Au Vatican, Jean XXIII est élu pape par le conclave le 28 octobre 1958, à 76 ans et onze mois. À la mort de Pie XII, le conclave manque cruellement de ressources pour rajeunir les cadres de l'Église. Son effectif n'est que de 53 cardinaux, pour la plupart d'un âge avancé.
Le candidat le mieux placé à la succession du souverain pontife est l'archevêque de Milan, Giovanni Battista Montini (62 ans), que Pie XII n'a pas voulu nommer cardinal (il deviendra pape le 21 juin 1963 sous le nom de Paul VI). En attendant, les cardinaux veulent se donner le temps d'une transition avant d'élire un pape d'action. Ils portent leur choix sur un vieux cardinal, Angelo Roncalli (76 ans et onze mois).
Un pape inattendu
Né près de Bergame (Italie du nord) le 25 novembre 1881, dans une famille très pauvre de dix enfants, Angelo Roncalli s'est signalé par une extrême bonté pendant toute sa vie consacrée à l'Église. Sa devise : « Dieu est tout, je ne suis rien ».
Mais rien ne le prédisposait à hériter de la chaire de saint Pierre. Sans éclat intellectuel, il a mené une carrière diplomatique banale de Sofia à Paris en passant par Istanbul. avant d'accéder enfin au prestigieux patriarcat de Venise. Délégué apostolique en Turquie pendant la Seconde Guerre mondiale, il manifeste toutefois un singulier courage en dénonçant l'antisémitisme devant l'ambassadeur allemand Franz von Papen.
Il est élu pape par le conclave le 28 octobre 1958. L'opinion publique est quelque peu consternée par l'image de ce vieil homme replet qui a relevé le nom d'un antipape (Jean XXIII), par affection pour Jean le Baptiste et l'apôtre Jean.
Mais le nouvel élu ne tarde pas à séduire tout un chacun par une simplicité désarmante. Et il provoque d'emblée la surprise en annonçant un aggiornamento (« mise à jour ») de l'Église catholique, autrement dit un grand concile oecuménique en vue d'adapter l'Église au monde moderne. Ce sera Vatican II...











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