18 septembre 1981

La France abolit la peine de mort

En 1981, à la veille des élections présidentielles, la France faisait figure de mouton noir dans une Communauté européenne qui avait depuis longtemps déjà renoncé à la peine de mort. François Mitterrand  s'empare donc du thème de l'abolition, faisant oublier que, vingt-cinq ans plus tôt, comme garde des Sceaux dans le gouvernement socialiste de Guy Mollet, il n'avait pas cillé quand des dizaines de militants FLN avaient été envoyés à la guillotine (note).

Le candidat socialiste ne prête pas attention aux sondages qui donnent une majorité de Français favorables à la peine de mort ; fin politicien, il sait que les sondages n'ont pas la valeur d'un débat démocratique suivi d'un scrutin (note). En se prononçant sans façon pour l'abolition de la peine capitale, il fait d'une pierre deux coups : il affiche son courage politique ; il consolide son image d'homme de gauche face à un rival renvoyé bien malgré lui dans le camp de la réaction (ne venait-il pas d'abroger une ordonnance discriminatoire envers les homosexuels ?).

Une fois à l'Élysée, il va mettre en oeuvre son engagement sans attendre. Lors du conseil des ministres du 26 août 1981, le ministre de la Défense Charles Hernu fait valoir que la peine capitale peut s'avérer indispensable en cas de guerre pour prévenir les mutineries. Le garde des Sceaux Robert Badinter en convient mais insiste pour que le texte de loi reste sobre afin de préserver la solennité du vote.

Robert Badinter devant l'Assemblée le 17 septembre 1981 (photo : Dominique Faget, AFP), DRLe 18 septembre 1981, après deux jours de débats, l'Assemblée nationale vote la loi d'abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter, 53 ans. 369 députés votent en sa faveur et 113 s'y opposent.

Promulguée le 9 octobre 1981, la loi n°81-908 débute par un article d'une extrême concision : « Article 1 : La peine de mort est abolie. »

C'est la principale mesure qui reste des deux septennats du président François Mitterrand (avec l'abandon de la souveraineté monétaire par le traité de Maastricht). C'est en tout cas celle que l'on a coutume de citer quand on évoque son bilan.

Cette initiative met la France au diapason des autres pays d'Europe occidentale. Elle est l'aboutissement d'un débat qui a agité les cercles intellectuels et politiques d'Occident pendant trois siècles.

Pour plus de sûreté, un quart de siècle plus tard, le président Jacques Chirac propose d'inscrire l'interdiction de la peine de mort dans la Constitution. Le 19 février 2007, le Parlement réuni en congrès à Versailles adopte avec 828 voix sur 876 votants une loi constitutionnelle qui insère un article 66-1 dans la Constitution aux termes duquel : « Nul ne peut être condamné à la peine de mort ».

Il n'empêche qu'en ce début du XXIe siècle, la peine de mort demeure en application dans des États qui rassemblent près des deux tiers de l'humanité !... 

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2025-10-14 17:19:14
chaktori (08-10-2025 13:43:51)

Monsieur François Mitterrand, pour qui le mépris des autres était coutumier a sorti la France de la barbarie !!! ???
Quelques années après sa collaboration à Vichy, il devint ministre de la justice, et, comme garde des sceaux, il a fait passer par les armes quelques dizaines d’appelés qui fuyaient la guerre d’Algérie en plus des quelques centaines d'Algériens qu'il a fait guillotiner.
En 1981, deux secrétaires d’état, un ministre sont assassinés, et quelques autres de ses proches ou opposants seront assassinés ou suicidés pendant les 14 ans de son règne.
La guerre au Koweït a été un énorme mensonge pour servir sa gloire personnelle.
Faire mentir pendant 14 ans, tous les politiques et les journalistes sur l’existence de sa fille cachée, cela ressemble fortement à la terreur imposée par un chef mafieux. C’est sans doute pour cette raison qu’il est un modèle aux yeux des socialistes et autres sympathisants de gauche.

Hakim (24-09-2025 09:22:06)

On parle plutôt de plus 2000 déportés kabyles (1800 de droit commun et 120 politique).

Jean-Michel Duprat (21-09-2025 22:38:58)

Question de sensibilité (pas de sensiblerie): Il faut bien admettre, qu'au contraire du bon sens, elle n'est pas la chose du monde la mieux partagée .
Je n'ai aucune sympathie pour les tueurs, violeurs et assassins . Mais, par contre, a-t-on jamais été tenté de se mettre à la place de l'innocent en face de la chaise électrique ou de la guillotine ?
Peut-on imaginer que la société qui condamne se met au même niveau que le criminel ?
La peine de mort est une barbarie indéfendable. Toute fois avec tout le respect dû à Me Badinter , Il faut noter qu'il n'y a pas eu de peine de substitution . Dissuasive, tout au moins . La détention à vie, ferme et définitive, pourrait en tenir lieu .

Jacques (20-09-2025 17:52:00)

La peine de mort n'a pas été abolie, mais déplacée. Désormais, ce sont les victimes qui trinquent : près de 1 000 meurtres en 2024, chiffre certes apparemment stable mais surtout, car plus significatives, 5 000 tentatives de meurtre en 2024 (sources : le criminologue Alain Bauer). Beau succès pour les belles âmes aux mains propres...

Coche (18-09-2025 16:58:45)

En croyant bien agir, Monsieur Badinter a affaibli un pouvoir régalien de l'Etat. Certes, la peine de mort apparaît affreuse non par sa conclusion mais par le rituel et le cérémonial révoltant qui l'entoure. Une peine de réclusion à perpétuité, pour autant que les magistrats l'impose réellement, semble bien plus abjecte. Pourtant, même si des psychologues, des philosophes et autres bonnes âmes s'opposent à l'exécution des meurtriers, des assassins, des terroristes, des violeurs, des étrangleurs, des brutes féminicides, des voleurs à main armée, des revendeurs de drogues armés de fusils d'assaut, des lanceurs de cocktails molotov ( arme terroriste pour combat de rue), etc, personne, parmi les détracteurs de la peine, ne se retourne sur le sort des victimes et ne s'inquiète du drame s'abattant sur leurs proches. Que du contraire, la doxa actuelle part du principe, comme feu l'ineffable Jean-Jacques Rousseau, que le criminel est la victime de la société ! Permettez-moi de rappeler une réponse du Président, démocrate, Truman à ses détracteurs, après avoir utilisé deux fois le feu nucléaire sur le Japon : " Quand vous êtes confronté à une bête sauvage, vous devez la traiter comme une bête sauvage" (N. Bernard, La guerre du Pacifique, op. cit.,p.555).
En admettant, que les criminels en tous genres soient victimes de la société, alors à nous d'agir de telle façon qu'ils puissent vivre, comme le rappellent les prêtres, chaque dimanche ou lors d'un deuil, une paix éternelle. " Selon le christianisme, la paix éternelle désigne un état perpétuel de tranquillité et d'harmonie offert par le divin . Elle représente une sérénité éternelle associée à la présence de Dieu, libérée des turbulences de la vie et recherchée par la foi et la dévotion."
Dans ce cas la loi pourrait introduire dans le Code pénal le droit à la vie éternelle. En soi, il s'agirait, sans cérémonie et à huis-clos, d'endormir sans aucune souffrance le criminel. La société a le droit de vivre en paix !

boiteux (13-02-2024 14:35:58)

Il faut souligner que dans plusieurs pays européens (la France, le royaume uni etc), la peine de mort a été supprimée contre l'avis de la majorité de la population. Or si on peut accepter que l'opinion publique se fourvoie dans des dossiers très techniques, la peine de mort est bien un sujet sur lequel la "démocratie" devrait être suivie , à peine de ridiculiser le concept même.

Diego (12-02-2024 18:58:07)

Une précision : le premier État européen à avoir aboli la peine capitale est le Grand-duché de Toscane, en 1786. Depuis quelques années, la région fête cette initiative du grand-duc Pierre Léopold le 30 novembre.

Yves Petit (11-02-2024 20:44:30)

La peine de mort pour les grands criminels a été remplacée en France, comme dans beaucoup d'autres pays, par la peine de mort pour innocents. En France seulement, c'est 200,000 petits Français et Françaises qui sont ainsi sacrifiés à chaque année sur l'autel de la liberté individuelle.

Jonas (11-02-2024 16:16:52)

Je serais tours reconnaissant a Robert Badinter d'avoir aboli en France cette barbarie , après d'autres pays européens. Il faut aussi associer a cet hommage François Mitterrand qui en tant que chef d'Etat a permis que cela puisse se réaliser.
Par ailleurs en dehors du " Dernier jour d'un condamné" il faut lire du même Victor Hugo "Claude Gueux" . Récit d'un homme que le destin n'a pas gâté. Il s'agit aussi de la peine de mort et de son horreur.

Rachel (11-02-2024 13:48:08)

Il nous a sortis de la barbarie.

Cepavrai (11-02-2024 13:23:20)

Je suis effaré moi aussi par le nombre de commentateurs qui justifient l'exécution capitale "au nom du peuple français" la révolution française ayant poussé le crime dans ses ultimes retranchements au nom de la "liberté" ne peut que faire figure de période barbare. La guillotine est le symbole détestable de cette barbarie qui a jeté son ombre mortelle sur les Lumlères. Certains veulent vivre dans cette ombre, pas moi!

Ukkel50 (21-09-2023 06:26:50)

Les assassins avérés me semblent pouvoir être éliminés sans haine ni passion dans un monde ou des milliers de personnes innocentes n'ont pas économiquement de quoi vivre. De surcroît j'aimerai connaître également le nombre d'assassins récidivistes et donc de victimes qui auraient pu être évitées.

Yves Petit (18-09-2023 18:53:12)

La peine de mort n'a pas été aboli en France ou ailleurs. Au lieu d'être appliquée aux assassins et aux responsables de crimes graves, elle est maintenant réservée aux plus innocents des humains - nos enfants à naitre. Il est d'autant plus facile de les éliminer qu'ils n'ont pas d'argent, pas d'avocat, qu'ils ne sont pas visibles et qu'ils n'ont aucuns droits. Voilà où notre pauvre civilisation en est rendue!

Jak (06-10-2021 14:37:49)

le débat est oiseux car la peine de mort est vaine et archaïque dans sa Non-pensée...Mais ce qui est essentiel est la Détention A Vie Réelle des criminels incurables et dangereux. Ce qui est honteux c'est la façon de se croire démiurge de la santé mentale des incurables et de la Justice; comme l'est devenue notre société; alors qu'elle impotente et prétentieuse. Narcissique...

LEVY (19-09-2021 15:27:23)

deux questions
quel texte prone la décapitation dans la Bible?
c'est quoi la culture chrétienne?
les Etats-unis sont bien de culture chrétienne qui n'empêche pas la peine de mort

Bernard (19-09-2021 12:02:15)

La peine de mort n'a pas été abolie, mais déplacée et privatisée. Elle n'a pas été abolie car, déjà en 1981, elle n'existait pratiquement plus dans les faits, à l'exception de quelques rares exécutions. Elle a été déplacée, car sa disparition officielle s'est traduite au fil des années par une augmentation dramatique de la délinquance et de la criminalité. Simplement, faute de peine de mort officielle, aujourd'hui ce sont les innocents qui meurent. Ce qui fait qu’il y a maintenant davantage de meurtres et de tentatives de meurtres (4 500 par an, selon Alain Bauer) que de décès d'automobilistes sur la route (2 500 en 2020). Elle a été privatisée car elle est de plus en plus souvent administrée par les gangs eux-mêmes (cf. la situation à Marseille). Dans un pays où sévissent des assassinats de masse (Bataclan, Nice, etc.) et qui enregistre 120 agressions au couteau par jour, où l’immigration se solde souvent par le retour à la barbarie, son absence est une coquetterie qu’une société civilisée ne pourra pas tolérer encore bien longtemps. Enfin, de deux choses l’une : soit la peine capitale est remplacée par la détention à perpétuité, ce qui du coup est franchement inhumain, soit - hypothèse plus probable - elle est réduite à une peine de détention limitée, cela quelle que soit l’atrocité des crimes commis, et cela aboutit, d’une part à exposer la société au risque de la récidive, voire de prises d'otages, d’autre part à une distorsion de toute l’échelle des peines avec à terme l'effondrement de toute dissuasion.

Philippe MARQUETTE (19-09-2021 10:50:55)

Si certains sont effarés par le nombre de partisans de la peine de mort, je suis pour ma part consterné par les arguments de ceux qui sont contre.
La décision fut prise pour des raisons de gauche, purement démagogiques, c’est une habitude chez ces gens-là.
Ce qui coûte cher, c’est la perpétuité d’un Patrick Henry, défendu par un Badinter dont la seule évocation du nom me révulse.
Pensez au Bataclan, aux 130 victimes, et assumez ce genre d’aversion pour une peine que le terroriste Salah Abdeslam mérite mille fois et regardez-vous dans un miroir.

lamoignon (19-09-2021 10:17:55)

Rappel du courage de Mitterrand pour abolir cette peine, malgré l'opinion publique qui lui était favorable mais aussi de son côté sanguinaire pour refuser la grâce d'Algériens.
Quant à la peine de mort, il y a de nombreuses objections :
1) son irréversibilité. On constate que des innocents ont été exécutés.
2) le caractère sacré de la vie humaine : si on l'admet, la société ne peut imiter les assassins.
3) la faillibilité de la justice humaine : il est bien connu qu'un jugement ressemble parfois à une loterie.
4) son absence de caractère dissuasif : hormis les meurtres avec préméditation ( qu'il convient d'établir), la plupart sont perpétrés sans réflexion.
5) la référence à la loi du talion : elle est une loi de modération. Autrefois, et encore dans certaines sociétés, même de nos jours, on recourait à la vendetta
qui frappait toute la famille, vivante et parfois même future. Œil pour œil implique simplement une indemnisation équitable.
6) s'il s'agit de réaliser des économies, tout le budget de la justice est nécessaire pour assurer la sécurité dans une société.
7) s'il s'agit d'appliquer le principe d'une vie pour une vie, il faudrait exécuter tout responsable d'un accident mortel

ygrecque (13-08-2017 18:14:03)

à propos de la peine de mort, voir les remarquables dessins d'André Franquin dans les "idées noires". mieux qu'un long discours
Ygrecque

Anonyme (22-12-2016 20:21:55)

Qui peut m'éclairer sur le recourt à la peine de mort en cas de crime contre l'humanité en Israel ? S'agit-il de punir le gouvernent sioniste d'extrême droite Israélien qui bafoue à longueur d'année les droits de l'homme ?

Anti (22-12-2016 20:21:28)

Qui peut m'éclairer sur le recourt à la peine de mort en cas de crime contre l'humanité en Israel ? S'agit-il de punir le gouvernent sioniste d'extrême droite Israélien qui bafoue à longueur d'année les droits de l'homme ?

Jean Silva (10-04-2016 13:46:43)

C'est l'ERREUR historique de l'Histoire de France et c'est le PS qui l'a fait passer. S'abriter derrière le "mettre à mort quelqu'un c'est se mettre au niveau du condamné" : foutaise. Cela voudrait dire qu'un tribunal est à mettre au même niveau que la barbare. Quelle considération pour nos juges. La sanction mûrement débattue et réfléchie par les juges ne saurait être comparée à une impulsion ou de sang froid d'un barbare. Donc argument rejeté. Condamner à mort un barbare c'est ni plus ni moins qu'assainir la société d'éléments irrécupérables. La peine de mort n'est pas une sanction dissuasive, elle n'a pas ce but, comme les autres sanctions d'ailleurs. A-t-on jamais vu un chauffard récidiver ? Non. La peine de mort est salutaire car un condamné n'a jamais récidivé et pour cause. Bien entendu le procès doit être mené dans les règles et le respect des lois.

moulin (26-01-2016 09:42:34)

Considérer la peine de mort en tant que punition est une erreur : c'est simplement éliminer la menace que fait peser un individu sur la société. La peine ne peut être dissuasive si elle se produit des années après le crime . Je vous rappelle la mesure prise par le Président Giscard d'Estaing d'abattre tout preneur d'otages, qui a stoppé net ce genre d'activité. Lorsqu'un gendarme ou un militaire se fait tuer, certains disent que ce sont les risques du métier, ou pire, qu'ils sont payés pour. Pourquoi aurait-on plus de pitié pour un criminel ?

GARCHERY (04-01-2016 11:39:05)

Je suis absolument contre la peine de mort, qui peut juger et devenir un assassin ,car la peine de mort est un assassinat sans plus.

Frantz (04-01-2016 11:33:13)

Je suis totalement contre la peine de mort. C'est se mettre au même niveau que le barbare .Par contre une vraie perpétuité pour des crimes atroces est envisageable mais demande une vraie réflexion.

duCrouton (15-10-2015 21:36:31)

Je déplore l'abolition de cette peine qui était la seule réponse juste à certains crimes. Il est des situations où l'Etat doit assumer ses responsabilités, jusqu'à mettre en jeu des vies humaines - à titre collectif , lors d'une guerre, et cela peut aussi arriver à titre individuel.

duCrouton (04-10-2015 21:19:09)

Je regrette beaucoup qu'en France et ailleurs la justice protège mieux les assassins que les victimes. C'est la responsabilité de l'Etat de défendre le citoyen. De même qu'au plan collectif, qu'un Etat peut être amené à mener des opérations de guerre, il doit rendre justice au plan individuel et prononcer des sentences proportionnées aux crimes.

PHD1 (13-05-2015 10:33:12)


Personnellement, je ne vois qu'une attitude possible : abolir la peine de mort en tout temps, en tout lieu, et pour tous motifs !

Ce qui signifie évidemment que je suis contre cette peine MÊME pour les crimes contre l'humanité.

Par contre, une véritable perpétuité devrait la remplacer pour les cas extrêmes.


Catherine Lefèvre (30-04-2015 00:36:38)

Je suis effarée par le nombre de partisans de la peine de mort parmi les commentaires ci-dessous ! Pourtant si de plus en plus de pays y renoncent c'est bien parce-que toutes les études montrent que ça ne dissuade pas les assassins en puissance....et ça coûte cher ! Cela ne satisfait que ceux qui veulent se venger : "oeil pour oeil..." . C'est un réflexe barbare !

pepe265 (18-12-2014 17:36:27)

vive la france sans peine de mort vive la republique

André (21-02-2014 09:48:10)

je lis : "Cela dit, on compte de moins en moins d'exécutions et, en 1970, année sans exécution, le sombre rituel paraît voué à tomber en désuétude."
C'est oublier, un peu vite, les exécutions capitales durant la guerre d'Algérie...

Patrick Dumont (21-09-2013 17:31:23)

je voudrais rectifier une inexactitude: Christian Ranucci n'a pas été défendu par maître Badinter mais par maître Lombard

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