5 juillet 1811

Le Venezuela se proclame indépendant

Traduction en Espagnol

Le 5 juillet 1811, les élites créoles de Caracas proclament l'indépendance du Venezuela, qui devient l'une des premières colonies espagnoles à s'émanciper de la métropole, à l'image des États-Unis... et de Haïti. Mais le nouvel État devra encore lutter pendant dix ans contre les troupes du roi avant de se libérer enfin...

André Larané

Indépendance du Venezuela le 5 juillet 1811 (Juan Lovera, 1838, Palais municipal, Caracas)

La tentation de l'indépendance

Colonie espagnole de second rang, la province de Venezuela (autour du golfe de même nom) fait partie au XVIIIe siècle de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade (capitale : Bogota). Celle-ci s'étire du delta de l'Orénoque à la province de Quito (Équateur actuel) et inclut la Colombie et l'État de Panamá actuels.

En 1776, le Venezuela est réuni à Trinité-Orénoque (Trinidad-Orinoco) et la Nouvelle-Andalousie (l'est de l'Orénoque). L'ensemble forme la capitainerie générale du Venezuela. Le siège en est fixé à Caracas. C'est de cet ensemble que va sortir le Venezuela indépendant.

Sebastián Francisco de Miranda y Rodríguez de Espinoza (Caracas, 28 mars 1750 ; Cadix, 14 juillet 1816) (portrait par Martin Tova y Tovar)Une première insurrection est organisée en 1806 par Francisco de Miranda, un officier qui a combattu aux côtés des insurgés nord-américains puis des révolutionnaires français. Il tente de débarquer sur les côtes vénézuéliennes mais, faute de soutien local, sa petite troupe est repoussée par les troupes légalistes et, battu, il doit reprendre le bateau pour l'Angleterre.

La conjoncture se retourne en 1808, quand les troupes de Napoléon occupent l'Espagne et renversent la monarchie légitime. La colonie du Venezuela apprend par la force des choses à se gouverner toute seule. Cela donne à la bourgeoisie blanche (ou « créole ») de Caracas, l'idée de s'émanciper complètement de la tutelle coloniale à l'imitation des États-Unis. 

Le petit peuple, toutefois, se tient en retrait de ce mouvement, par attachement au roi Ferdinand VII et surtout dans la crainte (justifiée) d'être davantage exploité par les futurs dominants qu'ils ne le sont par les fonctionnaires espagnols.

Le 19 avril 1810, la municipalité insurrectionnelle de Caracas enlève le pouvoir au capitaine général, le représentant officiel de Madrid. Mais les grands propriétaires terriens à l'origine de ce mouvement d'humeur se ménagent une solution de repli en se prononçant « pour le maintien des droits de Ferdinand VII ».

Une Société patriotique et du peuple se réunit pour réfléchir à l'avenir du pays. Aux débats assiste un jeune homme promis à un grand avenir, Simón Bolívar (27 ans). Il revient de Londres où il a tenté d'obtenir le soutien du gouvernement anglais à la junte de Caracas.

Bolívar plaide en faveur d'une indépendance totale et convainc le populaire Miranda de rentrer d'exil et de se joindre à lui.

Les débats débouchent sur un Congrès national qui réunit les représentants des sept provinces du pays à Caracas, à partir du 2 mars 1811. Le 5 juillet 1811, enfin, un vote des congressistes donne la victoire aux indépendantistes et un Acte d'indépendance est rédigé dans les heures qui suivent. Il proclame la naissance de la Confederación Americana de Venezuela

Miranda (60 ans) prend la direction des affaires comme général en chef mais pour peu de temps. Son armée est désorganisée à la suite d'un terrible tremblement de terre qui ravage plusieurs villes, le 26 mars 1812. C'est ainsi que le 25 juillet 1812, il doit capituler à San Mateo face aux royalistes.

C'est la fin de ce qu'il est convenu d'appeler la « Première République » vénézuélienne et le rétablissement éphémère de la capitainerie générale du Venezuela !

Pour ne rien arranger, Bolívar, devenu le rival de Miranda, ne laisse pas à celui-ci le loisir de se retirer. Il le fait arrêter et le livre aux Espagnols le 30 juillet 1812 ! Le grand révolutionnaire finira sa vie en prison, permettant à Bolívar de s'approprier son oeuvre.

Guerres intestines

Le 6 août 1813, Bolívar s'empare de Caracas et reçoit de la municipalité le titre de « Libertador » (le Libérateur). Bien qu'admirateur de la démocratie britannique, lui-même devient dictateur et tente d'imposer son autorité par une répression brutale... C'est qu'une bonne partie de la population demeure opposée à l'indépendance.

La guerre civile et les méthodes cruelles de Bolívar favorisent le retour des Espagnols. Battu et en fuite, Bolívar reprend la lutte avec l'aide intéressée des Anglais. Il s'empare de la région de l'Orénoque puis franchit les Andes et tombe par surprise sur les Espagnols à Boyaca le 7 août 1819.

Fort de sa victoire, Bolívar peut faire son entrée non à Caracas mais à Bogota, capitale de la colonie voisine du Venezuela, la Nouvelle-Grenade (aujourd'hui la Colombie) ! L'horizon du « Libertador » dépasse désormais le seul Venezuela et embrasse l'ensemble de l'Amérique hispanophone.

Il faudra encore une décennie de guerres intestines avant que le Venezuela puisse acquérir une pleine indépendance. Celle-ci intervient à l'issue de la bataille de Carabobo, le 24 juin 1821, du nom d'un village à l'ouest de Caracas. Bolívar n'y montre pas un grand courage mais ses troupes, renforcé par un bataillon de volontaires anglais, l'emportent néanmoins sur les Espagnols.

Publié ou mis à jour le : 2019-06-26 11:11:25

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net