4 juillet 1776

« Independence Day »

Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, où ils sont réunis en congrès (en anglais, « Convention »), les représentants des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord proclament dans l'enthousiasme leur indépendance.

Unilatérale, c'est-à-dire non reconnue par la métropole, cette proclamation va déboucher sur une guerre mettant aux prises les Insurgents, minoritaires, et les troupes anglaises renforcées par les colons loyalistes.

Fête nationale

Dès 1781, le Massachusetts a proclamé l'anniversaire de la Déclaration unilatérale d'indépendance fête nationale ! Mais c'est seulement en 1870 que le Congrès américain en a fait un jour férié et chômé. Depuis lors, cet anniversaire donne lieu partout dans le pays à des feux d'artifice et des festivités de toutes sortes.

Le congrès de Philadelphie en 1776 (Yale University Gallery, New Haven)

L'idée d'une résolution fondamentale disposant que les « États-Unis sont, et doivent en droit être, des États libres et indépendants » revient au Virginien R.H. Lee. La résolution est appuyée par John Adams, délégué du Massachussets (l'un des inspirateurs de la Tea-party). Un comité de cinq membres est aussitôt chargé de rédiger le texte.

Le principal auteur de la Déclaration d'Indépendance est le président du comité, Thomas Jefferson, un homme des Lumières, qui est aussi un riche planteur de Virginie, propriétaire de nombreux esclaves. Il est notamment assisté de John Adams et Benjamin Franklin.

La Déclaration énonce en des termes voués à l'immortalité le droit de tous les êtres humains à la quête du bonheur :
« We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable rights, that among these are life, liberty and the pursuit of happiness ».
« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur... ».

L'anniversaire de ce jour a mérité de devenir la fête nationale des États-Unis d'Amérique même s'il n'a pas consacré l'indépendance effective du pays. Celle-ci attendra le traité de Versailles. Il faut dire que les deux tiers des 2,5 millions d'habitants des Treize Colonies sont restés longtemps fidèles à la couronne britannique et au roi George III ou au moins indifférents aux revendications des Insurgents (insurgés). Parmi les loyalistes figure le propre fils de Benjamin Franklin, l'un des héros de l'insurrection.

La Déclaration d'indépendance marque le début des affrontements entre le petit groupe des Insurgents, placés sous le commandement de George Washington, et les armées loyalistes et anglaises, renforcées par de nombreux mercenaires allemands.

Retentissement européen

L'insurrection et la déclaration d'indépendance ont eu un très grand retentissement dans la noblesse libérale d'Europe. Contre l'avis du jeune roi Louis XVI, le marquis de La Fayette (19 ans) embarque sur un petit navire de commerce, La Victoire, avec des vivres et des munitions destinés aux Insurgents.

D'autres officiers se joignent au mouvement comme le commandant Pierre L'Enfant, qui jettera les plans de la future capitale, le général Louis Duportail, mais aussi le Prussien von Steuben, le Polonais Kosciusko ou l'Allemand de Kalb. Leur expérience militaire est précieuse aux insurgés, qui remportent une première victoire à Saratoga (1777).

L'écrivain et espion Beaumarchais organise des envois d'armes à destination de l'Amérique avec l'approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes, désireux de favoriser tout ce qui pourrait affaiblir l'ennemie héréditaire de la France, l'Angleterre.

Le roi Louis XVI en personne se résout à envoyer en 1780 un corps de 6 000 soldats sous le commandement du comte de Rochambeau. Ce soutien décisif permet aux insurgés d'emporter la décision à Yorktown (1781)... Mais il sera fatal à la France et au roi !

Fabienne Manière
Mauvaise pioche

On peut comprendre que les jeunes aristocrates européens se prissent de passion pour les Insurgents, ces héros de la Liberté semblables à eux par les manières raffinées et la largesse d'esprit, dont beaucoup étaient des planteurs virginiens propriétaires d'esclaves qui auront plus tard soin d'inscrire le racisme dans la loi en réservant la citoyenneté américaine aux white free men.
Il en va autrement du gouvernement de Louis XVI. Il a cru bien faire en apportant des armes et de l'argent aux Insurgents pour hâter leur victoire et laver ainsi l'humiliation subie par la France dans la guerre de Sept Ans (1756-1763). Mais ce faisant, il a en premier lieu évité à la « perfide Albion » de s'enliser dans une première guerre de décolonisation : libérée de ce fardeau dès 1783, l'Angleterre put s'engager pleinement dans la soumission des Indes et du reste du monde. 
En second lieu, l'aide française aux Insurgents (deux millions de livres entre 1776 et 1783) a conduit le Trésor français à souscrire des emprunts pour un montant de 450 millions de livres, soit près de deux fois les recettes fiscales d'une année. L'impasse budgétaire obligera Louis XVI à convoquer les états généraux pour faire agréer les réformes indispensables. Il s'ensuivra la Révolution, la Terreur, vingt ans de guerres et un affaiblissement irrémédiable de la France. 

Publié ou mis à jour le : 2024-05-07 18:27:27
Jacmé (05-07-2020 20:22:57)

Soyons raisonnables: les U.S.A. ne sont, ni le paradis d'une liberté dorée, ni l'enfer capitaliste (où d'aucuns logent même le "Grand Satan"); ils n'ont pas mis Hitler au pouvoir, même si certains ne lui ont pas ménagé leur soutien moral (!) comme le père du Pdt. Kennedy, ou financier comme Henry Ford.
Leur mérite: avoir clairement défini en quelques phrases claires ce que devait être un "citoyen" libre par opposition au "sujet" et d'avoir fait fonctionner un grande démocratie. Nous leur en sommes tous redevables ne serais-ce que pour nous avoir montré les écueils à éviter!
Ceci dit, convenons que ce pays souffre d'une forme de bipolarité (psychologique plus que politique) qui le fait pencher avec excès d'un coté ou de l'autre et c'est cela qui nous montre à quel point les ressorts de leur Constitution sont solides et intemporels car ils n'ont jamais manqué à remettre le pays dans le bon sens sans, pour autant, avoir besoin, comme nous, de changer une dizaine de fois de régime politique!

brunette (04-07-2019 17:17:29)

concernant ce que dit R Peytavi ce sont les US , leur crise de 1929 et leur gestion calamiteuse de cette crise qui ont installé Hitler au pouvoir En 1928 les Nazis faisaient moins de 3% des voix au Reichstag, pour dépasser 30% 3 ans plus tard conséquence de cette crise de 29. Le rôle de l'Angleterre, du Canada et principalement de la Russie ont été sans commune mesure avec celui des US pour écraser Hitler . La crise de 29 n'a même pas servi de leçon : les US ont remis ça en 2008 avec les Subprimes : superpuissance = supernuisance

Ghislain (05-07-2014 08:59:39)

L'incompréhension persiste. Ce que les protestants (et les catholiques si ils en avaient eu l'occasion) ont écrit: 'nous tenons ces vérités..', ces vérités donnent des droits. Les révolutionnaires français, abrutis, ont transformé l'humanité en droit, l'abaissant ainsi au statut de déclaration au droit d'exister. Et ces crétins croyaient faire œuvre de progrès.... Ce que nous voyons maintenant n'est que la perversion d'un simple droit, et pas d'une vérité transcendante.

Quant au rêve américain de Marine, (commentaire précédent), puis je lui indiquer 'Mayflower' de Nathaniel Philbrick ?

Louis (11-07-2009 09:36:08)

Louis XVI commit une lourde erreur en aidant les insurgés américains:

elle alourdit le déficit du Trésor et favorisa la diffusion des "idées nouvelles" dans son royaume qui sombra dans la calamiteuse révolution de 1789.

Comment pouvait-il impunément s'allier avec des colons protestants qui nous avaient impitoyablement chassés de ce continent quelques années plus tôt?

Quant à vouloir affaiblir l'Angleterre et laver l'humiliation du Traité de Paris de 1756, les inspirateurs du soutien de la France aux Insurgés comme le ministre des Affaires Étrangères de l'époque, le comte de Vergennes, c'était ne pas voir plus loin que le bout de leurs lorgnons : le Traité commercial entre la France et la jeune nation américaine qui suivit fut un leurre.

La France sortit de cette aventure ruinée et Louis XVI courut, malgré un regain de prestige momentané, vers l'échafaud avec une déchéance de la France dont nous ne sommes plus sortis, au grand avantage des Américains...

Louis

Lilian Coimbra (06-07-2008 19:51:12)

Je suggère à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Indépendance américaine de voir la série de HBO "John Adams". C'est un excellent complément aux articles d'Herodote.

Peytavi René (05-07-2008 10:29:07)

Nous Français, nous ne devons pas oublier, que par deux fois, au cours des 2 guerres mondiales du 20ème siècle, la 1ère ils nous ont aidé à la gagner, et la 2ème, ils sont venus nous libérer de la dictature nazie.

Hèle marine (25-06-2006 12:13:47)

merci pour ces renseignements très utiles qui m'apprennent plus de choses sur mon idéal: LES ETATS UNIS
merci
marine 15 ans

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