Après les attentats du début de l’année et la grande manifestation consensuelle du 11 janvier précédent, les Français pensaient en avoir fini pour un bon moment avec le terrorisme quand le pays a été frappé par une série d’attaques concertées d’une sauvagerie inouïe le soir du 13 novembre 2015…
La première attaque terroriste s’est traduite par plusieurs explosions à l’entrée du stade de Saint-Denis, où se déroulait un match amical France-Allemagne en présence du président de la République. Les trois terroristes, qui n'avaient heureusement pas pu pénétrer dans le stade, sont morts en faisant exploser leurs ceintures d'explosifs. Il s'aagit des premiers attentats-suicides recensés en France. Un visiteur fut aussi tué et une dizaine d'autres blessés.
Beaucoup plus grave fut la seconde série d’attaques, perpétrée par deux commandos de trois hommes chacun. La première est survenue dans le 11e arrondissement de Paris, à l’intérieur du théâtre du Bataclan où se tenait un concert de rock des Eagles of Death Metal ; la deuxième visa les cafés avoisinants la salle de spectacle. Les spectateurs et les badauds en terrasse furent froidement exécutés à la kalachnikov ou tués par les ceintures d’explosifs des terroristes.
À peine le massacre avait-il commencé que des policiers de la BAC du 11e arrondissement sont arrivés. Ils entrèrent sans attendre dans la salle de spectacle et réussirent à abattre l'un des tueurs. Pendant ce temps, une patrouille Sentinelle de huit soldats se trouvait boulevard Voltaire, à moins de 200 mètres du Bataclan. Elle entendit les tirs, se rapprocha et demanda des ordres au commandement militaire. L’ordre ne vint jamais. Les soldats se contentèrent alors de sécuriser le périmètre extérieur et protéger les civils fuyant la salle... À la suite de cet impair, la police et l'armée ont fait en sorte de mieux se coordonner en cas de crise majeure.
Héros et victimes
Au terme d’une « nuit rouge » durant laquelle les hôpitaux parisiens furent transformés en hôpitaux de guerre, on compta un total de 130 tués, non compris sept assaillants, et 350 blessés. Ce fut l’attentat terroriste le plus grave qu’ait jamais connu la France et le plus grave en Europe après celui de la gare d’Atocha, à Madrid, le 11 mars 2003 (191 morts).
Les autorités réagirent avec décence mais il ne fut pas question d'une nouvelle manifestation nationale comme le 11 janvier précédent. Le président de la République François Hollande s'en tint à dénoncer un « acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech. » Dix-huit mois plus tôt en effet, une nouvelle organisation terroriste, L'État islamique (Daech en arabe), a pris le relais d'al-Qaida et a revendiqué la tuerie de l'aéroport de Bruxelles le 21 mai 2014 (quatre morts).
Sitôt après les attentats du 13 novembre 2015, les policiers de France mais aussi de Belgique se lancèrent à la chasse des éventuels complices et commanditaires des terroristes. Cinq jours après le drame, le 18 novembre, la police donna l'assaut à un vieil immeuble de Saint-Denis où s'étaient réfugiés trois d'entre eux. À l'issue de l'attaque, ils sont tués par la ceinture d'explosifs que l'un d'eux a actionné. Parmi les corps figure celui d'Abdelhamid Abaahoud, un Marocain de Belgique considéré comme le maître d'oeuvre des attentats.
Au terme de la traque policière, dix-huit complices présumés ont été déférés devant les tribunaux français, parmi lesquels un dénommé Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible.
Dix ans après ces attentats, le climat en France a changé. On ne recense plus d'attentats de masse mais des attaques par des individus isolés revendiquant leur allégeance à une mouvance islamo-terroriste.
Par contre, dans l'opinion, on assiste comme dans les pays voisins, en Belgique ou encore en Espagne, à une poussée d'antisémitisme sans précédent en Europe sauf pendant la période nazie. La guerre outrancière menée à Gaza par le gouvernement israélien devient le prétexte à vilipender tous les juifs ainsi que les Israéliens, artistes compris comme le montrent les incidents survenus à la Philharmonie de Paris le 6 novembre 2025.
Enfin, à défaut de combattre le mal à la racine (l'idéologie islamiste), le gouvernement met en avant les victimes, qui remplacent les héros d'antan comme source d'inspiration. Ainsi est-il prévu de les honorer avec un Musée ou mémorial du terrorisme à Paris...




attentats du Bataclan et du Stade








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GG (09-11-2025 16:38:37)
Comment " combattre le mal à la racine??? notamment l'idéologie islamiste"?