Naissance d'un État avec Herodote.net
 
 
 
La bataille de Crécy
Jacquerie paysanne
Charles V et DuGuesclin
Jeanne d'Arc
Le chancelier de Jouvenel
Agnès Sorel

Les « Matines de Bruges »

Au petit matin du 18 mai 1302, à Bruges, en Flandre, des insurgés en armes massacrent les soldats de la garnison française. Ce sont les «Matines de Bruges».

La journée réduit à néant le rêve des rois capétiens d'annexer les Flandres...

La « bataille des éperons d'or »

Le 11 juillet 1302, l'armée féodale du roi Philippe le Bel rencontre les milices communales de Flandre, près de Courtrai...

L'« attentat » d'Anagni

Le 8 septembre 1303, à Anagni, en Italie, la rencontre entre le pape et le représentant du roi de France tourne mal. On parle d'un « attentat » contre la personne du pape...

Clément V, un pape français pour Avignon

Le 5 juin 1305, le roi Philippe le Bel fait élire un Français à la tête de l'Église. Il prend ainsi sa revanche sur le pape défunt, Boniface VIII, qui prétendait donner son avis sur le gouvernement du royaume...

Arrestation des Templiers

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel (le petit-fils de Saint Louis).

Cet acte de violence arbitraire met fin à un ordre original de moines-soldats, vieux de près de deux siècles, qui s'est illustré en Terre sainte et s'est acquis puissance et richesse, s'attirant ainsi la jalousie des féodaux et la convoitise des souverains...

Suplice du grand maître des Templiers Jacques de Molay

Le 19 mars 1314, le grand maître des Templiers Jacques de Molay est supplicié à Paris sept ans après son arrestation et celle de plusieurs milliers de moines-chevaliers.

Poursuivi par la vindicte du roi Philippe IV le Bel, il a été condamné à la prison à vie mais dans un sursaut de courage, il se rétracte soudain devant une foule stupéfaite : « L’ordre [du Temple] est pur, il est saint : les confessions sont absurdes et menteuses… ».

Du fait de cette rétractation, voilà le grand maître déclaré relaps (retombé dans le péché et l'hérésie). L’archevêque de Paris ne peut que le livrer au bras séculier et au feu du bûcher. Qui s’embrasera le soir même dans l’île aux Juifs, au pied de l’actuel pont Neuf.

Les amants scandaleux

Deux chevaliers sont exécutés à Pontoise dans d'atroces conditions, le 19 avril 1314. Ils sont punis pour avoir aimé des princesses. Ce sont les principales victimes du scandale dit « de la tour de Nesle » qui a assombri la dernière année du règne de Philippe IV le Bel... Il inspirera bien plus tard au romancier Maurice Druon sa fresque historique : Les rois maudits.

Pendaison d'Enguerrand de Marigny

Le roi de France Louis X le Hutin (ou le Querelleur !), quelques mois après la mort de Philippe le Bel livre à la vindicte publique Enguerrand de Marigny, le dernier des grands conseillers de son père, impopulaire du fait de ses manipulations monétaires et de sa fonction de grand argentier !

Emprisonné au Temple et accusé de sorcellerie, il est pendu au gibet de Montfaucon le 30 avril 1315.

Naissance des Jeux Floraux

Le 3 mai 1324, de riches bourgeois toulousains organisent une joute poétique entre troubadours, trouvères et ménestrels de tous pays. Ainsi naît le premier concours de poésie d'Europe, sinon du monde.

Renouvelée dès lors d'année en année, la compétition va donner naissance aux Jeux Floraux...

Fin des Capétiens directs

Le 1er février 1328, le roi de France Charles IV le Bel, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, meurt à trente-quatre ans en laissant une épouse sur le point d'accoucher. C'est à une fille que celle-ci donne naissance. Pour la première fois depuis Hugues Capet, il ne se trouve pas un garçon pour perpétuer la dynastie en ligne directe... La succession par les femmes est rejetée comme elle l'avait déjà été onze ans plus tôt, après la mort de Louis X le Hutin et de son fils Jean 1er le Posthume.

Les grands seigneurs du royaume renouent avec le rite de l'élection et hissent sur le trône un cousin du défunt roi, Philippe de Valois, qui devient Philippe VI. Cette élection va faire des jaloux et l'on éprouvera a posteriori le besoin de la justifier par une « loi salique » qui officialise l'inaptitude des femmes à accéder au trône capétien...

Philippe VI de Valois confisque la Guyenne

Le 24 mai 1337, le roi Philippe VI de Valois confisque la Guyenne à son cousin, le roi d'Angleterre Édouard III. Cette mesure arbitraire va pousser l'Anglais à contester la légitimité de l'élection de Philippe VI au trône de France. Ce sera le début de la guerre de Cent Ans.

Début de la guerre de Cent Ans

Le 7 octobre 1337, à l'abbaye de Westminster, le roi Édouard III d'Angleterre lance publiquement un défi à son cousin, « Philippe de Valois, qui se dit roi de France ». Ainsi commence la guerre de Cent Ans...

La flotte française détruite à l'Écluse

Le 24 juin 1340, la flotte française est détruite par les marins anglais dans le port flamand de l'Écluse (aujourd'hui Sluis, en aval de Bruges). Bien que disposant de plus de vaisseaux que les Anglais du roi Édouard III et de galères génoises en renfort, Hugues Quieret et Nicolas Behuchet, amiraux du roi Philippe VI de Valois, choisissent la défensive et attachent leurs bateaux entre eux dans le port pour faire barrage à l'ennemi, selon la coutume du temps.

Les Anglais se lancent audacieusement à l'attaque et, de leurs navires, les archers déversent une pluie de flèches, dont certaines enflammées, sur les navires ennemis. Quelques-uns de ceux-ci arrivent à s'échapper mais les Français perdent au total 170 navires et 20.000 hommes. Capturés, les deux amiraux sont, l'un pendu, l'autre décapité. Ce désastre, qui laisse la France sans défense face aux débarquements anglais, est le premier qu'aura à connaître la France dans la Guerre de Cent Ans.

Les archers anglais triomphent à Crécy

Le 26 août 1346, les Anglais battent les Français à Crécy-en-Ponthieu. C'est le début de la guerre de Cent Ans. Les archers du roi Édouard III mettent en déroute la chevalerie française, empêtrée dans ses armures et ses lances. Crécy sonne le glas de l'armée féodale...

Capitulation de Calais

Le 3 août 1347, après un siège de onze mois, la ville de Calais capitule devant les troupes anglaises.

Le roi Édouard III Plantagenêt, dont la patience a été épuisée par le siège, s'apprête à passer la population au fil de l'épée. Puis il se ravise et prétend n'exécuter que six otages. Ces « bourgeois de Calais » (Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Pierre et Jacques de Wissant, Jean de Fiennes et Andrieu d'Ardes) seront finalement épargnés suite à l'intervention de la reine Philippa de Hainaut...

L'héritier du roi de France devient le Dauphin

Le 30 mars 1349, celui-ci remet le Dauphiné à son fils Charles pour lui assurer des revenus réguliers mais aussi pour éviter d'avoir à rendre hommage à l'empereur ! Du coup, Charles (futur Charles V) prend le titre de dauphin du Viennois, qui était celui des comtes du Dauphiné depuis 1192. À sa suite, jusqu'au XIXe siècle, tous les héritiers du royaume de France porteront ce titre et seront appelés «Dauphin».

Combat des Trente à Ploërmel

Le 27 mars 1351, sur la lande de Ploërmel, deux camps bretons règlent leur différend par un tournoi meurtrier. Il figure encore aujourd'hui parmi les grands mythes de l'histoire de la Bretagne...

C'est l'épisode le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne ouverte dix ans plus tôt par la mort du duc Jean III le Bon, le 30 avril 1341, sans enfant et sans héritier désigné...

Jean le Bon est défait à Poitiers

Le 19 septembre 1356, l'armée française est écrasée par les archers anglais au nord de Poitiers. Le roi est fait prisonnier...

La révolution manquée d'Étienne Marcel

Le 22 février 1358, le prévôt des marchands Étienne Marcel massacre les maréchaux de Champagne et de Normandie sous les yeux du dauphin Charles, héritier du trône. Il préserve toutefois ce dernier de l'assassinat en le coiffant du chaperon aux couleurs de Paris, le bleu et le rouge, que portent ses partisans.

Le dauphin, humilié, s'enfuit un peu plus tard de Paris. Il y reviendra en triomphe le 2 août suivant, suite à l'échec et à la mort du prévôt.

Richard Fremder nous raconte cette première Révolution française...

La Grande Jacquerie

Le 21 mai 1358 commence l'une des plus grandes Jacqueries de France. Une centaine de paysans du Beauvaisis se réunissent en bande et s'en prennent violemment aux maisons de gentilshommes et aux châteaux de la région, tuant les habitants et brûlant les demeures...

Assassinat d'Étienne Marcel

Le 31 juillet 1358, Jean Maillard, un échevin fidèle à la royauté, fait assassiner le prévôt des marchands Étienne Marcel devant la porte Saint-Denis alors qu'il s'apprêtait à livrer les clés de Paris à Charles le Mauvais. Le surlendemain, le Dauphin Charles, futur Charles V, rentre sous les acclamations dans sa capitale, dont il avait dû fuir en catastrophe quelques mois plus tôt.

Le Dauphin rentre à Paris

Le 2 août 1358, le Dauphin Charles rentre à Paris après l'assassinat du prévôt des marchands, Étienne Marcel, qui avait tenté de livrer Paris aux Bourguignons alliés aux Anglais. C'est la fin de la première guerre civile qu'ait connue le pays.

Préliminaires de paix à Brétigny

Le 8 mai 1360 sont signés à Brétigny, près de Chartres, les préliminaires d'un traité de paix entre les rois de France et d'Angleterre...

Naissance du franc

Le 5 décembre 1360, à Compiègne, le roi Jean II crée une nouvelle monnaie, le «franc», de même valeur que la monnaie existante, la livre tournois.

Le franc a perduré comme monnaie de référence de la France jusqu'au 31 décembre 2001, dernier jour avant l'euro. Il subsiste dans les anciennes colonies françaises d'Afrique et du Pacifique ainsi qu'en Suisse (vestige de l'Union latine)...

Toulouse est réunie à la couronne

Le 21 novembre 1361, Jean le Bon réunit définitivement le comté de Toulouse à la couronne.

Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

Le 16 mai 1364, le roi de Navarre Charles le Mauvais est défait à Cocherel par Bertrand Du Guesclin, un soldat breton au service du roi de France Charles V...

Traité de Guérande

Le 12 avril 1365, le traité de Guérande met fin à la guerre de Succession de Bretagne.

Du Guesclin fait le ménage en Espagne

Le 14 mars 1369, Bertrand Du Guesclin bat le roi de Castille Pierre le Cruel à Montiel, au sud-est de la Castille. Cette bataille met fin à la première guerre civile espagnole qui a opposé pendant une quinzaine d'années l'héritier légitime de Castille aux bâtards de son père...

Du Guesclin reçoit l'épée de connétable

Le 2 octobre 1369, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable...

Le pape quitte (provisoirement) Avignon

Le 17 janvier 1377, cédant aux prières de Sainte Catherine de Sienne et faisant fi des lamentations de son entourage, attaché au Palais des Papes et à son luxe, le pape Grégoire XI, dernier pape français, met fin à la «captivité d'Avignon» et réinstalle le Saint-Siège à Rome. La monarchie capétienne, affaiblie par la guerre de Cent Ans, n'est plus assez forte pour retenir le pape.

Las, à sa mort, le 27 mars 1378, le peuple romain impose l'élection d'un pape indigne, déséquilibré et violent, Urbain VI. Celui-ci violente les cardinaux qui s'opposent à lui, jusqu'à les dépouiller et les faire exécuter en place publique.

Treize cardinaux, pour la plupart français, se réunissent en septembre 1378 à Anagni, sous la protection de troupes gasconnes et navarraises, annulent l'élection d'Urbain VI et confère la tiare au cardinal Robert de Genève. Celui-ci prend le nom de Clément VII et, faute de pouvoir faire autrement, regagne Avignon. C'est le début du Grand Schisme d'Occident.

Mort du connétable Bertrand Du Guesclin

Le 13 juillet 1380, le connétable Bertrand Du Guesclin (60 ans) est pris d'un malaise en assiégeant Châteauneuf-de-Randon, un repaire de routiers qui sème la désolation dans la région du Gévaudan. Il semble qu'il ait bu imprudemment de l'eau croupie ou trop froide.

Le gisant de Du Guesclin à Saint-DenisFaisant ses adieux aux capitaines qui l'ont suivi pendant plus d'un quart de siècle, il leur rappelle une injonction aujourd'hui oubliée de la plupart des combattants : « N'oubliez pas ce que je vous ai répété mille fois, qu'en quelque pays que vous fassiez la guerre, les gens d'église, les femmes, les enfants, et même le peuple, ne sont point vos ennemis » (227).

Le gouverneur de la place, qui avait dès la veille promis se rendre, vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du connétable ! Le roi Charles V, en reconnaissance des services rendus par Du Guesclin, ordonne que son corps soit porté à Saint-Denis, pour être inhumé à côté du tombeau qu’il s'est fait préparer. Lui-même le suit de peu dans la mort, le 16 septembre 1380.

Sacre de Charles VI

Charles VI de Valois n'a pas tout à fait 12 ans quand il succède à son père, le 16 septembre 1380. Il est sacré à Reims selon l'antique coutume le 4 novembre 1380. Les habitants de la ville saluent le sacre par les cris de « Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis ! » C'est qu'ils viennent d'apprendre, à leur grande satisfaction, qu'est confirmée la suppression des fouages décidée à la fin du règne précédent (les fouages étaient un impôt extraordinaire perçu sur chaque ménage (on dit aussi feu ou foyer).

La révolte fiscale des Maillotins

Le 1er mars 1382, marchands et artisans parisiens, exaspérés par la pression fiscale et les désordres de la cour, prennent à parti les agents du fisc. Cette révolte fiscale surgit pendant la guerre de Cent ans qui met aux prises la monarchie capétienne et le roi anglais...

Charles VI le Bien Aimé devient le Fou

Le 5 août 1392, Charles VI (24 ans) traverse la forêt du Mans à la tête de ses troupes. Le roi, que ses sujets surnomment le Bien Aimé pour les avoir délivrés des exactions de ses puissants oncles, entreprend une expédition contre le duc de Bretagne Jean IV, allié aux Anglais.

Soudain, un illuminé surgit devant le roi, saisit la bride de son cheval et lui crie : Arrête, noble roi, tu es trahi !» Peu après, la lance d'un soldat heurte un bouclier.

Au bruit, le roi qui s'était assoupi sous l'effet de la chaleur, tire son épée et frappe ses compagnons. Six chevaliers sont tués avant qu'on ait pu le maîtriser !...

Charles VI expulse les juifs

Le 16 juillet 1394, le roi Charles VI le Fou expulse les juifs de France. En cette fin du Moyen Âge, partout en Europe et en particulier en Espagne, les juifs sont victimes de toutes sortes de médisances (par exemple, on leur reproche d'être responsables de la peste et d'autres épidémies).

Assassinat dans la rue Vieille du Temple

Le 23 novembre 1407, le duc Louis d'Orléans est assassiné par une bande de malfrats masqués à la solde du duc de Bourgogne Jean sans Peur.

Ce meurtre va déboucher rapidement sur une guerre civile, la querelle des Armagnacs et des Bourguignons...

Révolte des Cabochiens

Le 27 avril 1413, les cabochiens ou écorcheurs, une faction commandée par l'écorcheur Simon Caboche et alliée à Jean sans Peur, attaquent la Bastille et tuent le prévôt de Paris. Les universitaires en profitent pour préparer une réforme administrative, les ordonnances cabochiennes...

La « fleur de la chevalerie » défaite à Azincourt

Le 25 octobre 1415, la « fleur de la chevalerie française » est anéantie à Azincourt, au nord de la Somme, par les archers et les piétons du roi d'Angleterre Henri V. Beaucoup de nobles du camp des Armagnacs sont égorgés après leur capture, en violation des règles chevaleresques.

Les pertes sont énormes du côté français (près de 10 000 hommes contre 1 600 du côté anglais). Elles font d'Azincourt l'une des batailles les plus meurtrières du Moyen Âge occidental...

Rouen se livre aux Anglais

Vainqueur à Azincourt, Henri V de Lancastre assiège Rouen. Pourvus d'une centaine de canons et conduits par un chef énergique, Alain Blanchard, les Rouennais supportent le siège pendant sept mois. Ils poussent hors de la ville 12.000 bouches inutiles, femmes, vieillards et enfants, mais le roi Henri V, impitoyable, les laisse mourir de faim dans les fossés. Le 19 janvier 1419, après avoir en vain attendu des secours, réduits à la famine, ils se résignent à livrer leur ville.

L'assassinat de Jean sans Peur

Le 10 septembre 1419, pendant la guerre de Cent Ans, le duc de Bourgogne Jean sans Peur est assassiné par les hommes du futur roi de France sur le pont qui traverse l'Yonne à Montereau...

La France humiliée par le traité de Troyes

Le 21 mai 1420, un traité est signé à Troyes. Il consacre le triomphe de la dynastie anglaise des Lancastre...

Jeanne d'Arc rencontre le roi à Chinon

Le 25 février 1429, Jeanne d'Arc rencontre le roi Charles VII à Chinon. Venue tout droit de Vaucouleurs, aux marches de Lorraine, la jeune paysanne illettrée était attendue avec une certaine impatience et beaucoup d'appréhension.

Le souverain, désespérant de conserver sa couronne face à l'offensive des Anglais, n'attendait plus guère qu'un miracle. Aussi avait-il accueilli avec faveur la proposition de Robert de Beaudricourt, son fidèle prévôt de Vaucouleurs, de lui envoyer une jeune fille guidée par des voix célestes et ardemment désireuse de sauver le pays et la monarchie...

Jeanne d'Arc délivre Orléans

Le 8 mai 1429, les Anglais lèvent le siège d'Orléans après que Jeanne d'Arc fut montée à l'attaque de leurs lignes.

C'est le premier succès de celle qui sera plus tard surnommée la Pucelle d'Orléans (pucelle au sens ancien de jeune fille)...

Jeanne d'Arc victorieuse à Patay

Six semaines après avoir délivré Orléans, les troupes du roi Charles VII, accompagnées par Jeanne d'Arc, chassent les Anglais de Beaugency et de Meung, sur la Loire.

Le 18 juin 1429, elles se heurtent à une armée anglaise venue de Paris. Le choc a lieu à Patay, au nord-ouest d'Orléans. Les Français remportent une victoire totale sous le commandement du duc Jean d'Alençon, ainsi que de l'ancien connétable Arthur de Richemont, lequel, en dépit de la disgrâce royale, s'était mis au service de la Pucelle.

Les Anglais sont écrasés à plate couture. Ils comptent 2 à 3000 morts et 400 prisonniers, parmi lesquels les généraux Talbot et Scales. Les Français n'ont à déplorer qu'une poignée de morts. C'est leur premier succès dans une bataille rangée, depuis leur défaite écrasante d'Azincourt (1415)...

Charles VII est sacré à Reims

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré roi de France à Reims. Grâce à Jeanne d'Arc, le « petit roi de Bourges » renoue avec la tradition capétienne du sacre...

Jeanne d'Arc lève le siège de Paris

Le 2 septembre 1429, Jeanne d'Arc renonce à enlever Paris aux Anglais. Elle lève le siège de la ville.

Jeanne d'Arc prisonnière

Le 23 mai 1430, Jeanne d'Arc est capturée par les Bourguignons en tentant de secourir avec sa troupe les habitants de Compiègne, au nord de Paris.

Les Anglais vont alors se la faire livrer, en vue de la faire condamner par un tribunal ecclésiastique. Ils espèrent de la sorte mettre au jour sa nature de sorcière et dévaluer le sacre de leur ennemi Charles VII...

Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen

Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive comme relapse sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, après avoir été jugée par un tribunal d'Église présidé par l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon et par le frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l'inquisiteur en France...

Le traité d'Arras

Le 21 septembre 1435, à Arras, un traité entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne Philippe le Bon enterre la querelle dite des Armagnacs et des Bourguignons...

« Pragmatique Sanction » de Bourges

Le 7 juillet 1438, le roi Charles VII publie à Bourges la « Pragmatique Sanction », qui régit les relations entre l'Église gallicane (c'est-à-dire française) et le pape. Plusieurs fois amendé, abrogé et rétabli, ce texte va souffrir d'une mauvaise application jusqu'au Concordat de Bologne de 1516. Il n'en constitue pas moins un pas important dans l'émancipation de la monarchie à l'égard du Saint-Siège.

Au Moyen Âge, les papes s'attribuaient le droit de régenter les monarchies chrétiennes mais le Grand Schisme d'Occident (1378-1417) avait beaucoup réduit leurs prétentions. Charles VII en profite pour enlever au pape  tout ce qui relève de l'administration des diocèses et des abbayes en lui laissant ce qui relève de la foi. Cette manière de voir est ce que l'on appelle le « gallicanisme ».

La « Pragmatique Sanction » retire ainsi au pape le droit de nomination des évêques et abbés : les évêques sont désormais élus par les chanoines de leur cathédrale et les abbés par leurs religieux. Elle prévoit aussi de supprimer les annates, autrement dit l'année de recette que tout nouveau titulaire d'un siège ecclésiastique (abbé, évêque) devait verser au Saint-Siège. Dans les faits, détournant ces dispositions, le roi et ses familiers vont s’immiscer dans les élections et imposer leur candidat, sans égard pour leurs aptitudes, en vue de s'approprier les revenus des diocèses et des monastères.

Naissance de l'impôt permanent

L'impôt permanent apparaît en France le 2 novembre 1439...

Mort de Gilles de Rais

Ancien compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, Gilles de Rais (ou de Retz) est pendu et brûlé le 26 octobre 1440. Sa vie tumultueuse, ses crimes et sa mort vont inspirer deux siècles plus tard la légende de « Barbe-bleue »...

Charles VII crée les Compagnies d'ordonnance

Par une ordonnance en date du 26 mai 1445, à Louppy-le-Châtel (près de Bar-le-Duc), le roi Charles VII crée les Compagnies d'ordonnance.

Cette nouvelle formation militaire constitue la première armée permanente à la disposition du roi de France...

Bataille de Formigny

Le 15 avril 1450, le roi Charles VII dépêche le comte Jean de Clermont et l'amiral de Coëtivy vers le Cotentin car une armée anglaise de trois mille hommes a débarqué à Cherbourg, sous le commandement de Thomas Kyriel, pour tenter de secourir les dernières places anglaises de Normandie. La confrontation se produit à Formigny, près de Bayeux. 

En attendant le renfort du connétable Arthur de Richemont. Clermont fait avancer son artillerie à portée de tir des Anglais. Ses couleuvrines font des ravages dans les rangs ennemis mais finissent par être capturées. Clermont se résigne alors à engager son infanterie pour tenter de les récupérer. C'est alors que les 1 500 Bretons de Richemont surgissent opportunément sur le flanc gauche des Anglais et les mettent en fuite. Dans la poursuite, les Français se font une joie de massacrer les archers gallois haïs et redoutés. 

Avec cette bataille, qui vaut au roi de France le surnom de Victorieux, la guerre de Cent Ans touche à sa fin...

Arrestation de Jacques Coeur

Le 31 juillet 1451, le financier Jacques Coeur est arrêté sur ordre du roi de France Charles VII. Il est accusé d'avoir empoisonné la maîtresse du roi, Agnès Sorel, et plus sérieusement, d'avoir usé de sa position au gouvernement pour s'enrichir indûment.

La guerre de Cent Ans prend fin à Castillon

Le 17 juillet 1453, l'armée du roi de France se heurte à un corps expéditionnaire anglais sur les bords de la Dordogne, près du village de Castillon.

Les Français commandés par Dunois et les frères Bureau l'emportent sur les troupes du général Talbot, comte de Shrewsbury, en particulier grâce à leurs bombardes. C'est la première fois qu'est employée l'artillerie sur un champ de bataille. La victoire française survient 23 ans jour pour jour après le sacre du roi Charles VII sous la bannière de Jeanne d'Arc...

Le « voeu du faisan »

Le 16 février 1454, le duc de Bourgogne Philippe le Bon et son fils, le futur Charles le Téméraire, organisent à Lille une somptueuse fête à laquelle sont associés les chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or, autrement dit les grands dignitaires du duché.

Au cours de cette fête aux relents païens, les participants font le voeu sur un faisan (sic) de se croiser et de délivrer Byzance, conquise par les Turcs le 29 mai 1453. Le « voeu du faisan » ne sera jamais réalisé et restera comme un témoignage de légèreté et de ridicule.

Fin de la « Ligue du Bien public »

Le 5 octobre 1465, les grands seigneurs du royaume concluent la paix avec le roi Louis XI à Conflans...

La magistrature française devient inamovible

Par un édit daté du 21 octobre 1467 et publié par le roi Louis XI, les juges du Parlement de Paris deviennent inamovibles...

Gutenberg lègue l'imprimerie à l'humanité

Le 3 février 1468 meurt à Mayence un certain Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg.

On lui doit l'invention de l'imprimerie. Celle-ci a révolutionné la manière de fabriquer des livres et, en abaissant considérablement leur prix, mis la lecture à la portée de tous....

Entrevue orageuse à Péronne

Le 14 octobre 1468, le roi Louis XI échappe de peu à un mauvais coup lors de son entrevue avec son rival, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, à Péronne. Le duc consent à le libérer sur une intervention de son chambellan, Philippe de Commynes, lequel entrera ensuite au service du roi (il restera dans la postérité comme l'auteur de la formule : « La fin justifie les moyens »). En sens inverse, le cardinal Balue, aumônier du roi, est emprisonné pour avoir trahi ce dernier au profit du duc...

Charles le Téméraire battu à Grandson

Le 2 mars 1476, Charles le Téméraire reçoit une magistrale raclée des Suisses près de Grandson. Les vainqueurs remportent un honorable butin...

Mort de Charles le Téméraire

Le 5 janvier 1477, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire trouve une mort tragique et solitaire dans la neige en faisant le siège de Nancy...

Charles VIII roi, Anne de Beaujeu régente

Le roi Louis XI meurt le 30 août 1483 dans son manoir de Plessis-lez-Tours, à l'âge de 60 ans. Il avait peu avant désigné sa fille Anne de Beaujeu (22 ans) pour assurer la régence pendant la minorité de son fils et successeur, Charles VIII l'Affable (13 ans à son avènement). Il disait d'elle : « C'est la moins folle femme du monde, car, de sage, il n'y en a point ».

Anne, dite « Madame la Grande », et son mari Pierre de Beaujeu vont assurer la régence avec brio jusqu'en 1491, non sans avoir fait pendre au gibet de Montfaucon le conseiller de l'ancien roi, Olivier Le Daim. Ils font face surtout à la « Guerre folle » et, par le traité du Verger, préparent l'annexion de la Bretagne au royaume.

Malheureusement, le nouveau roi Charles VIII ne va pas montrer les mêmes dispositions. Amateur de romans de chevalerie et peu intelligent, il se lance dès sa majorité dans une calamiteuse expédition en Italie, à l'instigation de son conseiller Guillaume Briçonnet, qui deviendra cardinal et sera un moment excommunié par le pape !...

Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier

Le 28 juillet 1488, le duc François II de Bretagne et les féodaux français en guerre contre la régente Anne de Beaujeu sont battus à Saint-Aubin-du-Cormier par les troupes royales commandées par La Trémoille. C'est la fin de la « Guerre folle » et de la Bretagne indépendante...

Traité du Verger

Le 19 août 1488, le duc François II de Bretagne signe le traité du Verger avec le roi de France Charles VIII et sa soeur Anne de Beaujeu. Par ce traité, il met fin à la « Guerre folle » et fait le sacrifice de son indépendance...

Charles VIII épouse Anne de Bretagne

À l'aube du 6 décembre 1491, dans le château de Langeais, près de Tours, Charles VIII l'Affable épouse la duchesse Anne de Bretagne. Elle a 14 ans et le roi de France 21. C'est le début de la fin pour la Bretagne indépendante...

Histoire de France, de 1328 à 1483
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| 18 mai 1302 : Les « Matines de Bruges »
| 11 juil. 1302 : La « bataille des éperons d'or »
| 8 sep. 1303 : L'« attentat » d'Anagni
| 5 juin 1305 : Clément V, un pape français pour Avignon
| 13 oct. 1307 : Arrestation des Templiers
| 19 mars 1314 : Suplice du grand maître des Templiers Jacques de Molay
| 19 avr. 1314 : Les amants scandaleux
| 3 avr. 1315 : Pendaison d'Enguerrand de Marigny
| 3 mai 1324 : Naissance des Jeux Floraux
| 1 fév. 1328 : Fin des Capétiens directs
| 24 mai 1337 : Philippe VI de Valois confisque la Guyenne
| 7 oct. 1337 : Début de la guerre de Cent Ans
| 24 juin 1340 : La flotte française détruite à l'Écluse
| 26 août 1346 : Les archers anglais triomphent à Crécy
| 3 août 1347 : Capitulation de Calais
| 3 mars 1349 : L'héritier du roi de France devient le Dauphin
| 27 mars 1351 : Combat des Trente à Ploërmel
| 19 sep. 1356 : Jean le Bon est défait à Poitiers
| 22 fév. 1358 : La révolution manquée d'Étienne Marcel
| 21 mai 1358 : La Grande Jacquerie
| 31 juil. 1358 : Assassinat d'Étienne Marcel
| 2 août 1358 : Le Dauphin rentre à Paris
| 8 mai 1360 : Préliminaires de paix à Brétigny
| 5 déc. 1360 : Naissance du franc
| 21 nov. 1361 : Toulouse est réunie à la couronne
| 16 mai 1364 : Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel
| 12 avr. 1365 : Traité de Guérande
| 14 mars 1369 : Du Guesclin fait le ménage en Espagne
| 2 oct. 1369 : Du Guesclin reçoit l'épée de connétable
| 17 jan. 1377 : Le pape quitte (provisoirement) Avignon
| 13 juil. 1380 : Mort du connétable Bertrand Du Guesclin
| 4 nov. 1380 : Sacre de Charles VI
| 1 mars 1382 : La révolte fiscale des Maillotins
| 5 août 1392 : Charles VI le Bien Aimé devient le Fou
| 16 juil. 1394 : Charles VI expulse les juifs
| 23 nov. 1407 : Assassinat dans la rue Vieille du Temple
| 27 avr. 1413 : Révolte des Cabochiens
| 25 oct. 1415 : La « fleur de la chevalerie » défaite à Azincourt
| 19 jan. 1419 : Rouen se livre aux Anglais
| 1 sep. 1419 : L'assassinat de Jean sans Peur
| 21 mai 1420 : La France humiliée par le traité de Troyes
| 25 fév. 1429 : Jeanne d'Arc rencontre le roi à Chinon
| 8 mai 1429 : Jeanne d'Arc délivre Orléans
| 18 juin 1429 : Jeanne d'Arc victorieuse à Patay
| 17 juil. 1429 : Charles VII est sacré à Reims
| 2 sep. 1429 : Jeanne d'Arc lève le siège de Paris
| 23 mai 1430 : Jeanne d'Arc prisonnière
| 3 mai 1431 : Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen
| 21 sep. 1435 : Le traité d'Arras
| 7 juil. 1438 : « Pragmatique Sanction » de Bourges
| 2 nov. 1439 : Naissance de l'impôt permanent
| 26 oct. 1440 : Mort de Gilles de Rais
| 26 mai 1445 : Charles VII crée les Compagnies d'ordonnance
| 15 avr. 1450 : Bataille de Formigny
| 31 juil. 1451 : Arrestation de Jacques Coeur
| 17 juil. 1453 : La guerre de Cent Ans prend fin à Castillon
| 16 fév. 1454 : Le « voeu du faisan »
| 5 oct. 1465 : Fin de la « Ligue du Bien public »
| 21 oct. 1467 : La magistrature française devient inamovible
| 3 fév. 1468 : Gutenberg lègue l'imprimerie à l'humanité
| 14 oct. 1468 : Entrevue orageuse à Péronne
| 2 mars 1476 : Charles le Téméraire battu à Grandson
| 5 jan. 1477 : Mort de Charles le Téméraire
| 3 août 1483 : Charles VIII roi, Anne de Beaujeu régente
| 28 juil. 1488 : Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier
| 19 août 1488 : Traité du Verger
| 6 déc. 1491 : Charles VIII épouse Anne de Bretagne