3 novembre 1867

Les chassepots font merveille à Mentana

Le 3 novembre 1867, Giuseppe Garibaldi et 8 000 volontaires (les « Chemises rouges ») tentent d'entrer à Rome afin d'en chasser le pape Pie IX.

Ils veulent remettre la ville au roi d'Italie Victor-Emmanuel II, ériger Rome en capitale du royaume, en lieu et place de Florence, et parachever ainsi l'unité politique de la péninsule. Mais le roi désapprouve cette initiative et la juge prématurée...

Alban Dignat

La bataille de Mentana (3 novembre 1867), affrontement entre les Chemises rouges de Garibaldi et les troupes pontificales et françaises

Humiliante défaite

Le 15 septembre 1864, par une convention établie entre le roi d'Italie et l'empereur Napoléon III, celui-ci avait promis d'évacuer le contingent français chargé de protéger les territoires pontificaux et en échange le roi avait promis qu'il ne serait pas porté atteinte au dernier territoire relevant de l'autorité du pape.

Qu'à cela ne tienne, le fougueux Garibaldi viole les injonctions de son roi et prépare l'invasion du Latium !

Napoléon III, bien qu'embarrassé par la défaite des Autrichiens à Sadowa et la menace allemande, ne peut faire moins que de renvoyer un corps expéditionnaire à Rome : pas moins de 22 000 hommes et 42 canons au total sous le commandement du général Pierre de Failly, aide de camp de l'empereur.

Un premier contingent quitte Toulon le 26 octobre 1867 et arrive à Civitavecchia trois jours plus tard alors que les volontaires garibaldiens ne sont plus qu'à 25 kilomètres de Rome. Dès le lendemain 30 octobre, une avant-garde aux ordres du général de Polhès entre à Rome et rejoint les troupes pontificales aux ordres du général Kanzler. Le roi d'Italie ne veut pas se tenir à l'écart et ordonne à sa propre armée d'occuper quelques points stratégiques du Latium.  

Le 3 novembre au matin, les soldats pontificaux, au nombre de trois mille, sortent de Rome par la porte Pia. Ils font leur jonction à une douzaine de kilomètres avec les deux mille soldats français. Devant eux, autour du village de Mentana, campent les huit mille volontaires garibaldiens, à l'abri au-dessus des ravins et derrière les solides maisons en pierre du village, mais mal équipés, indisciplinés et dépourvus d'artillerie.

Les zouaves et carabiniers pontificaux s'avancent vers Mentana. Craignant une sortie des garibaldiens, ils appellent à la rescousse les Français, lesquels usent de leurs nouveaux fusils. Leur feu, efficace et précis, provoque la débandade des adversaires.  

Les Chemises rouges battent en retraite, laissant sur le terrain près d'un millier de morts et de blessés, ainsi que 1500 prisonniers et 2000 fusils. Les troupes pontificales ne déplorent quant à elle qu'une centaine de tués et blessés.

Pour les militaires français, c'est un franc succès. « Les chassepots ont fait merveille », dit-on à l'état-major à propos des nouveaux fusils sur lesquels on avait quelques inquiétudes. La formule scandalise l'opinion libérale.

Mais les Français se sont bien gardés de poursuivre Garibaldi, personnage populaire dans le monde entier. Le rebelle sera arrêté près de Florence par les carabiniers italiens et libéré trois semaines plus tard sur la promesse de ne plus quitter son île de Caprera... promesse qu'il ne respectera évidemment pas.

Retour de bâton

En France, ce modeste succès militaire laisse à Napoléon III un arrière-goût amer. L'empereur des Français avait jusque-là en effet soutenu la cause des nationalistes italiens et aidé le roi Victor-Emmanuel à chasser les Autrichiens de la péninsule.

Mais dans le souci de se concilier les catholiques français, le voilà obligé de se détourner de ses anciens amis !

Le roi d'Italie comprend qu'il n'a plus rien à espérer de Napoléon III. Quand celui-ci va entrer en guerre contre la Prusse, trois ans plus tard, il refusera de lui apporter son alliance et profitera au contraire de sa défaite pour se saisir enfin de la ville de Rome et en faire sa capitale.

Publié ou mis à jour le : 2019-10-28 10:42:56

 
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