21 décembre 2024

Le réacteur EPR de Flamanville raccordé au réseau

Le 21 décembre 2024, la France a inauguré à Flamanville (Calvados) son premier réacteur nucléaire de troisième génération. Il met en oeuvre une technologie dite EPR (Evolutionary power reactor ou Réacteur pressurisé européen) développée dans les années 1990 par le Français EDF et l'Allemand Siemens. Ce type de réacteur est de plus grande puissance que les réacteurs antérieurs : environ 1600 MWe (Milliards de watts) contre 900 à 1200. Il est réputé aussi plus fiable et plus durable avec une longévité de soixante ans.

Les ingénieurs français ont placé beaucoup d'espoirs dans cette nouvelle manière de produire de l'électricité. Après le retrait de Siemens, EDF et Framatome ont ensemble construit un prototype EPR en Finlande, à Olkiluoto, et deux autres réacteurs EPR à Taishan, en Chine.  Après ces chantiers plutôt réussis, la construction de deux réacteurs EPR à Hinkey Point, au Royaume-Uni, s'avère beaucoup plus laborieuse.

Curieusement, c'est en France, pionnière de l'atome civil et berceau de la technologie EPR, que cette technologie a eu le plus mal à s'installer. À cela des raisons politiques. Après avoir nucléarisé à 70% sa production d'électricité (un record mondial), la France s'est détournée de l'atome à l'orée du XXIe siècle sous la pression de Berlin et des Grünen, écologistes allemands très remontés contre l'atome civil en dépit de ses atout dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle s'en est tenue à 56 réacteurs : le plus récent, Civeaux 2, a été raccordé au réseau électrique en 1999 et le plus ancien, Fessenheim, a été démantelé en 2020 pour satisfaire les voisins allemands.

Au XXIe siècle, faute de pouvoir offrir des perspectives d'avenir aux jeunes talents, l'exploitant EDF et l'ingénieriste Framatome (ex-Areva) ont perdu au fil des ans les compétences qui avaient fait leur réputation : ingénieurs, soudeurs, techniciens, etc. Du coup se sont multipliés les malfaçons et les retards sur le chantier de l'EPR de Flamanville, ouvert en 2007. Là où auparavant, cinq années suffisaient au lancement d'un nouveau réacteur, il en a fallu ici dix-huit. Sans compter les dérapages financiers avec une facture passée de 3,3 à 23,7 milliards d’euros (rapport de la Cour des Comptes, 14 janvier 2025).

Il n'est pas sûr que l'électricien français renoue avec l'esprit pionnier des années 1970.

Publié ou mis à jour le : 2025-01-14 10:56:00

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