10 septembre 1627 - 1er novembre 1628

Siège de La Rochelle

Le 1er novembre 1628, l'armée royale pénètre dans le port de La Rochelle après un siège de quatorze mois. Le roi Louis XIII fait son entrée dans une ville ruinée et dépeuplée par la famine.

Ville rebelle

La Rochelle était la dernière des places fortes concédées aux protestants par l'Édit de Nantes, 30 ans plus tôt. À la faveur des troubles consécutifs à la minorité de Louis XIII, les habitants de la ville commettent l'imprudence de se soulever contre le roi. À l'instigation du duc de Buckingham, les Anglais en profitent pour débarquer sur l'île de Ré, en face de la cité rebelle.

Le cardinal de Richelieu, principal ministre du roi, ordonne le siège de la ville le 10 septembre 1627 et prend en personne le commandement des opérations. L'âme de la résistance en est le maire Jean Guitton (1585-1654), un armateur énergique qui sait maintenir très haut le moral des assiégés. Il fait le serment de tuer le premier qui parlerait de se rendre : « Pourvu qu'il reste un homme pour fermer les portes, c'est assez ! » Mais Richelieu, décidé à en finir, fait construire une digue pour fermer le port aux Anglais. Et, du côté de la terre, il interdit l'accès des secours par une ligne de retranchements longue de douze kilomètres.

Pendant que les Rochelais endurent une terrible famine, le duc de Buckingham prépare à Portsmouth, en Angleterre, une nouvelle expédition pour venir à leur secours. Mais il est assassiné le 23 août 1628 par un officier protestant, John Felton.

Désormais réduits à leurs seules forces, les Rochelais doivent reconnaître leur défaite et Guitton préfère capituler plutôt que de les voir mourir de faim. Honorant le courage du maire, Richelieu renonce à le faire emprisonner.

Fort de sa victoire, le roi Louis XIII accorde aux rebelles la paix d' Alès. Il confirme le régime de tolérance religieuse tout en réduisant les privilèges militaires accordés aux protestants. Il faut dire que les protestants sont encore trop influents dans le royaume pour que l'on puisse révoquer le trop généreux Édit de Nantes mais beaucoup de catholiques y pensent déjà...

Alban Dignat
Publié ou mis à jour le : 2024-01-30 15:05:57
TRAMONI (28-10-2007 23:40:23)

Les temps ont changé profondément mais à cette époque nous étions dans l'ère des nations et il est certain que pour faire face aux agressions extérieures une nation avec une même religion est plus forte. Les hommes du dix-septième siècle ont dû le ressentir profondément d'autant plus que la France avait été fondée sur l'idée catholique et qu'elle en avait vécu durant onze cents ans d'une vie intense, spirituelle, intellectuelle et artistique. Songeons notamment au culte de la Vierge !

Théophile HAMMANN (28-10-2007 01:25:01)

La dernière phrase : "Les protestants sont encore trop influents dans le royaume pour que l'on puisse révoquer le trop généreux Édit de Nantes mais beaucoup de catholiques y pensent déjà.", me choque profondément ! Elle est une injure pour les héritiers contemporains des huguenots - dont je suis, étant protestant -
"Trop influents" : Il faut donc les tuer et chasser de France !
"Le trop généreux Édit de Nantes" : Cette expression sous-entend qu'il est normal de traiter les protestants en citoyens de second rang ! "Le régime de la tolérance religieuse" dont il est question n'est même pas respecté !

Réponse de la rédaction : le sujet doit être replacé dans le contexte de l'époque, avec un minimum de recul ; pour les contemporains de Richelieu, l'édit de Nantes n'avait pas vocation à durer mais personne ne savait précisément comment y mettre fin. C'est cette idée qu'exprime l'article.

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