11-15 avril 1935

Laval et Mussolini constituent le « front de Stresa »

Du 11 au 15 avril 1935 se tient la conférence de Stresa, sur le lac Majeur, en Italie. Elle réunit le président du Conseil français Pierre-Étienne Flandin et son ministre des Affaires étrangères Pierre Laval, le Duce italien Benito Mussolini ainsi que le Premier ministre britannique Ramsay MacDonald et le ministre des Affaires étrangères britannique Sir John Simon.

Cette offensive diplomatique de grande ampleur est destinée à enserrer l'Allemagne hitlérienne dans un réseau d'alliances. Elle est devenue plus nécessaire que jamais après le rétablissement du service militaire par Hitler, le 16 mars précédent, en violation du traité de Versailles. Les conférenciers prennent l'engagement de ne plus tolérer aucune nouvelle violation du traité.

Mais le « front de Stresa » va s'effondrer suite à la conclusion d'un traité naval entre le Royaume-Uni et l'Allemagne, le 18 juin 1935, et à l'invasion de l'Éthiopie par les Italiens le 2 octobre 1935. Cette invasion ayant été condamnée par la Société des Nations (SDN), Mussolini est contre son gré poussé dans une alliance avec Hitler, qu'il abhorre...

André Larané

Pierre Laval, Benito Mussolini, Ramsay MacDonald et Pierre-Étienne Flandin à l'issue de la conférence de Stresa

Britanniques, Français et Italiens brièvement solidaires

Pierre Laval a succédé à Louis Barthou aux Affaires étrangères après son assassinat à Marseille aux côtés du roi de Yougoslavie le 9 octobre 1934. Il a aussitôt emprunté à son prédécesseur l'idée d'un système de sécurité collective destiné à contenir la menace hitlérienne en Europe, même si celle-ci paraît encore virtuelle. Dans une première étape, il s'est rendu à Rome du 4 au 7 janvier 1935 pour rencontrer Mussolini et obtenir son alliance en contrepartie d'un règlement du contentieux franco-italien sur la Tunisie.

La menace allemande se précise lorsque, le 16 mars 1935, Hitler rétablit le service militaire obigatoire et annonce son intention de porter les effectifs de la Wehrmacht de 100 000 à 500 000 hommes.

En réaction, les principaux dirigeants européens s'empressent donc de réunir une conférence internationale. Elle se tient dans le magnifique palais Borromée de l'isola Bella, en face de Stresa, sur le lac Majeur. Dans ce bijou baroque, Pierre Laval et le président du Conseil Pierre-Étienne Flandin rencontrent le Duce ainsi que le Premier ministre britannique Ramsay MacDonald et son ministre Sir John Simon.

Les Européens s'entretiennent de la nouvelle violation par Hitler du traité de Versailles et prennent l'engagement de ne plus tolérer aucune nouvelle violation. Ils réitèrent les résolutions de la conférence de Locarno, en 1925, sur le même lac mais côté suisse, et rappellent leur attachement à l'indépendance de l'Autriche.

Laval rencontre Staline à Moscou

Pour donner du crédit à son rêve pacifiste de créer une ceinture sanitaire autour de l'Allemagne nazie, Pierre Laval ne craint pas de signer aussi à Moscou, le 12 mai 1935,  un traité d'assistance mutuelle avec le gouvernement de Staline, encore très largement ostracisé par les nations occidentales.

Mais dès le mois suivant, le 18 juin 1935, le Royaume-Uni rompt le pacte de Stresa en signant avec l'Allemagne un traité naval qui autorise celle-ci à porter le tonnage de sa flotte à 35% du tonnage britannique. Il s'agit d'une nouvelle violation caractérisée du traité de Versailles et les Britanniques en sont autant responsables que les Allemands !

Le coup de grâce au « front de Stresa » survient quand l'Italie attaque l'Éthiopie en octobre 1935 et qu'elle se voit sanctionnée par la Société des Nations. Contre son gré, Mussolini est poussé dans une alliance avec Hitler qu'il abhorre.

Le Führer prend prétexte du vote par le Parlement français du projet de traité franco-soviétique, en mars 1936, pour aussitôt dénoncer le pacte de Locarno et remilitariser la Rhénanie le 7 mars 1936. Quelques mois plus tard, Hitler et Mussolini mettent leurs forces militaires au service des nationalistes espagnols, en guerre contre leur gouvernement.

En un an, du printemps 1935 au printemps 1936, l'équilibre géopolitique de l'Europe a brutalement basculé dans la guerre, rendant le pire quasi-inéluctable. 

Publié ou mis à jour le : 2024-05-04 12:31:31
Brude (21-04-2024 14:12:30)

Je conseille le roman de Julien Donadille « la paix paresseuse » qui raconte les contours de l’événement à travers les yeux d’un diplomate français…..

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