Le 2 septembre 1898, à Omdurman, près de Khartoum, au Soudan, une armée anglo-égyptienne commandée par le prestigieux Lord Kitchener défait les « mahdistes ».
Ces rebelles soudanais doivent leur nom à leur premier chef, un mystique musulman appelé le « Mahdi » (le Guide).
Près de quinze ans plus tôt, le 26 janvier 1885, il s'était emparé de Khartoum et en avait chassé les occupants anglais et égyptiens. Le commandant de la place, le général Charles Gordon (Gordon Pacha), avait été tué au terme d'une résistance héroïque.
Le Mahdi lui-même était mort peu après.
Cette fois, 8 000 Britanniques et 16 000 supplétifs égyptiens font face à 60 000 derviches. La mitrailleuse Maxim fait des ravages. Pas moins de 10 800 tués et 16 000 blessés chez les mahdistes, qui ne peuvent pas seulement approcher des lignes ennemies, contre 48 tués et 382 blessés dans le camp anglo-égyptien !
Parmi les témoins, le jeune Winston Churchill, correspondant du Morning Post et soldat, célèbre le « plus remarquable triomphe jamais remporté par les armes de la science sur les barbares ».
Il écrira plus tard : « Cette sorte de guerre était pleine de frissons fascinants. Ce n'était pas comme la Grande Guerre. Personne ne s'attendait à être tué... Pour le plus grand nombre de ceux qui prirent part à ces petites guerres de l'Angleterre dans ces temps légers et disparus, il n'y avait que le côté sportif d'un jeu splendide » (*).
Ces propos lucides et objectifs sont à mille lieues des gravures de propagande qui présentent la bataille comme un corps à corps furieux dans lequel se seraient illustrés les lanciers britanniques.
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