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L'impératrice Eugénie à Compiègne
Gambetta quitte Paris en ballon
Barricade de la Commune de Paris
Impressionnisme
La IIIe République
Louis Pasteur
Oeuvre de Paul Gauguin
L'Affaire Dreyfus

Élection de Louis-Napoléon Bonaparte

Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans) est élu président de la République au suffrage universel (masculin) après une violente mais courte campagne électorale. Le neveu de Napoléon 1er est porté par le prestige de son nom, le discrédit de l'Assemblée conservatrice qui anime la IIe République et ses propres options socialisantes...

Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel

Le 15 mars 1850, après deux mois de vifs débats, les députés de la Seconde République votent une loi qui permet aux congrégations catholiques d'ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et « morales », autrement dit religieuses.

Mariette découvre Saqqara

Le 12 novembre 1851, Auguste Mariette découvre à Saqqara le Serapeum de Memphis et la nécropole des taureaux sacrés. L'archéologue va faire de l'égyptologie la discipline prestigieuse qu'elle est devenue.

Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte

Le 2 décembre 1851, anniversaire du sacre de Napoléon 1er et de la bataille d'Austerlitz, Louis-Napoléon Bonaparte conduit le coup d'État qui lui permettra de passer du statut de Prince-Président à celui d'Empereur des Français...

Mort du représentant Baudin

Le 3 décembre 1851, le représentant Alphonse Baudin (40 ans) se fait tuer sur une barricade en tentant, mais en vain, de soulever le peuple de Paris quelques heures après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Député de l'Ain et médecin à Nantua, il monte sur la barricade en lançant aux ouvriers goguenards : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ! » (montant de l'indemnité journalière des parlementaires). Ses confrères s'avancent au-devant de la troupe pour dialoguer. Comme l'un d'eux, Schoelcher, est bousculé par un soldat, un émeutier, le croyant menacé, fait feu. La troupe riposte. Baudin et un autre émeutier s'écroulent, touchés à mort.

Le député Baudin  sur les barricades (Ernest Pichio, musée Carnavalet, Paris)

Constitution sur mesure pour Louis-Napoléon

Le 14 janvier 1852 est promulguée en France une nouvelle Constitution. Elle donne au Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, que d'aucuns surnomment avec mépris Badinguet, des pouvoirs quasi-dictatoriaux pour une durée de... dix ans. C'est la fin de la IIe République.

Louis-Napoléon devient Napoléon III

Le 2 décembre 1852, avec l'approbation du suffrage universel, Louis-Napoléon Bonaparte est couronné empereur des Français sous le nom de Napoléon III (le deuxième du nom est supposé être le fils unique de Napoléon 1er, mort en pleine jeunesse à Vienne).

Napoléon III épouse Eugénie de Montijo

Le 30 janvier 1853, faute d'avoir pu convaincre une famille royale de lui donner la main d'une princesse, l'empereur Napoléon III (44 ans) épouse par inclination une jeune et belle aristocrate espagnole, Eugénie de Montijo, comtesse de Teba, née à Grenade 26 ans plus tôt. Le mariage est célébré en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pour l'occasion, c'est l'architecte Viollet-le-Duc, à qui l'on doit les travaux de restauration de la cathédrale, qui décore somptueusement sa façade.

La France découvre la corrida

Le 21 août 1853, Bayonne est le théâtre de la première corrida « à l'espagnole » jamais organisée en France. Parmi les spectateurs figure l'épouse espagnole de Napoléon III, l'impératrice Eugénie de Montijo, à l'origine de cette initiative.

La tauromachie (du grec tauros, taureau, et machê,combat), remonte à l'Antiquité. Mais c'est seulement au XVIIIe siècle qu'elle a pris en Espagne la forme popularisée sous le nom de corrida, ou course de taureaux, avec mise à mort du taureau.

La Nouvelle-Calédonie devient française

Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l'empereur Napoléon III. L'archipel devient français...

Alliance contre la Russie

Le 12 mars 1854, la France, l'Angleterre et le sultan ottoman concluent une alliance contre la Russie. Le traité débouchera le 27 mars suivant sur une déclaration de guerre. Ce sera le début de la guerre de Crimée.

Début de la guerre de Crimée

Le 27 mars 1854, sur un motif à première vue ridicule, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. C'est le début de la guerre de Crimée, qui voit pour la première fois depuis 700 ans les Français et les Anglais combattre côte à côte...

Création du bagne de Cayenne

Le 30 mai 1854, une loi officialise la création du bagne de Cayenne, en Guyane. 3 000 condamnés y ont déjà été envoyés dans les deux années précédentes...

Siège de Sébastopol

Le 26 septembre 1854, Français et Anglais pour une fois alliés mettent le siège devant Sébastopol, en Crimée.

Faidherbe à la conquête du Sénégal

Le 16 décembre 1854, le colonel Faidherbe est nommé gouverneur du Sénégal. Il entreprend la conquête de la vallée du fleuve pour protéger les arrières du comptoir de Saint-Louis-du-Sénégal, où les commerçants français se plaignent des exactions des indigènes.

Prise de Malakoff

Le 8 septembre 1855, le général de Mac-Mahon s'empare avec ses zouaves de la tour Malakoff, qui surplombe la citadelle de Sébastopol. Ce succès laisse entrevoir la fin de l'épuisante guerre de Crimée, entamée un an plus tôt...

Traité de Paris, fin de la guerre de Crimée

Le 30 mars 1856, le traité de Paris met un terme à la guerre de Crimée en consacrant la défaite de la Russie face à l'Angleterre et la France. Pour l'empereur Napoléon III, neveu de l'inexpiable ennemi des Anglais, cette guerre, bien que mal engagée et mal gagnée, s'avère un succès sur la scène internationale (le premier et le dernier). Le bonheur de l'empereur est à son comble avec la naissance de son fils Eugène Louis Napoléon pendant le congrès !... Le jeune tsar Alexandre II découvre quant à lui dans l'humiliation de la défaite la nécessité de moderniser son pays.

Faidherbe chasse El-Hadj Omar du Sénégal

Le 18 juillet 1857, le colonel Louis Faidherbe, à la tête de quelques centaines de soldats français et de supplétifs sénégalais, se présente devant le fort de Médine, sur le cours supérieur du fleuve Sénégal. À son approche, les Toucouleurs qui assiègent le fort prennent la fuite. Leur chef El-Hadj Omar, un guerrier charismatique de 60 ans, renonce à se créer un royaume sur les rives du Sénégal. Il gagne le Soudan et va y poursuivre la lutte...

Attentat d'Orsini

Le 14 janvier 1858, Felice Orsini commet un attentat contre Napoléon III devant l'opéra de la rue Le Peletier, à Paris. Il en veut à l'empereur d'entraver l'unification de l'Italie. Napoléon III en profite pour faire passer une loi de sûreté générale.
De sa prison, le terroriste supplie l'empereur d'apporter son appui à la cause italienne. Napoléon III entame des pourparlers avec Cavour, le Premier ministre du roi de Piémont-Sardaigne.

Loi de sûreté générale

Le 19 février 1858, une loi de sûreté générale marque le durcissement du régime impérial de Napoléon III suite à l'attentat d'Orsini.

Entrevue secrète de Plombières

Suite à l'attentat de Felice Orsini, l'empereur Napoléon III invite secrètement à Plombières, station thermale des Vosges, Camilo Cavour, Premier ministre du roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II. Lors de cette entrevue secrète, les 20 et 21 juillet 1858, les deux hommes conviennent d'une intervention militaire conjointe contre l'Autriche en vue de l'unification de l'Italie.

Occupation de Saigon par les Français

Le 18 février 1859, une flotte française remonte une rivière au sud du Viêt-nam. Les nouveaux venus, sous le commandement de l'amiral Rigault de Genouilly, occupent le site de Saigon. Ce port sert au ravitaillement de Hué, la capitale de l'empire du Viêt-nam. Pour les Vietnamiens, l'arrivée des Français est le début d'une longue parenthèse dans une Histoire deux fois millénaire...

Napoléon III risque tout à Magenta

Le 4 juin 1859, un mois après avoir déclaré la guerre à l'Autriche, l'empereur Napoléon III et son allié, le roi de Piémont-Sardaigne affrontent l'ennemi à Magenta, à l'ouest de Milan. Les alliés franco-sardes l'emportent difficilement et Napoléon III manque d'être fait prisonnier avec son état-major...

Solferino donne naissance à la Croix-Rouge

Le 24 juin 1859, les armées franco-sardes se heurtent aux armées autrichiennes à Solferino dans une mêlée sanglante et désordonnée...

La Légende des Siècles

Le 26 septembre 1859 paraît La Légende des Siècles, monument poétique de Victor Hugo. Le poète romantique s'est volontairement exilé à Guernesey pour protester contre le coup d'État de Napoléon III. Il acquiert avec cette oeuvre une stature de prophète.

Traité de libre-échange franco-britannique

Le 23 janvier 1860 est signé le traité de libre-échange franco-britannique, négocié par Michel Chevalier et Richard Cobden, avec le soutien de William Gladstone, chancelier de l'Échiquier dans le cabinet Palmerston, et l'appui de Napoléon III.

L'Europe va dès lors se vouer au libre-échange et lui rester fidèle jusqu'en 1892 en dépit de la «grande dépression européenne», qui débute vers 1873...

La France reçoit Nice et la Savoie

Le 24 mars 1860, par le traité de Turin, le comté de Nice et la Savoie reviennent à la France. Napoléon III obtient ces deux territoires en récompense de son intervention militaire contre l'Autriche, aux côtés du Piémont, et en échange de l'annexion de l'Italie centrale par le Piémont...

Référendum à Nice et en Savoie

Suite au traité de Turin, qui prévoyait la cession de la Savoie et du comté de Nice à la France, les populations concernées sont invitées à donner leur avis sur ce rattachement le 22 avril 1860.

Sans surprise, les habitants de ces provinces francophones approuvent à une écrasante majorité leur rattachement à la France. À Nice, on compte 25 743 oui, 160 non et 5 000 abstentions ; en Savoie, 235 non et une poignée d'abstentions sur 130 000 votants. Ces résultats montrent que les habitants s'étaient par avance résignés à leur sort. Un sénatus-consulte du 12 juin 1860 confirme l'incorporation des deux provinces à l'Empire français.

C'est la deuxième fois au monde qu'est mis en pratique le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

Il avait été décrété par l'Assemblée constituante 70 ans plus tôt, suite au rattachement d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France. Ces contrées rhodaniennes avaient été cédées au Saint Siège au début du XIVe siècle. Le gouvernement révolutionnaire ayant souhaité les récupérer, il avait organisé un référendum le 12 juin 1790 et les deux tiers des électeurs s'étaient prononcés en faveur du rattachement. Il était devenu effectif le 12 septembre 1791. Le pape Pie VI avait alors protesté et frappé d'anathème (d'un mot grec qui désigne une immolation sacrée) ce principe qu'il qualifia de « droit à renverser les empires » (*).

Affrontements entre maronites et Druzes

Le 26 mai 1860, maronites et Druzes s'affrontent pour la première fois sur les pentes du mont Liban...

La bataille du pont de Palikao

En août 1860, un corps expéditionnaire de 3 000 Anglais et autant de Français débarque dans le golfe de Hobai et prend la route de Pékin, sous le commandement du général Charles Cousin-Montauban. Le 21 septembre 1860, la troupe arrive devant le pont de Pa-li-kao qui donne accès à la voie dallée menant vers la capitale chinoise.

De l'autre côté du pont manœuvrent 30 000 cavaliers tatares et un plus grande nombre encore de fantassins chinois. Ils sont commandés par un général énergique, San-ko-li-tsing, décidé à en découdre avec les « longs-nez », surnom méprisant donné aux Européens.

Les Français repoussent l'assaut de la redoutable cavalerie tatare. Une fois celle-ci hors-jeu, ils marchent sans faillir vers le pont, faisant refluer devant eux les malheureux fantassins chinois. La journée se solde par une dizaine de tués du côté européen, un millier du côté chinois. Cette victoire dans la « Seconde guerre de l'opium » vaudra à son héros, Cousin-Montauban, le titre honorifique de comte de Palikao.

Le reste n'est plus qu'une promenade et le corps expéditionnaire franco-anglais entre le 13 octobre 1860 à Pékin, d'où s'est enfui l'empereur Xianfeng.

Libéralisation du Second Empire

Le 24 novembre 1860, le Corps législatif acquiert le droit d'adresse. C'est une première atteinte au pouvoir absolu de Napoléon III. Sous la pression de l'opinion et aussi sous l'effet de ses propres penchants politiques, l'empereur entreprend de démocratiser le régime.

Une Française accède pour la première fois au baccalauréat

Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.

Le ministre de l'Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d'ouverture d'esprit en faisant voter en avril 1867 une loi imposant l'ouverture dans chaque commune de plus de 500 habitants d'une école primaire réservée aux filles...

Publication des Misérables

Le 3 avril 1862 sortent en librairie les deux premiers tomes d'un roman promis à un succès exceptionnel : Les Misérables.

L'auteur est un proscrit à barbe blanche, qui, de son exil de Guernesey, n'en finit pas de lancer des philippiques à l'encontre de l'empereur Napoléon III, alors à l'apogée de son règne.

Mais comme l'empereur lui-même, comme beaucoup de ses contemporains, comme le peintre Millet (L'Angélus, Le vanneur...), Victor Hugo se montre dans les années 1850-1860 très sensible au sort des humbles et à la condition ouvrière.

Les Misérables lui valent une popularité dans tous les pays et toutes les classes sociales. On dit que des ouvriers se cotisent pour acheter l'oeuvre et se la passer de main en main...

Bataille de Puebla

Le 5 mai 1862, la progression des armées françaises au Mexique se heurte à la résistance de Puebla, une ville fortifiée sur la route de Mexico. Cette bataille est le premier accroc dans la guerre franco-mexicaine que les courtisans de l'empereur Napoléon III ont qualifiée de « plus grande pensée du règne ». Sept mille hommes piétinent devant Puebla et sont mis en déroute par des renforts mexicains... 

Il s'agit en grande partie d'Indiens descendus des montagnes voisines. Leur victoire sur la « meilleure armée du monde » a un immense retentissement en France comme au Mexique. « Habitants de Puebla (...) vous avez raison de croire que je suis avec vous. Ce n'est pas la France qui vous fait la guerre, c'est l'empire », écrit Victor Hugo aux défenseurs de la ville, de son exil de Guernesey. Il faut envoyer en catastrophe 28 000 hommes en renfort, sous le commandement du général Forey, pour enfin avoir raison de la résistance de la ville.

Fierté mexicaine

En souvenir de leur résistance héroïque face aux Français, les Mexicains ont fait de l'anniversaire du 5 mai 1862 un jour férié et chômé.

La France s'implante en Indochine

Le 5 juin 1862, par le traité de Saigon (aujourd'hui Hochiminh-ville), l'empereur du Vietnam Tu Duc cède la Cochinchine à la France. Il officialise ainsi la présence française en Indochine...

La Légion résiste à Camerone

Le 30 avril 1863, à Camerone, au Mexique, une poignée de légionnaires français, sous les ordres du capitaine Jean Danjou, résiste à plusieurs milliers de Mexicains...

Le Cambodge devient protectorat français

Le 11 août 1863, une convention franco-khmer établit un protectorat de l'empire français sur le Cambodge du roi Norodom 1er...

ouverture du magasin Le Printemps

La coupole du magasin Le Printemps (1908)Le 11 mai 1865 ouvre à l'orée de Paris, sur les Grands Boulevards, près de la gare Saint-Lazare, un grand magasin qui va devenir un pôle d’attraction pour le monde entier : Le Printemps

À l’origine de ce projet, on trouve un ancien vendeur de vêtements pour dames, Jules Jaluzot, qui a su investir à bon escient la dot de sa jeune épouse. Dix ans plus tôt sont apparus Le Bon Marché et les Les grands magasins du Louvre.

La même année que Le Printemps, alors que le Second Empire brille de tous ses feux, naît aussi La Samaritaine, en plein coeur de la capitale, sur les bords de la Seine.

Chefs-d’oeuvre de l’Art nouveau, le bâtiment actuel du Printemps et sa grande coupole en vitrail sont érigés en 1908. Le Printemps est aujourd’hui une étape incontournable pour toute visite de la capitale.

Naissance de l'Union latine

Le 23 décembre 1865 naît l'Union latine monétaire. La France, la Belgique, la Suisse et l'Italie fixent les parités de leurs monnaies les unes par rapport aux autres...

naissance du certificat d'études primaires

Par la circulaire du 20 août 1866, Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique de Napoléon III, institue un certificat d'études primaires destiné aux « élèves qui auraient subi avec succès un examen portant au moins sur l'enseignement obligatoire », c'est-à-dire la lecture, l'écriture, l'orthographe, le calcul et le système métrique.

L'organisation de l'examen est laissé à la libre discrétion des conseils généraux qui administrent les départements et il faudra attendre un arrêté de Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique sous la IIIe République, le 28 mars 1882, pour qu'enfin l'examen soit organisé sur une base nationale.

Le « certif » va très vite devenir le sésame des jeunes paysans méritants vers les emplois de la fonction publique et un moteur puissant d'ascension sociale. Il va aussi contribuer à la sanctification de l'école et de la culture classique (souci de l'orthographe et de la calligraphie, passion pour l'Histoire...). Pourtant, même après la Seconde Guerre mondiale, il ne sera octroyé qu'à la moitié de chaque classe d'âge, les instituteurs ne présentant à l'examen que leurs meilleurs éléments.

Les chassepots font merveille à Mentana

Le 3 novembre 1867, des volontaires garibaldiens tentent de pénétrer à Rome et d'en chasser le pape Pie IX. Ils veulent remettre la ville au roi d'Italie Victor-Emmanuel II pour achever l'unité politique de la péninsule...

Inauguration du canal de Suez

Le 17 novembre 1869, le canal de Suez est inauguré en présence de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et de l'empereur d'Autriche François-Joseph.

Au terme des travaux, le canal, d'une longueur de 162 km, sur 54 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur, traverse l'isthme de part en part.

Des villes nouvelles naissent dans le désert : Port-Saïd sur la Méditerranée (ainsi nommée en l'honneur du khédive) et Suez sur la mer Rouge, ainsi qu'Ismaïla, entre les deux...

Funérailles tumultueuses de Victor Noir

Le 12 janvier 1870, les funérailles d'Yvan Salmon, dit Victor Noir, sont suivies par 100.000 personnes...

Plébiscite en faveur de l'Empire libéral

Le 8 mai 1870, l'Empire libéral de Napoléon III sort renforcé d'un plébiscite (*) qui lui donne 7.336.000 oui contre 1.560.000 non. A Paris, toutefois, à la différence du reste du pays, une majorité républicaine se prononce contre le régime. Mais la déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, et la défaite de Sedan allaient détruire les illusions de l'empereur et provoquer la chute de son régime le 4 septembre de la même année.

La dépêche d'Ems

Dans la ville d'eaux d'Ems, le 13 juillet 1870, le roi Guillaume 1er s'entretient avec l'ambassadeur de France Benedetti de la candidature d'un prince Hohenzollern à la couronne d'Espagne.

La dépêche qui relate l'entrevue est habilement caviardée par le chancelier Bismarck, assisté du chef d'état-major von Moltke et du ministre de la Guerre Roon, de façon à irriter la susceptibilité des opinions publiques. Succès total : réagissant au quart de tour au ton méprisant de la dépêche, le ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, le duc de Gramont, conduit la France à déclarer la guerre à la Prusse.

À la tribune de l'Assemblée, le chef du gouvernement Émile Ollivier prononce des paroles malheureuses : « De ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l'acceptons d'un coeur léger... d'un coeur confiant ».

Napoléon III déclare la guerre à la Prusse

Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. L'empereur tombe dans le piège préparé par le chancelier Bismarck, par la faute de son ministre des Affaires étrangères, le duc Adolphe de Gramont, partisan d'une politique belliciste.

La déclaration de guerre de la France conduit à l'union de toute l'Allemagne derrière la Prusse. Celle-ci aligne immédiatement 800 000 hommes, transportés en chemin de fer sur la frontière. La France 250 000 seulement, dans le plus grand désordre, faute d'avoir mené à bien la réforme du ministre Adolphe Niel, qui devait, deux ans plus tôt, généraliser le service militaire et créer une armée de seconde ligne (la garde mobile)... Un mois et demi plus tard, l'empereur est fait prisonnier à Sedan.

La charge héroïque de Reichshoffen

Le 6 août 1870, deux semaines après la déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse, une armée française est battue à Forbach, ce qui entraîne pour la France la perte de la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth, d'où la perte de l'Alsace.

Cette défaite importante, trois semaines à peine après le début de la guerre franco-prussienne, est occultée par deux faits d'armes héroïques autant qu'inutiles et meurtriers. Ce sont d'une part les cuirassiers et lanciers du général Michel qui tentent de rompre l'encerclement de l'armée et entrent au galop dans la grand-rue de Morsbronn où ils se font décimer par les Prussiens embusqués dans les maisons. Plus au nord, les cuirassés du général Bonnemain se lancent à corps perdu dans les houblonnières, près du village de Reichshoffen, où hommes et chevaux s'empêtrent et succombent sous le feu ennemi.

La charge des cuirassés à Reichshoffen, le 6 août 1870 (détail du tableau d'Aimé Morot, musée de Versailles)

Napoléon III est fait prisonnier à Sedan

Le 2 septembre 1870, à Sedan, l'armée française commandée par le maréchal Patrice de Mac-Mahon est obligée de se rendre aux Prussiens. Napoléon III est fait prisonnier...

Proclamation de la République

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c'est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre »...

Les troupes piémontaises entrent à Rome

Le 20 septembre 1870, quelques jours après la chute du Second Empire français, les troupes piémontaises entrent à Rome. Le roi Victor-Emmanuel profite de la chute de Napoléon III, qui s'opposait à l'annexion par l'Italie des dernières possessions du pape, pour achever l'unification de la péninsule.

Le pape Pie IX se considère dès lors prisonnier au Vatican. Ses successeurs feront de même jusqu'aux accords de Latran qui, en 1929, transformeront le Vatican en un État souverain.

Gambetta quitte Paris en ballon

Né de la chute du Second Empire et de la défaite de Sedan, le gouvernement de la défense nationale charge le ministre de l'Intérieur Léon Gambetta (32 ans) de quitter Paris, assiégé par les Prussiens, et d'organiser en province la reprise des combats.

Pour franchir les lignes prussiennes, le fougueux ministre a l'idée d'emprunter une montgolfière et prend conseil auprès du photographe et aérostier Nadar. 

Gonflé au gaz d'éclairage, le ballon de 16 mètres de diamètre s'élève au matin du 7 octobre 1870, de la butte Montmartre avec à son bord l'impétueux ministre et un assistant. Mais le vent le pousse vers le nord et les lignes prussiennes... Les deux voyageurs lâchent du lest pour s'élever et échapper aux tirs ennemis. Leur ballon s'écrase en milieu d'après-midi près de Beauvais, où ils sont recueillis par des paysans.

Après trois jours de voyage épique en voiture à cheval et en train, Gambetta arrive enfin à Tours où il rejoint une délégation gouvernementale dirigée par Adolphe Crémieux mais l'approche de l'ennemi les oblige à se replier jusqu'à Bordeaux.

Crémieux francise les juifs d'Algérie

Le 24 octobre 1870, le décret Crémieux donne la citoyenneté française aux juifs d'Algérie...

Bazaine capitule à Metz

Le 27 octobre 1870, le maréchal François Bazaine capitule à Metz avec son armée de 180.000 hommes, réduisant à néant les chances de sursaut de la France face à l'offensive allemande.

Il est vrai qu'il considère l'installation de la République en France comme un danger plus grand encore que la victoire ennemie et le démembrement prévisible du pays...

Siège de Belfort

Le 4 novembre 1870 commence le siège de Belfort. Les armées prussiennes prennent place autour de la ville pour plus de cent jours. Le courage du colonel Denfert-Rochereau, qui organise la résistance de la ville, permet que celle-ci résiste aux bombardements comme au froid intense qui s'abat. Denfert-Rochereau ne consentira à se rendre que sur un ordre du gouvernement.

Armistice franco-allemand

Le 28 janvier 1871, le gouvernement provisoire de la France signe un armistice avec le roi de Prusse. Celui-ci a été proclamé empereur d'Allemagne une semaine plus tôt, dans la galerie des glaces de Versailles.

La paix est conclue à Francfort le 10 mai suivant, mettant fin à la guerre franco-prussienne...

Adolphe Thiers chef du gouvernement exécutif

Les premières élections générales depuis la chute de Napoléon III se soldent le 8 février 1871 par une écrasante majorité conservatrice et monarchiste. Le 17 février suivants, les députés, réunis à Bordeaux pour cause d'invasion prussienne, désignent Adolphe Thiers (73 ans) comme « chef du gouvernement exécutif de la République française » en attendant de statuer sur la nature du régime futur : monarchie ou république.
Le 31 août 1871, à Versailles, l'assemblée se proclame Constituante et, dans le même temps, donne le titre de président de la République à Thiers.

Belfort se rend après 103 jours de siège

Le 18 février 1871, après avoir résisté 103 jours sous les ordres du colonel Pierre Marie Denfert-Rochereau, la garnison de Belfort consent à se rendre aux Prussiens qui assiègent la ville alsacienne...

Début de la Commune de Paris

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.

C'est l'amorce de la «Commune». Maîtres malgré eux de la capitale, les révolutionnaires et militants socialistes vont offrir à la bourgeoisie républicaine l'occasion de se débarrasser une fois pour toutes de la «question sociale». Il en coûtera 20.000 victimes....

Thiers abandonne Paris aux Communards

Le 25 mars 1871, Adolphe Thiers abandonne Paris aux Communards. Les Prussiens campent autour de Paris, l'Assemblée constituante est réfugiée à Bordeaux. Face à une capitale traumatisée par la défaite et secouée par des émeutes sporadiques, Adolphe Thiers, le chef du pouvoir exécutif, décide d'évacuer les soldats et de revenir en force pour débarrasser la ville de ses éléments républicains, socialistes ou révolutionnaires.

Cheikh El-Haddad en guerre contre les Français

Le 8 avril 1871, le grand maître d'une confrérie musulmane d'Algérie, Cheikh El-Haddad, proclame la guerre sainte contre l'occupant français. Un tiers de la population musulmane du pays entre en rébellion. C'est la dernière des grandes rébellions algériennes avant la guerre d'indépendance.

Traité de Francfort

Le 10 mai 1871, Jules Favre et Adolphe Thiers signent au nom de la France un traité de paix avec l'Allemagne à l'hôtel du Cygne, à Francfort (Allemagne)...

Fin sanglante de la Commune

Le 28 mai 1871, au terme d'une Semaine sanglante, la Commune de Paris n'existe plus.

Au prix de plusieurs dizaines de milliers d'exécutions et d'arrestations, Adolphe Thiers peut se flatter d'avoir débarrassé le pays de la «question sociale». Celle-ci sera en effet absente de la scène politique française jusqu'en 1936...

Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée

Le 24 mai 1873, à Paris, la majorité monarchiste de l'Assemblée nationale retire sa confiance au président de la République Adolphe Thiers. Elle élit à sa place le maréchal Patrice de Mac Mahon, duc de Magenta, héros de Malakoff (65 ans) avec pas moins de 300 voix sur 392 (on qualifie depuis lors d'« élection de maréchal » une élection à la quasi-unanimité !)...

Le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore

Le 23 octobre 1873, le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore et ruine les espoirs des monarchistes.

Naissance du septennat en catimini

Le 20 novembre 1873, en France, l'Assemblée nationale vote une loi qui confie la Présidence de la République au maréchal de Mac-Mahon pour sept ans. Cette mesure prise à titre conservatoire sera appelée à durer... 127 ans...

Francis Garnier tué par les « Pavillons noirs »

Le 21 décembre 1873, l'officier de marine Francis Garnier (34 ans) meurt près de Hanoi au cours d'un combat entre sa troupe et des irréguliers chinois, les « Pavillons noirs »...

Première exposition de l'Impressionnisme

Le 15 avril 1874, une trentaine de peintres exposent leurs oeuvres dans l'atelier de leur ami, le photographe Félix Tournachon, plus connu sous le pseudonyme Nadar, au 35, boulevard des Capucines.

Nombre d'entre eux ont déjà participé onze ans plus tôt au «Salon des Refusés» autour d'Édouard Manet...

Inauguration de l'Opéra

Le 5 janvier 1875 a lieu la représentation inaugurale de l'Opéra de Paris en présence du président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, de la reine mère d'Espagne, du lord-maire de Londres ainsi que d'environ 2500 spectateurs.

L'architecte Charles Garnier n'a pas été invité et a dû payer sa place. Il n'en est pas moins acclamé par le public...

Le mot république dans l'amendement Wallon

Le 30 janvier 1875, l'amendement Wallon introduit subrepticement le mot République dans les lois constitutionnelles échafaudées par les parlementaires français...

Première de Carmen

Le 3 mars 1875, les Parisiens assistent à la première représentation de Carmen, un opéra de Georges Bizet, d'après une nouvelle éponyme de Prosper Mérimée, mort cinq ans plus tôt à 67 ans.

Georges Bizet (25 octobre 1838 – 3 juin 1875)Le compositeur, qui a lui-même 37 ans, reçoit le jour même la Légion d'honneur.

Quelques mois plus tard, le 3 juin 1875, il meurt suite à un refroidissement après un bain dans la Seine, à Bougival. Carmen, devenu l'opéra le plus populaire du monde, va lui valoir une éternelle renommée.

Toreador, en garde, Toreador, Toreador !
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu'un oeil noir te regarde,
Et que l'amour t'attend,
Toreador, L'amour t'attend !

Cinq-Mars de Gounod

Le 5 avril 1877, Charles Gounod crée un opéra intitulé Cinq-Mars. Il présente sous une forme passablement déformée la tragédie d'un jeune conspirateur sous le gouvernement de Richelieu.

Mac-Mahon affronte la Chambre

Le 16 mai 1877, le maréchal Patrice de Mac-Mahon, président de la République française, renvoie le président du Conseil, le républicain Jules Simon, à cause d'un différend sur les questions religieuses. Le lendemain, il nomme à la tête du gouvernement le très conservateur Albert de Broglie.

La Chambre issue des élections du 5 mars 1876, à forte majorité républicaine, s'irrite de cette attitude et met le gouvernement en minorité...

Obsèques de Thiers

Le 8 septembre 1877, oublieux de son passé monarchiste et de son attitude à l'égard des Communards, le peuple français unanime offre des obsèques grandioses à Adolphe Thiers, mort cinq jours plus tôt, à 80 ans. Léon Gambetta, son rival de toujours, marche en tête du cortège funéraire. Sa dépouille est ensevelie au Père-Lachaise, sous un énorme monument en forme d'arc de triomphe.

Jules Grévy président de la République

Le 30 janvier 1879, suite à la démission de Maurice de Mac-Mahon, les parlementaires élisent le républicain modéré Jules Grévy (71 ans) à la présidence de la République...

Mort tragique du Prince impérial

Le 1er juin 1879, le Prince impérial, fils unique de l'empereur déchu Napoléon III, meurt en Afrique australe, en combattant les Zoulous...

Le « plan Freycinet » à l'oeuvre

Le 17 juillet 1879, Charles de Saulces de Freycinet, Polytechnicien et ministre des Travaux Publics, fait voter le plan qui porte son nom, pour la construction de 8.700 kilomètres de voies ferrées d'intérêt local ainsi que de nombreux canaux à petit gabarit (le « gabarit Freycinet »)...

Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement

Le 29 mars 1880, deux décrets de Jules Ferry expulsent les religieux de l'enseignement...

Tahiti devient colonie française

Tahiti (1000 km2 et près de& 200 000 habitants en 2014) est la plus grande et la plus célèbre des îles Sous-le-Vent, dans l'archipel de la Société. En 1768, séduit par l'accueil de ses habitant(e)s, des Polynésiens à la peau cuivrée, l'explorateur Bougainville la baptisa « Nouvelle-Cythère » mais ce nom ne lui est pas resté !

Portrait de la reine Pomare IV de Tahiti, Charles Giraud, 1851, Musée de Tahiti et des Îles (Papeete)Au siècle suivant, l'île fit l'objet d'une concurrence entre missionnaires protestants (britanniques) et catholiques (français).

Devançant les Anglais, un officier de marine français, l'amiral Dupetit-Thouars, imposa le 6 septembre 1842 le protectorat de la France à la reine Pomaré IV. Il eut souhaité une annexion pure et simple de l'île mais le roi Louis-Philippe, peu soucieux de conquêtes lointaines, s'y refusa.

Le 29 juin 1880, le fils et successeur de la reine Pomaré céda cependant ses droits à la République française, laquelle créa avec les autres îles et archipels de la Polynésie une nouvelle colonie.

Depuis le 29 juin 1984, la Polynésie française est un territoire d'outre-mer autonome et à ce titre, l'anniversaire de ce jour est commémoré dans l'archipel. 

Traité entre Savorgnan de Brazza et le roi des Bateké Tio

Le 10 septembre 1880, Pierre Savorgnan de Brazza signe avec un chef africain un traité de protectorat.

Par ce traité auquel l'Africain ne comprend goutte, la République française établit son protectorat sur un vaste territoire qui fait aujourd'hui partie du Congo-Brazzaville...

Les filles entrent au lycée

Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l'accès à un enseignement secondaire public.

Jusque-là, les jeunes Françaises qui désiraient prolonger leurs études n'avaient d'autre solution que les établissements confessionnels. Dans les lycées publics qui leur sont ouverts, les cours de religion sont remplacés par des cours de morale. L'Église n'a plus le monopole de la formation des filles.

L'année suivante, Camille Sée fait voter la création de l'École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées car il n'est pas encore question de mixité.

Traité du Bardo

Le 12 mai 1881, le gouvernement français et le souverain de Tunisie (aussi appelé bey de Tunis) signent un traité au palais de Kassar Saïd, près du Bardo, dans la banlieue de Tunis...

« Qu'est-ce qu'une nation ?  »

Le 11 mars 1882, à la Sorbonne, l'historien Ernest Renan, au faîte de sa gloire, prononce une conférence appelée à un grand retentissement : « Qu'est-ce qu'une nation ? ». Prenant le contrepied des romantiques allemands, devenus les ennemis de la France par la guerre franco-prussienne de 1870, il rejette toute définition culturelle ou raciale de la nation. À ses yeux, celle-ci naît de l'héritage historique et de la volonté de vivre ensemble.

Apparition des poubelles

Le 24 novembre 1883, sous la IIIe République, Eugène René Poubelle, le préfet du département de la Seine, impose aux Parisiens l'usage de réceptacles fermés pour l'évacuation des ordures ménagères. Il s'agit d'en finir avec la crasse qui fait la mauvaise réputation de la capitale depuis le Moyen Âge et les premières dispositions royales. Le préfet met en place un ramassage quotidien par des voitures tirées par des chevaux. Il prévoit même un tri sélectif avec trois types de réceptacles (déchets organiques, verre, faïence ou coquilles d'huîtres...) mais cette mesure, mal appliquée, disparaîtra du deuxième arrêté relatif à la collecte des ordures, le 7 mars 1884.

Mal accueillis, les arrêtés du préfet suscitent l'hostilité de la grande presse et un journaliste du Figaro qualifie par dérision les réceptacles de « boîtes Poubelle ». Le nom leur restera pour l'éternité. Il n'empêche que ces réceptacles se généralisent très vite dans la capitale française puis dans toutes les grandes villes. De façon bénéfique, ils réduisent considérablement la saleté habituelle aux voies publiques depuis le Moyen Âge et facilitent le travail des éboueurs.

Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier

Le 21 mars 1884, le ministre Pierre Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier de 1791 et autorise les syndicats ouvriers.

Hommage au poète disparu

Le 1er juin 1885, les Français communient autour de la dépouille de Victor Hugo, mort dix jours plus tôt. Un million de personnes suivent le corbillard des pauvres dans lequel il a demandé à être conduit. Le Panthéon est rouvert à cette occasion et devient le mausolée des gloires nationales. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un poète reçoit de pareils hommages...

Le Viêt-nam devient français par le traité de Tien Tsin

Le 9 juin 1885, la Chine reconnaît le protectorat de la France sur le Viet-nam par le traité de Tien Tsin (Tianjin)...

Grève tragique à Decazeville

Le 26 janvier 1886, 2 000 mineurs de Decazeville, dans l'Aveyron, font grève. Ils s'en prennent au sous-directeur de la mine, l'ingénieur Jules Watrin, à l'origine d'une baisse de leurs salaires, et le défenestrent. La victime décède de ses blessures et devient un martyr aux yeux des patrons. La compagnie minière en appelle à l'armée tout en promettant aux mineurs de réviser leurs salaires à la hausse...

Mais dès le mois de février, la direction revient sur ses promesses. La grève reprend. Elle va durer jusqu'en juin de la même année.

L'opinion se divise. À la Chambre, le député républicain opportuniste Jean Jaurès, fraîchement élu, reproche à ses collègues socialistes de faire l'apologie de l'assassinat en soutenant les grévistes !

Le ministre de la guerre, le général Georges Boulanger, qui a envoyé la troupe, exprime maladroitement son embarras face à la répression : « Ne vous en plaignez pas. Car peut-être à l'heure où je vous parle, chaque soldat partage-t-il avec un mineur sa soupe et sa ration de pain », déclare-t-il à la tribune de la Chambre.

Le Symbolisme et l'aube des temps nouveaux

Le 18 septembre 1886, Jean Moréas publie dans Le Figaro le Manifeste du symbolisme. Ce mouvement littéraire annonce le siècle suivant...

démission de Jules Grévy

Le 2 décembre 1887, Jules Grévy (80 ans), quatrième président de la République française, est contraint de remettre sa démission suite aux malversations de son gendre Daniel Wilson, l'un des fondateurs de la gauche républicaine.

Sadi Carnot président de la République

Le 3 décembre 1887, suite à la démission de Jules Grévy, les parlementaires élisent à la présidence de la République Sadi Carnot (50 ans), petit-fils du conventionnel Lazare Carnot, ami de Robespierre ! Jules Ferry, candidat malheureux, doit s'incliner...

Inauguration de l'Institut Pasteur

L'Institut Pasteur est inauguré à Paris, le 14 novembre 1888, par le président de la République Sadi Carnot. C'est le premier institut de recherche jamais créé au monde. Il se donne pour objectif l'identification des virus. Financé par une souscription internationale à hauteur de deux millions de francs, il comble les voeux du plus populaire savant qu'ait connu l'humanité et dont il porte le nom...

Inauguration de la Tour Eiffel

La Tour Eiffel est inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l'Exposition universelle de Paris qui commémore le centenaire de la Révolution française. Elle a été construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours sur les plans audacieux de l'ingénieur Gustave Eiffel. Elle mesure 318 mètres et pèse 10.100 tonnes, avec 18000 pièces de fer et 2500000 rivets.

Prévue pour être détruite après l'exposition, elle doit sa survie à l'installation à son sommet d'un émetteur radio qui a rendu sa conservation indispensable. Si elle n'est plus depuis longtemps le plus haut édifice du monde, la « vieille dame » conserve toujours les faveurs du public et l'amour des Parisiens. À preuve les illuminations et le feu d'artifice qui ont salué l'entrée dans le troisième millénaire...

La IIe Internationale et la Fête du Travail

La IIe Internationale socialiste réunit son deuxième congrès à Paris, au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'avait pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation ». C'est l'origine de notre Fête du Travail.

Et Clément Ader inventa l'avion...

Le 9 octobre 1890, dans le parc du banquier Péreire, à Gretz (Seine-et-Marne), Clément Ader s'envole à bord d'un engin volant d'un nouveau type qu'il appelle du mot avion...

Le « toast d'Alger »

Le 18 novembre 1890, le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, prend prétexte d'une visite de l'escadre française de la Méditerranée dans sa ville pour porter un toast à la République...

Branly expose le principe de la radio

Le 24 novembre 1890, Édouard Branly présente à l'Académie des Sciences, à Paris, les principes de la radioconduction à l'origine de la TSF (la télégraphie sans fil), ancêtre de la radio. L'invention se concrétisera dix ans plus tard à l'initiative de Nikola Tesla et Guglielmo Marconi...

Paul Gauguin part pour Tahiti

Le 4 avril 1891, Paul Gauguin (43 ans) s'embarque à la recherche de nouvelles sensations. L'artiste est alors au sommet de la gloire et il a déjà accompli une première révolution picturale. Son voyage va en occasionner une nouvelle et changer aussi notre regard sur la Polynésie...

Drame ouvrier à Fourmies

Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle en faveur de la journée de 8 heures tourne au drame.

La troupe, équipée des nouveaux fusils Lebel, tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.

Avec la fusillade de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Mort piteuse d'un général

Le 30 septembre 1891, le général Georges Boulanger se suicide sur la tombe de sa maîtresse, Mme Marguerite de Bonnemains, près de Bruxelles.

Dans les années précédentes, pendant la présidence de Sadi Carnot, il a ébranlé la IIIe République française par sa popularité et la dénonciation des scandales de l'heure. Fort heureusement, le « boulangisme » ne survivra pas à sa fuite et à sa mort...

Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif

Jules Méline (20 mai 1838, Remiremont ; 21 décembre 1925, Paris)Député des Vosges depuis 1872, Jules Méline (1838-1925) devint président de la Chambre des députés en 1888 aux dépens de Georges Clemenceau grâce à la voix du dr Michou, député républicain de gauche qui en voulait à Clemenceau pour une plaisanterie de mauvais goût (il lui avait soustrait des sandwiches pris à la buvette et cachés dans sa veste). Les deux candidats ayant de la sorte obtenu le même nombre de suffrages, Méline fut élu au bénéfice de l'âge.

C'est ainsi qu'il fit adopter le 11 janvier 1892 le double tarif douanier avec un taux ordinaire et un taux préférentiel pour les États qui concèdent à la France des avantages douaniers équivalents.

Cette « loi Méline » avait pour objectif de protéger les agriculteurs français contre les importations à bas prix de produits agricoles. Elle clôtura l'épisode de libre-échange inauguré avec le traité de libre-échange de 1860 mais aussi la « grande dépression européenne » (1873-1892). Elle allait avoir entre autres conséquences de retarder la modernisation de l'agriculture française pendant toute la durée de la IIIe République.

Naissance de la Côte d'Ivoire

Le 10 mars 1893, le gouvernement français regroupe ses comptoirs du golfe de Guinée dans une colonie qui prend le nom de Côte d'Ivoire. Elle perdurera à peine plus d'un demi-siècle, jusqu'à son indépendance en 1960.

La nouvelle colonie constitue un quadrilatère d'environ 322.000 km2, soit les 2/3 de la France, avec un peu plus d'un million d'habitants au début du XXe siècle (20 millions au début du siècle suivant)...

Procès du scandale de Panama

Le 20 mars 1893, le scandale de Panama se solde par la condamnation à 5 ans de prison d'un ancien ministre des travaux publics, Baïhaut, qui a eu seul la naïveté d'avouer son implication dans cette gigantesque escroquerie...

Émeutes à Aigues-Mortes

Dans les marais salants d'Aigues-Mortes, la Compagnie des Salins du Midi emploie 800 ouvriers. Elle a constitué des « colles » ou brigades au sein desquelles les Italiens sont associés à des « trimards », vagabonds ou chômeurs recrutés pour la saison. Les premiers, payés au rendement, reprochent aux seconds, payés à la journée, de casser les cadences. Les seconds leur reprochent de leur voler leur travail et de tirer les salaires vers le bas. 

Il s'ensuit des rixes qui débutent le mardi 16 août 1893 et causent quatre morts et plusieurs blessés, tous Italiens...

Une bombe à la Chambre  !

Le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant lance une bombe dans l'hémicycle de la Chambre des députés, à Paris, pour protester contre l'exécution de Ravachol, le 11 juillet 1892.

Cet attentat témoigne de la flambée terroriste qui frappe les sociétés occidentales à la fin du XIXe siècle au nom de l'anarchisme : attentats de François Ravachol, Émile Henry et Caserio, « lois scélérates » de Casimir-Perier, attentats également de Bresci contre le roi d'Italie Humbert 1er etc.

Alliance franco-russe

Le 4 janvier 1894 débute l'alliance franco-russe. Quelques mois après la visite de la flotte française à Cronstadt, une convention militaire secrète est signée entre le gouvernement républicain de la France, sous la présidence de Sadi Carnot, et le gouvernement autocratique du tsar Alexandre III...

Alexandre Yersin isole le bacille de la peste

Le 20 juin 1894, Alexandre Yersin, formé à l'institut Pasteur, isole à Hong-Kong le bacille de la peste. Méconnu en France, ce médecin d'origine suisse est encore vénéré au Vietnam en raison de son action en faveur des populations locales...

Renaissance des Jeux Olympiques

Le 23 juin 1894, les délégués de neuf pays fondent le Comité International Olympique (CIO), à l'initiative d'un jeune homme de bonne famille, le baron Pierre de Coubertin. De ce jour date la naissance des Jeux Olympiques de l'ère moderne. Ces Jeux relèvent la tradition antique des Olympiades, qui réunissaient tous les quatre ans les Grecs autour de grandes compétitions pacifiques...

Sadi Carnot assassiné

Le soir du 24 juin 1894, le président de la République française Sadi Carnot, en visite officielle à Lyon, sort d'un banquet offert par le maire de la ville, le dr Gailleton. Il se rend au Grand Théâtre quand un homme monte sur le marchepied de sa voiture et le blesse mortellement d'un coup de poinçon.

Le meurtrier est un anarchiste italien du nom de Sante Geronimo Caserio (21 ans), émigré à Sète. Il aurait voulu répliquer aux mesures d'exception contre la flambée d'anarchisme. Peut-être aussi a-t-il voulu venger les victimes d'Aigues-Mortes après l'acquittement de leurs meurtriers. Dès le lendemain de l'assassinat, des émeutes anti-italiennes surviennent à Lyon. Elles doivent être réprimées par la troupe ! Caserio, prestement condamné, est guillotiné le 16 août suivant.

Les funérailles présidentielles ont lieu le 1er juillet 1894 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. 

Jean Casimir-Périer président de la République

Trois jours après l'assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République, le 27 juin 1894, Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d'un président du Conseil de Louis-Philippe 1er...

Première course automobile

Le 22 juillet 1894 a lieu la première course automobile sur route. Le record de vitesse sur le parcours Paris-Rouen est tenu par le comte de Dion : 22 km/h !... Il est vrai que son prototype avec moteur à vapeur ne pouvait guère faire mieux. Il faudra l'arrivée du moteur à explosion de l'ingénieur allemand Daimler pour que progressent les performances des automobiles.

Mucha invente l'Art nouveau

Le 24 décembre 1894, le téléphone sonne chez l'imprimeur parisien Lemercier. L'actrice Sarah Bernhardt elle-même réclame une affiche pour son nouveau spectacle parisien : Gismonda... De ce coup de fil fortuit va sortir un courant pictural nouveau, précisément appelé « Art nouveau ».

Cet art proche de la Nature, pétri de joie et de gaieté, apaisant, quelque peu bourgeois, sera le dernier vent d'optimisme sur l'Europe de la Belle époque. Il sera appelé Jugendstil dans les pays germaniques ou encore Liberty en Angleterre et sera illustré par des peintres (Gustav Klimt) et des architectes (Antonio Gaudi, Victor Horta)...

Dégradation du capitaine Dreyfus

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l'École Militaire, à Paris, sous l'inculpation de haute trahison. Il sera ensuite envoyé à l'île du Diable, en Guyane. La campagne de réhabilitation va donner lieu à une Affaire judiciaire sans précédent, mobilisant dreyfusards contre antidreyfusards.

Parmi les premiers, Mathieu Dreyfus, frère du condamné, le lieutenant-colonel Picquart, le sénateur Scheurer-Kestner, le député Joseph Reinach, Georges Clemenceau, Émile Zola, Charles Péguy...

Félix Faure président de la République

Félix Faure, président de la République française (30 janvier 1841, Paris -16 février 1899, Paris)Suite à la démission de Jean Casimir-Périer, les parlementaires élisent à la présidence de la République Félix Faure (54 ans).

Élu par une coalition de modérés et de monarchistes, celui que l'on surnommera le «Président Soleil», du fait de son amour du faste, restera dans l'Histoire en raison de sa mort heureuse !

On retient aussi de lui qu'il ébaucha une alliance avec la Russie en recevant le tsar Nicolas II, qu'il s'opposa à la révision du procès de Dreyfus et que son gouvernement dut céder aux Anglais le Soudan après le bras de fer de Fachoda.

Première séance de cinéma

Le 22 mars 1895, à Paris, Louis et Auguste Lumière donnent une première séance de cinéma devant la Société d'encouragement à l'industrie nationale...

Madagascar sous protectorat français

Le 1er octobre 1895, un corps expéditionnaire français sous le commandement du général Duchesne conquiert Tananarive, principale ville de Madagascar, et obtient la soumission de la reine Ranavalo III...

Première séance publique du 7e Art

La première séance publique de cinéma a lieu le samedi 28 décembre 1895, dans le sous-sol du Grand Café, 14, boulevard des Capucines, à Paris.

Depuis le 22 mars précédent, les frères Lumière, inventeurs du cinématographe, ont déjà présenté leur invention à des cénacles de scientifiques. Cette fois, ils s'adressent au grand public. Parmi les privilégiés de ce jour historique se tient un magicien... Georges Méliès. Il sera le véritable fondateur du « 7e Art ».

Affiche de l'une des premières séances publiques de cinéma, en 1896

Incendie du Bazar de la Charité

Le 4 mai 1897, comme les années précédentes, le Bazar de la Charité ouvre ses portes dans une halle somptueusement décorée pour la circonstance (échoppes médiévales en carton-pâte, vélum,...), au 17, rue Goujon, près des Champs-Élysées, à Paris.

Des dames de la bonne société vendent divers objets pour les bonnes oeuvres. Une salle de cinéma a été installée pour divertir les 1200 invités. C'est là que vers 16 heures, des vapeurs d'éther s'enflamment. L'incendie se propage à toute allure à l'ensemble de la halle...

J'accuse

À Paris, le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre «J'accuse». Trois ans après la dégradation du capitaine Dreyfus sous l’inculpation de trahison, les intellectuels et les élites parisiennes se déchirent ; les uns invoquant l’erreur judiciaire, les autres rejetant toute mise en cause de la justice militaire.

Le capitaine étant de confession juive, l’Affaire s’accompagne de la première campagne antisémite importante en Occident ; d’autres suivront…

Première de La vie de Bohême

Le 13 juin 1898 a lieu à Milan la première représentation de La vie de Bohême, un opéra populaire de Giaccomo Puccini.

Culpabilité de Dreyfus confirmée

Le 9 septembre 1898, un Conseil de guerre installé à Rennes confirme la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus malgré les éléments qui démontrent le contraire. Dreyfus est condamné à dix ans de réclusion en raison de « circonstances atténuantes ». C'est un rebondissement dans l'Affaire.

La reculade de Fachoda

Le 18 septembre 1898, à Fachoda, au cœur de l'Afrique, se croisent une petite troupe française conduite par un chef de bataillon et l’armée anglo-égyptienne du général Horatio Kitchener, qui vient de vaincre l’armée du «Mahdi».

La confrontation entre la puissante armée anglaise et la «mission Congo-Nil» de Jean-Baptiste Marchand et Charles Mangin provoque à Paris et à Londres une hystérie nationaliste. On est même à deux doigts d'une nouvelle guerre de Cent Ans entre les deux frères ennemis ! C’est la première des crises internationales qui vont conduire à la Grande Guerre. Fort heureusement, le ministre Théophile Delcassé va calmer les esprits…

Arrestation de Samory Touré au Soudan

Le 29 septembre 1898, le chef soudanais Samory Touré est capturé par le capitaine Gouraud.

Vers 1880, le vieux guerrier gouvernait en maître absolu tout le Haut Niger, dans la partie orientale de l'actuelle Guinée, soit un vaste et riche territoire appelé Ouassoulou, peuplé d'environ 300.000 âmes.

Il n'avait d'autre rival que le royaume toucouleur du Ségou, plus au nord. Avec sa capture et la fin de son épopée, la République française achève de soumettre l’Afrique occidentale…

Découverte de la radioactivité naturelle

Le 26 décembre 1898, Pierre Curie et sa femme Marie, née Sklodowska, annoncent devant  l'Académie de Médecine qu'ils ont pu isoler un élément fortement radioactif jusque-là inconnu. Ils ont pour cela traité au prix d'un travail épuisant d'importantes quantités d'un minerai extrait des mines d'argent de Bohême et appelé pechblende (« minerai de malheur » en allemand ; on en comprend aujourd'hui la raison).

La découverte de cet élément qu'ils ont baptisé radium vient après celle d'un autre élément moins radioactif et lui aussi présent dans la pechblende, que le couple a baptisé polonium en l'honneur du pays natal de Marie. Pierre et Marie Curie attestent ainsi de l'existence d'un rayonnement propre à certains éléments naturels et qu'ils baptisent radioactivité

Henri Becquerel (15 décembre 1852, Paris ; 25 août 1908, Le Croisic)C'est l'aboutissement des travaux inaugurés deux ans plus tôt par le physicien français Henri Becquerel. Celui-ci, sur une suggestion du mathématicien Henri Poincaré, tente de voir si le rayonnement émis par les sels d'uranium fluorescents est de même nature que les rayons X découverts le 22 décembre 1895 par l'Allemand William Röntgen.

Un jour de mars 1896, empêché de faire ses expériences faute de soleil, il stocke ses sels d'uranium dans un tiroir où se trouve déjà une plaque photographique vierge. C'est pour s'apercevoir en reprenant ses sels que la plaque a été impressionnée. Preuve est faite de l'existence d'un rayonnement d'un nouveau type, émis par des éléments naturels !

La découverte de la radioactivité vaudra au couple Curie et à Henri Becquerel de se partager le prix Nobel de physique en 1903.

La mort « heureuse » de Félix Faure

Émotion à l'Élysée. Le président de la République est mort dans les bras d'une admiratrice, une demi-mondaine du nom de Maguy (Meg) Steinheil... Cela s'est passé le 16 février 1899.

La victime, Félix Faure, était un bel homme de 58 ans avec une fine moustache tournée à la façon de Guy de Maupassant. Ses contemporains le surnommaient affectueusement le «Président Soleil» en raison de son amour du faste...

Émile Loubet président de la République

Le 18 février 1899, deux jours après la mort soudaine de Félix Faure, les parlementaires élisent à la présidence de la République Émile Loubet (71 ans). Son adversaire malheureux est Jules Méline, connu pour ses convictions protectionnistes et antidreyfusardes...

Funérailles de Félix Faure

Le 23 février 1899 se déroulent les funérailles nationales du président de la République Félix Faure, mort à la tâche dans les bras d'une admiratrice. Un nationaliste exalté, Paul Déroulède, tente mais en vain d'entraîner des militaires dans un coup d'État.

La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres

Les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine quittent les bords du Niger en direction de l'Est, avec six autres officiers français et de nombreux tirailleurs sénégalais et porteurs. Se croyant tout permis, les deux officiers ne tardent pas à semer la mort et la désolation sur leur passage...

Exposition universelle à Paris

Le 15 avril 1900, Paris quitte le XIXe siècle avec la plus grande exposition universelle jamais organisée en France. 50 millions de visiteurs jusqu'à sa clôture le 12 novembre suivant. La Ville-Lumière rayonne alors de tous ses feux et l'on parlera plus tard de ces années-là avec nostalgie en les qualifiant de « Belle Époque »...

 

Conquête du Tchad

François Lamy (7 février 1858, Mougins ; 22 avril 1900, Kousséri)Le 22 avril 1900, trois missions ou expéditions françaises font leur jonction à Kousséri, près du lac Tchad, au coeur de l'Afrique. Elles affrontent et écrasent la petite armée du potentat local, le trafiquant d'esclaves Rabah Zobeir.

Ce dernier trouve la mort dans l'affrontement, de même que le commandant François Lamy, qui avait monté l'une des missions avec le géographe Fernand Foureau.

La région du Tchad passe dès lors sous souveraineté française et le nom du commandant est donné à la capitale de la nouvelle colonie du Tchad, Fort-Lamy, fondée un mois plus tard (aujourd'hui N'Djamena).

Cette colonisation va protéger les populations sédentaires et noires de la forêt des razzias lancés par les nomades toubous du nord. Elle va faire oublier les crimes commis peu avant par l'une des missions quand elle s'appelait encore Voulet-Chanoine...

Exposition des oeuvres de Rodin

Le 4 juin 1900 sont exposées les oeuvres d'Auguste Rodin. Vilipendé quelques années plus tôt à propos de la statue de Balzac qui figure aujourd'hui sur le boulevard Raspail (à Paris), le sculpteur est enfin honoré comme il le mérite. Mais son réalisme continue de faire peur. À preuve la polémique sur la statue de Victor Hugo, que certains le soupçonnent d'avoir moulé sur nature.

Inauguration du métro de Paris

Le 19 juillet 1900, à la faveur d'une grande Exposition universelle, Paris inaugure sa première ligne de métro. Elle relie la Porte Maillot (ouest) à la Porte de Vincennes (est). Les stations sont conçues en « style nouille » par l'architecte Guimard, selon les principes artistiques de l'Art nouveau.

C'est l'aboutissement tardif d'un vieux projet. Le premier projet d'un transport souterrain à Paris remonte en effet à 1855 mais sa réalisation a été longtemps différée et beaucoup d'autres métropoles, à commencer par Londres, ont pu construire leur propre métro avant que Paris ne s'y mette.

La réalisation des travaux est confiée à l'ingénieur Fulgence Bienvenüe dont le nom a été donné à la station de la gare Montparnasse. Les chroniqueurs de l'époque prédisent l'achèvement du réseau dans les huit ans à venir… Dans les faits, un siècle plus tard, le métropolitain continue de s'étendre et de se moderniser.

Le banquet des maires de France

Le 22 septembre 1900 a lieu le Banquet des maires de France. À l'invitation du président Émile Loubet, la France des notables célèbre d'une agréable façon le culte de la République (108 ans jour pour jour après sa première fondation), en marge de l'Exposition universelle et des festivités du nouveau siècle.

Elle tente d'oublier aussi les dissensions nées de l'Affaire Dreyfus.

Le banquet des maires de France dans le jardin des Tuileries (Paris, 22 septembre 1900)

23 000 maires répondent à l'invitation présidentielle. Ils se réunissent dans le jardin des Tuileries, sous deux tentes immenses, autour de 700 tables. 400 cuisiniers et 2 000 maîtres d'hôtel sont mobilisés à leur service par le traiteur Potel & Chabot, maison fondée en 1820 par le pâtissier Jean-François Potel et le cuisinier Étienne Chabot. En moins de 90 minutes défilent cinq services : darnes de saumon, filet de boeuf, pains de caneton, poulardes de Bresse, ballotines de faisan...

Création du parti républicain radical

Le « parti républicain radical » est fondé à l'occasion d'un congrès, à Paris, les 21-23 juin 1901. C'est le plus ancien parti politique français. Auparavant, les élus se regroupaient par affinités mais ne disposaient d'aucune structure solide, avec financement et militants, pour les soutenir.

Quelques années plus tard, le 23 avril 1905, Jean Jaurès et Jules Guesde fondent à Paris le deuxième grand parti de la gauche française : la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière).

La loi sur les associations

Le 1er juillet 1901, le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau a fait voter une loi sur les associations encore bien connue de tous les créateurs d'associations sans but lucratif. Cette loi établit la liberté d'association mais son article 13 fait une exception pour les congrégations religieuses en soumettant leur création à une autorisation préalable. Interprétée de façon restrictive par le Conseil d'État dès l'année suivante, elle va porter à son paroxisme le conflit entre l'Église et la République.

Éruption de la Montagne Pelée

Le 8 mai 1902 a lieu l'éruption de la Montagne Pelée. La ville de Saint-Pierre, à la Martinique, est ruinée en quelques heures. On évalue à plus de 28.000 le nombre de victimes. On compte deux survivants dont un prisonnier protégé par les murs de sa cellule  !...

Méliès présente Le Voyage dans la Lune

Le 15 mai 1902, Georges Méliès présente Le Voyage dans la Lune. Il s'agit du premier film de fiction avec trucages. Sept ans après l'invention du cinéma, le 7e Art naît véritablement ce jour-là.

Bertillon inventeur de la police scientifique

Le 24 octobre 1902, Alphonse Bertillon démontre pour la première fois l'utilité des empreintes digitales en criminologie...

Naissance de l'Académie Goncourt

Le 19 janvier 1903, un décret du président du Conseil Émile Combes officialise l'Académie Goncourt, en application du testament d'Edmond de Goncourt (1822-1896). Cette assemblée est composée de dix hommes de lettres recevant une pension annuelle de 6 000 francs leur garantissant de vivre de leur plume « sans être forcés de perdre leur temps et leur talent dans le travail d’un ministère ou dans les œuvres basses du journalisme ».

L'Académie a vocation de promouvoir de jeunes talents littéraires en remettant chaque automne un prix à un auteur d'avenir. Son choix se fait depuis 1914 à l'issue d'un déjeuner des académiciens dans le restaurant Drouant, rue Gaillon (Paris). À la différence de sa rivale du quai de Conti (l'Académie française), elle ne craint pas d'étaler les conflits de personnes ni d'être suspectée de compromissions commerciales avec les grands éditeurs. Ses choix n'en sont pas moins heureux. C'est par le Prix Goncourt que Proust et Malraux ont été révélés au grand public.

Arrivée du premier Tour de France cycliste

Le 19 juillet 1903 s'achève à Paris le premier Tour de France cycliste. Le vainqueur Maurice Garin a pédalé un total de 94 h 33 minutes à la vitesse moyenne de 26 km/h. Le succès de l'épreuve témoigne de l'engouement du public pour la bicyclette, affectueusement surnommée la « petite reine ». Cet engin est né d'une succession d'heureux hasards qui ont conduit de la draisienne au vélocipède et au grand-Bi...

L'Entente cordiale

Le 8 avril 1904, à Londres, le Royaume-Uni et la République française officialisent leur Entente cordiale.

Les représentants des deux nations signent non pas une alliance mais un simple accord destiné à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires. C'est déjà beaucoup si l'on songe que les deux pays avaient été sur le point de se combattre six ans plus tôt à propos de Fachoda, une misérable bourgade du Soudan.

L'Entente cordiale est le fruit de la subtile diplomatie du ministre des Affaires étrangères français Théophile Delcassé et de son ambassadeur à Londres Paul Cambon. Elle a bénéficié de l'extraordinaire popularité en France du roi Édouard VII...

Jean Jaurès fonde L'Humanité

Le 18 avril 1904, le leader socialiste Jean Jaurès fonde son propre journal, L'Humanité, et s'attire rapidement un grand succès grâce à ses talents journalistiques.

Tiré à 140.000 exemplaires, le nouveau quotidien ne tarde pas à réunir d'illustres signatures comme Léon Blum, Anatole France, Aristide Briand, Jules Renard, Octave Mirbeau, Tristan Bernard, Henri de Jouvenel...

Les congrégations religieuses interdites d'enseignement

Le 7 juillet 1904, les congrégations religieuses n'ont plus le droit d'enseigner. Au nom de la laïcité, le président du Conseil, Émile Combes, peut annoncer : « L'anticléricalisme est l'oeuvre la plus considérable et la plus importante pour l'émancipation de l'esprit humain ». Après avoir supprimé l'enseignement religieux, le gouvernement français songe à l'abrogation du Concordat de 1802 et à la séparation des Églises et de l'État.

Le général André et l'affaire des fiches

Le 4 novembre 1904, le ministre de la Guerre, le général Louis André, est giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton, un désaxé qui se suicidera peu après. Ce drame met un point final à l'« affaire des fiches ».

Il était reproché au ministre comme à son homologue le ministre de la Marine Camille Pelletan, d'avoir favorisé la promotion des officiers laïques et athées sans prendre en compte le critère de compétence. Le scandale précipite la chute du ministère d'Émile Combes...

Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »

Le 31 mars 1905, l'empereur d'Allemagne Guillaume II débarque spectaculairement à Tanger, au Maroc. Par ce « coup de Tanger », il tente de s’opposer aux visées de la France sur le pays. Son initiative n’a d’autre résultat que de réveiller la germanophobie des Français...

Fondation de la SFIO

Du 23 au 26 avril 1905, 286 représentant des différents partis français qui se réclament du socialisme fondent la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Son nom fait référence à l'Internationale ouvrière et socialiste née en 1864 et refondée en 1889...

Séparation des Églises et de l'État

Le 9 décembre 1905, le Parlement français vote la loi de séparation des Églises et de l'État à l'initiative du député Aristide Briand. La loi sera mise en application non sans tensions par le gouvernement de Maurice Rouvier puis celui de Georges Clemenceau, Aristide Briand étant ministre de l'instruction publique et des cultes.

C’est l’aboutissement d’un long processus de laïcisation des institutions politiques né avec… le roi Philippe le Bel, six siècles plus tôt, qui n’aura pas empêché 5 cardinaux (Tournon, Richelieu, Mazarin, Dubois, Fleury) d’exercer dans l’intervalle la fonction de Premier ministre.

Conférence d'Algésiras

Le 16 janvier 1906, la conférence d'Algésiras règle pour quelques années le contentieux entre la France et l'Allemagne, toutes deux désireuses d'imposer leur protectorat sur le Maroc. C'est finalement la France qui a gain de cause en 1912.

Armand Fallières président de la République

Succédant à Émile Loubet, Armand Fallières (65 ans) est élu président de la République française le 17 janvier 1906 comme candidat des gauches. Sa mine débonnaire lui vaut le surnom de «Père Fallières»...

La catastrophe de Courrières

Le 10 mars 1906, un coup de poussière ensevelit plus d'un millier de mineurs dans la région de Courrières. Les travailleurs du bassin minier débraient en masse pour protester contre une reprise prématurée de l'activité...

La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus

Onze ans après la dégradation publique du capitaine Alfred Dreyfus sous l'accusation d'espionnage, celui-ci est solennellement réhabilité par la Cour de Cassation de Paris, qui constate que « de l'accusation, rien ne tient debout ».

La révolte viticole vire au drame

Le 19 juin 1907 a lieu à Narbonne un affrontement tragique entre les forces de l'ordre et des vignerons languedociens. On relève deux morts. Un nouvel affrontement, le lendemain, occasionne cinq nouvelles victimes.

Victimes de la surproduction, aggravée par la « chaptalisation » du vin (ajout de sucre), les vignerons de l'Aude se sont soulevés à l'appel d'un cafetier local, Marcelin Albert. Leur colère va en définitive être habilement endiguée par le Président du Conseil Georges Clemenceau...

Premier vol en hélicoptère

Le 13 novembre 1907, près de Lisieux, Paul Cornu réussit à s'élever pour la première fois à bord d'un hélicoptère. Il atteint l'altitude de 1,5 mètre !

Blériot traverse la Manche

Le 25 juillet 1909, moins de 6 ans après le saut de puce des frères Wright, a lieu la première traversée aérienne de la Manche. Ingénieur centralien enrichi dans la fabrication de phares automobiles, Louis Blériot consacre sa fortune à créer des prototypes d'avions.

Après 32 échecs qui lui ont valu le surnom de « roi de la casse », il tente le tout pour le tout et, en 27 minutes, traverse la Manche aux commandes de son dernier-né, le Blériot XI. Fort de son triomphe, il va se lancer dans la construction d'avions en grande série jusqu'à sa mort, le 1er août 1936.

Crue exceptionnelle à Paris

Le 28 janvier 1910, une crue d'exception recouvre le centre de Paris et les bords de la Seine. Le débordement atteint un maximum de 8,62 mètres, du jamais vu dans la capitale. Les dégâts matériels sont très importants. Des milliers d'immeubles et de maisons sont inondés et 200.000 Parisiens sinistrés, mais l'on ne déplore pas de victimes à part un sapeur pompier emporté avec son embarcation.

La France adopte le méridien de Greenwich

Par une loi du 9 mars 1911, la France renonce à imposer le méridien de Paris comme référence temporelle et point de départ des fuseaux horaires. Elle se rallie comme le reste du monde au méridien de Greenwich, ville proche de Londres, où se situe l'observatoire royal anglais. Ce méridien passe à proximité du Havre, de Caen et du Mans.

Dans la nuit du 18 au 19 mars 1911, toutes les horloges de France s'arrêtent à minuit pour repartir 9 minutes et 21 secondes plus tard afin de se mettre en concordance avec le temps universel (Greenwich Mean Time, en abrégé « GMT » ou « temps moyen à Greenwich »). C'en est bel et bien fini de la rivalité franco-anglaise, en astronomie comme dans en politique.

On a volé la Joconde

Au matin du lundi 21 août 1911, à la première heure, le peintre Louis Béroud se rend au Salon Carré du Louvre pour faire une copie de la Joconde. Quelle n'est pas sa surprise  quand il découvre que ce petit tableau a disparu. Un gardien interrogé suppose qu'il est peut-être au service de reprographie !

Mais il faut très vite se faire une raison, il a bel et bien été volé. Le scandale est immense...

Premier hold-up motorisé de l'Histoire

Le 21 décembre 1911 survient le premier hold-up motorisé de l'Histoire.

Les malfrats blessent grièvement de deux balles un garçon de recettes de la succursale de la Société Générale, rue Ordener, à Paris. Ils s'emparent de sa sacoche et s'enfuient à bord d'une Delaunay-Belleville de 12 chevaux, ce qui se fait alors de mieux en matière d'automobile. Le véhicule, volé quelques jours plus tôt, est abandonné à Dieppe.

Les attaques du même genre se multiplient dans les mois qui suivent. La police du préfet Louis Lépine identifie leurs auteurs comme la « bande à Bonnot », du nom de leur chef, Jules Bonnot, un mécanicien auto sympathisant de la cause anarchiste. Il sera tué à Choisy-le-Roi, près de Paris, le 28 avril 1912. Ses trois derniers complices, parmi lesquels Raymond-la-Science, seront guillotinés le 21 avril 1913 devant la prison de la Santé par le bourreau Anatole Deibler.

La mort de Bonnot

Les hommes de la Sûreté emmenés par le préfet Lépine encerclent une villa de Choisy-le-Roi où a trouvé refuge Jules Bonnot.

L’ennemi public numéro un terrorise les Parisiens depuis la fin de l’année précédente. Avec sa bande de malfrats issus des milieux anarchistes, il a multiplié en quelques mois les braquages de banques et les actions violentes contre les forces de l’ordre.

Les policiers dynamitent la maison et abattent Bonnot et son complice Dubois lors de l’assaut final. Il faudra cependant attendre le 14 mai suivant pour que le reste de la «bande à Bonnot» soit neutralisé dans l’attaque d’un pavillon à Nogent-sur-Marne.

Raymond Poincaré président de la République

Le 17 janvier 1913, les parlementaires élisent à la présidence de la République Raymond Poincaré, précédemment président du Conseil (chef du gouvernement).

Toujours soucieux de préparer la «revanche» ou du moins de mettre la France en situation de résister à une agression allemande, Poincaré fait voter en juillet 1913 une loi sur le service militaire de 3 ans pour tous (curés compris !)...

Manifestation contre la loi des trois ans

Au Pré-Saint-Gervais, près de Paris, Jean Jaurès et la SFIO réunissent 150.000 personnes pour protester contre la loi qui doit porter de deux à trois ans le service militaire obligatoire... Dans les casernes de l'Est, des soldats menacent de se mutiner à la perspective de rester un an supplémentaire en service.

La loi sera en définitive votée malgré l'hostilité de la majorité de l'opinion publique le 19 juillet 1913, sous l'égide du président Raymond Poincaré et du président du Conseil Louis Barthou.

Discours de Jean Jaurès le 25 mai 1913 au Pré-Saint-Gervais à l’issue d’une manifestation contre la loi des trois ans (photo : Henri Roger)

Le Sacre du Printemps fait scandale

Le 29 mai 1913, lors de sa première représentation dans le nouveau théâtre des Champs Élysée, à Paris, le Sacre du Printemps, sous-titré Tableaux de la Russie païenne, surprend le public par son impression de chaos et la répudiation des critères conventionnels de la beauté. Ce spectacle a été créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev, sur une musique d'Igor Stravinsky, avec une chorégraphie de Vaslav Nijinski. En dépit ou à cause du hourvari de la première, le ballet et son compositeur vont ouvrir la voie à de nouvelles formes musicales...

 

Les Français portent le service militaire de 2 à 3 ans

Confronté à l'aggravation des tensions internationales, le président Raymond Poincaré obtient, le 19 juillet 1913, que les députés français votent l'allongement de deux à trois ans du service actif... Grâce à quoi l'armée française pourra encaisser le choc de l'attaque allemande en août 1914.

création de la police judiciaire parisienne

Le 2 août 1913 est créée la direction régionale de la police judiciaire de Paris, plus communément appelée PJ. Son siège est fixé sur l'île de la Cité, au 36, quai des Orfèvres, un lieu devenu mythique par la grâce des cinéastes et des romanciers, tel Georges Simenon…

Traversée de la Méditerranée par Roland Garros

Fils d'un avocat de La Réunion, l'aviateur Roland Garros (25 ans) réussit la traversée sans escale, de Fréjus à Bizerte, en Tunisie, en moins de huit heures.

Du côté de chez Swann

Le 14 novembre 1913, Marcel Proust publie à compte d'auteur Du côté de chez Swann. L'écrivain ajoutera six tomes à ce livre pour en faire le roman le plus long et l'un des plus beaux de la langue française sous le titre À la recherche du temps perdu. Au total 17 ans de travail acharné.

Histoire de France
de 1848 à 1914
1848
1853
1858
1863
1868
1873
1878
1883
1888
1893
1898
1903
1908
1913
| 1 déc. 1848 : Élection de Louis-Napoléon Bonaparte
| 15 mars 1850 : Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel
| 12 nov. 1851 : Mariette découvre Saqqara
| 2 déc. 1851 : Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte
| 3 déc. 1851 : Mort du représentant Baudin
| 14 jan. 1852 : Constitution sur mesure pour Louis-Napoléon
| 2 déc. 1852 : Louis-Napoléon devient Napoléon III
| 3 jan. 1853 : Napoléon III épouse Eugénie de Montijo
| 21 août 1853 : La France découvre la corrida
| 24 sep. 1853 : La Nouvelle-Calédonie devient française
| 12 mars 1854 : Alliance contre la Russie
| 27 mars 1854 : Début de la guerre de Crimée
| 3 mai 1854 : Création du bagne de Cayenne
| 26 sep. 1854 : Siège de Sébastopol
| 16 déc. 1854 : Faidherbe à la conquête du Sénégal
| 8 sep. 1855 : Prise de Malakoff
| 3 mars 1856 : Traité de Paris, fin de la guerre de Crimée
| 18 juil. 1857 : Faidherbe chasse El-Hadj Omar du Sénégal
| 14 jan. 1858 : Attentat d'Orsini
| 19 fév. 1858 : Loi de sûreté générale
| 2 juil. 1858 : Entrevue secrète de Plombières
| 18 fév. 1859 : Occupation de Saigon par les Français
| 4 juin 1859 : Napoléon III risque tout à Magenta
| 24 juin 1859 : Solferino donne naissance à la Croix-Rouge
| 26 sep. 1859 : La Légende des Siècles
| 23 jan. 1860 : Traité de libre-échange franco-britannique
| 24 mars 1860 : La France reçoit Nice et la Savoie
| 22 avr. 1860 : Référendum à Nice et en Savoie
| 26 mai 1860 : Affrontements entre maronites et Druzes
| 21 sep. 1860 : La bataille du pont de Palikao
| 24 nov. 1860 : Libéralisation du Second Empire
| 16 août 1861 : Une Française accède pour la première fois au baccalauréat
| 3 avr. 1862 : Publication des Misérables
| 5 mai 1862 : Bataille de Puebla
| 5 juin 1862 : La France s'implante en Indochine
| 3 avr. 1863 : La Légion résiste à Camerone
| 11 août 1863 : Le Cambodge devient protectorat français
| 11 mai 1865 : ouverture du magasin Le Printemps
| 23 déc. 1865 : Naissance de l'Union latine
| 2 août 1866 : naissance du certificat d'études primaires
| 3 nov. 1867 : Les chassepots font merveille à Mentana
| 17 nov. 1869 : Inauguration du canal de Suez
| 12 jan. 1870 : Funérailles tumultueuses de Victor Noir
| 8 mai 1870 : Plébiscite en faveur de l'Empire libéral
| 13 juil. 1870 : La dépêche d'Ems
| 19 juil. 1870 : Napoléon III déclare la guerre à la Prusse
| 6 août 1870 : La charge héroïque de Reichshoffen
| 2 sep. 1870 : Napoléon III est fait prisonnier à Sedan
| 4 sep. 1870 : Proclamation de la République
| 2 sep. 1870 : Les troupes piémontaises entrent à Rome
| 7 oct. 1870 : Gambetta quitte Paris en ballon
| 24 oct. 1870 : Crémieux francise les juifs d'Algérie
| 27 oct. 1870 : Bazaine capitule à Metz
| 4 nov. 1870 : Siège de Belfort
| 28 jan. 1871 : Armistice franco-allemand
| 17 fév. 1871 : Adolphe Thiers chef du gouvernement exécutif
| 18 fév. 1871 : Belfort se rend après 103 jours de siège
| 18 mars 1871 : Début de la Commune de Paris
| 25 mars 1871 : Thiers abandonne Paris aux Communards
| 8 avr. 1871 : Cheikh El-Haddad en guerre contre les Français
| 1 mai 1871 : Traité de Francfort
| 28 mai 1871 : Fin sanglante de la Commune
| 24 mai 1873 : Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée
| 23 oct. 1873 : Le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore
| 2 nov. 1873 : Naissance du septennat en catimini
| 21 déc. 1873 : Francis Garnier tué par les « Pavillons noirs »
| 15 avr. 1874 : Première exposition de l'Impressionnisme
| 5 jan. 1875 : Inauguration de l'Opéra
| 3 jan. 1875 : Le mot république dans l'amendement Wallon
| 3 mars 1875 : Première de Carmen
| 5 avr. 1877 : Cinq-Mars de Gounod
| 16 mai 1877 : Mac-Mahon affronte la Chambre
| 8 sep. 1877 : Obsèques de Thiers
| 3 jan. 1879 : Jules Grévy président de la République
| 1 juin 1879 : Mort tragique du Prince impérial
| 17 juil. 1879 : Le « plan Freycinet » à l'oeuvre
| 29 mars 1880 : Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement
| 29 juin 1880 : Tahiti devient colonie française
| 1 sep. 1880 : Traité entre Savorgnan de Brazza et le roi des Bateké Tio
| 21 déc. 1880 : Les filles entrent au lycée
| 12 mai 1881 : Traité du Bardo
| 11 mars 1882 : « Qu'est-ce qu'une nation ?  »
| 24 nov. 1883 : Apparition des poubelles
| 21 mars 1884 : Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier
| 1 juin 1885 : Hommage au poète disparu
| 9 juin 1885 : Le Viêt-nam devient français par le traité de Tien Tsin
| 26 jan. 1886 : Grève tragique à Decazeville
| 18 sep. 1886 : Le Symbolisme et l'aube des temps nouveaux
| 2 déc. 1887 : démission de Jules Grévy
| 3 déc. 1887 : Sadi Carnot président de la République
| 14 nov. 1888 : Inauguration de l'Institut Pasteur
| 31 mars 1889 : Inauguration de la Tour Eiffel
| 2 juin 1889 : La IIe Internationale et la Fête du Travail
| 9 oct. 1890 : Et Clément Ader inventa l'avion...
| 18 nov. 1890 : Le « toast d'Alger »
| 24 nov. 1890 : Branly expose le principe de la radio
| 4 avr. 1891 : Paul Gauguin part pour Tahiti
| 1 mai 1891 : Drame ouvrier à Fourmies
| 3 sep. 1891 : Mort piteuse d'un général
| 11 jan. 1892 : Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif
| 1 mars 1893 : Naissance de la Côte d'Ivoire
| 2 mars 1893 : Procès du scandale de Panama
| 17 août 1893 : Émeutes à Aigues-Mortes
| 9 déc. 1893 : Une bombe à la Chambre  !
| 4 jan. 1894 : Alliance franco-russe
| 2 juin 1894 : Alexandre Yersin isole le bacille de la peste
| 23 juin 1894 : Renaissance des Jeux Olympiques
| 24 juin 1894 : Sadi Carnot assassiné
| 27 juin 1894 : Jean Casimir-Périer président de la République
| 22 juil. 1894 : Première course automobile
| 24 déc. 1894 : Mucha invente l'Art nouveau
| 5 jan. 1895 : Dégradation du capitaine Dreyfus
| 17 jan. 1895 : Félix Faure président de la République
| 22 mars 1895 : Première séance de cinéma
| 1 oct. 1895 : Madagascar sous protectorat français
| 28 déc. 1895 : Première séance publique du 7e Art
| 4 mai 1897 : Incendie du Bazar de la Charité
| 13 jan. 1898 : J'accuse
| 13 juin 1898 : Première de La vie de Bohême
| 9 sep. 1898 : Culpabilité de Dreyfus confirmée
| 18 sep. 1898 : La reculade de Fachoda
| 29 sep. 1898 : Arrestation de Samory Touré au Soudan
| 26 déc. 1898 : Découverte de la radioactivité naturelle
| 16 fév. 1899 : La mort « heureuse » de Félix Faure
| 18 fév. 1899 : Émile Loubet président de la République
| 23 fév. 1899 : Funérailles de Félix Faure
| 2 avr. 1899 : La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres
| 15 avr. 1900 : Exposition universelle à Paris
| 22 avr. 1900 : Conquête du Tchad
| 4 juin 1900 : Exposition des oeuvres de Rodin
| 19 juil. 1900 : Inauguration du métro de Paris
| 22 sep. 1900 : Le banquet des maires de France
| 21 juin 1901 : Création du parti républicain radical
| 1 juil. 1901 : La loi sur les associations
| 8 mai 1902 : Éruption de la Montagne Pelée
| 15 mai 1902 : Méliès présente Le Voyage dans la Lune
| 24 oct. 1902 : Bertillon inventeur de la police scientifique
| 19 jan. 1903 : Naissance de l'Académie Goncourt
| 19 juil. 1903 : Arrivée du premier Tour de France cycliste
| 8 avr. 1904 : L'Entente cordiale
| 18 avr. 1904 : Jean Jaurès fonde L'Humanité
| 7 juil. 1904 : Les congrégations religieuses interdites d'enseignement
| 4 nov. 1904 : Le général André et l'affaire des fiches
| 31 mars 1905 : Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »
| 26 avr. 1905 : Fondation de la SFIO
| 9 déc. 1905 : Séparation des Églises et de l'État
| 16 jan. 1906 : Conférence d'Algésiras
| 17 jan. 1906 : Armand Fallières président de la République
| 1 mars 1906 : La catastrophe de Courrières
| 12 juil. 1906 : La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus
| 19 juin 1907 : La révolte viticole vire au drame
| 13 nov. 1907 : Premier vol en hélicoptère
| 25 juil. 1909 : Blériot traverse la Manche
| 28 jan. 1910 : Crue exceptionnelle à Paris
| 9 mars 1911 : La France adopte le méridien de Greenwich
| 21 août 1911 : On a volé la Joconde
| 21 déc. 1911 : Premier hold-up motorisé de l'Histoire
| 28 avr. 1912 : La mort de Bonnot
| 17 jan. 1913 : Raymond Poincaré président de la République
| 25 mai 1913 : Manifestation contre la loi des trois ans
| 29 mai 1913 : Le Sacre du Printemps fait scandale
| 19 juil. 1913 : Les Français portent le service militaire de 2 à 3 ans
| 2 août 1913 : création de la police judiciaire parisienne
| 23 sep. 1913 : Traversée de la Méditerranée par Roland Garros
| 14 nov. 1913 : Du côté de chez Swann