Le 9 décembre 1718, la conspiration de Cellamare, ambassadeur d'Espagne à la cour de France, est éventée. Elle visait à renverser le Régent Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, au profit du roi d'Espagne, Philippe V (petit-fils du même Louis XIV).
L’ambassadeur pouvait compter sur l'appui de nombreux opposants au Régent et tout particulièrement du couple du Maine, le duc (lui-même fils naturel de feu Louis XIV) et de la duchesse, petite-fille du Grand Condé.
Un secret mal gardé
Contrariée d'avoir dû épouser un homme inférieur à son rang, fut-il l'enfant préféré du Roi-Soleil, la duchesse du Maine n'a de cesse de pousser son mari de l'avant et ambitionne de renverser son ennemi, le Régent, en cheville avec le roi d'Espagne.
À soixante-dix ans d'écart, une nouvelle Fronde s'ébauche. Il s'agit de lancer un début de rébellion qui donnerait à Philippe V, premier prince du sang, motif de lancer un appel aux états généraux, aux parlements et à Louis XV lui-même, contre le Régent. La Bretagne ouvrirait ses ports à la flotte espagnole cependant que, par Bayonne, une armée espagnole entrerait dans le royaume.
Cellamare, cheville ouvrière du complot, recrute autant de monde qu'il peut, sans regarder à la dépense.
Mais le secret arrive en septembre 1718 à l'oreille de l'abbé Guillaume Dubois, ministre des Affaires étrangères du Régent. Mis au courant des échanges entre les comploteurs, Dubois les laisse faire, attendant son heure.
Le 9 décembre, le ministre investit l'ambassade d'Espagne. Cellamare prend la fuite. Les simples comparses seront exécutés cependant que les plus élevés en titre seront pardonnés par le Régent.
Parmi eux le duc et la duchesse du Maine ! Le Régent, avide de revanche, ne se prive pas toutefois du plaisir de les ridiculiser en faisant connaître au public les vilaines manies des uns et des autres.











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Christian (10-04-2025 08:32:09)
Après avoir servi le roi Philippe V comme premier ministre de 1716 à 1719, le cardinal Alberoni regagna Rome, où il fut d’abord assez mal reçu. Il finit toutefois par rentrer en grâce et fut même nommé légat du pape à Ravenne, capitale de la province pontificale de Romagne. C’est alors qu’il se lança dans l’annexion de la petite république de Saint-Marin, qui fut rattachée aux Etats pontificaux le 28 octobre 1739. Ce coup de force fut toutefois désavoué par le pape Clément XII qui rendit son indépendance à Saint-Marin dès le 5 février 1740. Le cardinal se retira ensuite à Plaisance, où il mourut en 1752, à l’âge de 88 ans.
De nos jours encore, Saint-Marin célèbre sa fête nationale le 3 septembre, date considérée traditionnellement comme celle de la fondation de la république en l’an 301 de notre ère, mais fête également la Sainte-Agathe (5 février), qui rappelle la libération du pays en 1740.