16 mars 597 av. J.-C.

Nabuchodonosor s'empare de Jérusalem

Le 16 mars de l'an 597 av. J.-C., Jérusalem tombe pour la deuxième fois aux mains de Nabuchodonosor. Le puissant roi de Babylone reçoit la soumission du royaume de Juda. Mais celui-ci se révoltant une nouvelle fois, le roi va le détruire pour de bon en 586 av. J.-C.

Ce royaume était l'ultime survivance du royaume d'Israël fondé quatre siècles plus tôt par Saül, David et Salomon. Sa ruine entraîne l'exil à Babylone d'une bonne partie de sa population. L'exil, paradoxalement, va fortifier l'attachement des juifs à leur Dieu et à la loi de Moïse. À lui remonte le monothéisme rigoureux des juifs et tout ce qui fait la singularité de leur culture.

Alban Dignat

Nabuchodonosor fait tuer les enfants de Sédécias sous les yeux de leur père (François-Xavier Fabre, 1787, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris)

La vengeance de Nabuchodonosor

• Premier siège de Jérusalem : le roi Nabuchodonosor II s'empare de Jérusalem dès son avènement sur le trône de Babylone, en 605 av. J.-C. et déporte un certain nombre d'habitants dans sa capitale. C'est la première déportation.

• 2e siège de Jérusalem : le roi de Juda Joachim (Yoyakîn) ne supporte pas le protectorat babylonien et complote avec les Égyptiens. Nabuchodonosor revient en force à Jérusalem huit ans plus tard, en 597. Sitôt la ville entre ses mains, il procède à une deuxième déportation, toutefois limitée au roi, à sa famille et son entourage (officiers de la cour, dignitaires, eunuques). À Babylone, le roi déchu est logé au palais royal.

• 3e siège de Jérusalem : Nabuchodonosor place sur le trône Sédécias, le fils d'un ancien roi de Juda. Mais celui-ci, à son tour, ne tarde pas à intriguer contre son maître et forme même une coalition avec les Égyptiens et les habitants de Tyr. On est en 586 av. J.-C. quand Nabuchodonosor prend Jérusalem pour la troisième fois. La répression ne se fait pas attendre. Le roi Sédécias, qui a tenté de s'enfuir par une brèche de la muraille, est capturé près de Jéricho, aveuglé et jeté au cachot en Babylonie cependant que ses fils sont mis à mort.

Lors de cette troisième occupation, si l'on en croit la Bible, le prestigieux Temple de Salomon est détruit de même que l'Arche d'Alliance qui contenait les Tables de la Loi sur lesquelles étaient gravés les Dix Commandements (voir le film de Steven Spielberg : Indiana Jones et l'Arche perdue ;-). Toute la population juive de Jérusalem est chassée du pays. C'est la troisième déportation.

Une bonne partie des proscrits sont emmenés en Mésopotamie. D'autres s'établissent autour de la Méditerranée et font souche jusqu'en Afrique du nord, formant la première diaspora.

Avec la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, c'en est fini de l'indépendance d'Israël pour... 2500 ans, jusqu'à la résurrection de l'État hébreu et de la langue du même nom au XXe siècle de notre ère (si l'on met à part l'autonomie du royaume de Judée sous les Asmonéens ou Maccabées, de 175 av. J.-C. à la conquête romaine).

L'exil de Babylone

Les prophètes hébreux de l'époque, tels Jérémie et Ézéchiel, voient dans l'exil de Babylone la sanction méritée par le peuple hébreu pour avoir désobéi à Dieu.

À Babylone, cependant, les Juifs gagnent en prospérité et la religion israélite s'affermit.

Au bout de cinquante ans, Cyrus Ier, le Grand Roi des Perses, conquiert la Babylonie et une partie de la diaspora choisit de retourner en Judée tout en demeurant sous la tutelle des Perses.

Les Juifs de retour de Babylone reconstruisent le Temple dès 516 av. J.-C.. À l'image de leurs cousins de Samarie, ils adoptent la langue akkadienne (ou araméenne) comme langue d'usage. Leur langue ancestrale, l'hébreu, reste employée pour la liturgie.

Vers 440 av. J.-C., en présence du gouverneur Néhémie, le sacrificateur Esdras lit solennellement les livres de la Loi de Moïse, « prescrite par l'Éternel à Israël ». De ce jour, ces cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque (du grec penta, cinq, et teukhos, livre) deviennent la loi de l'État.

Les Juifs rejettent les Grecs

Un siècle plus tard, l'empire perse s'effondre sous les coups que lui porte le Macédonien Alexandre le Grand. « Alexandre avait régné douze ans quand il mourut. Ses officiers nobles prirent le pouvoir chacun dans son fief », ainsi que le rappelle le premier livre des Maccabées, dans la Bible. « Tous ceignirent le diadème après sa mort et leurs fils après eux durant de longues années ».

La Palestine passe comme l'Égypte sous la tutelle des Lagides, descendants de Lagos, général d'Alexandre, puis en 198 avant JC sous la tutelle des Séleucides de Syrie, descendants de Séleucos.

Sous le règne de ces souverains hellénistiques de langue grecque, les prêtres du temple de Jérusalem codifient les rites religieux dans l'un des futurs livres de la Bible, le Lévitique. Des scribes laïcs complètent par ailleurs les récits des origines du peuple juif dans le livre dit le Deutéronome.

Les écrits bibliques prennent leur forme définitive et sont traduits en grec par les « Septante » (72 Sages) à Alexandrie (entre 301 et 150 av. J.-C.).

La tradition juive garde cependant un mauvais souvenir du roi Antiochus Epiphane qui détourne beaucoup de Juifs de leurs coutumes. De jeunes Juifs « branchés » osent même bâtir à Jérusalem un gymnase (I Maccabées, 1, 14), autrement dit un lieu où l'on pratique des exercices sportifs en étant nus ! C'est un défi à la pudeur coutumière des habitants.

À la suite d'un soulèvement populaire, les Maccabées (ou Asmonéens) restaurent l'autonomie du pays sous un régime théocratique (175-134). Ils rétablissent les rites religieux juifs dans leur pureté.

Publié ou mis à jour le : 2021-10-30 07:54:31
Boutros (15-03-2016 15:31:37)

Ce n'est pas la première fois qu'Hérodote tombe dans le piège.
Certains ont dû suivre les cours d'histoire à l'école israélienne!
Il n'est pas sûr que David et Salomon aient existé, hors le récit mythologique de la Bible, qui lui existe, mais comme mythologie.
Sur les évènements historiques du Moyen Orient, il faudrait revenir au sérieux, en séparant définitivement d'une part l'histoire, avec ses méthodes (archéologie, linguistique, etc...), ses "preuves", et ses hypothèses énoncées comme telles, et d'autre part la religion ou l'histoire des mythes, disciplines tout aussi respectables.
Dans le contexte politique et culturel actuel, ce serait la moindre des honnêtetés intellectuelles que nous puissions exiger d'Hérodote.

Baatout (14-03-2016 14:18:56)

Avec la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, c'en est fini de l'indépendance d'Israël pour... 2500 ans, jusqu'à la résurrection de l'État hébreu et de la langue du même nom au XXe siècle de notre ère (si l'on met à part l'autonomie du royaume de Judée sous les Asmonéens ou Maccabées, de 175 av. J.-C. à la conquête romaine).

Autrement dit, Les Palestiniens, qui descendent des hébreux restés sur place, et qui se sont christianisés ou islamisés, n'ont pas existé durant 2500 ans...Bravo l'Historien sioniste !

robespaul (13-03-2016 19:42:08)

Quelle salade ! Les mythes juifs reconstruits au retour de l'exil présentés comme vérité historique, les rivalités historiques des Etats dans l'Orient antique illustrés par les fictions hollywoodiennes... des contradictions dans le texte : les 5 livres du Pentateuque deviennent lois de l'Etat avant la rédaction des deux derniers ! Un "prestigieux" Temple de Salomon qui n'a sans doute jamais existé.
Qui a rédigé ce méli-mélo complètement farfelu ?
On est habitué à davantage de rigueur dans les articles d'Hérodote !

Patrice (13-03-2016 16:05:15)

Il ne faut pas confondre la Bible et les Histoires d'Hérodote. Les rédacteurs de la Bible n'ont jamais cherché à faire œuvre d'historien.
sur ce sujet, je recommande les cours de Thomas Römer au Collège de France.

Patrice (13-03-2016 16:03:16)

Il ne f

bh (18-01-2016 14:20:58)

une réference à Spielberg ! pas très scientifique...

Simon (14-03-2011 20:49:55)

Je tiens à rappeler que la quasi-totalité des textes originaux ont été détruits suite à la troisième déportation. Par conséquent, les sources actuelles datent du VIe siècle avant notre ère, tout comme la fixation des rites. Donc prudence lorsqu'on parle de prophétie...
Quant à Abraham... Je veux bien qu'il s'agisse d'un bédouin, mais pour l'apparition d'un ange... ça ressemble plus à une insolation qu'à un miracle.
Par contre, prendre un film fiction-action comme référence, c'est moyen...

Arthur Gohin (17-03-2009 19:42:27)

Personnellement je n'ai pas vu de raisons consistantes de douter de l'historicité de la bible jusqu'à Abraham et son père. Le doute est une qualité, seulement s'il permet de proposer plus convainquant à la place.

JEAN MUNIER (16-03-2009 18:36:04)

Pas si simple, les Asmonéens cumulaient 2 postes Grand prêtre et roi, mais leur noms et surnoms indiquent une forte hellénisation Jean "Hyrcan" "Alexandre" Jannée, "Aristobule"
Des historiens et archéologues Israéliens mettent en doute l'unité du royaume de David ("La bible dévoilée").

PALMA (16-03-2009 17:34:52)

Je suis d'accord avec vous sur l'année de destruction de Jérusalem (607) mais je pense que les juifs sont restés prisonniers des Babyloniens 70 ans exactement comme l'avait prophétisé Jérémie et comme l'a découvert Daniel en captivité donc leur libération par Cyrus a dû intervenir en 537.

La date du 16 mars m'interpelle cependant je pensais plutôt en octobre.

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