4 juin 1898

Fondation de la Ligue des Droits de l'Homme

La Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, plus communément appelée Ligue des Droits de l'Homme ou LDH, a été fondée le 4 juin 1898 en vue de la défense du capitaine Dreyfus par le sénateur de la Gironde Ludovic Trarieux et l'avocat Joseph Reinach. Sa création témoigne de l'irruption des « intellectuels » dans le débat public.

La Ligue s'oriente vers la promotion des droits sociaux sous l'énergique direction du député et journaliste Francis de Pressensé, élu à sa présidence en 1903. En 1922, après la Grande Guerre, elle fonde avec une vingtaine d'autres ligues similaires la Fédération internationale des Droits de l'Homme (FIDH). Son mot d’ordre : « La paix par les droits de l'Homme ».

Sous l'Occupation, la LDH est interdite par le gouvernement de Vichy. Son président, Victor Basch (80 ans) est assassiné par la Milice près de Lyon le 10 janvier 1944.

Après la chute du nazisme, deux dirigeants éminents de la FIDH, René Cassin et Joseph-Paul Boncour, participent à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

André Larané
La tache

La LDH a terni son image dans les années 30 en fermant les yeux sur les procès de Moscou sous prétexte que tous les accusés avaient avoué. Dans son rapport du 15 novembre 1936, elle écrit à leur propos : « La hantise que nous avons tous de l'erreur judiciaire n'existe que si l'accusé nie son crime, s'il crie jusqu'au bout son innocence... Si le capitaine Dreyfus avait fait des aveux, il n'y aurait pas eu d'Affaire Dreyfus (...). Il est contraire à toutes les données de l'histoire de la justice criminelle de supposer que, par des tortures ou des menaces de tortures, on fasse avouer des innocents dans la proportion de seize sur seize ».
Sous la plume de Gilles Manceron, la LDH se justifie en prétextant qu'il fallait « se préparer à faire la guerre à l’Allemagne nazie, menace principale en Europe, et regrouper toutes les forces susceptibles de s’y opposer, y compris l’URSS. » À cela deux remarques : en novembre 1936, Hitler ne menaçait encore personne et son antisémitisme restait dans les limites hélas propres à l'époque ; plus gravement, l'argumentaire de la LDH reprend celui des antidreyfusards, que l'on peut résumer comme suit : « Nous ne pouvons nous permettre d'affaiblir l'armée à la veille d'une guerre avec l'Allemagne ! »

Publié ou mis à jour le : 2022-07-19 13:57:05

 
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