2 février 1536

Capitulations entre François Ier et Soliman II

le 4 février 1536, François Ier signe les Capitulations (dico) avec le sultan Soliman le Magnifique. Par ce traité de bonne entente, le sultan offre aux navires battant pavillon français le privilège de commercer avec toutes les ports de l'empire ottoman, ce qui va assurer la prospérité de Marseille. Le traité confie aussi au roi de France la protection des Lieux Saints et des chrétiens de l'empire.

De l'« alliance impie » à la protection des chrétiens d'Orient

François Ier a été défait et capturé à Pavie, en 1525, par son rival, l'empereur d'Allemagne Charles Quint. Le roi de France et sa mère, la régente Louise de Savoie, envisagent dès lors une alliance de revers avec le sultan qui règne à Constantinople ! Tandis que François Ier est retenu à Madrid, sa mère envoie deux diplomates auprès du sultan.

C'est ainsi qu'en 1528, un premier accord est conclu entre le « Roi très chrétien » et le « Commmandeur des croyants ». Cette « alliance impie », une première historique, scandalise d'autant plus l'Europe chrétienne qu'elle survient au moment où les armées de Soliman reprennent leur avance dans les Balkans et se disposent à assiéger Vienne.

Lettre de Soliman II le Magnifique à François Ier dans le cadre de l'alliance de 1536 (Institut du Monde Arabe, Paris)Mais c'est seulement en 1535 que François Ier envisage une coopération militaire avec les Ottomans. Son ambassadeur Jean de la Forest négocie en secret avec Soliman II une attaque conjointe contre le port de Gênes, principale base maritime des Habsboourg en Méditerranée. Pendant les années à venir, la flotte ottomane commandée par le corsaire Barberousse va dès lors coopérer avec la flotte française. C'est ainsi qu'en 1543, elle va attaquer Nice avant de trouver refuge à Toulon. Le port français est débarrassé de ses habitants et converti pour quelques mois en cité musulmane !

Pour le roi de France, l'intérêt national l'emporte désormais sur toute autre considération, y compris la solidarité des chrétiens face aux menaces ottomanes. L'empire turc est pour lui un État comme un autre, avec lequel on s'allie, on fait la guerre et on commerce en fonction des intérêts de chacun.

Dans ce contexte sont signées les Capitulations, sur le modèle des traités commerciaux entre les cités italiennes et la Sublime Porte (le gouvernement ottoman). Le traité assure à la France une ambassade et un consulat permanents à Constantinople mais aussi et surtout des avantages commerciaux et politiques. Seuls sont autorisés à commercer avec les Ottomans les bateaux sous bannière française. D'autre part, les Français sont assurés de pouvoir pratiquer leur religion dans l'empire ottoman et se voient confier la garde des lieux saints.

Les Capitulations seront renouvelées en 1604 et c'est en se référant à elles que l'empereur Napoléon III s'immixera dans la querelle de moines qui conduira à la guerre de Crimée et s'autorisera à intervenir au secours des chrétiens maronites du Liban. Elles resteront en vigueur jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Alban Dignat
Publié ou mis à jour le : 2021-02-12 14:57:54

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net