20 septembre 1378 - Grand Schisme d'Occident - Herodote.net

20 septembre 1378

Grand Schisme d'Occident

Le 20 septembre 1378, 13 cardinaux, pour la plupart français, se réunissent en secret à Anagni, au sud de Rome. Mécontents du pape que leur a imposé le peuple romain, ils vont en élire un autre. C'est le début du Grand Schisme d'Occident.

Charlotte Chaulin

Vue d'ensemble du Palais des Papes, Wilfried Muller, Paris, BnF.

Installée à Avignon depuis 1305, suite à la querelle entre le roi de France Philippe IV le Bel et le pape Boniface VIII, l’attentat d’Agnani, et la mort brutale du pape, la papauté a élu pas moins de sept français à la tête de l’Eglise.

Le 17 janvier 1377, le septième de ces papes français, Grégoire XI, quitte le Palais de la cité du sud de la France pour retourner dans la Ville Eternelle. Il réinstalle donc le Saint-Siège à Rome. Affaiblie par la Guerre de Cent ans, la monarchie capétienne ne parvient pas à le retenir.

Le pape Urbain VI, 202ème pape de l'Eglise catholique romaine.Fatigué des tourments que connait la papauté depuis le début du siècle, le peuple romain impose l’élection d’un nouveau pape le 8 avril 1378, Urbain VI.

Pas de chance, celui qui est né sous le nom de Bartolemeo Prignano (1318-1389) est un personnage odieux. Déséquilibré, il est autoritaire et violent, allant jusqu’à faire exécuter des cardinaux en place publique.

Mécontents de ce pape dont ils ne veulent pas, les cardinaux en désignent un nouveau, le prélat savoyard Robert de Genève. Le nouvel élu prend le nom de Clément VII et s'installe à Avignon.

Il se pose aussitôt en concurrent d'Urbain VI, qualifié d'« antipape ».

On est en pleine guerre de Cent Ans. La France prend le parti de son pape cependant que l'Angleterre opte pour le pape italien ! À Naples, la reine Jeanne 1ère prend le parti de Clément VII tandis que son cousin Charles de Duras, qui revendique sa couronne, prend le parti du pape romain...

Ce conflit entre « urbanistes » et « clémentistes » concerne principalement les classes dirigeantes. Il laisse indifférents la plupart des catholiques, qui n'ont en matière de religion d'autre interlocuteur que leur curé.

Les deux camps, malgré l'élection des successeurs des deux papes, restent farouchement opposés. Le dicton est clair, il faut « diviser pour mieux régner » et non pas « être divisé »... La situation est désastreuse et l’autorité de l’Eglise est mise en péril. Il faut trouver une solution.

Les cardinaux des deux partis veulent trouver un compromis. Ils convoquent un concile général à Pise en 1409. Leur but est de démettre de leurs fonctions les papes Grégoire XII à Rome et Benoît XIII à Avignon et de les remplacer par l’archevêque de Milan, Alexandre V.

Malgré leurs efforts, c’est un échec cuisant. Telle l’Hydre de Lerne, coupez une tête à la papauté et il lui en repousse deux autres. L’Eglise a désormais trois papes. Jusqu’où cela va-t-il aller...

L’intervention de l’héritier de l’Empire Germanique, Sigismond, finit par débloquer la situation. Il impose la convocation d’un nouveau concile à Constance en 1414.

Résultat : l’un des papes abdiquent et les deux autres sont déposés. Les pères conciliaires assurent la « régence » durant la vacance du trône pontifical. Leur autorité, plus importante que celle de la personne du pape, est confirmée par le décret Haec sancta en 1415.

Ce nouveau système de gouvernance ne dure que quelques années car le 11 novembre 1417 un nouveau pape est élu. Jour de la saint-Martin, Oddone Colonna (1369-1431) prend donc le nom de Martin V. Très vite, il rejette la doctrine conciliaire et reprend fermement en main les rênes du pouvoir pontifical.

Trop fermement, peut-être, car c’est notamment cet autoritarisme que critiquera Luther, l'un des pères de la Réforme protestante...

Le pape Martin V au concile de Bâle en 1431. DR.

Publié ou mis à jour le : 2019-09-17 11:34:33

 
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