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1er décembre 1944

Massacre de Thiaroye

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que la France achève de se libérer, le gouvernement entame le renvoi en Afrique des troupes coloniales qui, soit ont été internées dans des camps sur le territoire national après leur capture par les Allemands en 1940, soit ont participé à la libération du territoire lors du débarquement de Provence.

Mille deux cents à mille six cents de ces tirailleurs originaires d'Afrique occidentale sont embarqués à Morlaix sur le Circassia, le 5 novembre 1944. Arrivés au Sénégal, ils sont hébergés dans le camp militaire de Thiaroye, près de Dakar. Là, ils espèrent recevoir enfin leur traitement et leur prime de démobilisation  ainsi que le pécule que certains avaient mis de côté dans les camps où ils avaient été internés. Ces sommes leur avaient été dûment promises avant leur embarquement mais ils ne voient toujours rien venir. Quand un général fait l'inspection du camp, ils le reçoivent avec des insultes. 

Au matin du 1er décembre 1944, irrité par ce tohubohu, le général Yves de Boisboissel, qui commande la place de Dakar, fait investir le camp par plus d'un millier de soldats coloniaux commandés par des officiers métropolitains et appuyés par quelques véhicules. Les officiers somment les mutins de rentrer le rang. Pour des raisons obscures, des coups de feu partent. C'est aussitôt un déchaînement La répression, brutale, se solde par plusieurs dizaines de victimes ; 70 selon les chiffres officiels publiés quelques mois plus tard.

Quatre-vingts ans plus tard, le 18 juin 2024, six de ces tirailleurs se sont vus attribuer la mention « Mort pour la France »...

Publié ou mis à jour le : 2025-08-16 18:38:36
FERRANT (04-09-2006 10:46:31)

Les passions restent vives à Madagascar sur la rébellion. De nombreux malgaches reconnaissent que l’histoire du soulèvement de 1947 reste importante; c’est le mythe fondateur …Il ne peut être soumis à discussion ; il y a une certaine police de la pensée qui veille et protège ce mythe … Le livre du Frère Tronchon , sans doute en toute bonne foi, en fait partie.
Mais de nombreux jeunes malgaches , et moins jeunes savent qu’il faut rechercher la vérité ailleurs .En fait , la réalité est aussi autre…Vous en trouverez une partie dans deux autres livres intitulé « Madagascar : les missionnaires acteurs du développement » (L’Harmattan), préfacé par Ramialiharisoa-Hjra, et « Des sagaies aux ombrelles – Madagascar 1947-2002 » écrits par le père Tiersonnier, s.j. qui a vécu ces événements .L’histoire reste affreuse, le nombre de tués , même ramené au nombre indiqué , est incroyable ; l’attitude du gouvernement reste lamentable ; Mais reprenez les critiques des journaux malgaches sur ce livre ; elles sont presque plus instructives que le livre lui-même ; les lecteurs pressentent que le mythe cache un mensonge .
Il y a enfin un groupe universitaire de travail franco-malgache, mené entre autres par M. J. Fremigacci qui travaille en historiens sur ce sujet.

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