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La France d'Outre-Mer
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• 4 février 1794 : la Convention abolit l'esclavage
• 10 mai 1802 : Louis Delgrès en appelle à l'humanité
• 25 avril 1841 : Mayotte sous protection française
• 27 avril 1848 : abolition définitive de l'esclavage
• 20 décembre 1848 : abolition de l'esclavage à La Réunion
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25 avril 1841

Mayotte, française par accident


L'île de Mayotte a été vendue à la France le 25 avril 1841 par le sultan local. Elle est devenue le 31 mars 2011 un département d'outre-mer de plein droit suite au référendum du 29 mars 2009 initié par le gouvernement français. 

Elle n'en demeure pas moins une société de type colonial, où une poignée d'« expats » (expatriés) tente de contenir une population démunie, jeune, illettrée, en croissance exponentielle, attachée à son identité comorienne ou africaine, toujours au bord de l'explosion.

Mayotte, comorienne avant tout

Mayotte (374 km2), située dans l'archipel des Comores, entre l'Afrique et Madagascar, est en fait constituée de deux îles entourées d'un récif corallien et d'un lagon que l'on dit le plus beau du monde ! Sa population a crû de 3 000 habitants en 1841 à près de 300 000 au début du XXIe siècle. Près de la moitié sont aujourd'hui des immigrants illégaux venus des Comores ou d'Afrique noire.

Rien ne distingue les Mahorais, habitants originels de Mayotte, de leurs voisins des autres îles comoriennes. La grande majorité parle une langue bantoue (africaine), le shimaoré. Les autres parlent un dialecte malgache, le shibouski. Le français demeure une langue d'importation comme en Afrique noire.

Tous les habitants ou presque sont musulmans. Ils suivent le droit islamique appliqué par 22 cadis (juges) officiels. La polygamie est très largement pratiquée.  Elle est tolérée par la loi française mais interdite (en théorie) aux nouvelles générations nées après 1985. La production se réduit à quelques productions vivrières et les exportations, insignifiantes, à des clous de girofle et du parfum dérivé de l'ylang-ylang.

Une possession délaissée

Les Comores étaient, au XIXe siècle, l'objet de luttes incessantes entre les chefs locaux, les « sultans batailleurs ». Leur principale activité consistait dans le trafic d'esclaves à destination du Moyen-Orient.

Le sultan qui régnait sur Mayotte, en bisbille avec son voisin de l'île d'Anjouan, appela au secours un Français, le commandant Pierre Passot. Par le traité du 25 avril 1841, il céda son île à la France en contrepartie d'une indemnité de 1000 piastres.

C'est ainsi que Mayotte est entrée dans le giron de la France. Jusqu'à la fin de l'époque coloniale, la présence française à Mayotte et aux Comores se ramena à très peu de chose, l'archipel n'ayant guère d'intérêt pour la métropole.

L'esclavage fut néanmoins aboli à Mayotte dès le 9 décembre 1846, soit sous le règne de Louis-Philippe et avant le décret de Schoelcher. Il est vrai que l'abolition n'affectait ici les intérêts d'aucun planteur européen... 

De proche en proche, les sultans voisins demandèrent à bénéficier du protectorat de la France et en 1887, l'ensemble de l'archipel (Mayotte, Anjouan, Grande Comore et Mohéli) devient colonie française.

Au XXe siècle, les Comores furent de fait gouvernées à partir de la colonie voisine de Madagascar. Surpeuplées, pauvres et sans ressources, éloignées des grandes routes maritimes, elles n'intéressaient guère l'administration coloniale.

Maladresses parisiennes

Après la Seconde Guerre mondiale, Paris dissipa les espoirs des élites qui, aux Comores comme à Madagascar et même en Afrique noire, caressaient l'espoir d'une intégration pleine et entière dans la République.

En 1968, la France concède à l'archipel des Comores une large autonomie interne, prélude à l'indépendance. Mais dès lors, Paris accumule les maladresses en réveillant la rivalité entre les îles  (*).

Ainsi la capitale administrative est-elle transférée de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande Comore). L'arrogance des nouveaux fonctionnaires ne tarde pas à indisposer les Mahorais.

Pour ne rien arranger, le gouvernement  parie sur un riche commerçant d'Anjouan, Ahmed Abdallah, pour diriger le pays après l'indépendance. Mais l'homme, irascible et sans assise politique, fait peur aux Mahorais. Lors du référendum du 22 décembre 1974, ils se prononcent à 63% contre l'indépendance et les autres Comoriens à 95% pour.

Le Parlement, embarrassé, décide de faire fi de la légalité internationale et exige que la future Constitution des Comores soit approuvée île par île. Comme on pouvait s'y attendre, elle est rejeté par Mayotte cependant qu'Ahmed Abdallah proclame de façon précipitée une indépendance unilatérale. C'est ainsi que Mayotte reste sur le bas côté.

Moins d'un mois plus tard, le 3 août 1975, Ahmed Abdallah est renversé. Trop tard pour changer le cours des choses. Les Nations unies dénoncent cette violation des frontières issues de la colonisation : la résolution 3385 du 12 novembre 1975 réaffirme « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores, composées des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli ».

Il n'empêche que le 8 février 1976, les habitants de Mayotte expriment par référendum à 99% leur volonté de rester dans le giron de la France. Ils n'ont plus envie de retrouver la pétaudière comorienne.

Sous la protection de la France

Depuis lors, l'île est administrée par des fonctionnaires venus en quasi-totalité de métropole.

Elle est toujours revendiquée par le gouvernement comorien qui a l'appui de la communauté internationale. Mais les dissensions au sein des Comores et la quasi-sécession de l'île d'Anjouan rendent improbable la mainmise des Comoriens sur Mayotte.

Dans l'indifférence des médias et des commentateurs, le gouvernement de Nicolas Sarkozy leur ouvre la voie de la départementalisation.

Le 29 mars 2009, les Mahorais se prononcent à une écrasante majorité sur la transformation de leur collectivité en département d'outre-mer, à l'image des vieilles colonies de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.

Ils renoncent à la voie de l'indépendance, sur laquelle se sont engagés les territoires d'outre-mer de Polynésie et Nouvelle-Calédonie, qui sont comme eux vieilles terres de culture et d'Histoire avec une identité propre.

Le défi mahorais

À l'automne 2011, des émeutes violentes - avec mort d'homme - opposent la jeunesse de Mayotte aux policiers venus de métropole. Elles révèlent une société coloniale très éloignée du rêve assimilationniste et dont le fonctionnement est assuré plutôt mal que bien par les « expatriés » ou « m'zungus » (administrateurs, enseignants, médecins).

Certains de ces métropolitains blancs, riches de leurs salaires et de leurs primes, se laissent corrompre par l'atmosphère locale : soirées alcoolisées, consommation sexuelle de mineures etc.

Sauf à échouer, la départementalisation de l'île nécessitera dans les décennies à venir des efforts considérables de l'État français pour faire fi aux défis politiques, sociaux, culturels et économiques :

- corruption endémique de la classe politique locale,
- analphabétisme et méconnaissance de la langue française,
- prévalence du droit coutumier coranique sur la loi française,
- principaux commerces aux mains des marchands indo-pakistanais,
- sous-développement aigu et absence de toute activité économique significative,
- surpeuplement et natalité exubérante,
- forte pression migratoire en provenance des Comores, de Madagascar, voire de l'Afrique des Grands Lacs (on compte en 2009, à Mayotte, plusieurs milliers d'enfants clandestins à la charge de la collectivité et dont la mère a péri dans un naufrage),
- montée des violences entre Mahorais et immigrés illégaux comoriens ou africains.

L'avenir s'avère d'autant plus sombre que les Mahorais de souche tendent à abandonner leur île aux immigrants illégaux. Ils usent de leur citoyenneté pour aller chercher une vie plus sereine à la Réunion ou en métropole (Marseille abrite plus de Comoriens que Mayotte). Ceux qui sont encore présents sur l'île manifestent leur colère en prenant des armes pour combattre les clandestins ainsi qu'en donnant leurs votes à l'extrême-droite... Aux élections présidentielles de mai 2017, la candidate du Front national a ainsi recueilli 42,85% des suffrages exprimés, soit nettement plus que la moyenne métropolitaine !  

Par une aberration singulière, les immigrants illégaux et leurs enfants, qui ne peuvent sortir de l'île légalement, pourraient bientôt devenir les seuls habitants permanents de l'île, aux côtés des policiers et administrateurs métropolitains.

Sans doute la départementalisation de Mayotte demeurera-t-elle dans l'Histoire comme le legs le plus coûteux et le plus lourd de conséquences de la présidence Sarkozy.


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• 27 avril 1848 : abolition définitive de l'esclavage
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Publié ou mis à jour le : 2018-03-18 22:50:19

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 10 commentaires sur cet article

Pierre (31-08-201616:51:23)

"transformant l'île en un camp de concentration à ciel ouvert, le plus grand du monde." De qui se moque l'auteur.
Je trouve cette terminologie choquante et inadéquate.
Encore un bobo de gauche à la plume qui crache sur la France.
Ces clandestins n'ont qu'à reprendre la mer s'ils ne sont pas contents.
Cette situation n'est pas du fait de l'Etat français.
Son seul tord est le laxisme dont il fait preuve en laissant, tout comme à Calais, la situation empirée.
Lire la suite

Jacques (18-04-201613:32:19)

Merci pour cet exposé de cette situation ahurissante imposée aux français de la métropole sans consultation, ni même sans débat ni publicité en 2011, aboutissement de la politique aberrante des gouvernements successifs. Le respect de la légalité internationale de l'ONU aurait évité de tomber dans ce piège. Certes, les étendues océaniques qui entourent l'Outre-mer offrent de grandes possibilités de développement,mais l'affaiblissement économique et politique de la métropole, prisonnière de l'UE e... Lire la suite

Jean-Pierre (22-07-201519:47:25)

Je suis surpris que vous ne fassiez mention de la raison principale qui a conduit les Mahorais à dire « non » au référendum sur l’Indépendance des Comores en 1975. Il s’agit tout simplement de la condition d’esclave dans laquelle les habitants de Mayotte ont toujours été tenus par les autres habitants des 3 autres iles des Comores (Grande Comores, Anjouan et Mohéli). Si Mayotte n’était pas resté dans le giron français, les coutumes ancestrales se seraient rapidement imposées. J’étais sur place e... Lire la suite

Boutté (23-08-201411:38:31)

Mayotte ne veut plus faire partie de la "pétaudière comorienne " . En faisant de Mayotte , à 2 brasses de l' Afrique ,un Département, c'est la pétaudière que M.Sarkosy a installée chez nous . . .pour la vie éternelle . Amen ?

Dominique (23-08-201401:22:19)

Cet article sous des couverts historiques est xénophobe,raciste et islamophobe et nos compatriotes mahorais qui sont des Français à part entière et qui l'ont dit démocratiquement l'apprécieront sous cet angle.
Que vous le passiez ou pas,vous connaissez mon opinion.
Quand on veut tuer son chien,on dit qu'il a la rage,c'est commode pour s'en débarrasser;c'est la technique du bouc émissaire utilisé par Hitler contre les Juifs hier et repris aujourd'hui notamment contre les musulmans;p... Lire la suite

sopbb (22-08-201417:45:55)

On peut reprocher beaucoup de choses à Sarkozy mais le grand ordonnateur est VGE et les gouvernement qui ont suivi et refusé de se plier aux injonctions de l'ONU. La dépertementalisation est une catastrophe qui va nous coûter très cher….


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