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Enjeux démographiques

Bientôt dix milliards

Le monde comptait 1,6 milliards d'hommes en 1900 et 6 milliards en 2000. Il en compte en 2019 7,7 milliards et pourrait encore augmenter d'un tiers pour atteindre 9,7 milliards d’êtres humains en 2050 et peut-être plus de dix milliards en 2100. 

Contre toute attente, la croissance très rapide de la population mondiale au cours des deux derniers siècles s'est accompagnée d'une amélioration sans précédent des conditions de vie moyennes de l'humanité : disparition des grandes famines et augmentation de l'espérance de vie d'environ vingt ans.

En dépit des apparences et des idées reçues, l'explosion démographique est derrière nous... et peut-être aussi l'amélioration de notre bien-être. D'ores et déjà, l'indice de fécondité global - hors Afrique noire - est de 2,1 (source), tout juste suffisant pour assurer le renouvellement de la population.

Afrique noire mise à part, la population mondiale devrait donc se stabiliser ou même décliner à l'orée du prochain siècle. Mais dans le même temps s'annonce une crise climatique majeure et arrivent de nouvelles épidémies liées à notre mode de vie : obésité (!), surmenage, overdoses d'opiacés etc.

André Larané

Un monde sens dessus dessous

Le graphique ci-dessous, publié par les Nations Unies en 2019, montre les dix pays les plus peuplés du monde en 1990, 2019 avec des projections en 2050 et 2100 :

Classement des dix pays les plus peuplés du monde selon les estimations et prévisions de la Division de la Population des Nations Unies

Sauf cataclysme majeur, on voit que le Nigeria (900 000 km2 et 733 millions d'âmes) talonnerait en 2100 l'immense Chine (9 500 000 km2) qui n'aurait plus que 1,065 milliards d'âmes (10% de la population mondiale) !

Du jamais vu pour l'Empire du Milieu qui représentait 35% de la population mondiale en 1850 avec 435 millions d'habitants (un humain sur trois) et n'en pèse déjà plus que 18%. L'Europe et la Russie pourraient de leur côté disparaître des écrans radars en dépit d'une immigration africaine massive. 

C'est l'illustration de deux phénomènes opposés qui sont en passe de bouleverser le XXIe siècle. D'une part donc, l'explosion de la population subsaharienne, d'autre part l'effondrement de la population occidentale et extrême-orientale, qui devront aussi supporter une proportion écrasante de vieillards.  Du jamais vu en temps de paix dans l'Histoire de l'humanité ( 170 ). 

Ces constatations ressortent des tableaux annuels [2015, 2016, 201720182019] que publie la Division de la Population des Nations Unies et des analyses et projections associées à ces donnée (une projection est seulement une hypothèse, pas une prévision ou une prédiction). Vous pouvez télécharger ci-après le document intégral (version anglaise).

Un monde plus contrasté que jamais

En 2019, nous sommes 7,7 milliards d'êtres humains, avec une espérance de vie moyenne de 72,6 ans et un revenu moyen par habitant de 16 100 dollars (en parité de pouvoir d'achat). Derrière ce total et ces moyennes se cachent des disparités toujours plus fortes. Jamais dans l'Histoire de l'humanité n'ont en effet été observés d'aussi grands écarts entre les revenus, les espérances de vie et surtout les indices de fécondité, de 6,8 enfants par femme au Niger à 1,1 en Corée.

L'espérance de vie à la naissance et la mortalité infantile (proportion d'enfants morts avant l'âge d'un an) sont les indicateurs les plus pertinents du bien-être collectif car ils reflètent la qualité de l'alimentation et de l'hygiène, des infrastructures publiques et de l'éducation des femmes...

Alors que l’espérance de vie plafonne à 60 ans en Afrique subsaharienne (50 ans environ pour les hommes du Congo-RDC), elle atteint 87 ans pour les Japonaises, soit presque deux fois plus que celle des Congolais ! Notons que le Japon, dont les médias retiennent exclusivement le haut niveau d'endettement public, affiche également un autre record : une très faible mortalité infantile, avec seulement 2 décès pour 1 000 naissances vivantes.

Aux États-Unis, le taux de mortalité infantile s'élève à 6 pour 1 000 naissances vivantes, contre... 4 à Cuba ! Si l'on en croit les données ci-dessus des Nations Unies, les pauvres Cubains ont aussi une espérance de vie égale à celle des Étatsuniens, toutes classes confondues : 76-77 ans pour les hommes, 80-81 ans pour les femmes.

Malgré un système social et économique dont les médias et les dirigeants disent pis que pendre, la France se tient quant à elle à un niveau très honorable, bien meilleur que les États-Unis, tant pour la mortalité infantile (4 pour 1 000 naissances vivantes) que pour l'espérance de vie (79 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes).

La baisse, jusqu'où ?

Dans l'ensemble, et malgré les apparences, l'explosion démographique et la crainte d'un trop-plein d'hommes sont derrière nous. Faut-il nous en réjouir ? Pouvons-nous espérer que cela nous conduise vers un monde stable, baignant dans la quiétude et le bonheur ?

Publié ou mis à jour le : 2019-09-21 18:01:54

 
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