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7 mai 2010

Homo sapiens convole avec Néandertal


Dans une étude publiée par la revue Science le 7 mai 2010, une équipe internationale de généticiens a révélé que des croisements ont eu lieu au Proche-Orient entre les hommes de Néandertal et des Homo sapiens venus d'Afrique.

Des croisements ont aussi eu lieu entre Homo sapiens et un cousin de Néandertal, l'homme de Denisova (Sibérie). Il en résulte que les Européens, les Asiatiques et les Océaniens seraient tous porteurs de gènes néandertaliens ou dénisoviens. Les Africains (Khoisans et Bantous) en seraient quant à eux exempts du fait d'un lien exclusif avec Homo sapiens, l'ancêtre commun de toute l'humanité (*).

En parvenant ainsi à mesurer les flux de gènes à des dates très reculées, l'équipe conduite par le Suédois Svante Pääbo ouvre ainsi de nouvelles voies de recherche aux préhistoriens.

Un aventurier de la recherche

Svante Pääbo et son équipe à l'Institut Max Planck (Leipzig)En 1997, Svante Pääbo prend la direction du tout nouveau département de génétique 
de l’Institut Max-Planck d’anthropologie 
évolutionniste à Leipzig, en Allemagne, qui travaille sur le décryptage du génome humain.

En 2006, grâce à un budget conséquent, l'équipe lance le programme de séquençage de Néandertal et décrypter son ADN (acide désoxyribonucléique).

Les premiers résultats tombent au bout de quatre ans avec en premier lieu, l'identification d'une nouvelle espèce du genre Homo à partir de minuscules ossements découverts dans la grotte de Denisova, dans l'Altaï (Sibérie du sud).

Cet homme de Denisova, sur lequel on n'a pas plus d'informations, descendrait d'un ancêtre commun avec  Homo neanderthalensis et Homo sapiens, il y a un million d'années. À une date plus récente, il se serait uni avec son lointain cousin sapiens  venu d'Afrique de sorte qu'une petite partie de ses gènes se retrouverait aujourd'hui encore chez les Asiatiques et les Aborigènes d'Océanie.   

Les amours fécondes de Cro-Magnon et Néandertal

Enfin vient la publication dans Science des résultats concernant Néandertal. L'équipe de Leipzig met en évidence des croisements entre Néandertal et Homo sapiens, preuve que les deux groupes étaient interféconds.

Ces croisements ont pu avoir lieu au Proche-Orient, il y a environ 70 000 à 80 000 ans, quand des groupes de Néandertaliens sont arrivés d'Europe. Si l'on en croit les scénarios des généticiens de Munich, ils y ont rencontré les Homo sapiens archaïques arrivés il y 150 000 ans environ, en provenance d’Afrique.

En nombre très restreint - quelques dizaines ou centaines de milliers au maximum, les uns et les autres ont cohabité pendant environ trente mille ans sur cet espace en partageant les mêmes techniques de type moustérien (d'après le site néandertalien du Moustier, en Dordogne). Et plus si affinités.

Des croisements initiaux entre Homo sapiens et Néandertal résulterait donc la présence de 1 à 4% de gènes issus de Neanderthal dans le génome des Européens et des Asiatiques actuels, voire 6% chez les Papous d'Océanie ! Comme ce ne sont pas les mêmes gènes neanderthaliens qui se retrouvent d'un individu à l'autre, nous perpétuerions au total environ 30% du patrimoine génétique de Neanderthal ! Ces découvertes donnent à penser que Neanderthal et Homo sapiens ne seraient pas à proprement parler des espèces différentes. Il faudrait alors ne plus parler d'Homo neanderthalensis mais d'Homo sapiens neanderthalensis !

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Publié ou mis à jour le : 2018-03-31 12:59:39

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