24 septembre 1853 - La Nouvelle-Calédonie devient française - Herodote.net

24 septembre 1853

La Nouvelle-Calédonie devient française

Auguste Febvrier-Despointes (Vauclin, Martinique, 1796 - large du Pérou,  5 mars 1855)Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l'empereur Napoléon III.

C'est l'époque où les Français redécouvrent l'outre-mer et reconstituent un empire colonial pour remplacer celui qu'ils ont perdu un siècle plus tôt, lors du traité de Paris.

Sous le règne de Louis-Philippe Ier, les Français s'étaient fait doubler par l'ennemie héréditaire, la Grande-Bretagne, dans la prise de possession de la Nouvelle-Zélande.

Dès le début du Second Empire, ils organisent dans le plus grand secret, en guise de revanche, la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie voisine.

Avec l'annexion de cet archipel de l'océan Pacifique à peine deux fois plus étendu que la Corse, la France manifeste son désir de renouer avec l'expansion outre-mer.

Un archipel délaissé

La Nouvelle-Calédonie avait été abordée en 1774 par l'explorateur James Cook qui la baptisa ainsi parce qu'il lui trouvait une ressemblance avec l'Écosse (Calédonie est l'autre nom de l'Écosse).

Les habitants de la Nouvelle-Calédonie, des Mélanésiens (à peau noire) dénommés Kanaks (ou Canaques), furent ensuite évangélisés par des missions protestantes anglaises, puis par des missions concurrentes, catholiques, venues de France.

Quand la France impose sa souveraineté aux habitants, elle est donc en terrain de connaissance. Dès 1854 est fondé un établissement portuaire sous le nom de Port-de-France. Douze ans plus tard, pour éviter la confusion avec la capitale de la Martinique (Fort-de-France), il est rebaptisé du nom kanak du lieu, Nouméa. La ville est aujourd'hui la capitale du territoire, avec plus de 100 000 habitants.

En mai 1864, ne sachant trop quoi faire de ces terres éloignées de tout et sans ressources notables, le gouvernement impérial y installe, faute de mieux, une colonie pénitentiaire. Elle sera supprimée en 1887, en raison de conditions de détention jugées trop... douces.

En même temps qu'arrivent les premiers déportés, un ingénieur découvre sur l'archipel des gisements de nickel. Bientôt affluent des Alsaciens-Lorrains qui cultivent les terres et exploitent les mines avec succès. Peu à peu, les immigrants d'Europe mais aussi de Polynésie deviennent plus nombreux que les autochtones kanaks.

Il s'ensuit des tensions communautaires attisées par les convoitises réciproques sur les ressources du sous-sol et les terres. Elles s'aggravent dans les années 1980. 

L'apaisement revient le 26 juin 1988 avec les accords de Matignon-Oudinot, une large autonomie et la promesse d'un référendum d'autodétermination.

De celui-ci, qui s'est tenu le 4 novembre 2018, il a résulté un rejet de l'indépendance à près de 60% des votants. Les Calédoniens, toutes origines confondues, ont préféré une autonomie très étendue, sous l'égide de la France, à une indépendance aventureuse.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-04 18:21:57

 
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