31 octobre 1512

Inauguration de la chapelle Sixtine

Le 31 octobre 1512 sont inaugurées les fresques de la voûte de la chapelle Sixtine, qui représentent notamment la Création de l'Homme. C'est l'oeuvre maîtresse de Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti).

Des papes despotiques à l'origine d'un projet insensé

Adam et Ève tentés par le serpent (1508-1512, Michel-Ange, chapelle Sixtine)La chapelle Sixtine doit son nom au pape Sixte IV, né Francesco della Rovere, qui l'a faite ériger au cœur des palais du Vatican en 1481-1483, à la place de l'ancienne Capella Magna du Moyen Âge.

Conçue par l'architecte Baccio Pontelli, la nouvelle chapelle a 40 mètres de long, 13 de large et 21 de haut. Ses murs (2500 m2) sont alors peints à fresque par d'illustres artistes tels Botticelli, Ghirlandaio ou Le Pérugin.

Elle est inaugurée le 15 août 1483 et consacrée à la Vierge de l'Assomption.

En 1508, le pape Jules II exige de son artiste favori, Michel-Ange (33 ans), qu'il décore la voûte de la chapelle avec des scènes et des personnages de la Bible, comme ci-dessus la Création de l'Homme.

Michel-Ange, qui s'estime plus sculpteur que peintre, se rebiffe.

Il soupçonne à juste titre l'architecte favori du pape, Bramante, d'être à l'origine de l'idée, dans le but de le placer en situation d'échec et de le ridiculiser...

Plafond de la chapelle Sixtine peint par Michel-Ange entre 1508 et 1512 (Cité du Vatican)

En définitive, vaincu par l'obstination du pape, il passera quatre années extrêmement pénibles sur les échafaudages, travaillant seul et refusant une aide quelconque. Il nous laissera 800 m2 de fresques imposantes avec trois cents personnages représentant les principaux épisodes de la Genèse, de la création du monde au Déluge en passant bien sûr par la création de l'Homme.

La Sybille de Delphes (1508-1512, Michel-Ange, chapelle Sixtine)Dans cette oeuvre proprement monumentale, l'architecture est valorisée par des effets de trompe-l'oeil tels les colosses nus ou Ignudi qui semblent soutenir la voûte. De part et d'autre des scènes de l'Ancien Testament, l'artiste a figuré les sibylles et les prophètes annonçant la venue du Christ.

Vingt-trois ans plus tard, en 1534, le pape Clément VII rappelle Michel-Ange, alors âgé de 60 ans, et lui demande de décorer le mur de l'autel. L'immense fresque  (16 mètres de haut sur 13 de large) représente le Jugement dernier.

Elle est achevée six ans plus tard et inaugurée par le pape Paul III. La chapelle Sixtine apparaît depuis lors comme le plus remarquable ensemble de fresques qui soit.

Un cadre exceptionnel pour le déroulement des conclaves destinés à l'élection des papes...

Le Jugement dernier, le Christ et la Vierge (détail, 1534-1541, Michel-Ange, chapelle Sixtine, Vatican)
 

Publié ou mis à jour le : 2021-10-29 17:09:25
Michael (31-10-2023 09:59:22)

Il me souvient d'une séquence de l'ORTF sur le Musée du Louvre. Le présentateur demandait à sa charmante hôtesse, jupe ample et taille cintrée à la Carven, des détails sur la Victoire de Samothrace : "C'est une statue grecque et elle est en marbre". Ma curiosité y avait laissées les plumes qu'on y a repositionnées lors de la dernière restauration. 
La Sixtine donc. 
Quel article... 
Donc, pas un mot du programme de Michel-Ange, de ces mystérieux Ignudi qui sont peut-être les anges du Songe de Jacob, montant et descendant sur les côtés d'une échelle dont les compartiments de la voûte pourraient être les barreaux - thème qu'on retrouvera en architecture dans l'escalier à double révolution de Chambord.
Pas un mot sur le mystère dans lequel Michel Ange a voulu travailler, sans permettre à quiconque, malgré les intrigues de Bramante, d'accéder à cette structure suspendue (le sol de la chapelle devait rester dégagé pour la célébration des offices).
Pourquoi ne pas citer Michel-Ange lui-même lorsqu'il se décrit arc-bouté en arrière, une chandelle au suif puant collée à même son front horizontal, et dont il a fait un croquis célèbre qui aurait heureusement illustré l'article ?
Comment ne pas philosopher sur ces cinq métres carrés quotidien réalisés sans aucun recul, dont la technique "a fresco" interdit tout repentir, et se déployant finalement dans une œuvre immense et achevée, à l'harmonie aussi divine que la Messe du Pape Marcel ?
Rien sur le dépit de Jules II, le Pape terrible, découvrant l'absence d'or parmi les surfaces de pigments : "Ça fait pauvre !". Et la réponse fumeuse de Michel-Ange, cinq ans jour pour jour avant les 95 thèses de Martin Luther : "Ceux qui sont là-haut étaient pauvres aussi..."
Rien non plus sur cette forme picturale, enfantée par la Florence de Botticelli, toute en lignes et contours, et dont l'archaïsme sublime comme la polyphonie d'un Bach, se révèle dans le contraste avec les ombres et les lumières de son Jugement Dernier.
En matière d'Art, est-il plus vulgaire de parler du cul de Dieu (que Michel Ange y a si joliment dessiné...) ou de vulgariser ?

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