Les présidents de la République française avec Herodote.net
 
 
 
Louis-Napoléon Bonaparte
Adolphe Thiers
Patrice de Mac-Mahon
Jules Grévy
Armand Fallières
Gaston Doumergue
Charles de Gaulle
Jacques Chirac
Nicolas Sarkozy
François Hollande

Insurrection républicaine à Paris

Le 22 février 1848, lassée par le règne débonnaire du roi des Français, Louis-Philippe 1er, ennuyeux à force de paix et de prospérité, l'opposition se soulève et, au terme de trois jours d'émeute, impose un régime républicain (la Seconde République).

Conduite par des républicains modérés : Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure, Marie,... la « Révolution de Février » met ainsi fin à la « Monarchie de Juillet » (parce que née en juillet 1830). Le poète Lamartine repousse le drapeau rouge des manifestants populaires et promeut le drapeau tricolore.

Louis-Philippe Ier abdique

Le 24 février 1848, le roi des Français Louis-Philippe Ier abdique et part en exil au terme de trois jours d'émeutes. C'est la naissance de la IIe République - une naissance romantique à l'image de son époque.

Élections à l'Assemblée constituante

Le 23 avril 1848 ont lieu les élections des députés à l'Assemblée constituante de la IIe République. À cette occasion, les Français votent pour la première fois au suffrage universel : c'est la mort du suffrage censitaire (du mot cens qui désignait le montant minimal d'impôt à partir duquel un homme adulte avait le droit de voter). Avec le suffrage universel, le droit de vote n'est plus soumis à des conditions de revenu... mais seulement de sexe ou de statut (les femmes en sont encore privées, ainsi que les militaires, pour des motifs de neutralité). Le suffrage universel amène à l'Assemblée une majorité conservatrice, les paysans ayant massivement voté pour les notables locaux. Cette modération apaise les réticences de la bourgeoisie à l'égard du suffrage universel.

Élection de Louis-Napoléon Bonaparte

Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans) est élu président de la République au suffrage universel (masculin) après une violente mais courte campagne électorale. Le neveu de Napoléon 1er est porté par le prestige de son nom, le discrédit de l'Assemblée conservatrice qui anime la IIe République et ses propres options socialisantes...

Le Parti de l'Ordre remporte les législatives

Aux élections législatives du 13 mai 1848, précédées d'une intense campagne électorale, s'opposent pour la première fois deux mouvances bien définies :
- d'un côté le « Parti de l'Ordre », qui réunit tous les conservateurs (royalistes légitimistes et royalistes orléanistes, bonapartistes,...) autour d'un slogan : Ordre, Propriété Religion,
- de l'autre, la gauche républicaine qui a emprunté aux révolutionnaires d'antan le nom de « Montagne », de quoi effrayer pour de bon les modérés.

Entre ces deux extrêmes, les républicains modérés (les « hommes de 48 », tels Lamartine, Marie,...) sont laminés. Le scrutin ne leur donne qu'environ 70 sièges sur 715. Les montagnards en remportent 200 et le Parti de l'Ordre 450 ! Les conservateurs et les monarchistes, qui auraient toutes les raisons de se réjouir, s'inquiètent en fait de la poussée de l'extrême-gauche montagnarde et de sa solide implantation géographique, qui coïncide encore peu ou prou avec les départements dévoués à la gauche... La Seconde République, qui s'est disqualifiée lors des tragiques Journées de Juin 1848, va dès lors tourner le dos aux idéaux républicains...

Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel

Le 15 mars 1850, après deux mois de vifs débats, les députés de la Seconde République votent une loi qui permet aux congrégations catholiques d'ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et « morales », autrement dit religieuses.

Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte

Le 2 décembre 1851, anniversaire du sacre de Napoléon 1er et de la bataille d'Austerlitz, Louis-Napoléon Bonaparte conduit le coup d'État qui lui permettra de passer du statut de Prince-Président à celui d'Empereur des Français...

Napoléon III est fait prisonnier à Sedan

Le 2 septembre 1870, à Sedan, l'armée française commandée par le maréchal Patrice de Mac-Mahon est obligée de se rendre aux Prussiens. Napoléon III est fait prisonnier...

Proclamation de la République

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c'est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre »...

Crémieux francise les juifs d'Algérie

Le 24 octobre 1870, le décret Crémieux donne la citoyenneté française aux juifs d'Algérie...

Adolphe Thiers chef du gouvernement exécutif

Les premières élections générales depuis la chute de Napoléon III se soldent le 8 février 1871 par une écrasante majorité conservatrice et monarchiste. Le 17 février suivants, les députés, réunis à Bordeaux pour cause d'invasion prussienne, désignent Adolphe Thiers (73 ans) comme « chef du gouvernement exécutif de la République française » en attendant de statuer sur la nature du régime futur : monarchie ou république.
Le 31 août 1871, à Versailles, l'assemblée se proclame Constituante et, dans le même temps, donne le titre de président de la République à Thiers.

Début de la Commune de Paris

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.

C'est l'amorce de la «Commune». Maîtres malgré eux de la capitale, les révolutionnaires et militants socialistes vont offrir à la bourgeoisie républicaine l'occasion de se débarrasser une fois pour toutes de la «question sociale». Il en coûtera 20.000 victimes....

Traité de Francfort

Le 10 mai 1871, Jules Favre et Adolphe Thiers signent au nom de la France un traité de paix avec l'Allemagne à l'hôtel du Cygne, à Francfort (Allemagne)...

Fin sanglante de la Commune

Le 28 mai 1871, au terme d'une Semaine sanglante, la Commune de Paris n'existe plus.

Au prix de plusieurs dizaines de milliers d'exécutions et d'arrestations, Adolphe Thiers peut se flatter d'avoir débarrassé le pays de la «question sociale». Celle-ci sera en effet absente de la scène politique française jusqu'en 1936...

Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée

Le 24 mai 1873, à Paris, la majorité monarchiste de l'Assemblée nationale retire sa confiance au président de la République Adolphe Thiers. Elle élit à sa place le maréchal Patrice de Mac Mahon, duc de Magenta, héros de Malakoff (65 ans) avec pas moins de 300 voix sur 392 (on qualifie depuis lors d'« élection de maréchal » une élection à la quasi-unanimité !)...

Le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore

Le 23 octobre 1873, le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore et ruine les espoirs des monarchistes.

Naissance du septennat en catimini

Le 20 novembre 1873, en France, l'Assemblée nationale vote une loi qui confie la Présidence de la République au maréchal de Mac-Mahon pour sept ans. Cette mesure prise à titre conservatoire sera appelée à durer... 127 ans...

Le mot république dans l'amendement Wallon

Le 30 janvier 1875, l'amendement Wallon introduit subrepticement le mot République dans les lois constitutionnelles échafaudées par les parlementaires français...

Mac-Mahon affronte la Chambre

Le 16 mai 1877, le maréchal Patrice de Mac-Mahon, président de la République française, renvoie le président du Conseil, le républicain Jules Simon, à cause d'un différend sur les questions religieuses. Le lendemain, il nomme à la tête du gouvernement le très conservateur Albert de Broglie.

La Chambre issue des élections du 5 mars 1876, à forte majorité républicaine, s'irrite de cette attitude et met le gouvernement en minorité...

Obsèques de Thiers

Le 8 septembre 1877, oublieux de son passé monarchiste et de son attitude à l'égard des Communards, le peuple français unanime offre des obsèques grandioses à Adolphe Thiers, mort cinq jours plus tôt, à 80 ans. Léon Gambetta, son rival de toujours, marche en tête du cortège funéraire. Sa dépouille est ensevelie au Père-Lachaise, sous un énorme monument en forme d'arc de triomphe.

Jules Grévy président de la République

Le 30 janvier 1879, suite à la démission de Maurice de Mac-Mahon, les parlementaires élisent le républicain modéré Jules Grévy (71 ans) à la présidence de la République...

Le « plan Freycinet » à l'oeuvre

Le 17 juillet 1879, Charles de Saulces de Freycinet, Polytechnicien et ministre des Travaux Publics, fait voter le plan qui porte son nom, pour la construction de 8.700 kilomètres de voies ferrées d'intérêt local ainsi que de nombreux canaux à petit gabarit (le « gabarit Freycinet »)...

Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement

Le 29 mars 1880, deux décrets de Jules Ferry expulsent les religieux de l'enseignement...

Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier

Le 21 mars 1884, le ministre Pierre Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier de 1791 et autorise les syndicats ouvriers.

démission de Jules Grévy

Le 2 décembre 1887, Jules Grévy (80 ans), quatrième président de la République française, est contraint de remettre sa démission suite aux malversations de son gendre Daniel Wilson, l'un des fondateurs de la gauche républicaine.

Élection de Sadi Carnot

Le 3 décembre 1887, suite à la démission de Jules Grévy, les parlementaires élisent à la présidence de la République Sadi Carnot (50 ans), petit-fils du conventionnel Lazare Carnot, ami de Robespierre ! Jules Ferry, candidat malheureux, doit s'incliner...

Mort piteuse d'un général

Le 30 septembre 1891, le général Georges Boulanger se suicide sur la tombe de sa maîtresse, Mme Marguerite de Bonnemains, près de Bruxelles.

Dans les années précédentes, pendant la présidence de Sadi Carnot, il a ébranlé la IIIe République française par sa popularité et la dénonciation des scandales de l'heure. Fort heureusement, le « boulangisme » ne survivra pas à sa fuite et à sa mort...

Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif

Jules Méline (20 mai 1838, Remiremont ; 21 décembre 1925, Paris)Député des Vosges depuis 1872, Jules Méline (1838-1925) devint président de la Chambre des députés en 1888 aux dépens de Georges Clemenceau grâce à la voix du dr Michou, député républicain de gauche qui en voulait à Clemenceau pour une plaisanterie de mauvais goût (il lui avait soustrait des sandwiches pris à la buvette et cachés dans sa veste). Les deux candidats ayant de la sorte obtenu le même nombre de suffrages, Méline fut élu au bénéfice de l'âge.

C'est ainsi qu'il fit adopter le 11 janvier 1892 le double tarif douanier avec un taux ordinaire et un taux préférentiel pour les États qui concèdent à la France des avantages douaniers équivalents.

Cette « loi Méline » avait pour objectif de protéger les agriculteurs français contre les importations à bas prix de produits agricoles. Elle clôtura l'épisode de libre-échange inauguré avec le traité de libre-échange de 1860 mais aussi la « grande dépression européenne » (1873-1892). Elle allait avoir entre autres conséquences de retarder la modernisation de l'agriculture française pendant toute la durée de la IIIe République.

Une bombe à la Chambre  !

Le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant lance une bombe dans l'hémicycle de la Chambre des députés, à Paris, pour protester contre l'exécution de Ravachol, le 11 juillet 1892.

Cet attentat témoigne de la flambée terroriste qui frappe les sociétés occidentales à la fin du XIXe siècle au nom de l'anarchisme : attentats de François Ravachol, Émile Henry et Caserio, « lois scélérates » de Casimir-Perier, attentats également de Bresci contre le roi d'Italie Humbert 1er etc.

Sadi Carnot assassiné

Le soir du 24 juin 1894, le président de la République française Sadi Carnot, en visite officielle à Lyon, sort d'un banquet offert par le maire de la ville, le dr Gailleton. Il se rend au Grand Théâtre quand un homme monte sur le marchepied de sa voiture et le blesse mortellement d'un coup de poinçon.

Le meurtrier est un anarchiste italien du nom de Sante Geronimo Caserio (21 ans), émigré à Sète. Il aurait voulu répliquer aux mesures d'exception contre la flambée d'anarchisme. Peut-être aussi a-t-il voulu venger les victimes d'Aigues-Mortes après l'acquittement de leurs meurtriers. Dès le lendemain de l'assassinat, des émeutes anti-italiennes surviennent à Lyon. Elles doivent être réprimées par la troupe ! Caserio, prestement condamné, est guillotiné le 16 août suivant.

Les funérailles présidentielles ont lieu le 1er juillet 1894 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Jean Casimir-Perier président malgré lui

Trois jours après l'assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République, le 27 juin 1894, Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d'un président du Conseil de Louis-Philippe 1er...

Dégradation du capitaine Dreyfus

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l'École Militaire, à Paris, sous l'inculpation de haute trahison. Il sera ensuite envoyé à l'île du Diable, en Guyane. La campagne de réhabilitation va donner lieu à une Affaire judiciaire sans précédent, mobilisant dreyfusards contre antidreyfusards.

Parmi les premiers, Mathieu Dreyfus, frère du condamné, le lieutenant-colonel Picquart, le sénateur Scheurer-Kestner, le député Joseph Reinach, Georges Clemenceau, Émile Zola, Charles Péguy...

Félix Faure président de la République

Félix Faure, président de la République française (30 janvier 1841, Paris -16 février 1899, Paris)Suite à la démission de Jean Casimir-Périer, les parlementaires élisent à la présidence de la République Félix Faure (54 ans).

Élu par une coalition de modérés et de monarchistes, celui que l'on surnommera le «Président Soleil», du fait de son amour du faste, restera dans l'Histoire en raison de sa mort heureuse !

On retient aussi de lui qu'il ébaucha une alliance avec la Russie en recevant le tsar Nicolas II, qu'il s'opposa à la révision du procès de Dreyfus et que son gouvernement dut céder aux Anglais le Soudan après le bras de fer de Fachoda.

Incendie du Bazar de la Charité

Le 4 mai 1897, comme les années précédentes, le Bazar de la Charité ouvre ses portes dans une halle somptueusement décorée pour la circonstance (échoppes médiévales en carton-pâte, vélum,...), au 17, rue Goujon, près des Champs-Élysées, à Paris.

Des dames de la bonne société vendent divers objets pour les bonnes oeuvres. Une salle de cinéma a été installée pour divertir les 1200 invités. C'est là que vers 16 heures, des vapeurs d'éther s'enflamment. L'incendie se propage à toute allure à l'ensemble de la halle...

J'accuse

À Paris, le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre «J'accuse». Trois ans après la dégradation du capitaine Dreyfus sous l’inculpation de trahison, les intellectuels et les élites parisiennes se déchirent ; les uns invoquant l’erreur judiciaire, les autres rejetant toute mise en cause de la justice militaire.

Le capitaine étant de confession juive, l’Affaire s’accompagne de la première campagne antisémite importante en Occident ; d’autres suivront…

La mort « heureuse » de Félix Faure

Émotion à l'Élysée. Le président de la République est mort dans les bras d'une admiratrice, une demi-mondaine du nom de Maguy (Meg) Steinheil... Cela s'est passé le 16 février 1899.

La victime, Félix Faure, était un bel homme de 58 ans avec une fine moustache tournée à la façon de Guy de Maupassant. Ses contemporains le surnommaient affectueusement le «Président Soleil» en raison de son amour du faste...

Émile Loubet président de la République

Le 18 février 1899, deux jours après la mort soudaine de Félix Faure, les parlementaires élisent à la présidence de la République Émile Loubet (71 ans). Son adversaire malheureux est Jules Méline, connu pour ses convictions protectionnistes et antidreyfusardes...

Funérailles de Félix Faure

Le 23 février 1899 se déroulent les funérailles nationales du président de la République Félix Faure, mort à la tâche dans les bras d'une admiratrice. Un nationaliste exalté, Paul Déroulède, tente mais en vain d'entraîner des militaires dans un coup d'État.

La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres

Les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine quittent les bords du Niger en direction de l'Est, avec six autres officiers français et de nombreux tirailleurs sénégalais et porteurs. Se croyant tout permis, les deux officiers ne tardent pas à semer la mort et la désolation sur leur passage...

Exposition universelle à Paris

Le 15 avril 1900, Paris quitte le XIXe siècle avec la plus grande exposition universelle jamais organisée en France. 50 millions de visiteurs jusqu'à sa clôture le 12 novembre suivant. La Ville-Lumière rayonne alors de tous ses feux et l'on parlera plus tard de ces années-là avec nostalgie en les qualifiant de « Belle Époque »...

 

Le banquet des maires de France

Le 22 septembre 1900 a lieu le Banquet des maires de France. À l'invitation du président Émile Loubet, la France des notables célèbre d'une agréable façon le culte de la République (108 ans jour pour jour après sa première fondation), en marge de l'Exposition universelle et des festivités du nouveau siècle.

Elle tente d'oublier aussi les dissensions nées de l'Affaire Dreyfus.

Le banquet des maires de France dans le jardin des Tuileries (Paris, 22 septembre 1900)

23 000 maires répondent à l'invitation présidentielle. Ils se réunissent dans le jardin des Tuileries, sous deux tentes immenses, autour de 700 tables. 400 cuisiniers et 2 000 maîtres d'hôtel sont mobilisés à leur service par le traiteur Potel & Chabot, maison fondée en 1820 par le pâtissier Jean-François Potel et le cuisinier Étienne Chabot. En moins de 90 minutes défilent cinq services : darnes de saumon, filet de boeuf, pains de caneton, poulardes de Bresse, ballotines de faisan...

La loi sur les associations

Le 1er juillet 1901, le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau a fait voter une loi sur les associations encore bien connue de tous les créateurs d'associations sans but lucratif. Cette loi établit la liberté d'association mais son article 13 fait une exception pour les congrégations religieuses en soumettant leur création à une autorisation préalable. Interprétée de façon restrictive par le Conseil d'État dès l'année suivante, elle va porter à son paroxisme le conflit entre l'Église et la République.

Le général André et l'affaire des fiches

Le 4 novembre 1904, le ministre de la Guerre, le général Louis André, est giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton, un désaxé qui se suicidera peu après. Ce drame met un point final à l'« affaire des fiches ».

Il était reproché au ministre comme à son homologue le ministre de la Marine Camille Pelletan, d'avoir favorisé la promotion des officiers laïques et athées sans prendre en compte le critère de compétence. Le scandale précipite la chute du ministère d'Émile Combes...

Séparation des Églises et de l'État

Le 9 décembre 1905, le Parlement français vote la loi de séparation des Églises et de l'État à l'initiative du député Aristide Briand. La loi sera mise en application non sans tensions par le gouvernement de Maurice Rouvier puis celui de Georges Clemenceau, Aristide Briand étant ministre de l'instruction publique et des cultes.

C’est l’aboutissement d’un long processus de laïcisation des institutions politiques né avec… le roi Philippe le Bel, six siècles plus tôt, qui n’aura pas empêché 5 cardinaux (Tournon, Richelieu, Mazarin, Dubois, Fleury) d’exercer dans l’intervalle la fonction de Premier ministre.

Armand Fallières président débonnaire

Succédant à Émile Loubet, Armand Fallières (65 ans) est élu président de la République française le 17 janvier 1906 comme candidat des gauches. Sa mine débonnaire lui vaut le surnom de «Père Fallières»...

La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus

Onze ans après la dégradation publique du capitaine Alfred Dreyfus sous l'accusation d'espionnage, celui-ci est solennellement réhabilité par la Cour de Cassation de Paris, qui constate que « de l'accusation, rien ne tient debout ».

Raymond Poincaré président de la République

Le 17 janvier 1913, les parlementaires élisent à la présidence de la République Raymond Poincaré, précédemment président du Conseil (chef du gouvernement).

Toujours soucieux de préparer la «revanche» ou du moins de mettre la France en situation de résister à une agression allemande, Poincaré fait voter en juillet 1913 une loi sur le service militaire de 3 ans pour tous (curés compris !)...

Mme Caillaux tire sur Gaston Calmette

Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux tue Gaston Calmette, directeur du Figaro, par crainte que son passé sentimental soit étalé sur la place publique. 

Ce coup de revolver est le premier d'une série de trois qui entraîneront la France et l'Europe dans la plus grande tragédie de leur Histoire (le second tuera l'archiduc Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin, et le troisième aura raison de Jean Jaurès à Paris, au café du Croissant, le 31 juillet de la même année)...

Assassinat de Jean Jaurès

Le soir du 31 juillet 1914, Jean Jaurès est tué d'un coup de revolver dans le café du Croissant, rue Montmartre, à Paris (2e arrondissement), alors qu'il dînait avec deux collaborateurs, Jean Longuet et Pierre Renaudel...

Début de la Grande Guerre

Le samedi 1er août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. À 4 heures de l'après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin. C'est la mobilisation générale...

Premier numéro du Canard Enchaîné

Le 10 septembre 1915, Maurice et Jeanne Maréchal publient le premier numéro du Canard Enchaîné (son titre fait allusion à un autre journal contestataire, L'Homme enchaîné de Clemenceau). Appelé à devenir une institution de réputation mondiale, le journal satirique naît pendant la Première Guerre mondiale, avec la volonté de dénoncer la censure, la propagande, les mensonges et le « bourrage de crâne », selon une formule popularisée par Albert Londres en 1914. Mais sa sortie ne va pas sans difficultés. L'hebdomadaire interrompt sa parution dès le cinquième numéro avant de la reprendre l'année suivante.

En juin 1917, Le Canard Enchaîné lance sa première offensive contre les mensonges et les outrances de la presse.  Il organise auprès de ses lecteurs le concours du « grand chef de la tribu des bourreurs de crânes ». La compétition est rude car les concurrents sont nombreux et talentueux. La palme est attribuée au journaliste Gustave Hervé (46 ans).

Gustave Hervé a été avant la guerre professeur d'Histoire au lycée de Sens. Il a aussi milité  dans les rangs socialistes. Libertaire, il a été poursuivi pour des propos antimilitaristes dans son journal La Guerre sociale. Ainsi en 1901, pour l'anniversaire de Wagram, il préconisait dans Le Travailleur Socialiste de l'Yonne que l'on rassemble « dans la principale cour du quartier toutes les ordures et tout le fumier de la caserne et que, solennellement, [...] le colonel en grand plumet y plante le drapeau du régiment ». Mais quand éclate la guerre, il tourne casaque et se rallie à l'Union sacrée. En 1916, il rebaptise son journal La Victoire. On y lit : « Quelle est la maman, quelle est l'épouse qui, en ce moment où se joue la vie de la France, n'est pas prête à accepter le suprême sacrifice ? Crois-tu, maman, que les hommes qui meurent en un tel jour meurent réellement ? » (688).

Entre les deux guerres, Gustave Hervé se signalera encore à l'attention de ses compatriotes avec cette manchette récurrente de La Victoire : « C'est Pétain qu'il nous faut ».

Clemenceau forme un gouvernement de choc

Le 17 novembre 1917, Georges Clemenceau (76 ans) forme un gouvernement de choc pour poursuivre et intensifier la guerre avec l'Allemagne.

Dans son discours d'investiture en qualité de nouveau président du Conseil et ministre de la Guerre, il manifeste devant la Chambre des députés sa volonté de conduire une guerre intégrale et de sortir le pays de ses errements.

Par ses visites sur le front, il redresse le moral des troupes. Sa détermination lui vaut les surnoms de « Tigre » et « Père de la Victoire ». Avec affection, les poilus qui combattent dans les tranchées l'appellent plus simplement « Le Vieux »...

Conférence interalliée de Doullens

Le 26 mars 1918, à Doullens (Somme), les Alliés désignent le général français Ferdinand Foch (66 ans) comme généralissime des troupes franco-britanniques. Il lui reviendra de faire face à l'ultime offensive allemande...

Un armistice met fin à la Grande Guerre

Le 11 novembre 1918, un armistice met fin à la Grande Guerre, première guerre totale, qui a meurtri l'Europe comme aucune autre. On veut croire qu'elle restera la dernière de l'Histoire, la « der des der ».

La commémoration de l'Armistice demeure depuis 1919 un moment fort de la vie civique en France et chez ses alliés tout en étant pratiquement ignorée de l'autre côté du Rhin, pour des raisons compréhensibles. Cette commémoration prend la forme d'un jour chômé et de manifestations collectives : soit que l'on se recueille devant les monuments aux morts et la tombe du Soldat inconnu, soit que l'on arbore un coquelicot comme au Canada ou en Angleterre.

Paix bâclée à Versailles

Le 28 juin 1919, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, là même où fut proclamé le IIe Reich allemand en 1871, un traité entre l'Allemagne et les Alliés règle le conflit qui débuta à Sarajevo 5 ans plus tôt, jour pour jour.

Pour la forme, les représentants de 27 pays alliés font face aux Allemands. Mais le traité a été concocté en cercle fermé par quatre personnes seulement : le Français Georges Clemenceau, le Britannique David Lloyd George, l'Américain Thomas Woodrow Wilsonsans oublier l'Italien Vittorio Orlando. À la signature du « Diktat », le comte de Brockdorff-Rantzau lit une longue protestation au nom de l'Allemagne ; c'est le début d'un grand malentendu entre le principal vaincu de la guerre et les Alliés...

L’Allemagne est amputée du huitième de son territoire et du dixième de sa population. Elle est par ailleurs soumise à des limitations de souveraineté humiliantes et tenue pour seule responsable de la guerre !

Dans les mois qui suivent, d’autres traités sont aussi conclus avec les autres vaincus de la Grande Guerre. La carte du continent européen en sort complètement transformée avec la disparition de quatre empires, l'allemand, l'austro-hongrois, le russe et l'ottoman, au profit de petits États nationalistes, souvent hétérogènes, revendicatifs... et impuissants…

Le Bloc national au pouvoir

Le 16 novembre 1919, les élections amènent à la Chambre des députés une majorité conservatrice, le Bloc national, avec beaucoup d'anciens combattants (la Chambre est dite « bleu horizon », de la couleur de l'uniforme).

Cette coalition est due à l'initiative du président du Conseil Georges Clemenceau et du président de la République Alexandre Millerand, avec deux objectifs : la lutte contre le bolchévisme et l'intransigeance vis-à-vis de l'Allemagne. Elle englobe quatre groupes parlementaires (l’Entente républicaine, l’Action républicaine et sociale, la Gauche républicaine démocratique et les Républicains de gauche) qui ont fait partie de l'union sacrée pendant la Grande Guerre. Mais les socialistes en ont été exclus en raison de leurs compromissions avec les bolchéviques russes et les radicaux s'en sont exclus du fait de l'absence des socialistes !

Atteinte dans sa vitalité par le carnage de la Grande Guerre et son contrecoup sur la natalité, la France peine à retrouver sa prospérité d'antan et compte sur les réparations allemandes pour la sortir d'affaire. Président du Conseil, Raymond Poincaré, fait occuper la Ruhr pour garantir leur versement. C'est un échec que le gouvernements successifs doivent compenser par de fortes augmentations d'impôts et que les électeurs sanctionnent lors du scrutin du 11 mai 1924 en remplaçant le Bloc national par le Cartel des gauches.

Paul Deschanel président de la République

Paul Deschanel (13 février 1855, Schaerbeek (Bruxelles) - 28 avril 1922, Paris)Le 17 janvier 1920, les parlementaires français se montrent avant tout soucieux de barrer la route de l'Élysée à Georges Clemenceau (79 ans) auquel ils reprochent moins son âge que sa supposée modération à l'égard de l'Allemagne lors des négociations du traité de Versailles !... Ils élisent donc à la présidence de la République son concurrent Paul Deschanel (66 ans).

Surmené, celui-ci montre des signes de fatigue. Sous l'emprise de médicaments ou d'une crise de somnabulisme, il descend d'un train en marche, en pleine nuit et en pyjama. La garde-barrière à laquelle il s'adresse voit de suite qu'il s'agit de quelqu'un d'important car il a les pieds propres !

Contraint de démissionner au bout de neuf mois, Paul Deschanel recouvre la santé après un séjour en maison de repos et poursuit une carrière de sénateur... Clemenceau persifle : «Ils craignaient un gâteux, ils l'ont eu quand même !»

Alexandre Millerand président de la République

Le 23 septembre 1920, à une écrasante majorité, les parlementaires français élisent à la présidence de la République Alexandre Millerand (65 ans), en remplacement de Paul Deschanel qui a du se démettre pour raison de santé...

Congrès de Tours des socialistes français

Le 25 décembre 1920, les socialistes français tiennent leur 18e congrès à Tours.

À l'initiative de Marcel Cachin et Ludovic Frossard, 2/3 des congressistes quittent la SFIO (section française de l'Internationale Ouvrière) et fondent la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), affiliée à la IIIe Internationale de Lénine. Ils acceptent ce faisant les 21 conditions de celui-ci. La SFIC deviendra plus tard le Parti communiste français (PCF).

L'année suivante, la CGT (Confédération Générale du Travail) opère à son tour une scission mais seule une minorité de militants rejoint le camp communiste, fondant la CGTU (CGT Unitaire).

Démission d'Aristide Briand

Le 12 janvier 1922, le Président du conseil Aristide Briand constate l'hostilité quasi générale de ses ministres et du président Millerand à sa politique de réconciliation avec l'Allemagne. Il démissionne sans attendre d'être renversé par une motion de censure de la Chambre des députés. Il est remplacé par l'ancien président Raymond Poincaré.

Les Français occupent la Ruhr

Le 11 janvier 1923, en Allemagne, 60.000 soldats français et belges pénètrent dans le bassin de la Ruhr pour obliger l'Allemagne à verser les réparations de guerre inscrites dans le traité de Versailles.

Le chancelier allemand Wilhelm Cuno proteste et appelle ses concitoyens à la « résistance passive ». Il s'ensuit une dévaluation massive du mark et des troubles politiques. L'année 1923 aura mérité d'être qualifiée par les Allemands d'« année inhumaine »...

Victoire du Cartel des gauches

Aux élections législatives du 11 mai 1924, la victoire du Cartel des gauches consacre l'échec de la politique du président du Conseil Raymond Poincaré, notamment à l'égard de l'Allemagne (occupation de la Ruhr). Réunis au sein du Cartel, radicaux et socialistes s'entendent pour obliger à la démission le président de la République Alexandre Millerand.

Le Président du Conseil Édouard Herriot adopte une diplomatie d'ouverture : acceptation du plan Dawes sur les réparations, évacuation de la Ruhr, acceptation de l'Allemagne au sein de la Société des Nations (SDN), reconnaissance de l'URSS.

Mais les diatribes anticléricales du Cartel mobilisent contre lui la Fédération nationale catholique, conduite par le prestigieux général de Castelnau. Socialistes et radicaux se divisent d'autre part sur la politique économique. Les déficits budgétaires entraînent un début de panique financière. D'aucuns croient y voir les manigances du «Mur d'argent». De fait, le conseil des gouverneurs de la Banque de France (les «200 familles»), refuse de relever le plafond des avances à l’État, à cause de sa défiance - légitime - en la capacité de remboursement du gouvernement.

La majorité de gauche se résigne à appeler Raymond Poincaré, un homme de droite, à la présidence du Conseil. Celui-ci forme le 23 juillet 1926 un gouvernement d'Union nationale et, fort de son prestige et de son savoir-faire, rétablit l'équilibre des finances...

Élection de Gaston Doumergue

Le 13 juin 1924, suite à la démission d'Alexandre Millerand, les parlementaires élisent à la présidence de la République Gaston Doumergue (61 ans). Cet avocat, fils d'un vigneron du Gard, est un homme de bon aloi, consensuel, à la faconde méridionale, gentiment qualifié de «Gastounet national»...

Le franc Germinal disparaît

Le 25 juin 1928, le président du Conseil Raymond Poincaré dévalue le franc. Celui-ci ne vaut plus que le cinquième de la contrepartie en or du franc d'avant 1914, le franc Germinal, créé par Napoléon Bonaparte.

Poincaré évite ainsi l'erreur de Churchill, chancelier de l'Échiquier, qui a, trois ans plus tôt, réévalué la livre à son niveau de 1914 et porté de ce fait un coup sévère aux exportations britanniques...

Construction de la ligne Maginot

Le 14 janvier 1930, André Maginot, ministre de la Guerre dans le gouvernement Tardieu, fait voter une loi en vue de construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales de la France...

Inauguration de l'Exposition coloniale

Le 6 mai 1931, le ministre français des Colonies, Paul Reynaud, inaugure en fanfare l'Exposition coloniale du bois de Vincennes, à l'orée de Paris...

Élection de Paul Doumer

Le 13 mai 1931, les parlementaires de la IIIe République élisent à la présidence de la République le radical Paul Doumer (75 ans), de préférence à Aristide Briand. Cet ouvrier auvergnat est devenu avocat puis député grâce à des cours du soir. Franc-maçon, il a été impliqué dans l'affaire des fiches...

Moulinex « libère » la femme

Publicité des années 1940 pour la marque Moulinex, DR.Le 16 février 1932, un modeste industriel de la région parisienne, Jean Mantelet, dépose le brevet du presse-purée. C'est en voulant rendre service à sa femme qu'il a eu l'idée de cet appareil à manivelle. Le succès est immédiat.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'industriel lance les premiers appareils électroménagers à moteur. Pour la sortie d'un moulin à café électrique, par crainte d'un insuccès fatal à son activité, il baptise son entreprise « Moulin X » ou Moulinex. On sait ce qu'il adviendra de ce nom.

Dans les années 1960 fleurissent les slogans « Moulinex libère la femme » et « Vive la cuisine presse-bouton ». Avec ses équipements ménagers, la marque accompagne l'émergence de la société de consommation des Trente Glorieuses. La société est introduite en Bourse en 1969.

Pionnier de la décentralisation, Jean Mantelet a transporté ses ateliers dans les petites villes normandes. Faute d'héritier, il a échoué à transmettre son entreprise en de bonnes mains à sa mort en 1991.

Premières allocations familiales en France

Confrontée à une grave crise de dénatalité, la France, après la Première Guerre mondiale, ébauche une politique de soutien aux familles avec enfants. À partir de 1919, l'État et quelques entreprises proposent des suppléments salariaux à leurs salariés chargés de famille. Mais cette politique a un effet pervers en dissuadant l'embauche de pères de famille... Quelques entreprises pionnières surmontent cet inconvénient en créant des caisses de compensation financées par l'ensemble des salariés.

La loi du 11 mars 1932, entrée en application le 14 juin suivant, généralise ce système en rendant obligatoire l'adhésion des entreprises à une caisse de compensation. C'est l'amorce d'une politique familiale qui permettra à la France de retrouver une nouvelle jeunesse dans la décennie suivante.

Albert Lebrun président de la République

Le 10 mai 1932, suite à la mort tragique de Paul Doumer, les parlementaires des deux Chambres, réunis en Congrès à Versailles, selon la coutume, élisent à la présidence de la République le modéré et discret Albert Lebrun (61 ans), polytechnicien et ingénieur des Mines...

Manifestation sanglante à Paris

Le 6 février 1934, des ligues antiparlementaires manifestent violemment à Paris, autour du Palais-Bourbon. La République vacille...

Un Front populaire en France

Le 3 mai 1936, en France, le deuxième tour des élections législatives donne la victoire au Front populaire. Un immense espoir de réformes sociales traverse les classes populaires...

Paul Reynaud à la tête du gouvernement français

Le 21 mars 1940, dans l'émotion suscitée par l'armistice entre les Finlandais et les Soviétiques, dix jours plus tôt, Paul Reynaud remplace Édouard Daladier, l'homme des accords de Munich, à la présidence du Conseil (le gouvernement français)...

Hitler envahit la Belgique

Le 10 mai 1940, sept mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre à l'Allemagne, celle-ci rompt le front occidental.

Conformément au plan audacieux du général Erich von Manstein, le Führer porte son principal effort dans les Ardennes, une région montagneuse qui n'est pas protégée par la ligne Maginot et que le généralissime Gamelin n'a pas cru nécessaire de défendre...

Formation du gouvernement Pétain

Le soir du dimanche 16 juin 1940, à Bordeaux, Paul Reynaud démissionne et laisse au maréchal Pétain le soin de former un nouveau gouvernement et de décider de l'attitude à prendre devant l'invasion allemande...

Pleins pouvoirs au Maréchal Pétain

Le 10 juillet, l'Assemblée nationale, qui réunit le Sénat et la Chambre des députés (ce que l'on appelle aujourd'hui le Parlement), tient une séance exceptionnelle dans le casino de la ville d'eaux de Vichy. Sur les 649 parlementaires présents, 569 votent les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain. Parmi eux 283 de droite et 286 de gauche. 80 parlementaires s'y opposent, dont 73 de gauche conduits par l'ancien président du Conseil Léon Blum. C'est la fin de la IIIe République et le début de ce qu'on appelle le « régime de Vichy ». Notons que les députés sont ceux qui ont été élus le 3 mai 1936 sous les couleurs du Front Populaire (à l'exclusion des communistes, exclus à la suite du pacte germano-soviétique).

Pierre Laval, vice-président du Conseil, s'est chargé de lire devant les parlementaires la lettre du maréchal demandant les pleins pouvoirs en vue de préparer une nouvelle Constitution. Pétain lui-même a veillé à ne pas se présenter devant « ces gens-là » qu'il méprise.

Sitôt le vote acquis, la Chambre est dissoute et le nouveau chef de l'État, outrepassant la mission qui lui a été confiée, s'arroge les pleins pouvoirs. Il entame à 84 ans une carrière de dictateur. Le Maréchal fait très vite l'objet d'un véritable culte de la personnalité et beaucoup de sommités de droite comme de gauche se retrouvent aux côtés du vainqueur de Verdun avec l'espoir de régénérer le pays grâce à une « Révolution nationale ».

Renvoi de Laval

Le 13 décembre 1940, le Maréchal Pétain renvoie son vice-président du Conseil, Pierre Laval, avec ces simples mots : « Vous n'avez plus ma confiance... ». Il le remplace par Pierre-Étienne Flandin.

Mais, soutenu par l'occupant, Laval revient dès le 17 avril 1942 à la tête du gouvernement et renforce dès lors la politique de collaboration avec l'Allemagne.

Ouverture du procès de Riom

Le 19 février 1942, s'ouvre le procès de Riom. À la suite de la défaite de 1940, le gouvernement de Vichy entend juger les responsables de l'impréparation de l'armée et poursuit quelques-uns des dirigeants de l'entre-deux-guerres. Léon Blum, Édouard Daladier, le général Gamelin entre autres, sont au banc des accusés...

Rafle du Vél d'Hiv

Le 16 juillet 1942 a lieu la rafle du Vél d'Hiv. Sous le nom de code « Vent printanier », les Allemands ont projeté d'arrêter un grand nombre de Juifs dans toute l'Europe occupée.

En France, l'administration, jalouse de ses droits (!), veut s'en charger elle-même. C'est ainsi qu'à Paris, 7 000 policiers et gendarmes sous les ordres de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy, arrêtent 13 000 Juifs, y compris 4 000 enfants que les nazis n'avaient pas formellement réclamés. La moitié sont parqués dans le camp de Drancy, au nord de Paris, les autres dans le vélodrome d'hiver de la rue Nélaton (15e arrondissement). Quelques jours après, tous sont convoyés vers les camps d'extermination. Quelques dizaines seulement en reviendront.

La rafle scelle la collaboration entre Vichy et l'occupant allemand. Mais elle entraîne aussi une fracture dans l'opinion française, jusque-là massivement indifférente ou attentiste. Beaucoup de citoyens basculent dans la Résistance, plus ou moins active ; d'autres, à l'inverse, se radicalisent et basculent dans l'antisémitisme et la collaboration.

Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'à la faveur d'un très beau et très émouvant discours, un président, Jacques Chirac, reconnaisse officiellement « que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français ».

De Gaulle chef du gouvernement provisoire

Le 3 juin 1944, à quelques jours du débarquement allié en Normandie, le général de Gaulle constitue officiellement à Alger le gouvernement provisoire de la République française et en devient naturellement le chef. C'est l'ultime étape avant l'éviction du « régime de Vichy ».

Un an plus tôt, Charles de Gaulle avait quitté son exil londonien et s'était installé à Alger, qui venait d'être débarrassée des autorités vichystes par les troupes anglo-saxonnes. Il avait constitué le 3 juin 1943 un Comité français de libération nationale co-présidé par lui-même et le général Henri Giraud.

Dans les mois suivants, avec l'appui de résistants comme Jean Moulin et Georges Bidault, le chef de la France Libre avait surmonté son conflit de préséance avec le général Giraud, en qui les Américains voyaient un interlocuteur plus malléable, et était enfin devenu le chef incontesté de la Résistance. C'est ainsi qu'il avait pu transformer le Comité en gouvernement provisoire.

La Libération de Paris

Le vendredi 25 août 1944, à 15h 30, le général Jacques Philippe Leclerc de Hauteclocque (43 ans) reçoit à Paris, devant la gare Montparnasse, la capitulation des troupes d'occupation de la capitale.

Un peu plus tard, sur le perron de l'Hôtel de Ville, devant une foule enthousiaste et joyeuse, sous un beau soleil estival, le général Charles de Gaulle improvise en des termes flamboyants la Libération de la capitale...

Les Françaises votent pour la première fois

Le 29 avril 1945, les élections municipales donnent l'occasion aux Françaises de voter pour la première fois de leur Histoire...

Un demi-siècle après, les Françaises souffrent encore et toujours d'une faible représentation dans les assemblées politiques malgré l'inscription de la parité homme-femme dans la Constitution ! À cela une cause principale : le cumul des mandats, spécifité nationale.

Capitulation allemande

Le 8 mai 1945, à 23h01, au lendemain de la capitulation allemande, les combats cessent officiellement dans toute l'Europe.

La Seconde Guerre mondiale n'a fini toutefois qu'avec la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945. Les Américains distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day, jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day, jour de la victoire sur le Japon...

La France commémore la Capitulation

Pour des raisons spécieuses, la France est depuis 1981 le seul pays qui commémore par un jour férié et chômé le 8 mai 1945, fin de la guerre en Europe.

Ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai. Quant aux Russes, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent la capitulation de l'Allemagne nazie et la fin de ce qu'ils appellent la « Grande Guerre patriotique », la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou en raison du décalage horaire.

La « Grande Muette » vote !

Le 17 août 1945, les militaires français obtiennent le droit de vote... quelques mois après les femmes ! La « Grande Muette » n'est plus tout à fait muette.

De Gaulle s'en va ! La IVe République s'installe

Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne de la présidence du gouvernement provisoire. À l'encontre des partis politiques, il réclame un exécutif fort. Contrairement à ses espérances, ses voeux ne seront pas comblés et personne ne viendra le rappeler au pouvoir pour conduire la IVe République...

La République française prend des couleurs

Le 19 mars 1946, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, et la Réunion deviennent des départements d'outre-mer sur un vote à l'unanimité de l'Assemblée nationale française.

Les quatre vieilles colonies ont obtenu cette promotion grâce à l'effort conjoint de leurs députés, Léon Lepervanche et Raymond Vergès (La Réunion), Gaston Monnerville (Guyane), Eberré (Guadeloupe), Bissel et Césaire (Martinique), Aimé Césaire étant le rapporteur de la loi.

De Gaulle et le discours de Bayeux

Le 16 juin 1946, à Bayeux, en Normandie, le général Charles de Gaulle formule dans un discours retentissant une critique en règle des institutions de la IVe République...

Vincent Auriol président de la République

Vincent Auriol (63 ans) devient le 16 janvier 1947 le premier président de la IVe République. Il a été élu peu avant par les deux Chambres réunies en Congrès à Versailles.

Les Français en finissent avec le rationnement

Le 1er décembre 1949 disparaissent les derniers tickets de rationnement, sur le sucre, l'essence et le café ; le gouvernement de la IVe République supprime par ailleurs le haut-commissariat au ravitaillement. Le rationnement, apparu pendant la guerre et l'occupation allemande, avait du être maintenu et même accentué après la chute du nazisme. La « carte de pain », supprimée en mai 1945, avait été rétablie en décembre 1945 pour n'être finalement supprimée que le 1er février 1949.

Les conditions de vie des Français ne commencent à s'améliorer vraiment qu'après la signature du plan Marshall par la France, le 3 avril 1948, et l'octroi de 2,7 milliards de dollars par les États-Unis. La liste des produits de consommation rationnés se réduit très vite... Les Français entrent bientôt dans la « société de consommation ».

Les Français découvrent le salaire minimum

Le 11 février 1950, le gouvernement de Georges Bidault (IVe République) instaure le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti). L'objectif est d'imposer une limite en-dessous de laquelle aucun salarié à plein temps ne peut être rémunéré.

Indexé simplement sur les prix, le Smig s'est vu distancié par les salaires moyens. Il a donc été remplacé le 1er janvier 1970 par le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance), fondé sur l'inflation et l'évolution du pouvoir d'achat.

Depuis sa création, le nombre de salariés payés au Smic n'a cessé d'augmenter jusqu'à concerner en 2010 un salarié sur dix, soit environ 2,6 millions de personnes. En 2010, la valeur horaire du Smic est de 8,86 euros, soit 1343,77 euros brut pour un temps plein. Depuis lors, le salaire minimum n'a reçu aucun coup de pouce de l'État et n'est plus revalorisé année après année que du minimum légal.

La Communauté européenne du charbon et de l'acier

Le 9 mai 1950, le ministre français Robert Schuman présente le plan qui portera son nom et annonce la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA)...

Le miracle Pinay

Antoine Pinay, Paris Match, n° 162, 19 avril 1952.Le 8 mars 1952, comme l'inflation menace la croissance économique, le président Vincent Auriol appelle à la tête du gouvernement français un inconnu, Antoine Pinay, maire de Saint-Chamond (Loire).

En quelques mois, celui-ci rétablit la confiance des financiers et des consommateurs. Il fait notamment chuter les prix avec la complicité des grands magasins et lance un emprunt indexé sur l'or et défiscalisé, la rente 3,5%. Les souscriptions atteignent 428 milliards de francs !

Bien qu'ayant ainsi rétabli l'équilibre des finances publiques, le président du Conseil est mis en minorité par la défection des députés MRP sur un projet de réforme de la sécurité sociale et de l'impôt foncier. Antoine Pinay, qui n'a pas le goût des batailles politiques, jette l'éponge le 23 décembre 1952. Son passage, malgré sa brièveté, marquera de son empreinte la IVe République.

René Coty président de la République

René Coty (65 ans) succède le 16 janvier 1954 à Vincent Auriol à la présidence de la IVe République...

Appel de l'abbé Pierre

Le 1er février 1954, lors d'un hiver désastreux qui a occasionné de grandes souffrances parmi les sans-abri de France, l'abbé Pierre lance un appel pathétique sur les ondes et dans les journaux : « Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée, cette nuit, à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée... » Les Français se mobilisent.

C'est le début d'un immense mouvement charitable, l'« insurrection de la bonté ». Il va conduire le gouvernement à intensifier ses efforts pour la construction de nouveaux logements.

De « Monsieur Vincent » à l'« abbé Pierre »

Appel de l'abbé Pierre le 1er février 1954De son vrai nom Henri Grouès, l'abbé Pierre (1912-2007) entre dans la Résistance et devient député à la Libération.

En 1949, il crée près de Paris la communauté des Compagnons d'Emmaüs : les déshérités qu'elle accueille ne se contentent pas de la charité publique mais se prennent en charge, construisant de leurs mains des maisons, se faisant chiffonniers et retrouvant leur dignité à travers la solidarité et le travail.

À trois siècles de distance, l'abbé Pierre est comme Saint Vincent de Paul une lumière dans un monde ténébreux, en manque de repères spirituels. Comme « Monsieur Vincent », il a servi les humbles et partagé leurs souffrances, côtoyé les puissants... et su mobiliser les médias pour ses bonnes oeuvres.

Poujade sème la panique

Le 12 janvier 1956, aux cris de « Sortez les sortants », 52 députés font leur entrée à l'Assemblée nationale, à Paris... Deux ans plus tard, la Ve République « sortira » tout le monde ! Artisans ou commerçants originaires des petites villes et du monde rural, les nouveaux députés se réfèrent à un chef de file charismatique, Pierre Poujade. Il les a lancés à l'assaut de l'Assemblée en négligeant, lui-même, de se faire élire député…

Le procès de « l'affaire des fuites »

Le 7 mars 1956, François Mitterrand, alors ministre de l'intérieur de Pierre Mendès France, est blanchi des accusations calomnieuses de haute trahison portées contre lui. Il est injustement accusé d'avoir fourni, en 1953, des informations concernant l'effort de guerre français en Indochine au Parti Communiste et donc indirectement à l'URSS, allié des rebelles communistes indochinois. L'accusation, en temps de guerre, est gravissime et apte à briser la carrière de ce jeune ministre prometteur.

L'affaire se révèle être en fait une machination montée par les mouvements poujadistes, hostiles à Mitterrand depuis que celui-ci a démissionné du gouvernement Daniel pour condamner la politique de répression menée par la France au Maroc et en Tunisie. Elle est à l'origine de la mésentente entre François Mitterrand et Pierre Mendès France, ces deux brillants hommes de gauche de la France de l'après-guerre. Le futur président de la république ne pardonnera en effet jamais, par la suite, à Mendès France de ne pas l'avoir prévenu des suspicions pesant sur lui.

La France produit ses premiers kW nucléaires à Marcoule

Le 28 septembre 1956, la France devient le premier pays d'Europe occidentale à produire de l'énergie atomique. G1, la pile atomique construite à Marcoule dans le Gard, avait entamé une réaction nucléaire le 7 janvier de la même année puis était montée en puissance jusqu'à être apte à faire tourner un générateur EDF. Commence pour la France une ère nouvelle basée sur l'énergie atomique, dont on espère qu'elle garantira son indépendance énergétique. En 1974, dans l'année qui suit le premier choc pétrolier, elle relance son effort avec le Plan Messmer qui prévoit 58 réacteurs atomiques supplémentaires.

Début de la bataille d'Alger

Le 7 janvier 1957, le gouvernement français confie au général Jacques Massu les pleins pouvoirs de police sur le Grand Alger (800 000 habitants dont une moitié de musulmans) pour empêcher que se répètent des attentats aveugles comme ceux  du  Milk Bar et de la Cafétéria.

Assisté des colonels Marcel Bigeard, Roger Trinquier et Yves Godard, le général commande les 6 000 hommes de la dixième division parachutiste. Il a mission de mettre fin au terrorisme dans l'agglomération et va s'acquitter de sa tâche en ne reculant pas devant l'emploi de la torture, malgré les réticences du colonel Yves Godard et les protestations du général Jacques Pâris de la Bollardière ou encore du secrétaire de la police Paul Teitgen.

La Communauté Économique Européenne

Le 25 mars 1957, six pays signent à Rome un traité à l'origine de l'Union européenne.

La ratification du traité de Rome ne va pas sans difficultés. D'éminentes personnalités s'y opposent, comme le député socialiste Pierre Mendès France qui craint que l'industrie nationale ne supporte pas l'ouverture des frontières et la concurrence allemande. Par contre, plus visionnaire, le général Charles de Gaulle, sollicité par ses proches d'y mettre son veto, refuse...

Alger se révolte

Le 13 mai 1958, les Algérois d'origine européenne, conduits par le leader étudiant Robert Lagaillarde, le journaliste Alain de Sérigny, le général Jacques Massu et l'agitateur Léon Delbecque, manifestent pour le maintien de la souveraineté de la France sur l'Algérie. Raoul Salan, qui commande les troupes en Algérie, lance un vibrant appel au général de Gaulle.

Pendant ce temps, à Paris, la IVe République est aux abois. Le président René Coty nomme à la présidence du Conseil Pierre Pflimlin en remplacement de Félix Gaillard...

Référendum sur la Constitution de la Ve République

Le 28 septembre 1958, à l'invitation du général Charles de Gaulle, les Français votent par référendum pour une nouvelle Constitution. Rédigée sous l'égide de Michel Debré, elle marque la naissance de la Cinquième République...

Le « plan Pinay-Rueff »

Rappelé au pouvoir en mai 1958, Charles de Gaulle fait appel à l'économiste Jacques Rueff pour remettre l'économie sur pied. Celui-ci présente un plan en 25 pages, limité à quelques mesures essentielles...

De Gaulle Président !

Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est élu pour sept ans à la présidence de la République par un collège électoral, conformément à la Constitution de la Ve République entrée en application le 8 octobre précédent...

Catastrophe de Malpasset

Le soir du 2 décembre 1959, un barrage se rompt à Malpasset, en amont de Fréjus, sur la côte méditerranéenne, entre Toulon et Nice. La ville est inondée et détruite par une vague de 40 mètres de haut. La catastrophe fait 423 morts et des milliers de sans-abri.

Dans un émouvant élan de solidarité, la France entière se mobilise aussitôt au secours des victimes. Des quêtes et des collectes de vêtements sont organisées à grande échelle dans les écoles. Européens et Américains se mobilisent également. Il s'agit de la première manifestation mondiale de solidarité.

Le barrage-voûte de Malpasset, destiné à l'irrigation et assis sur des roches instables, avait été conçu selon des normes moins draconiennes que les ouvrages hydroélectriques et n'a de ce fait pas résisté à des pluies diluviennes.

Loi Debré sur l'enseignement privé

Le 31 décembre 1959 est promulguée en France, sous la présidence du général de Gaulle, la loi sur l'enseignement privé, dite loi Debré (du nom du premier ministre Michel Debré).

On lui doit la distinction actuelle entre établissements hors-contrat, établissements sous contrat simple (l'État rémunère les maîtres), établissements sous contrat d'association (l'État participe aussi aux dépenses de fonctionnement et les familles ont en charge les liens avec le culte), établissements privés intégrés à l'enseignement public (écoles d'entreprise).

Nuit tragique à Paris

Le 17 octobre 1961, une manifestation des indépendantistes algériens se solde par un bain de sang...

Cessez-le-feu en Algérie

Le 19 mars 1962, à midi, un cessez-le-feu met fin à huit ans de guerre en Algérie. Le 8 avril précédent, un référendum a ratifié à plus de 90% la décision du général de Gaulle de donner l'indépendance à l'Algérie.

La veille, à Évian, le gouvernement français a cédé au GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara... Les violences se poursuivent néanmoins après le cessez-le-feu et l'indépendance, effective le 3 juillet. Les Européens quittent le pays dans la confusion...

Attentat du Petit-Clamart

Le 22 août 1962 survient l'attentat du Petit-Clamart, contre le général de Gaulle...

Le président met à profit l'émotion qui secoue le pays pour proposer l'élection du président de la République au suffrage universel direct et non plus indirect. C'est la dernière touche au régime présidentiel qu'il a toujours souhaité pour le pays. On s'apercevra plus tard de l'ambivalence institutionnelle de ce régime, dont le caractère parlementaire se révèle en période de cohabitation...

Référendum sur l'élection du Président

Le général de Gaulle, président de la République française, soumet une révision majeure de la Constitution au référendum de ses concitoyens. Il s'agit d'instituer l'élection du Président au suffrage universel direct (et non plus par un collège de grands électeurs).

Le référendum intervient peu après l'attentat raté du Petit-Clamart contre le général de Gaulle (28 août 1962). Dans l'émotion du moment, la révision est approuvée à une assez large majorité (61,7% de oui contre 38,2% de non) malgré l'opposition de tous les partis à l'exception du parti gaulliste.

La première élection présidentielle au suffrage universel direct a lieu en 1965. Elle reconduit Charles de Gaulle à l'Élysée pour un deuxième mandat qui sera interrompu en 1969 par une démission inopinée.

Traité d'amitié franco-allemand ou traité de l'Élysée

Le 22 janvier 1963, le traité d'amitié franco-allemand de l'Élysée, à Paris, consacre le rapprochement des deux anciens ennemis. Il est signé par le général de Gaulle, président de la République française, et le chancelier allemand Konrad Adenauer, qui, l'un et l'autre, partagent les mêmes convictions.

Mais le traité est vidé de son contenu par le préambule unilatéralement voté par le Bundestag le 15 juin 1963 : les députés allemands réaffirment à cette occasion leur lien avec les États-Unis et le Royaume-Uni, à la grande colère de De Gaulle, qui voit réduite à néant son aspiration à une Europe indépendante... 

Inauguration de l'usine marémotrice de la Rance

Le 26 novembre 1966, le président Charles de Gaulle inaugure l'usine marémotrice de la Rance. Cette réalisation technologique prestigieuse restera sans lendemain. L'électricité produite à partir des marées n'étant qu'à peine rentable.

Échouage du Torrey Canyon

Le 18 mars 1967, le pétrolier Torrey Canyon s’échoue dans la Manche et déverse son pétrole sur les côtes bretonnes.

Cette première « marée noire » donne le coup d’envoi des mouvements écologiques dans les pays industrialisés. Mais, dans un premier temps, les critiques portent uniquement sur les méfaits de la pollution industrielle et les dangers d'une croissance effrénée. On s'inquiète de la pollution des océans, de la disparition des oiseaux du fait des pesticides et des forêts du fait des « pluies acides »...

Il n’est pas encore question d'effet de serre et de réchauffement climatique. Cette prise de conscience n'interviendra que vingt ans plus tard mais sera immédiatement relayée par les partis écologistes nés de l'échouage du pétrolier...

De Gaulle : « Vive le Québec libre ! »

Après avoir débarqué à Québec, le général de Gaulle emprunte le « Chemin du Roy » qui relie la ville de Québec à la métropole provinciale. Reçu à l'Hôtel de ville de Montréal, le président français s'avance de sa propre initiative vers le balcon et s'adresse à la foule qui se presse au pied de l'édifice.

Il conclut son disours par un vibrant : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec... libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »...

La police évacue la Sorbonne

Le 3 mai 1968, la police évacue par la force 500 étudiants qui occupent la Sorbonne. Des barricades font leur apparition sur le boul'Mich du Quartier Latin, à Paris. C'est le début d'une agitation étudiante et ouvrière qui va faire chanceler le régime mis en place dix ans plus tôt par le général de Gaulle.

 
Au Quartier Latin, la brutale poussée de fièvre des étudiants,  source : INA

Les téléspectateurs découvrent la bouille joyeuse d'un trublion, Daniel Cohn-Bendit, et frissonnent face aux appels à la grève générale du syndicaliste communiste Georges Séguy...

Démission du président de Gaulle

Le 27 avril 1969, le peuple français est consulté par référendum sur une réforme du Sénat associée à la mise en oeuvre d'un ambitieux projet de régionalisation. Cette réforme proposée par le président Charles de Gaulle est rejetée à la majorité de 52,41% des suffrages exprimés. Les électeurs manifestent de la sorte moins leur opposition à la réforme de la Constitution que leur lassitude après onze ans de présidence gaullienne.

Le soir même, le général de Gaulle assume avec panache son échec et fait porter au président du Conseil constitutionnel Gaston Palewski le message suivant : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Dès le lendemain, lundi 28 avril, le président du Sénat Alain Poher exerce donc par intérim la présidence en attendant le scrutin qui verra l'élection de Georges Pompidou, le 15 juin suivant.

Élection de Georges Pompidou

Georges Pompidou, qui fut pendant plus de cinq ans le Premier ministre du général de Gaulle, se fait élire sans trop de mal à la présidence de la République le 15 juin 1969, face à Alain Poher, président du Sénat et président par intérim, inconnu du peuple trois mois plus tôt ! Brillant normalien, fils d'un instituteur, petit-fils d'un paysan du Cantal, il reste à ce jour le seul président de la Ve République d'origine authentiquement populaire, ce qui ne l'empêchait de fréquenter la haute bourgeoisie ! Il nomme sans tarder au poste de Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, ancien héros de la Libération de Paris. Sa disparition prématurée pour cause de maladie, le 2 avril 1974, à 63 ans, coïncide en France avec la fin des <em>«Trente glorieuses»</em>, selon l'expression heureuse de l'économiste Jean Fourastié pour désigner les 30 années de modernisation, de croissance économique, de plein-emploi et de progrès social qui ont marqué l'après-guerre...

Mort du général de Gaulle

Le 9 novembre 1970, à 19h15, Charles de Gaulle meurt paisiblement, au cours d'une réussite, dans sa maison de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises (Haute-Marne)...

Le scandale de la Garantie foncière

Le 5 juillet 1971, la Commission des Opérations de Bourse (COB) interdit à une société, la Garantie foncière, de solliciter désormais l'épargne par voie d'annonce publicitaire. C'est le début d'un scandale qui va secouer l'opinion publique et déchirer la classe politique française.

Les principaux inculpés, le député André Rives de Lavaysse, plus connu sous le nom de Rives-Henrys, Robert Frenkel et l'avocat Victor Rochenoir, seront condamnés à des peines d'emprisonnement. Il restera de l'affaire une formule de Michel Poniatowski sur « la république des copains et des coquins »...

L'affaire criminelle de Bruay-en-Artois

Le 6 avril 1972, un jeune homme découvre le corps inanimé de sa soeur, Brigitte Dewèvre, sur un terrain vague de Bruay-en-Artois.

Le juge d'instruction Henri Pascal incarcère aussitôt un notable, le notaire Pierre Leroy, sur la foi de son « intime conviction ». Il étale sa vie privée en place publique. Les organisations gauchistes lui apportent immédiatement leur soutien, voyant dans le crime une manifestation de la lutte des classes. Le juge sera finalement désavoué et le probable criminel, un ami de la victime, acquitté au bénéfice du doute. L'émotion est telle que la municipalité de la ville a changé son nom en Bruay-la-Buissière.

Avec cette affaire de Bruay-en-Artois, la justice et l'ordre public deviennent une pomme de discorde politique et un enjeu idéologique. Ils ne cesseront plus de l'être.

Mort du président Georges Pompidou

Dans la nuit du 2 avril 1974, les radios francophones s'interrompent pour annoncer la mort de Georges Pompidou.

La maladie du président était connue de tous les cercles du pouvoir mais ignorée de l'opinion publique, laquelle est troublée par cette disparition soudaine. Pour la deuxième fois, Alain Poher, président du Sénat, exerce l'intérim ainsi que le veut la Constitution...

Élection de Valéry Giscard d'Estaing

Le dimanche 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing (48 ans) devient le troisième président de la Ve République... Le nouvel élu est le fondateur et le chef d'une formation centriste, les Républicains Indépendants, ancêtre de l'UDF (Union pour la Démocratie française)...

La Corse ensanglantée

Le 22 août 1975, pour la première fois depuis 150 ans, en Corse, on tire sur les forces de l'ordre. Deux gendarmes sont tués. Le drame survient après que des militants de l'ARC (Action de la Renaissance de la Corse), un groupuscule dirigé par le médecin Edmond Simeoni, aient occupé une cave viticole de la plaine d'Aléria...

Inauguration du Centre Pompidou

Le 31 janvier 1977, le centre culturel Georges Pompidou est inauguré par le président Giscard d'Estaing. Par sa conception architecturale novatrice et la réunion en un même lieu de différentes activités culturelles (bibliothèques, expositions temporaires, musée d'art moderne), il bouleverse l'image traditionnelle de la Culture.

Mitterrand président de la République

Le dimanche 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République française...

La France abolit la peine de mort

Le 18 septembre 1981, à Paris, l'Assemblée nationale vote la loi d'abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter. 369 députés votent en sa faveur et 113 s'y opposent. Cette initiative met la France au diapason des autres pays d'Europe occidentale...

Attentat de la rue des Rosiers

Le 9 août 1982, à l'heure du déjeuner, une poignée d'hommes armés force l'entrée de Goldenberg, un populaire restaurant juif de la rue des Rosiers (Paris). Il lance une grenade dans la salle et tire sur les convives avant de s'enfuir. On compte six morts et 22 blessés. L'émotion est immense en France où l'on découvre une nouvelle réalité, le terrorisme. Il s'agit du deuxième attentat qui vise la communauté juive française après l'explosion d'une bombe devant la synagogue de la rue Copernic (Paris), qui avait fait 4 morts le 3 octobre 1980.

Le groupe palestinien Abou Nidal est fortement suspecté d'être à l'origine de l'attentat mais il n'est pas pour autant mis en cause par le juge Jean-Louis Bruguière auquel a été confié l'enquête et l'on murmure que la raison d'État aurait en la circonstance pris le pas sur la justice.

Dans le souci de jeter malgré tout des coupables en pâture à l'opinion, le président François Mitterrand demande à la cellule antiterroriste de l'Élysée de mener sa propre enquête. Sous la supervision du capitaine Paul Barril, elle débouche sur une grossière mystification avec l'inculpation frauduleuse d'un groupe de sympatisants de l'IRA, les « Irlandais de Vincennes », qui seront mis hors de cause après de scabreuses péripéties.

Signature du traité de Maastricht

Le 7 février 1992, les douze ministres des affaires étrangères de l'Union européenne signent un « traité d'union économique, monétaire et politique » à Maastricht, aux Pays-Bas...

Élection de Jacques Chirac

Troisième fois candidat à la présidence de la République française, Jacques Chirac (62 ans) est élu au terme d'une surprenante campagne qui l'a tiré du tréfonds de l'impopularité et lui a permis de battre tout à la fois son ancien <em>«ami de trente ans»</em> Édouard Balladur et son rival socialiste Lionel Jospin...

Fin de la conscription en France

Le 28 mai 1996, le président de la République française Jacques Chirac annonce la fin du service militaire obligatoire au détour d'une allocution télévisée. Sa décision est spontanément approuvée par les éditorialistes, la classe politique et l'opinion publique. Elle est officialisée par la loi du 28 octobre 1997 qui « suspend » la conscription mais réserve la possibilité de la rétablir en cas de crise grave menaçant l'existence de la nation.

Les derniers conscrits ont fêté la « quille » en 2002, soit plus de deux siècles après le vote de la loi Jourdan. En se cantonnant à une armée de métier, la France s'aligne sur les démocraties à l'anglo-saxonne (Royaume-Uni, États-Unis, Pays-Bas,...).

Référendum sur le quinquennat en France

Le gouvernement français soumet à référendum un amendement à la Constitution de la Ve République qui instaure le quinquennat et aligne la durée du mandat présidentiel (5 ans) sur la durée des législatures (mandats des députés de l'Assemblée nationale). C'est la mort du septennat instauré 127 ans plus tôt.

73% des votants s'expriment en faveur de l'amendement constitutionnel mais la participation est très faible (30% des inscrits). Le manque d'enthousiasme de l'électorat vient de ce que la réforme a été mise en oeuvre pour des raisons de convenance partisane par le président Jacques Chirac et son Premier ministre Lionel Jospin.

Le premier de droite, le second de gauche, ils visent l'un et l'autre l'élection présidentielle de 2002. Lionel Jospin juge habile de prévoir aussi que les élections législatives se dérouleront dans la foulée des présidentielles, de façon à assurer au Président nouvellement élu une majorité automatique à l'Assemblée.

Cette modification d'apparence anodine aura pour effet de transformer le Parlement en une chambre d'enregistrement, tout juste bonne à entériner les décisions du Président.

L'euro, une nouvelle monnaie pour l'Europe

Le 1er janvier 2002 (il y a 10 ans), 304 millions d'Européens, dans douze pays de l'Union européenne, découvrent leur nouvelle monnaie, l'euro, sous forme de billets et pièces.

L'euro, à vrai dire, est né trois ans plus tôt quand les devises de ces mêmes pays avaient été arrimées les unes aux autres par des parités fixes. Au même moment, la politique monétaire des onze pays concernés (l'Eurogroupe), notamment la fixation des taux de réescompte, est confiée à une Banque Centrale Européenne (BCE) établie à Francfort (Allemagne). C'est l'aboutissement du Système Monétaire Européen (SME) créé le 13 mars 1979...

Le peuple français dit non au traité constitutionnel

Le dimanche 29 mai 2005, au terme d'un débat démocratique d'une exceptionnelle vitalité, le peuple français rejette à une écrasante majorité (55%) le traité constitutionnel européen, pourtant encensé par la quasi-totalité des médias et de la classe dirigeante. Le 2 juin suivant, le peuple hollandais rejette à son tour le traité...

Élection de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy est élu président de la République française au terme d'un duel sans grand suspense avec sa rivale socialiste Ségolène Royal...

François Hollande président de la République

François Hollande (57 ans) devient le 24e président de la République française... et le 2e président socialiste de la Ve République.
1848
1853
1858
1863
1868
1873
1878
1883
1888
1893
1898
1903
1908
1913
1918
1923
1928
1933
1938
1943
1948
1953
1958
1963
1968
1973
1978
1983
1988
1993
1998
2003
2008
2013
| 22 fév. 1848 : Insurrection républicaine à Paris
| 24 fév. 1848 : Louis-Philippe Ier abdique
| 23 avr. 1848 : Élections à l'Assemblée constituante
| 1 déc. 1848 : Élection de Louis-Napoléon Bonaparte
| 13 mai 1849 : Le Parti de l'Ordre remporte les législatives
| 15 mars 1850 : Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel
| 2 déc. 1851 : Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte
| 2 sep. 1870 : Napoléon III est fait prisonnier à Sedan
| 4 sep. 1870 : Proclamation de la République
| 24 oct. 1870 : Crémieux francise les juifs d'Algérie
| 17 fév. 1871 : Adolphe Thiers chef du gouvernement exécutif
| 18 mars 1871 : Début de la Commune de Paris
| 1 mai 1871 : Traité de Francfort
| 28 mai 1871 : Fin sanglante de la Commune
| 24 mai 1873 : Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée
| 23 oct. 1873 : Le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore
| 2 nov. 1873 : Naissance du septennat en catimini
| 3 jan. 1875 : Le mot république dans l'amendement Wallon
| 16 mai 1877 : Mac-Mahon affronte la Chambre
| 8 sep. 1877 : Obsèques de Thiers
| 3 jan. 1879 : Jules Grévy président de la République
| 17 juil. 1879 : Le « plan Freycinet » à l'oeuvre
| 29 mars 1880 : Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement
| 21 mars 1884 : Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier
| 2 déc. 1887 : démission de Jules Grévy
| 3 déc. 1887 : Élection de Sadi Carnot
| 3 sep. 1891 : Mort piteuse d'un général
| 11 jan. 1892 : Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif
| 9 déc. 1893 : Une bombe à la Chambre  !
| 24 juin 1894 : Sadi Carnot assassiné
| 27 juin 1894 : Jean Casimir-Perier président malgré lui
| 5 jan. 1895 : Dégradation du capitaine Dreyfus
| 17 jan. 1895 : Félix Faure président de la République
| 4 mai 1897 : Incendie du Bazar de la Charité
| 13 jan. 1898 : J'accuse
| 16 fév. 1899 : La mort « heureuse » de Félix Faure
| 18 fév. 1899 : Émile Loubet président de la République
| 23 fév. 1899 : Funérailles de Félix Faure
| 2 avr. 1899 : La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres
| 15 avr. 1900 : Exposition universelle à Paris
| 22 sep. 1900 : Le banquet des maires de France
| 1 juil. 1901 : La loi sur les associations
| 4 nov. 1904 : Le général André et l'affaire des fiches
| 9 déc. 1905 : Séparation des Églises et de l'État
| 17 jan. 1906 : Armand Fallières président débonnaire
| 12 juil. 1906 : La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus
| 17 jan. 1913 : Raymond Poincaré président de la République
| 16 mars 1914 : Mme Caillaux tire sur Gaston Calmette
| 31 juil. 1914 : Assassinat de Jean Jaurès
| 1 août 1914 : Début de la Grande Guerre
| 1 sep. 1915 : Premier numéro du Canard Enchaîné
| 17 nov. 1917 : Clemenceau forme un gouvernement de choc
| 26 mars 1918 : Conférence interalliée de Doullens
| 11 nov. 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre
| 28 juin 1919 : Paix bâclée à Versailles
| 16 nov. 1919 : Le Bloc national au pouvoir
| 17 jan. 1920 : Paul Deschanel président de la République
| 23 sep. 1920 : Alexandre Millerand président de la République
| 25 déc. 1920 : Congrès de Tours des socialistes français
| 12 jan. 1922 : Démission d'Aristide Briand
| 11 jan. 1923 : Les Français occupent la Ruhr
| 11 mai 1924 : Victoire du Cartel des gauches
| 13 juin 1924 : Élection de Gaston Doumergue
| 25 juin 1928 : Le franc Germinal disparaît
| 14 jan. 1930 : Construction de la ligne Maginot
| 6 mai 1931 : Inauguration de l'Exposition coloniale
| 13 mai 1931 : Élection de Paul Doumer
| 16 fév. 1932 : Moulinex « libère » la femme
| 11 mars 1932 : Premières allocations familiales en France
| 1 mai 1932 : Albert Lebrun président de la République
| 6 fév. 1934 : Manifestation sanglante à Paris
| 3 mai 1936 : Un Front populaire en France
| 21 mars 1940 : Paul Reynaud à la tête du gouvernement français
| 1 mai 1940 : Hitler envahit la Belgique
| 16 juin 1940 : Formation du gouvernement Pétain
| 1 juil. 1940 : Pleins pouvoirs au Maréchal Pétain
| 13 déc. 1940 : Renvoi de Laval
| 19 fév. 1942 : Ouverture du procès de Riom
| 16 juil. 1942 : Rafle du Vél d'Hiv
| 3 juin 1944 : De Gaulle chef du gouvernement provisoire
| 25 août 1944 : La Libération de Paris
| 29 avr. 1945 : Les Françaises votent pour la première fois
| 8 mai 1945 : Capitulation allemande
| 17 août 1945 : La « Grande Muette » vote !
| 2 jan. 1946 : De Gaulle s'en va ! La IVe République s'installe
| 19 mars 1946 : La République française prend des couleurs
| 16 juin 1946 : De Gaulle et le discours de Bayeux
| 16 jan. 1947 : Vincent Auriol président de la République
| 1 déc. 1949 : Les Français en finissent avec le rationnement
| 11 fév. 1950 : Les Français découvrent le salaire minimum
| 9 mai 1950 : La Communauté européenne du charbon et de l'acier
| 8 mars 1952 : Le miracle Pinay
| 16 jan. 1954 : René Coty président de la République
| 1 fév. 1954 : Appel de l'abbé Pierre
| 12 jan. 1956 : Poujade sème la panique
| 7 mars 1956 : Le procès de « l'affaire des fuites »
| 28 sep. 1956 : La France produit ses premiers kW nucléaires à Marcoule
| 7 jan. 1957 : Début de la bataille d'Alger
| 25 mars 1957 : La Communauté Économique Européenne
| 13 mai 1958 : Alger se révolte
| 28 sep. 1958 : Référendum sur la Constitution de la Ve République
| 3 sep. 1958 : Le « plan Pinay-Rueff »
| 21 déc. 1958 : De Gaulle Président !
| 2 déc. 1959 : Catastrophe de Malpasset
| 31 déc. 1959 : Loi Debré sur l'enseignement privé
| 17 oct. 1961 : Nuit tragique à Paris
| 19 mars 1962 : Cessez-le-feu en Algérie
| 22 août 1962 : Attentat du Petit-Clamart
| 28 oct. 1962 : Référendum sur l'élection du Président
| 22 jan. 1963 : Traité d'amitié franco-allemand ou traité de l'Élysée
| 26 nov. 1966 : Inauguration de l'usine marémotrice de la Rance
| 18 mars 1967 : Échouage du Torrey Canyon
| 24 juil. 1967 : De Gaulle : « Vive le Québec libre ! »
| 3 mai 1968 : La police évacue la Sorbonne
| 27 avr. 1969 : Démission du président de Gaulle
| 15 juin 1969 : Élection de Georges Pompidou
| 9 nov. 1970 : Mort du général de Gaulle
| 5 juil. 1971 : Le scandale de la Garantie foncière
| 6 avr. 1972 : L'affaire criminelle de Bruay-en-Artois
| 2 avr. 1974 : Mort du président Georges Pompidou
| 19 mai 1974 : Élection de Valéry Giscard d'Estaing
| 22 août 1975 : La Corse ensanglantée
| 31 jan. 1977 : Inauguration du Centre Pompidou
| 1 mai 1981 : Mitterrand président de la République
| 18 sep. 1981 : La France abolit la peine de mort
| 9 août 1982 : Attentat de la rue des Rosiers
| 7 fév. 1992 : Signature du traité de Maastricht
| 7 mai 1995 : Élection de Jacques Chirac
| 28 mai 1996 : Fin de la conscription en France
| 24 sep. 2000 : Référendum sur le quinquennat en France
| 1 jan. 2002 : L'euro, une nouvelle monnaie pour l'Europe
| 29 mai 2005 : Le peuple français dit non au traité constitutionnel
| 6 mai 2007 : Élection de Nicolas Sarkozy
| 15 mai 2012 : François Hollande président de la République