29 juillet 1907

Naissance du scoutisme

Le mouvement scout, d'un mot anglais qui signifie « éclaireur », a été fondé par le général Robert Baden-Powell le 29 juillet 1907.

Un héros très britannique

Robert Baden-Powell, fondateur du scoutismeRobert Baden-Powell est né 50 ans plus tôt, le 22 février 1857. Son père, professeur à Oxford, meurt prématurément et sa mère doit élever la nichée : dix frères et soeurs, au prix d'une rigoureuse organisation. C'est le début d'une vocation.

Brillamment reçu à l'école militaire malgré de médiocres études, le jeune homme en sort sous-lieutenant du 13e hussard et part combattre aux Indes. Cavalier éclaireur (scout), il goûte le bonheur de survivre, se repérer et traquer l'ennemi dans une nature inconnue. De même que son cadet Winston Churchill, il se fait connaître en racontant dans la presse ses exploits.

En 1888, le voilà en Afrique du sud, où il participe aux guerres zouloues. Il devient à 40 ans le plus jeune colonel de l'armée britannique et se fait remarquer par ses méthodes non-conformistes.

Ainsi allège-t-il la discipline et forme-t-il des commandos mobiles... à l'image de ceux qu'ont créés ses futurs ennemis, les Boers.

Il constitue aussi la police montée sud-africaine en donnant la priorité à l'initiative personnelle au détriment des ordres directs. Ses policiers à cheval portent un uniforme élégant qui anticipe celui des futurs scouts, avec chemise kaki à col rabattu ornée de badges, chapeau à bord plat importé des westerns cow-boys et marqué d'un BP, rappel de la devise « Be Prepared » (Toujours prêt) !

Le siège de Mafeking

Quand la guerre des Boers éclate en 1899, le colonel Baden-Powell est chargé de s'emparer de la petite ville de Mafeking, noeud ferroviaire au coeur du Transvaal. Une armée de 7 000 Boers ne tarde pas à l'assiéger. Lui-même ne disposant que 2 000 hommes mal entraînés, il va compenser son handicap par le bluff.

Le colonel fait disposer un faux champ de mines autour de Mafeking, avec des boîtes de sable. Il érige aussi un fort factice à proximité de Mafeking, ce qui détourne pendant un temps les bombes de la ville !... Enfin, il recourt à des cadets de 12 à 16 ans, sans armes, pour assurer les tâches de surveillance, de soutien et de liaison.

Il va supporter de la sorte un siège de 217 jours qui lui vaudra un retour triomphal à Londres et des galons de général.

Apostolat en uniforme

En Angleterre, le héros de Mafeking découvre avec surprise que son manuel Aids to scouting (Instructions aux éclaireurs) est employé par des éducateurs sociaux pour former ou redresser des jeunes en perdition.

Robert Baden-Powell, fondateur du scoutismeLui-même, parcourant le pays, mesure le mal-être des adolescents des quartiers pauvres. Il décide d'y remédier avec son expérience militaire et se met au service des associations caritatives. Sa réputation est bienvenue pour séduire les donateurs et recueillir des fonds.

Robert Baden-Powell veut fabriquer des citoyens émérites, épanouis tant au moral qu'au physique.

Le 29 juillet 1907, il entraîne sur l'île de Brownsea, dans le Dorsetshire, 24 jeunes gens à des jeux de piste. L'année suivant, il affiche son projet dans une brochure : Scouting for boys. Le scoutisme est né !

Son idéal connaîtra une fortune prodigieuse. En ce début du XXIe siècle, le scoutisme réunit 16 millions de jeunes garçons et jeunes filles dans 136 pays, au sein de groupements confessionnels ou laïcs.

Notons hélas aussi que le scoutisme a été dévoyé après la Première Guerre mondiale par les partis totalitaires qui ont créé sur le même modèle des mouvements de jeunesse à leur dévotion.

Épilogue

En 1910, Robert Baden-Powell, qui a été anobli, quitte l'armée pour se consacrer au mouvement scout.

Comme les bonnes volontés ne sont jamais de trop, le vieux célibataire se résout à épouser une jeune fille de 23 ans, Olave, qui lui donnera trois enfants et dirigera la branche féminine du scoutisme.

Le héros meurt dans son lit, au pied du Kilimandjaro, le 8 janvier 1941.

Gardons de lui cette profession de foi : « Aucun plaisir n'est comparable à celui que l'on éprouve à préparer soi-même son repas sur un petit feu de braises à la fin du jour, et aucune odeur ne vaut celle de ce feu ».

Joseph Savès
Publié ou mis à jour le : 2019-07-18 10:16:40

 
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