pu en être autrement avec une étonnante succession de sept ministres des finances en 10 ans : Francis Mer en 2002, Nicolas Sarkozy puis Hervé Gaymard en 2004, Thierry Breton en 2005, Jean-Louis Borloo puis Christine Lagarde en 2007, François Baroin en 2011.

Le déficit des comptes extérieurs français ne cesse de plonger alors que l’excédent allemand augmente, sans inquiéter outre mesure les gouvernements français en l’absence des piqûres de rappel causées par les crises du franc, devenues impossibles par son absorption dans l’euro.

2007 : Jacques Chirac passe le relais à Nicolas Sarkozy

L’élection de Nicolas Sarkozy à l’Élysée en 2007 ne marque pas de véritable rupture dans cette politique économique au fil de l’eau, malgré les apparences d’une loi fiscale votée en 2007 puis partiellement abrogée en 2011 : 2 mois après son élection, le nouveau président s’invite le 9 juillet 2007 à une réunion des ministres des finances européens, pour faire reporter de 2010 à 2012 l’engagement français de retour à l’équilibre des finances publiques.

2008 : la crise des subprimes

La troisième récession depuis le début de la Ve République est due à la crise américaine des prêts subprimes et la faillite de la banque Lehman Brothers. De façon inattendue, les États-Unis vont s'en relever assez vite cependant qu'elle dégénère en une crise financière de la zone euro.

Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon mettent en oeuvre des plans conjoncturels mais en se gardant d'un quelconque plan structurel de grande ampleur comparable à ceux de l’Allemagne ou du Royaume-Uni.

2012 : deuxième alternance avec François Hollande

L’élection présidentielle de 2012 se déroule dans une conjoncture électorale qui est le parfait miroir de celle des législatives de 1993 : un climat marqué par des affaires de financement politique et la dégradation de l’image personnelle de Nicolas Sarkozy, une troisième récession dont l'effet est minimisé pendant la campagne par l’opposition de gauche.

François Hollande est élu à l’Élysée après avoir proposé de reporter d’un an de 2016 à 2017 l’objectif d’équilibre des finances publiques que Nicolas Sarkozy avait lui-même reporté de deux ans en 2007. Il  prévoit comme son concurrent de tempérer à l’avenir le scrutin législatif majoritaire avec une part d’environ 15% de proportionnelle. Marine le Pen obtient 17,90% des voix au premier tour des présidentielles ; elle poursuit ainsi l’ascension électorale du Front National de son père, avant de le rebaptiser Rassemblement national en 2018 et de polir son image et son programme...

Quelques conclusions

- Sur le plan économique, contrairement à une idée convenue, la gauche a réalisé son aggiornamento au printemps 1983 pendant sa première phase de cinq années 1981-1986 au pouvoir, et ne s’est jamais départie depuis d’une politique rigoureuse des finances publiques, ni pendant sa deuxième phase de cinq années au pouvoir 1988-1993 qui laisse aujourd’hui à Pierre Bérégovoy l’image d’un nouveau Pierre Mendès France, ni pendant sa troisième phase de cinq années au pouvoir 1997-2002 qui a permis à Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn de qualifier la France pour l’euro.

- Le plan de rigueur de mars 1983 concernait non seulement les finances publiques mais aussi et surtout le redressement du commerce extérieur, qui ne figure plus en haut des priorités gouvernementales. L’entrée dans la monnaie unique a « libéré » les gouvernants français mais aussi les industriels et les consommateurs de la contrainte monétaire. Il s'ensuit, année après année, un déficit commercial croissant que les gouvernants successifs se bornent à compenser par l'endettement public et la vente à l'étranger des « bijoux de famille » (entreprises, brevets, etc.). De 70 milliards d'euros en 2012, le déficit commercial a atteint 190 milliards dix ans plus tard (sans surprise, ce déficit est du même ordre de grandeur que les emprunts de l'État à l'étranger, destinés à le compenser).

- Sur le plan politique, l’irruption du Front national date de l’automne 1983 avec l’élection municipale partielle de Dreux, dans une période de désenchantement après le tournant de la rigueur. Nul besoin d’être florentin pour comprendre que la gauche a bénéficié dès lors, pendant quarante ans, de cette épine plantée dans le pied de la droite, de même que la droite avait bénéficié pendant les 23 premières années de la Vème République de l’épine du parti communiste plantée dans le pied des socialistes, avant l’inexorable déclin de ce parti à partir de 1981.

- Aussi bien sur le plan économique que politique, le tiers de siècle de présence de Jacques Chirac au sommet de la vie politique française entre 1974 et 2007 se traduit par des résultats largement négatifs : relance économique à contretemps en 1974, fronde politique contre son successeur à Matignon entre 1976 et 1981 et contre le président qui l’y avait nommé dont il provoqua la défaite en 1981, dissolution ratée non suivie de démission en 1997, absence d’un plan de redressement économique sérieux en France comme celui de l’Allemagne après la dérogation européenne commune aux deux pays en 2003, fusion en 2002 du RPR et de l’UDF dans une UMP qui a libéré des marges au Front national...

Michel Psellos
La France mise à nu

Les Tableaux de l'économie française (INSEE) sont un document ndispensable pour une bonne appréciation de la société française et de sa place dans le monde. Vous pouvez télécharger ci-après le document intégral.

Publié ou mis à jour le : 2024-06-29 12:02:56
Bernard (30-06-2024 17:29:51)

La France n'a plus à proprement parler de "constitution" (= texte suprême qui définit et organise les relations entre les pouvoirs publics d'un Etat), et cela à plusieurs titres.

Tout d'abord, tel un simple décret par rapport à une loi, le texte qui en tient lieu contient désormais plusieurs dispositions qui transposent purement et simplement des directives d'origine étrangère.

Ensuite, il est pollué par des dispositions sociétales, empilées au fil des années pour faire plaisir à peu de frais à telle ou telle clientèle électorale, dispositions qui n'ont rien à y faire.

Enfin, son application est mise à mal par une caste qui - tels les augures qui lisaient autrefois dans les entrailles d'animaux morts pour guider l'action du monarque - en a confisqué l'interprétation : conseil constitutionnel, conseil d'Etat, sans parler d'instances étrangères, autant d’aéropages non élus qui entendent dicter, parfois contre la lettre même des textes (cf. la notion de "fraternité", étendue par le conseil constitutionnel à la terre entière) comment il y lieu de les comprendre. Sur ce point, nous ne sommes plus très loin des médecins de Molière et du célèbre Dr Diafoirus.

Tant qu'il n'aura pas été remis un peu d'ordre dans tout cela - peut-être, tant l'urgence est grande, en une seule fois par un référendum « balai » à questions multiples portant sur l’essentiel (prééminence du droit français sur le droit importé, remise à sa place de "l'autorité" judiciaire, retour au texte stricte concernant le conseil constitutionnel (notamment la suppression qu’il s’est auto-octroyée en 1971 de l’invocation de « grands principes » qu’il accommode à sa sauce) et ses satellites (conseil d'Etat, etc.), suppression des scories sociétales - toute perspective de retour à la démocratie (= forme de gouvernement selon laquelle la souveraineté revient au peuple) en France restera bouchée.

Jean-Marie KAËS (30-06-2024 14:16:38)

Assez bon résumé dans l’ensemble. En revanche je suis entièrement d’accord avec Cassandre qui a bien insisté sur le développement dévastateur de l’UE et de l’euro, qui loin de libérer nos gouvernants a ôté à notre pays toute possibilité de mener une politique monétaire indépendante, déjà mise à mal par la loi Pompidou Giscard en 1973.

Cassandre (30-06-2024 11:08:35)

Il y a un point important qui n'est pas relevé et c'est une attitude toute française: l'absence ou le refoulé du poids de l'UE dans tous les compartiments de la politique. La constitution d'abord. Elle a été modifiée un sacré nombre de fois pour adaptation à la conformité réglementaire de l'UE. Ce n'est donc pas stricto censu une constitution française, mais une constitution encadrée par l'UE et on est très loin de celle de 1959. La souveraineté du peuple a été constamment bafouée - en particulier par Sarkozy quand il a voulu revenir sur le référendum de 2005 par le Traité de Lisbonne - ce qui induit que la constitution - et donc notre capacité à nous gouverner nous-mêmes - est constamment sous emprise de l'UE. A cela il faut ajouter les abandons de souveraineté monétaire (BCE) et juridique (Les traités de l'UE, la CJUE, la CEDH). Dans ces conditions je ne suis pas en phase avec la présentation à cet article: "Souhaitons-lui (la constitution) de dépasser ce record" (de 69 ans). On voit bien qu'un roitelet comme Macron - tout illégitime qu'il soit - peut faire ce qu'il veut. On peut déjà parier que dans un an il va de nouveau dissoudre l'assemblée avec l'idée que le RN va se fourvoyer dans l'intervalle. La constitution remaniée vise à dissoudre le peuple dans un magma qui n'est que la fin de notre histoire.

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