10 octobre - 2 novembre 1789

Les biens du clergé sont nationalisés

Le 10 octobre 1789, à Versailles, Talleyrand, évêque d'Autun et député, propose à l'Assemblée constituante de nationaliser les biens de l'Église de France, à charge pour l'État de subvenir à l'entretien du clergé.

Sans s'en douter, les députés mettent le doigt dans un engrenage qui va diviser le pays et conduire la Révolution à sa perte...

Le pressoir, estampe satirique de Michel Hennin illustrant la nationalisation des biens du clergé (1789 ou 1790)

Un remède tout trouvé à la crise financière

Les états généraux ont été réunis par Louis XVI le 5 mai 1789 pour trouver une solution à la crise financière qui place le royaume au bord de la faillite.

Les premières secousses révolutionnaires n'arrangent rien. Les impôts ne rentrent plus du tout et les épargnants refusent de continuer à prêter de l'argent au Trésor. « La banqueroute, la hideuse banqueroute est à nos portes ! » s'exclame Mirabeau devant ses collègues députés, en septembre 1789.

C'est alors que le député Charles Maurice de Talleyrand, par ailleurs évêque d'Autun, propose à ses collègues de nationaliser les biens du clergé. Ces biens, constitués de propriétés agricoles et d'immeubles, sont très importants. On les évalue à 3 milliards de livres (environ dix fois le montant du budget annuel du royaume). Ils résultent des innombrables dons et legs des fidèles au cours des siècles passés.

En contrepartie, sur une suggestion de Mirabeau, l'État s'engage à prendre à sa charge l'entretien des ecclésiastiques, les frais du culte et aussi les très lourdes charges sociales et éducatives qui relevaient jusque-là de l'Église.

La nationalisation des biens du clergé reçoit un accueil plutôt favorable des catholiques français et les paysans comptent bien en profiter pour arrondir leurs propriétés en se portant acquéreurs des domaines de l'Église.

Naissance des assignats

Sans s'en douter, les députés mettent le doigt dans un engrenage qui va diviser le pays et conduire la Révolution à sa perte.

Dans l'immédiat, faute de pouvoir faire autrement, l'Assemblée nationale constituante laisse au clergé le soin de continuer à gérer ses domaines. Pour tirer concrètement parti de ces domaines sans attendre leur mise en vente, l'Assemblée décide de les mettre en gage (on dit aussi « assigner »). Par décret des 19 et 21 décembre 1789, elle émet des bons du Trésor pour un montant total de 400 millions de livres.

En échange d'un prêt à l'État, les particuliers reçoivent un bon du même montant. Ce bon porte un intérêt de 5% qui correspond à la rémunération du prêt. Surtout, ce bon appelé « assignat » est gagé ou « assigné » sur les biens du clergé (désormais appelés biens nationaux). Autrement dit, son détenteur peut l'échanger à tout moment contre un bien national de même valeur (parcelle de terre...).

De cette façon, les révolutionnaires gagnent sur les deux tableaux : en drainant l'épargne du public, ils comblent la dette de l'État ; en cédant les biens nationaux aux paysans aisés et aux bourgeois, ils s'assurent d'indéfectibles soutiens dans la population. Néanmoins, peu nombreux sont au début les Français qui font appel à cette possibilité...

Publié ou mis à jour le : 2020-09-30 11:31:40
Gonzales (09-10-2025 08:02:37)

bonjour ,
vous dites en introduction
« Sans s'en douter, les députés mettent le doigt dans un engrenage qui va diviser le pays et conduire la Révolution à sa perte... »
pourquoi ?
c est très intéressant et documenté, votre chronologie
pour moi c est au contraire l esprit de la révolution cette décision

l assemblée vote , a une large majorité cette récupération des biens de l église l état va subvenir au besoin du bas clergé en le payant plus , les perdants les aristocrates du clergé
C est l esprit de la révolution de prendre au plus riche …. et dont Talleyrand fait parti étant évêque lui même !
mais l état les rémunère pour gérer les indigents et gérer leur propre patrimoine
donc cela a permis au bourgeois et paysan d acquérir ce qui les intéressaient dans ce patrimoine
d ailleurs l etat prenait des taxes de transfert de propriété sont elles connues ?

c est tout est dans l esprit du partage de la révolution

après evidemment l application du partage avec ces assignats
selon votre description fut un beau foutoir !
pas pour tout le monde …. comme toujours !

mais le trésor de l etat à l agonie a rentré
400 millions d obligation sur un patrimoine de 3 milliards de livre du clergé

cela a permis a la classe haute des paysans et des bourgeois de récupérer les biens de l église et a l etat de rentrer des ressources faute de rentrer l impots
vous dites que cela cesse par la création en 1803 du franc germinal de quand date la création de la banque de france et de la caisse des dépôts et consignations ?
et existe il une estimation des millions provenant des pillages des guerres napoléoniennes ?

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