16 juin 1940

Formation du gouvernement Pétain

Le dimanche 16 juin 1940, à Bordeaux, le Président du Conseil /Bio/bReynaud.htm','Reynaud','scrollbars=yes,width=500,height=500'); return false;">Paul Reynaud (62 ans) démissionne. Dans le respect des règles constitutionnelles, le maréchal Philippe Pétain (84 ans) est chargé de former un nouveau gouvernement.

Au même moment, l'armée allemande traverse la Loire après avoir victorieusement envahi la Belgique et la Hollande et percé le front français à Sedan, dans les Ardennes. Elle pousse devant elle huit millions de civils français ou belges ainsi que les débris de l'armée française.

Armistice ou capitulation ?

Dans le désarroi général, Paul Reynaud aurait souhaité que les militaires demandent un cessez-le-feu ou une capitulation tandis que le gouvernement se serait replié en Afrique du Nord pour continuer la lutte dans l'honneur.

Mais le vieux généralissime Maxime Weygand (73 ans) veut obliger le pouvoir civil à assumer sa part de la défaite. Il fait observer aussi qu'une capitulation entraînerait l'occupation de tout le territoire, la reddition de toutes les troupes et la saisie de toutes les armes, y compris de la flotte.

Il convainc le nouveau chef du gouvernement, Philippe Pétain, de conclure un armistice, c'est-à-dire un accord de gouvernement à gouvernement aboutissant à un arrêt provisoire des combats dans l'attente d'un traité de paix en bonne et due forme.

Le vieux maréchal veut épargner à la population les tourments d'une occupation militaire sans contrepoids civil. Comme Weygand, il a le sentiment que l'armée a fait son devoir et qu'il ne saurait y avoir de déshonneur à reconnaître la défaite.

Pour lui comme pour les partisans de l'armistice, la défaite de l'Angleterre paraît probable et, avec elle, la fin de la guerre et la victoire définitive de l'Allemagne.

40 millions de pétainistes

gravure de propagande sur la Révolution nationale Dès le lundi 17 juin à midi, Pétain, qui manie les mots avec dextérité, prononce une allocution mémorable à la radio.

Écouté avec ferveur par des millions de Français désemparés, sur les routes ou dans leurs foyers, ce discours chevrotant vaudra à l'illustre vieillard d'être plébiscité par l'opinion publique.

Mais malgré le soin qu'a pris Pétain à peser chaque mot, il lui a échappé une formule malheureuse laissant entendre que les combats devaient cesser à l'instant... De sorte que des soldats se sont rendus dans une certaine pagaille alors que d'autres continuaient de se battre avec panache.

Tandis que le général de Gaulle, à Londres, entre dès le lendemain en résistance, le maréchal Pétain glisse insensiblement sur la voie de la collaboration avec l'occupant. Celle-ci prendra un tour officiel dès octobre avec la rencontre de Montoire.

Publié ou mis à jour le : 2019-06-11 12:03:44
Claude Edouard (09-06-2024 12:08:30)

A Doc 7438 Je relis votre message. Je n'avais pas compris la première fois. Si je comprends bien, vous auriez voulu que nous nous fassions massacrer comme en 14. Pour vous répondre, je voudrais sav... Lire la suite

Doc7438 (21-01-2024 16:03:45)

A C.Edouard : "La France avait perdu beaucoup d'hommes" en juin 40? Entre 60 et 100 mille selon les sources, je crois. Fin août 14, il y avait déjà plus de 140000 morts!.... La poursuite de la gue... Lire la suite

Doc7438 (21-01-2024 15:33:22)

"Il est vrai qu'en 1940 les dirigeants nazis ne songent pas encore à l'extermination des juifs"... !! Ah! bon?? Et "la nuit de cristal" de 1938, c'était un bon début, non??...Herodote.net répond :... Lire la suite

Claude Edouard (08-01-2024 08:59:30)

J'ai bien étudié le début de l'année 1940 avec plusieurs historiens. Les Allemands étaient arrivés. Churchill voulait que Pétain défende Paris maison par maison pour retarder leur avance. Il a... Lire la suite

Bernard (14-06-2023 10:13:24)

C'est la chambre du Front populaire (amputée il est vrai des députés communistes suite au pacte germano soviétique du 23 août 1939) qui - à l'exception de 80 parlementaires - a voté les pleins ... Lire la suite

Philippe Sévérac (16-06-2022 05:07:54)

Je ne saurai trop recommander la lecture de "L'ami américain" d'Éric Branca' dont tout le deuxième chapitre "Vichy, avec ou sans Pétain", met en lumière le rôle souvent abject de la plupart des ... Lire la suite

JEAN-LOUIS (26-06-2013 18:12:31)

Merci à André Larané pour cette excellente synthèse. Rien à ajouter. On pourra lire avec intérêt l’excellent opuscule d’historiens – chercheurs « Gouvernement et haut commandement au dé... Lire la suite

Jean-Louis (26-06-2013 18:02:48)

Merci à André Larané pour cette excellente synthèse. Rien à ajouter. On pourra lire avec intérêt l’excellent opuscule d’historiens – chercheurs « Gouvernement et haut commandement au dé... Lire la suite

Benoit de BIEN (03-03-2013 18:28:39)

Toujours intéressant cet éclairage sur des petits aspects des événements aussi importants. Cela nuance souvent l'appréciation que l'on peut avoir des choses passées trop souvent exposées "... Lire la suite

Foldedol (11-11-2011 12:18:41)

L'article laisse supposer des intentions protectrices de la part du maréchal Pétain. Ce postulat ne tient pas compte de 2 facteurs me semble-t-il très importants : 1. le passè récent de Pétain n... Lire la suite

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