10 janvier 1929

Tintin et Milou entrent en scène

Tintin et Milou, HergéLe 10 janvier 1929 naît un héros appelé à une célébrité planétaire. Il se nomme Tintin mais on ne peut le dissocier de son chien fidèle, un fox-terrier répondant au doux nom de Milou.

Les deux amis entament leurs premiers exploits au pays des Soviets, pour le compte d'un magazine belge, le Petit Vingtième.

Au gré de leurs aventures, parcourant la planète sans prendre une ride, ils vont couvrir presque toute l'Histoire du XXe siècle, dans ses drames et sa diversité, et en porter témoignage.

Au total 22 albums disponibles en couleur (non compris Tintin au pays des Soviets et Tintin et l'Alph'Art, resté inachevé). 

Julien Colliat
Un dessinateur engagé

Le « père » de Tintin et Milou est le dessinateur belge Georges Remi (1907-1983), plus connu sous son pseudonyme Hergé (d'après ses initiales RG).

Né en 1907 dans la banlieue de Bruxelles, Georges Remi est un garçon timide et anxieux, aux antipodes de son futur héros, avec une mère qui va peu à peu sombrer dans la folie. Mais derrière cette personnalité tourmentée se cache un immense créateur, perfectionniste en diable.

Tintin au pays des Soviets À 21 ans, il est rédacteur en chef du Petit Vingtième, supplément jeunesse du quotidien catholique Le Vingtième Siècle. Il a déjà créé maints personnages, y compris un petit Totor, destiné à un magazine de scouts. 

L'expression de « bande dessinée » n'existe pas encore quand l'abbé Wallez, le patron du Vingtième Siècle, lui demande de créer un héros qui incarnerait un modèle pour la jeunesse. Il publie donc sous forme de feuilleton les aventures de Tintin au pays des Soviets. 

Palle HuldD'emblée, le dessinateur met en scène un très jeune homme sans aspérités, confronté aux malheurs du monde. Reporter du Petit Vingtième, il est conduit, dans sa première aventure, à visiter l'URSS.

Pour créer son héros, Hergé se serait inspiré de Palle Huld, un Danois de 16 ans vainqueur en 1928 d'un concours organisé par le quotidien Politiken pour le 100e anniversaire de la naissance de Jules Verne. Grâce à cette récompense, il put réaliser un Tour du monde qu'il relata dans un livre traduit en une dizaine de langues.

Son histoire mais aussi son jeune âge, sa chevelure rousse et son accoutrement (large casquette et culotte de golf) rappellent beaucoup Tintin.

Pour le nom de son héros et le graphisme, Hergé a pu s'inspirer aussi d'une bande dessinée plus ancienne de Benjamin Rabier, Tintin-Lutin (1898). 

Hergé, qui travaille pour un magazine très engagé à droite et ne fait pas mystère de ses opinions anti-communistes, profite des aventures de son héros pour dénoncer la dictature stalinienne et montrer l'envers du décor.

Tintin au pays des Soviets (DR)

En dépit de ses outrances, il s'avère plus clairvoyant que bien des Occidentaux illustres de son époque, comme le maire de Lyon Édouard Herriot qui voyagea en Ukraine pendant la grande famine de 1932-1933 et ne se rendit compte de rien.

Le succès vient très vite. L'année suivante voit la publication de Tintin au Congo, qui se veut un hommage à la colonisation belge et énonce tous les clichés de l'époque sur la mission civilisatrice des Européens et des missionnaires en particulier.

Tintin au Congo (DR)

Tintin en Amérique (DR)Le troisième album, Tintin en Amérique 1932), est une dénonciation de la prohibition et du mauvais sort fait aux Indiens, tissée également de clichés.

Hergé se fie à la lecture de Scènes de la vie future (Georges Duhamel, 1930) dans sa représentation dantesque de la modernité américaine. Il évoque ainsi sous le nom de Slift les fameuses usines Swift de Chicago, spécialisées dans le transport de viande réfrigérée.

Fait absolument unique dans l'histoire des aventures de Tintin, un personnage apparaît sous son véritable nom : Al Capone.

Henry de Monfreid dans Les Cigares du pharaon (DR)Les Cigares du pharaon, publié en 1934, est une aventure de pure fantaisie dans laquelle apparaissent pour la première fois les policiers Dupont et Dupond ainsi que le méchant Rastapopoulos.

Hergé a également donné les traits de l'aventurier Henry de Monfreid au traficant d'armes qui sauve Tintin de la noyade en pleine mer Rouge. 

Tintin témoin du XXe siècle

Tout change avec l'album suivant, une suite des Cigares du Pharaon censée se dérouler en Chine : Le Lotus bleu.

Cette fois, Hergé se documente assidûment sur le contexte. Il prend conseil auprès d'un étudiant chinois, Zhang Chongren (qui lui inspire le personnage de Tchang) et modifie du tout au tout sa vision du pays.

Avec un sens certain de l'autodérision, il affiche ses préjugés à travers les Dupont et Dupond qui débarquent en Chine en costume de carnaval.

Le Lotus bleu s'inscrit dans une actualité cruelle, la guerre d'agression menée par le Japon contre la Chine et, peut-être encouragé par son ami chinois, Hergé s'engage au fil de l'album dans une violente rhétorique anti-japonaise.

L'album contient ainsi une allusion à l'incident de Mukden, prétexte à l'invasion japonaise de la Mandchourie de 1931, ainsi qu'au départ du Japon de la SDN deux ans plus tard.

Notons pour l'anecdote que les Dupont et Dupond ont sans doute été inspirés à Hergé par une couverture du Miroir (2 mars 1919) retrouvée dans ses papiers, où l'on voit deux policiers avec melon et parapluie qui conduisent au poste l'anarchiste Cottin, après que celui-ci a tenté de tuer Georges Clemenceau.

L'Oreille cassée (1937) transpose la guerre du Chaco entre le Paraguay et la Bolivie (1932-1935).

L'Oreille cassée (DR)

Dans l'album, les deux pays deviennent respectivement Nuevo Rico et San Theodoros. Hergé en prend connaissance par la lecture du Crapouillot et reprend les intérêts pétroliers anglo-saxons comme déclencheur de la guerre.

Basil Zaharoff dans L'Oreille cassée (DR)À noter également, la présence de deux personnages inspirés de personnalités existantes. 

Le premier est le célèbre marchand d'armes Basil Zaharoff, dont Hergé modifie le nom en Basil Bazaroff. Le second est l'explorateur britannique Percy Fawcett, disparu en Amazonie en 1925 et à qui le dessinateur a donné les traits du personnage de Ridgewell.

Dans le septième album, L'Île Noire (1938), on trouve des références cinématographiques aux 39 marches de Hitchkock (1935) et à Kingkong (1933), avec le gorille Ranko.

Toile de fond de l'album, le trafic de fausse monnaie serait une allusion à un projet de l'Allemagne nazie visant à la destabilisation de ses ennemis. Le personnage du Dr Müller, un des chefs du réseau, a été inspiré à Hergé par Georg Bell, un ingénieur et espion allemand qui conçut des faux billets destinés à l'URSS.

Pris en défaut de réalisme dans la représentation de l'Écosse et de l'Angleterre, Hergé retouchera ses dessins en 1965 à la demande de son éditeur britannique.

Le Sceptre d'Ottokar (DR)Dans Le Sceptre d'Ottokar (1939), qui met en scène l'agression de la pacifique Syldavie par la Bordurie, on découvre un parti syldave dénommé la Garde d'acier - qui évoque la Garde de fer de Corneliu Codreanu, en Roumanie - et dont le chef s'appelle Müsstler, nom composé de MUSSolini et de hiTLER

Le récit est manifestement inspiré par l'Anschluss (mars 1938) mais peut aussi évoquer l'invasion de l'Albanie (avril 1939), d'autant que de nombreux spécialistes ont vu dans le roi de Syldavie, Muskar XII, les traits du roi d'Albanie, Zog 1er.

Muskar XII et Zog 1er (DR)

Quand la Belgique est occupée par l'armée allemande en 1940, Hergé continue de travailler comme si de rien n'était avec des récits sans résonance politique.

Dans Le Crabe aux pinces d'or (1941) apparaît le capitaine Haddock, loup de mer exubérant et humain, exagérément humain. Son nom viendrait d'un film de 1931 dont Hergé était fan : Le capitaine Craddock.

Pendant l'occupation, le dessinateur se voit reprocher par son ami Philippe de travailler au sein d'un journal collaborationniste, Le Soir. En guise de représailles, il le dépeint sous les traits du prophète Philippulus dans L'Étoile mystérieuse.

L'Etoile mystérieuse (DR)Dans l'édition originale de cet album, parue en 1942, le méchant est un financier new-yorkais nommé Blumenstein dont les traits renvoient clairement aux caricatures antisémites de l'époque (lèvres épaisses, nez crochu, cigare...). 

Dans la seconde version publiée en 1954, il sera renommé « Bohlwinkel » et son pays d'origine ne sera plus les États-Unis mais le Sao Rico.

Pour Le Secret de la Licorne (1943), Hergé s'inspire d'un célèbre pirate anglais du XVIIIe siècle, Jack Rackham, pour forger le personnage de Rackham le Rouge. Sa tenue est copiée sur celle d'un pirate français, Monbars l'exterminateur. Quant à la barbiche du flibustier, il est difficile de ne pas y voir un clin d'oeil au cardinal de Richelieu.

C'est également dans cet album qu'apparaît pour la première fois le château de Moulinsart, une copie réduite du château de Cheverny, qu'Hergé avait vu sur un calendrier de la Poste.

Auguste Piccard et John Philip Holland (DR)Dans Le Trésor de Rackham le Rouge (1943) Tintin rencontre le professeur Tournesol qui s'imposera aussitôt comme un personnage récurrent de la série. Il est doublement inspiré du savant suisse Auguste Piccard, auteur du premier vol dans la stratosphère et inventeur du bathyscaphe, ainsi que de l'ingénieur irlandais John Philip Holland, illustre développeur de sous-marins, reconnaissable au chapeau melon qu'il portait en toute circonstance.

À la Libération, en septembre 1944, identifié comme un collaborateur, Hergé est plusieurs fois interrogé par la police et sort de l'épreuve très affecté.

Dans Les Sept boules de cristal (1948) et Le Temple du Soleil (1949), albums pour lesquels Hergé est assisté d'Edgar P. Jacobs, réapparaissent son intérêt pour les civilisations amérindiennes et les minorités opprimées (ici les Indiens). On y retrouve son obsession de la folie qui a emporté sa mère.

Jean Capart dans Les Sept Boules de cristal (DR)Le personnage du professeur Bergamotte, ultime victime des boules de cristal, a pour modèle l'égyptologue belge Jean Capart, directeur des Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles.

Quant à la célèbre scène de l'éclipse qui sauve Tintin et ses compagnons du bûcher, elle s'inspire en grande partie d'un fait réel qui tira d'affaire Christophe Colomb lors de son quatrième voyage dans les Antilles.

Tintin au pays de l'or noir, entamé en 1939 et publié en 1950, est en résonance avec les troubles alliances entre compagnies pétrolières et émirs du pétrole. La première version évoque le mandat britannique en Palestine où Juifs et Arabes se disputent déjà, puisque Tintin est enlevé par l'Irgoun.

Fayçal II d'Irak dans Tintin au pays de l'or noir (DR)Le personnage de l'émir Ben Kalish Ezab est inspiré du roi d'Arabie Saoudite, Ibn Séoud, tandis que pour représenter son fils, l'insupportable Abdallah, Hergé a pris pour modèle le dernier roi d'Irak, Fayçal II.

Avec Objectif Lune (1953) et On a marché sur la Lune (1954), Hergé anticipe avec brio l'exploit de Neil Armstrong et Buzz Aldrin. « Ça y est !…. J’ai fait quelques pas !…. Pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’humanité, on a marché sur la lune ! » s'exclame Tintin. Le 21 juillet 1969, en écho à Tintin, le New York Times titrera : « Men Walk On Moon ».

De Tintin (On a marché sur la Lune, 1954) à Neil Armstrong (Apollo XI, 1969), DR

L'Affaire Tournesol (DR)L'Affaire Tournesol (1956) est une transposition de la guerre froide. Dans cette aventure, Tintin et le capitaine se rendent en Bordurie, un pays imaginaire inspiré des régimes communistes d'Europe de l'Est (avec également quelques références au nazisme), dirigé par un dictateur moustachu, le maréchal Plekszy-Gladz, évocation bien comprise à Staline, dont le nom signifie en russe « homme d'acier ».

Retour au Moyen-Orient avec Coke en Stock (1958), une dénonciation de la traite négrière, hélas toujours d'actualité si l'on songe aux trafics sordides qui entourent les migrations africaines vers le Vieux Continent. Dans cet album, les fêtes fastueuses de l'armateur grec Rastapopoulos sur son yacht, en compagnie de la Castafiore, font référence aux amours très médiatiques de l'armateur Aristote Onassis et de la Callas

En 1960, Hergé règle un problème personnel (dépression et crise conjugale) avec Tintin au Tibet. Par la même occasion, il met en lumière l'oppression par la Chine de ce pays oublié de tous. 

Les Bijoux de la Castafiore (DR)De l'avis de beaucoup d'amateurs, le plus réussi des albums est Les bijoux de la Castafiore (1963), qui a la particularité de ne reposer sur aucune intrigue mais seulement sur la conviction de la plantureuse chanteuse que ses bijoux lui ont été volés.

Pour ce huis clos intimiste, totalement à part dans les aventures de Tintin, Hergé met notamment en scène le célèbre duo de journalistes de Paris Match, Philippe de Baleine et Willy Rizzo, renommés Jean-Loup de la Batellerie et Walter Rizotto, de Paris-Flash

Notons dans ce récit la compassion de l'auteur pour une minorité méprisée, les romanichels.

Les Bijoux de la Castafiore (DR)

Évoluant avec son temps sans jamais vieillir, le reporter poursuit sa série d'aventures avec Vol 714 pour Sidney (1968) qui met en scène un détournement aérien s'achevant sur une île volcanique indonésienne.

Marcel Dassault dans Vol 714 pour Sydney (DR)Pour l'occasion, le dessinateur carricature l'avionneur Marcel Dassault sous les traits du milliardaire excentrique Lazlo Carreidas.

Hergé clôt son cycle avec une guérilla latino-américaine : Tintin et les Picaros (1976), où pour sauver ses amis, le jeune héros qui a troqué son pantalon de golf pour un jean brun, aide un groupe de révolutionnaires soutenus par une puissante multinationale, l'International Banana Company (allusion au géant américain United Fruit Company) pour renverser une dictature appuyée par le bloc communiste. 

L'image finale de cet album est un clin d'oeil désabusé à la triste réalité politique : elle montre les guerilleros, une fois la victoire acquise, renouant avec les mauvaises manières du dictateur déchu. On pense inévitablement aux désillusions de la révolution castriste, à Cuba (1959), et aussi de la révolution sandiniste, au Nicaragua (1979), postérieure de quatre ans à la sortie de l'album (1975).

Tintin statufié

Sur une décision de son créateur, confirmée par ses héritiers, le chaste héros en culottes de golf n'aura pas d'autres aventures en bandes dessinés. Ne le regrettons pas : Tintin et Milou resteront ainsi à jamais comme la meilleure illustration de l'Histoire du XXe siècle.

Deux livres illustrent avec esprit l'imbrication du journaliste du Petit Vingtième dans son siècle : Les personnages de Tintin dans l'Histoire (Le Point / Moulinsart, 2012), paru en deux volumes. Pour tous les enfants de 7 à 77 ans (et au-delà).

Quant au cinéma, il n'a généralement offert que de médiocres adaptations, si l'on met à part les Indiana Jones de Steven Spielberg, inspirés de Tintin, de l'aveu même du réalisateur américain. Celui-ci, cependant, ne s'est jamais satisfait de ses avatars malgré leur succès. Il a obtenu à l'arraché le droit d'adapter l'oeuvre d'Hergé et offert à Tintin une nouvelle vie sur les écrans en 2011 sous la forme d'un film d'animation, Le Secret de la licorne.

Publié ou mis à jour le : 2023-05-16 10:28:06
François (09-01-2022 14:11:18)

Bonjour et bonne année à toute votre équipe.
Bravo pour ce dossier Tintin.
Concernant Le Soir, l’histoire nous oblige cependant à reconnaître qu’il y eut bel et bien un « impair » antisémite sous le crayon d’Hergé dans ce périodique, le fameux strip du lundi 10 novembre 1941, mettant en scène entre Tintin et Philippulus justement deux juifs conformes en tout aux stéréotypes de l’époque. Les deux vignettes furent modifiées dès la sortie de l’album L’Étoile mystérieuse en décembre 1942 et la réédition de l’histoire par Cœurs Vaillants en zone libre le 27 juin 1943, et n’ont jamais été reprises depuis. Il n’y a donc pas que le patronyme Blumenstein modifié ensuite en Bohlwinkel...
Bien cordialement

Pierre Brunet (12-01-2021 12:07:54)

Hergé a croqué le XX eme siècle comme personne. Un peu caricatural bien sûr mais tellement bien vu. On est dans l’ambiance des pays qu’il nous fait découvrir. Ne jugeons pas ses dessins à l’aune de notre époque qui ne tolère plus rien que le politiquement correct d’aujourd’hui. Bravo et merci à Hergé pour son œuvre qui nous a fait rêver et imaginer

Liger (13-09-2020 20:48:01)

À propos de « Coke en Stock », l’article émet l’affirmation suivante : « … une dénonciation de la traite négrière, hélas toujours d'actualité si l'on songe aux trafics sordides qui entourent les migrations africaines vers le Vieux Continent [l’Europe]. » Ce propos constitue un amalgame inexact de 2 types de situations.

En effet, les flux humains allant de l’Afrique vers l’Europe sont des migrations dues à des raisons politiques (conflits, dictatures, etc. entraînant des demandes d’asile) ou économiques (recherche de travail) qui prennent leur source en Afrique (guerres, sous-développement, …) : ces migrations se déroulent parfois dans des conditions (très) dures, voire meurtrières.

En revanche, « Coke en Stock » vise expressément le cas de la réduction en esclavage d’Africains venus en pèlerinage à La Mecque, pratique contre laquelle luttait notamment l’administration coloniale française dans les années 1950 en désignant un administrateur de la France d’Outre-Mer – musulman, bien sûr, comme le Guinéen Diallo Telli – pour « cornaquer » ces pèlerins et veiller à ce que tous reviennent, ce qui n’était pas toujours le cas.

Cet esclavagisme s’inscrit dans le cadre plus général de la poursuite au XXe siècle de la traite arabo-musulmane qui fut historiquement la plus meurtrière, comme d’excellents articles publiés dans www.herodote.net le rappellent fort justement, allant à contre-courant de la vulgate autoflagellante qui attribue aux « vilains blancs » (Européens et Étasuniens) l’essentiel de la responsabilité de l’esclavage en Afrique. Rappelons enfin que l’esclavage fut officiellement aboli très tardivement et sans grand zèle (cf. par exemple la situation actuelle en Maurétanie) dans la plupart des pays musulmans, par exemple seulement en 1962 en Arabie Séoudite et au Yémen…

Encore une fois – fait très rare dans les « publications destinées à la jeunesse » de cette époque – Hergé fut ouvertement en prise avec les réalités de son époque… cela dès « Tintin en Amérique » (1931-32 : Hergé avait 24-25 ans) qui dénonçait la spoliation de leurs terres subie par les Indiens.

Pierre28 (13-01-2019 19:02:50)

Bonjour,
L'ile Noire est la seule aventure de Tintin à avoir reçu 3 versions différentes, qui sont publiées sur le même album compilé "Dossier TINTIN"
C'est le septième album de Tintin, édité en 1938 en N/B, puis 1942 en couleur (le même colorisé), 1966 adaptation des décors désuets, des véhicules trentenaires, des uniformes abandonnés, avec l'aide de son fidèle Bob de Moor.
Plus d'infos sur mon site gratuit :
https://www.dico-collection.com/les-archives-tintin-de-herge
Amicalement. Pierre28

Pierre28 (13-01-2019 17:28:23)

Bonjour,
Hergé n'était absolument pas collaborateur ni antisémite ni raciste. Pour l'avoir rencontré, je puis le certifier.
Il était à la pointe du progrès et à l'écoute du monde moderne, ce qui a rendu ce créateur UNIVERSEL.
Pierre28

Michel (12-01-2019 17:40:18)

Les albums de Tintin ont enchanté ma jeunesse à près de septante ans.
Une preuve de plus du succès de Tintin :
Les voleurs qui ont cambriolé ma maison de campagne il y a quelques années ont aussi emporté entre autres "le secret de la Licorne"...

michel (12-01-2019 10:50:19)

Il existe deux versions de Tintin au pays de l'or noir :
La première, qui date de 1948, met en présence l'armée britannique (en kilt) et la population juive.
Dans la seconde, qui date, je pense, de 1951, tout ce qui rappelle l'armée britannique est supprimé et remplacé par des arabes, pour être politiquement correct.

michel (12-01-2019 10:49:58)

Il existe deux versions de Tintin au pays de l'or noir :

La première, qui date de 1948, met en présence l'armée britannique (en kilt) et la population juive.

Dans la seconde, qui date, je pense, de 1951, tout ce qui rappelle l'armée britannique est supprimé et remplacé par des arabes, pour être politiquement correct.

Anonyme (08-04-2018 22:37:16)

Le dessinateur de Tintin était donc collaborateur et antisemite?
Cela m'attriste.

JB Houriez (26-03-2018 17:59:21)

Lecteur recurrent des BD de TINTIN, j'y découvre à chaque relecture des allusions, et votre article m'en a encore appris...

gil (26-10-2016 23:29:34)

Merveilleux Tintin!
Que de souvenirs et que de plaisirs à lire cet hebdomadaire dans mon enfance! Quelle impatience à attendre le nouveau numéro...
Très bel article propre à ranimer des souvenirs hereux!

Philippe Sévérac (03-10-2016 11:19:34)

Bonjour
N'étant pas Benoit Peters je me garderai de commenter l'oeuvre d'Hergé. Votre description des Cigares du Pharaon me force à corriger une erreur que tout les Tintinophiles ont certainement remarquée.
Le capitaine Haddock n'est apparu que 5 albums plus tard dans le Crabe aux pinces d'or. En revanche, dans "Les Cigares" Tintin a eu le privilège de faire la connaissance d'Henri de Monfreid en trafiquant d'armes, ce qu'il était entre-autre.

AJC (02-10-2016 21:57:19)

J'ai découvert et lu assidument de 1941 à 1944,les aventures de Tintin dans l'hebdomadaire catholique Coeur Vaillant des Editions Fleurus à Paris. Cet hebdomadaire a disparu en 1944.Je me souviens de mon impatience à découvrir le jeudi la suite des aventures ! A cet époque je fréquentais un patronage où l'abbé nous projetait des petits films fixes relatant les aventures de Tintin.J'ai 83 ans !!!

Erik (02-10-2016 12:52:58)

Le capitaine Haddock apparaît pour la première fois dans "Le Crabe aux Pinces d'Or" et non pas dans "Les Cigares du Pharaon".

Jean LOIGNON (12-01-2016 16:54:17)

Je souscris pleinement à la note de M.Laramé que je voudrais compléter en mentionnant le rôle de Tchang Tchong Jen, l'étudiant chinois et ami d'Hergé qui servit de consultant pour l'élaboration du Lotus Bleu, d'une extrême précision documentaire, loin des caricatures approximatives des albums précédents (dont "les Soviets" et "le Congo". Bien plus, on doit à cette rencontre ce chef d'oeuvre antiraciste qu'est le dialogue entre Tintin et Tchang qu'il vient de sauver. Ce qui était loin d'être évident, quand on connaît le parcours idéologique d'Hergé et le milieu dans lequel il exerçait. Je me suis toujours demandé si Tchang Tchong Jen n'avait pas été "la bonne étoile" d'Hergé, le convertissant à un humanisme fraternel ; si la séparation des deux hommes n'avait pas facilité les errements d'Hergé qui publie en 1942 "l'Etoile mystérieuse" dans Bruxelles occupé et avec force saillies antisémites et anti-alliées. Qu'en aurait pensé Tchang (le vrai et le livresque) ?
Lorsque ce dernier réapparaît (dans "le Tibet"), c'est l'occasion d'un vibrant et premier plaidoyer en faveur de ce peuple qui vient juste d'être envahi par la Chine (1959)...
Par ailleurs, le plus "siménonien" des albums (les Bijoux de la Castafiore) est aussi le lieu d'une défense vigoureuse des Tziganes qu'on appelait pas encore les Roms mais qui souffrait de discrimination en tant que nomades et forcément voleurs...
Hergé n'aura pas été avec Tintin que le miroir du XXème siècle, il a illustré les contadictions de l'âme humaine.

Didier Hartemann (11-01-2016 10:53:00)

Je vais atteindre 79 ans en mai et depuis l'âge de 9 ans je suis tombé dans la marmite BD grâce à une amie de ma mère qui m'a offert "Le trésor de Rackham le Rouge". J'ai été abonné à Tintin dès mes 10 ans et jusque très tard, puis réabonné avec un ami pendant notre service militaire: "la tête du wagmestre" sur l'air du Rire du Sergent! Je n'ai jamais abandonné la BD, toutes les sortes de BD! J'ai transmis le virus à nos trois enfants puis à nos quatre petits enfants. Ma descendance sait qu'en m'offrant une BD elle me fait toujours plaisir (2 à Noël de notre plus jeune fils, 45 ans!). Je conseille tous azimuts les BD qui m'enchantent à travers une Bibliothèque Municipale où je suis bénévole. Voilà , même au-delà de 77 ans la BD produit des enthousiastes qui ne cesseront de s'y vautrer et de jouer les prosélytes! Bien à vous.

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