4 avril 1960

L'indépendance tranquille du Sénégal

Le 4 avril 1960, par un accord avec le gouvernement du général de Gaulle, Léopold Sédar Senghor obtient l’indépendance de la Fédération du Mali, qui réunit le Sénégal et le Soudan français, deux colonies de l’Afrique occidentale française (AOF) .

L’indépendance est effective le 20 juin suivant. Mais dès le 20 août, le Sénégal se retire de la fédération. Cinq jours plus tard, Léopold Sédar Senghor devient le Président de la nouvelle République, avec une Constitution calquée sur celle de la Ve République.

Enfant chéri de l'ancienne puissance coloniale, encensé pour sa stabilité politique, le Sénégal a constamment bénéficié de toutes ses attentions et notamment de prêts et dons très généreux de la part de la France, des institutions internationales et des ONG. Malgré ou à cause de cela, le pays n'a cessé de régresser jusqu'à être inscrit parmi les pays les moins avancés de la planète. En 2018, il a été classé 164e sur 189 pays selon l'Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD)...

André Larané
Entre Sahel et Océan

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Le Sénégal et le Mali : sites anciens et actuels, frontières actuelles (droits réservés : Herodote.net et Alain Houot)Grand comme le tiers de la France (196 000 km2), le Sénégal compte 17 millions d’habitants en 2021 (2,5 millions à l’indépendance). Bordé à l’Est et au Nord par le fleuve Sénégal, à l’ouest par l’Océan atlantique, c’est un pays très plat, avec un climat sec et par endroits semi-désertique.
Il est traversé en son milieu par un fleuve côtier, la Gambie, dont la vallée, colonisée par les Britanniques, constitue aujourd’hui un petit État anglophone indépendant. Cela a pour effet d’entraver les communications entre Dakar et le sud du Sénégal, la Casamance.
Le drapeau du SénégalLe Sénégal est la plus ancienne de toutes les colonies françaises d’Afrique noire et reste fidèle à la langue de Molière, principal facteur d’unité et d’ouverture sur le reste du monde. Son régime démocratique s’est maintenu envers et contre tout sous l’autorité de seulement quatre présidents en plus de soixante ans : les socialistes Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, les libéraux Abdoulaye Wade et Macky Sall.
La corruption et la pauvreté n’en sont pas moins extrêmes et le pays a eu le douteux privilège de tomber dans la catégorie des PMA (pays les moins avancés). Il n'est pas sûr que ces maux soient gommés par l'exploitation de gisements gaziers offshore à partir de 2024, avec la perspective de 28 milliards d'euros de recettes dans les trente ans à venir... 

Premiers contacts avec l’Europe

En l’absence de documents écrits, l’histoire ancienne du Sénégal demeure mal connue, comme celle de l'Afrique noire dans son ensemble. Jusqu’à l’époque coloniale, le territoire n’a pas d’unité politique.

Sur les rives du fleuve Sénégal se rencontrent au premier millénaire de notre ère les Maures ou Berbères, nomades du Sahel, et les Noirs de la savane, Ouolofs et Sérères.

Les terres humides de la Casamance, au sud du fleuve Gambie, sont cultivées par d’autres populations noires, les Diolas. Plus à l’ouest et jusque dans le massif du Fouta Djalon, dans l’actuelle Guinée, on rencontre des populations au teint cuivré, les Toucouleurs et les Peuls.

Le nom des Toucouleurs dérive d’un très ancien royaume, le Tekrour, converti à l’islam sans doute dès avant l’An Mil. Ce royaume est contemporain d’un autre royaume sahélien, le Ghana.

En 1048, sur une île du fleuve Sénégal, des musulmans maures cèdent à l’appel d’un prédicateur et se lancent dans la guerre sainte. Sous le nom d’Almoravides, ils vont détruire le royaume du Ghana mais aussi conquérir le Maroc, remonter jusqu’en Espagne et repousser les chrétiens en guerre contre les royaumes musulmans d’al-Andalous. C’est le premier contact direct entre le Sénégal et l’Europe !

Au sud du fleuve Sénégal, au Moyen Âge, le Tekrour passe sous la suzeraineté du Mali, nouvel empire sahélien établi dans le bassin du Niger. Il laisse la place à un nouvel État, le Fouta, lequel éclate en plusieurs petits États.

Drapeau des Almoravides (1073-1147). En agrandissement : Carte des peuples du Sénégal : pour servir à l'intelligence de leur histoire / dressée par le cartographe David Boilat (1814-1901).

Sur la route des Indes

L’arrivée des premiers Européens sur le littoral sénégalais remonte à la Renaissance. Il s’agit de pêcheurs et de marchands originaires du Portugal ou encore de Normandie (Dieppe).

Désireux d’atteindre l’Asie des épices en contournant l’Afrique, les Portugais s’installent en 1444 sur l’île de Gorée, en face de la presqu’île du Cap-Vert et de l’actuelle ville de Dakar. Ils établissent aussi un comptoir un peu plus au sud, sur la Petite-Côte, à Rufisque.

Au XVIIe siècle, c’est la traite des esclaves qui attire les Européens dans les parages. Les Hollandais s’emparent de Gorée en 1617. Les Français ne sont pas en reste. Des bourgeois de Rouen et Dieppe créent en 1624 la Compagnie de Sénégal et de Gambie, qui se fait accorder par Richelieu un monopole sur la traite des esclaves.

Le comptoir de Saint-Louis (ou Fort-Saint-Louis), ainsi nommé en l’honneur du roi Louis XIV, est fondé en 1659 par un agent de la Compagnie. Il va rester possession française pendant trois siècles, jusqu’à l’indépendance du pays. Ses habitants, métissés et très divers, adressent des cahiers de doléances aux états généraux de 1789.

Quatre siècles de métissage

Dès le XVIe siècle, pour se consoler de l’absence de leur épouse, les négociants portugais de Rufisque se mettent en ménage avec de jeunes Africaines. Ces dames donnent le jour à une population métissée originale, de religion catholique et de langue portugaise, les Signares (déformation de Senhoras, dames en portugais).
Endogame, cette population constitue au XVIIIe siècle la bourgeoisie locale de Rufisque mais aussi de Gorée puis de Saint-Louis, au nord. Parmi ses rejetons les plus célèbres, notons le philosophe Gaston Berger, né à Saint-Louis-du-Sénégal, et son fils, le chorégraphe Maurice Béjard.

En 1677, les Français occupent Gorée et plus tard Rufisque. Sous la direction de la Compagnie des Indes orientales, qui a pris le relais de la précédente compagnie, la traite bat son plein avec un maximum de 2000 esclaves par an convoyés de Saint-Louis aux Antilles.

Le souvenir de ce « commerce infâme » est entretenu à Gorée, dans la maison d'une ancienne Signare, rebaptisée Maison des esclaves, bien que l'île elle-même n'ait jamais servi de base de départ pour les navires négriers.

La Maison des Esclaves, sur l'île de Gorée (ancienne maison de la Signare Anne Pépin)

Mais les Anglais se tiennent à l’affût et, plusieurs fois au cours du XVIIIe siècle, s’emparent des comptoirs sénégalais. La France les recouvre définitivement au Congrès de Vienne en 1815 mais n’en prend possession qu’en 1817. La frégate La Méduse, envoyée dans ce but à Saint-Louis en 1816, fait naufrage en route avec le retentissement artistique que l’on sait.

La « mission civilisatrice » de la France

Suite à l’abolition de la traite et de l’esclavage, les commerçants de Saint-Louis se tournent vers le trafic de la gomme arabique. Extraite de la sève d’acacia et très prisée par l’industrie chimique, elle leur est livrée par les populations de l’intérieur, Ouolofs, Maures et Toucouleurs.

Mais ce commerce ne va pas sans inconvénients : l’insécurité est grande et les Maures prélèvent un tribut sur les livraisons.

Les commerçants font pression sur le gouvernement français pour sécuriser le territoire. Leurs réclamations sont entendues par les hommes politiques et les chefs militaires désireux de constituer un nouvel empire colonial après la perte du premier (Saint-Domingue, Nouvelle-France, Louisiane, Indes…). D’aucuns voient même dans le Sénégal un substitut à l’ancienne colonie de plantation de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) mais leurs tentatives d’y créer des plantations vont régulièrement échouer.

Edouard-Auguste Nousveaux, Le prince de Joinville assistant à une danse dans l'île de Gorée, décembre 1842, Château de Versailles.

Sous le règne de Napoléon III, le gouverneur Louis Faidherbe réalise le souhait des commerçants de Saint-Louis.

Il soumet les Ouolofs et repousse les Maures ainsi que le chef toucouleur El-Hadj Omar. Il constitue également le corps des tirailleurs sénégalais, sur le modèle des zouaves algériens. Il va s’illustrer dans la colonisation de l’Afrique noire, sous la IIIe République mais aussi dans les deux guerres mondiales.

Une fois la sécurité assurée, Faidherbe constitue autour de Saint-Louis la première colonie française d’Afrique noire et d’emblée, se soucie d’éduquer dans la langue française les enfants des chefs et princes locaux.

Le gouverneur donne à la colonie un nouveau port, Dakar, qui ne tarde pas à supplanter Saint-Louis. Dakar devient la capitale du Sénégal puis, en 1904, de l’Afrique occidentale française. C’est aujourd’hui une mégapole de 4 millions d’habitants qui concentre l’essentiel des maigres ressources du pays.

Faidherbe introduit aussi avec succès un oléagineux d’origine mexicaine, l’arachide. Cultivées par les petits paysans locaux, les cacahuètes sont exportées vers la métropole et transformées en huile alimentaire. Elles deviennent rapidement la première exportation du pays.

Blaise Diagne (13 octobre 1872 , Gorée ; 11 mai 1934, Cambo-les-Bains)Sous la IIIe République, des gouverneurs tel Joseph Gallieni poursuivent l’œuvre de Faidherbe, au nom de la « mission civilisatrice » de la France, exaltée par le ministre Jules Ferry. Dakar devient la base de départ de la conquête de l’Afrique occidentale, essentiellement le Sahel et le bassin du haut Niger.

En 1916, fait exceptionnel : en vertu de l’ancienneté de leurs liens avec la métropole, les habitants des « quatre communes » de Saint-Louis, Rufisque, Gorée et Dakar obtiennent la citoyenneté française... avec aussi les devoirs qui s'y rattachent, dont le service militaire obligatoire ! 

Ce privilège leur est acquis par Blaise Diagne, natif de Gorée, élu en 1914 député du Sénégal. Premier député africain, ce pur produit de l'« assimilation à la française » devient aussi le premier ministre français d'origine africaine en entrant comme sous-secrétaire d'État aux Colonies dans le cabinet de Pierre Laval du 30 janvier 1931 au 16 février 1932.  

La ville de Rufisque en 1912

Métissage culturel et émancipation

Au tournant du XXe siècle, le Sénégal, création artificielle divisée en cercles administratifs, commence à ressembler à un État. Il réunit des populations qui, si diverses soient-elles, prennent l’habitude de cohabiter en paix.

Les Diolas et les Sérères se montrent ouverts à la prédication chrétienne. Mais la grande majorité des animistes se rallie peu à peu à l’islam, un islam assez particulier qui accorde aux femmes une place active dans la vie publique et économique.

Un islam africain

Amadou Bamba, marabout fondateur de la confrérie des MouridesVers 1886, le marabout Amadou Bamba fonde la confrérie islamique des Mourides.
Une grande partie des Ouolofs se rallient à elle avec ferveur.
Tout musulmans qu’ils soient, ils se tournent non plus vers La Mecque, la ville du prophète Mahomet (Mamadou en ouolof), mais vers Touba, la ville sainte du mouridisme, qui abrite le tombeau du vénéré marabout, à l’est de Dakar.
Depuis l’indépendance, la confrérie s’est considérablement enrichie en développant la monoculture de l’arachide, au risque d’épuiser les sols, et en s’attribuant le monopole de sa commercialisation.
Cela lui vaut un poids écrasant dans la vie du pays.

Léopold Sédar Senghor (1906- 2001)Produit exemplaire de la colonisation et premier Africain à obtenir l’agrégation (grammaire), Léopold Sédar Senghor met la culture française au service de l’émancipation de son pays et de l’Afrique.

Avec le Martiniquais Aimé Césaire et quelques autres intellectuels, il invente en 1932 le concept de « négritude », exalte les cultures africaines et l’Art nègre, et revendique le droit à l’indépendance pour les peuples colonisés.

Après la Seconde Guerre mondiale, le poète est élu député et participe à des gouvernements de la IVe République. Quand le général de Gaulle prend le pouvoir à Paris, il négocie avec lui l’indépendance des colonies africaines.

Un demi-siècle d’indépendance

Deux ans après l’indépendance, Mamadou Dia, rival malheureux du président Senghor, tente un coup d’État et se voit condamné à la prison à vie. Adossé à la protection militaire de la France, le Sénégal ne connaîtra dès lors plus d’autre tentative de coup d’État.

En 1981, après vingt années de pouvoir, Léopold Senghor se retire à Normandie, dans la région de sa deuxième épouse, et transmet le pouvoir à son Premier ministre Abdou Diouf. Celui-ci tente en 1982 de constituer une confédération avec la Gambie, micro-État anglophone enclavé dans le Sénégal mais l’union se rompt dès 1989.

La même année, la tension monte entre le Sénégal et son voisin du nord, la Mauritanie. Des commerçants mauritaniens, à Dakar, sont attaqués et pour beaucoup tués. Même chose en Mauritanie pour les résidents sénégalais. On compte des milliers de victimes et de réfugiés.

Usé et malade, Abdou Diouf ne s’accroche pas davantage que son prédécesseur en 2000, quand les élections présidentielles consacrent la victoire de l’éternel opposant, Abdoulaye Wade (65 ans environ), un Ouolof de la confrérie des Mourides.

Le 26 septembre 2002, le mandat de Wade est affecté par le drame du Joola. Vétuste et transportant au moins quatre fois plus de passagers qu'il n'y était autorisé, ce navire, qui fait la navette entre la Casamance et Dakar, sombre en quelques minutes avec environ 2000 personnes ; on ne recueille que 76 survivants. L’impéritie des pouvoirs publics face à ce drame est mal ressentie par les Sénégalais. C’est le début de désamour entre le vieux président et son peuple. Les Diolas de Casamanc, qui ont le sentiment d’être délaissés par le pouvoir ouolof, entrent dans une rébellion séparatiste.

La crise est accentuée par l’appauvrissement constant du pays, dont les principales ressources résident dans l’aide internationale et les transferts des émigrants, et par le népotisme du président, lequel, à la différence de ses deux prédécesseurs, ne répartit pas les fruits de la corruption entre les représentants de chaque ethnie mais les réserve à la sienne propre et à sa famille. En février-mars 2012, usé et autoritaire, le leader octogénaire Abdoulaye Wade tente de postuler un troisième mandat mais il est battu par son ancien Premier ministre, Macky Sall (50 ans), et se retire après avoir laissé planer le doute sur ses intentions.

Le nouvel élu change la Constitution afin de pouvoir briguer un nouveau mandat en 2019. Mais le 15 juin 2023, des manifestations en faveur de l’opposant Ousmane Sonko font 15 à 30 morts. En juillet 2023, au soulagement général, Macky Sall renonce à se présenter à la présidentielle de 2024 et promeut son Premier ministre Amadou Ba pour lui succéder. Pris de regret, le 3 février 2024, il suspend sine die le scrutin présidentiel du 25 février. On peut à ce stade craindre que le Sénégal ne soit gagné par l'instabilité qui affecte le Sahel.

Publié ou mis à jour le : 2024-02-05 19:09:45
pierreH69400 (04-04-2023 10:26:45)

Indépendance pas si tranquille.
L'indépendance première n'était acquise qu'au sein de la Fédération du Mali, construction politique fragile que le gouvernement français avait acceptée, négligeant les incompatibilités ethniques.
En Aout 1960, c'est une tentative de coup d'état de Modibo Keïta - soudanais ou malien comme vous voudrez- qui a conduit le Sénégal à rompre cette Fédération. C'était une tentative de coup d'état politico-militaro-ethnique qui a échoué grâce à l'intervention de la (jeune) armée et de la gendarmerie sénégalaise. L'évolution politique récente du Mali montre que les sénégalais ont bien eu raison de s'en séparer.

Béatrice Culot (04-04-2022 19:20:58)

Bonsoir, Article intéressant. Merci. Je connais quelque Sénégalais vivant en Belgique et je n'avais pas l'impression d'un pays si pauvre. Pas, tout cas par rapport aux autres pays africains.
Petite réflexion: Comme presque toujours quand on aborde la traite des esclave , la partie africaine est passée sous silence. Apparemment les esclaves arrivaient par magie aux ports atlantiques où de méchants Européens les amenaient enchaînés en Amérique. Vous citez les institutions esclavagistes françaises. Rien sur les stuctures esclavagistes sénegalaises. Pourtant votre sujet est le Sénégal et pas la France.
Alors un peu d'informations sur le côté sénégalais: Qui étaient les esclavagistes, qui étaient les esclaves?
Merci

Horent Philippe (15-04-2012 13:27:13)

Le résultat de cette politique que l'on peut qualifier de népotisme, ces sont les deux tours des élections présidentielles au Sénégal. Le déroulement pourrait être présenté comme exemple à bon nombre de pays.
La nouvelle équipe au pouvoir, par les urnes, aura fot à faire pour panser les plaies d'un pays ruiné par une vision démesurée d'un mégalomane moribond... que le monde occidental des affaires a soutenu, en permanence.

Michel Pesneau (27-03-2012 14:56:18)

Je ne peux que compléter mon commentaire précédent en me réjouissant de l'issue heureuse de cette péripétie électorale. Ainsi la sagesse l'a emporté et Wade a montré qu'il n'était pas indigne de ses prédécesseurs

Michel Pesneau (29-02-2012 12:41:27)

J'ai vécu 5 ans (de 1962 à 1967)au Sénégal et je reste très attaché à ce pays. Je déplore qu'Abdoulaye Wade parvenu à la tête de l'Etat grâce à la démocratie établie et maintenue par ses prédécesseurs s'accroche au pouvoir au détriment de celle-ci (même si les résultats actuellement connus des élections tendent à montrer qu'il ne la bafoue pas complètement ; attendons la suite)et qu'il n'ait pas la sagesse d'un Senghor, qui, vingt ans plus jeune que lui, abandonne spontanément le pouvoir en raison de son âge.

maurice (29-02-2012 12:33:33)

J'y ai vécu pendant trois mois, et décelé nombre de problèmes ; la liste serait trop longues.
Une chose qui m'a beaucoup frappé - et je ne suis bien sûr pas le seul - c'est cette hallucinante crétinerie géo-historique de la Gambie (avec, en plus, son gigantesque fleuve) qui coupe en deux le Sénégal.
Nombreux sont mes interlocuteurs sénégalais qui évoquaient, en doux rêveurs, la réunion des deux pays, tant pour des raisons tant géographiques qu'économiques et fluviales.

Michel (28-02-2012 23:14:37)

J'étais au Sénégal en 1962/63, j'y suis retourné en 2007. Bien que des bidonvilles aient disparu à Dakar et été remplacés par des habitations correctes, la ville n'est plus aussi bien entretenue qu'à l'époque où j'y étais. L'école est gratuite mais pas obligatoire, nous avons visité une école dans une bourgade, le manque de moyens est impressionnant. L'accueil a été particulièrement chaleureux et même émouvant. La classe comportait bien 70 élèves qui avaient une leçon de vocabulaire français ce jour-là. Pas un bruit dans la classe, le martinet est bien en évidence sur le bureau du maître. Les élèves nous ont chanté "La Marseillaise" et nous avons dû leur chanter quelque chose en retour. Nous avons visité 3 villages ouolof, sérère et toucouleur d'une grande pauvreté, perdus au milieu de nulle part, il est impossible aux enfants de ces villages d'aller dans une école, faute de moyens de transport. Notre guide sénégalais, jeune homme d'une grande culture, nous avait proposé d'apporter dans ces villages, du riz, du savon et des bougies, ce que nous avons fait bien sûr. Evidemment, les habitations dans ces villages n'ont rien à voir avec les villas luxueuses des 2 candidats restants à l'élection présidentielle.

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