6 décembre 1917

Indépendance de la Finlande

Le 6 décembre 1917, la Finlande s'émancipe de la Russie et proclame son indépendance en profitant des désordres occasionnés par la guerre de 1914-1918 et les Révolutions russes de 1917.

Fête et fête

Le 6 décembre est fête nationale en Finlande en souvenir d'une indépendance chèrement acquise cependant que le 28 février, anniversaire de la publication du Kalevala, est l'occasion de célébrer l'identité finlandaise. L'oeuvre ci-dessous est une mise en images de l'un des poèmes du Kalevala par le peintre Akseli Gallen-Kallela (1865-1931).

Akseli Gallen-Kallela (1865-1931), La Défense de Sampo (Turku Art Museum, 1896

Une terre convoitée

La Finlande (en finnois Suomi ou pays des Mille Lacs) a été initialement peuplée par des Lapons puis occupée au début de l'ère chrétienne par des nomades apparentés aux Estoniens et aux Hongrois.Ils ont légué au pays une langue très particulière du groupe finno-ougrien, proche du mongol et du turc !

Le roi Éric le Saint est né en 1120 et mort en 1160 assassiné par le prince danois Magnus Henriksen.

Les Suédois et leur roi Éric IX le Saint occupent le pays en 1157 et l'évangélisent. Ils se montrent plutôt respectueux des Finlandais mais ont de plus en plus de mal à les tenir à l'écart des convoitises russes.

À l'époque napoléonienne, la Suède doit céder la Finlande au tsar Alexandre Ier par le traité d'Hamina ou Fredrikshamm du 17 septembre 1809. Le pays devient dès lors un grand-duché autonome dont les tsars de Russie sont les titulaires.

Le château de Turku, ancienne capitale, date du XIVe siècle.Helsinki, fondée en 1550 par le roi de Suède Gustave Vasa, est érigée en 1812 en capitale du grand-duché.

Elle remplace à ce titre Turku, vieille ville médiévale, elle aussi fondée par les occupants suédois.

Le nom de l'actuelle capitale est une version finnisée du suédois Helsingfors qui signifie « la cascade des Helsingar »).

Le Kaleva est édité pour la première fois en 1849.

Naissance d'une littérature

Alexandre II, un tsar au destin funeste, témoigne à l'égard des Finlandais comme de ses autres sujets d'une remarquable ouverture d'esprit. C'est ainsi que sous son règne s'épanouit une littérature nationale.

Le 28 février 1835, un médecin de campagne finlandais de 33 ans, Elias Lönnrot, publie un recueil de 32 chants inspirés des contes traditionnels de Carélie sous le nom de Kalevala (le Pays des héros). Ce recueil devient le fondement de la culture finlandaise. Deux grands artistes finlandais, le peintre Akseli Callen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), y puisent une bonne part de leur inspiration.

En témoignage de reconnaissance pour le « tsar libérateur » Alexandre II, les Finlandais ont érigé sa statue sur la place du Sénat, à Helsinki. Celle-ci serait l'une des rares statues de tsar encore debout dans le monde (une autre statue d'Alexandre II est visible à Sofia, en Bulgarie, et Pierre le Grand trône toujours dans sa ville de Saint-Pétersbourg) !

Une liberté chèrement payée

Les Finlandaises accèdent au droit de vote en 1906 et se déplacent pour le première fois aux urnes en 1907.Le 20 juillet 1906, le petit-fils d'Alexandre II, le tsar Nicolas II est en butte à des difficultés nombreuses. Peu soucieux d'en rajouter, il concède aux Finlandais de grandes libertés, y compris le droit de vote pour les femmes. C'est une première européenne !

La Première Guerre mondiale va changer la donne. Tandis que des officiers comme le futur maréchal Mannerheim combattent loyalement dans l'armée du tsar, d'autres Finlandais se mettent au service de l'Allemagne !

Après la Révolution de Février, le gouvernement provisoire russe (social-démocrate) concède le 20 mars 1917 à la Finlande une large autonomie. Le Parlement finlandais en veut plus, ce qui conduit à sa dissolution.

Là-dessus survient la Révolution d'Octobre et la prise de pouvoir cahotique par les bolchéviques. Les Finlandais en profitent pour proclamer leur indépendance. Celle-ci est reconnue par Moscou comme par Berlin et Paris.

Mais les bolchéviques finlandais, alliés aux troupes russes encore stationnées dans le pays, tentent de s'emparer du pouvoir. Il s'ensuit une guerre civile de plusieurs mois entre les « blancs », qui tiennent les zones rurales, et les « rouges » qui tiennent les villes du sud.

Les troupes gouvernementales sont commandées par le général et baron Carl Gustaf von Mannerheim (51 ans). Elles reprennent Helsinki le 13 avril 1918 et l'emportent sur les gardes rouges bolchéviques à Vyborg le 30 avril 1918. Il s'ensuit massacres et déportations.

L'indépendance de la Finlande est désormais effective mais les Finlandais se donnent pour roi un prince allemand, Frédéric Charles de Hesse. Et ce, un mois avant l'armistice du 11 novembre qui allait consommer la défaite de l'Allemagne !

Après la Grande Guerre, le roi doit abdiquer devant l'ire des Alliés. Mannerheim devient régent dans l'attente d'une solution de rechange. Finalement, il s'efface à son tour le 17 juillet 1919 avec la proclamation de la République.

La Jeune fille finlandaise, figure allégorique nationale, dans le monument de Walter Runeberg sur la place du Sénat à Helsinki.

La tentation fasciste

Dans les deux décennies suivantes, la république connaît une grande instabilité politique comme, à vrai dire, tous les jeunes États d'Europe centrale issus de la Grande Guerre.

Après l'agitation communiste, voilà qu'émerge un mouvement politique résolument anticommuniste et de recrutement surtout rural, fondé à Lappo ou Lapua en 1929. Il est dirigé par un paysan, Kosola, et par le général Walenius, ancien chef d'état-major général de l'armée. 

Le 7 juillet 1930, il organise avec 12000 paysans regroupés en formations paramilitaires une marche sur Helsinki imitée de la « marche sur Rome » de Mussolini. Il s'ensuit la chute du gouvernement, l'interdiction du parti communiste et l'avènement à la présidence du conservateur Svinhufvud. Mais en février 1932, l'échec du « putsch de Mäntsälä » par le général Walenius conduit à l'interdiction de Lappo.

La tentation fasciste demeure avec la création le 5 juin 1932 du Mouvement patriotique populaire mais il n'obtiendra qu'un petit nombre de députés avant d'être dissous en 1944.  

La guerre d'hiver ( (30 novembre 1939-13 mars 1940)

Sous influence russe

En 1940, Staline met à profit son alliance avec Hitler pour attaquer la Finlande, sans déclaration de guerre préalable.

Après une éprouvante « Guerre d'Hiver », la Finlande s'incline par le traité de Moscou du 12 mars 1940, et cède à Staline la province orientale du pays, la Carélie (celle-ci, aujourd'hui, fait encore partie de la Russie). Mais, dès l'année suivante, elle tente de prendre sa revanche en joignant ses troupes à celles de Hitler dans l'invasion de l'URSS. Encore un mauvais calcul !

La Carélie est une région située au Nord Ouest de la Russie

Après l'effondrement du nazisme et le triomphe de Staline, la Finlande échappe de peu à une annexion pure et simple par l'URSS.

Par le traité de Paris du 10 février 1947, elle recouvre son indépendance, amputée de la Carélie.

La Finlande verse un lourd tribut aux Soviétiques et doit se résigner à demeurer neutre et subordonner sa politique étrangère à celle de l'URSS. En échange, elle préserve ses institutions démocratiques. C'est ce qu'on appellera jusqu'à la fin de la guerre froide la « finlandisation » !

Depuis le 1er janvier 1995, la Finlande fait partie de l'Union européenne. Petit pays prospère de 5 millions d'habitants sur un territoire grand comme les 2/3 de la France, connu pour ses forêts, ses usines de pâte à papier... et ses téléphones mobiles de la marque Nokia, elle appartient aussi à la zone euro.

Alban Dignat
Publié ou mis à jour le : 2022-05-22 12:51:54

 
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