1er février 1954

Appel de l'abbé Pierre en faveur des sans-logis

Le 1er février 1954, lors d'un hiver désastreux qui a occasionné de grandes souffrances parmi les sans-abri de France, l'abbé Pierre lance un appel pathétique sur les ondes et dans les journaux : « Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée, cette nuit, à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée... » Les Français se mobilisent.

C'est le début d'un immense mouvement charitable, l'« insurrection de la bonté ». Il va conduire le gouvernement à intensifier ses efforts pour la construction de nouveaux logements.

De « Monsieur Vincent » à l'« abbé Pierre »

Appel de l'abbé Pierre le 1er février 1954De son vrai nom Henri Grouès, l'abbé Pierre (1912-2007) entre dans la Résistance et devient député à la Libération. En 1949, il crée près de Paris la communauté des Compagnons d'Emmaüs.
Monsieur VincentLes déshérités qu'elle accueille ne se contentent pas de la charité publique mais se prennent en charge, construisant de leurs mains des maisons, se faisant chiffonniers et retrouvant leur dignité à travers la solidarité et le travail.
À trois siècles de distance, l'abbé Pierre apparaît alors comme l'héritier spirituel de saint Vincent de Paul, une lumière dans un monde ténébreux et en manque de repères.
Cette image lénifiante va s'effondrer au grand désarroi de l'opinion publique à l'été 2024, soit dix-sept après sa mort, avec la révélation de son comportement de prédateur sexuel. Jusqu'à un âge avancé, le « saint » homme avait usé de sa notoriété pour imposer des faveurs sexuelles aux femmes qui venaient à l'approcher.
Le Vatican, alarmé sur sa trouble personnalité, avait demandé sa mise en retrait dès 1955, peu après le fameux appel. La hiérarchie diocésaine avait obtempéré avec réticence en envoyant l'abbé se faire soigner en Suisse. Sans succès.
La perversité sexuelle de l'abbé était devenue notoire au Québec et en Amérique mais en France même, l'Église, les organisations caricatives et la presse de tous bords politiques avaient occulté ses déviances pour ne pas « désespérer » les âmes pieuses et les généreux donateurs de ses fondations, qu'ils fussent catholiques ou athées.

Publié ou mis à jour le : 2025-04-19 09:45:25

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