Le monde russe entre nostalgie et futur

Géorgie : le retour d'Ivan le Terrible ?

18 août 2008. Confrontée à la sécession de la petite province musulmane d'Ossétie du Sud, la Géorgie tente le 7 août 2008 de la réduire par la force. La Russie prend prétexte de cette agression pour aussitôt envahir son voisin. C'est la première intervention militaire du président russe Vladimir Poutine hors de ses frontières, une intervention au demeurant peu brillante qui révèle les insuffisances de l'armée russe...

Le drame est tombé comme la foudre dans un ciel d'orage. Tandis que l'opinion mondiale n'avait d'yeux que pour les prochains Jeux Olympiques de Pékin, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice se rendait le 10 juillet 2008 à Tbilissi, capitale de la Géorgie, pour s'entretenir avec le président Mikheïl Saakachvili (40 ans), diplômé de Harvard, élu à la tête du pays en 2004, deux ans après la « Révolution des roses ». Sans doute ont-ils évoqué la candidature de la Géorgie à l'OTAN, un motif d'irritation pour l'ancien tuteur russe. L'a-t-elle assuré de son soutien face aux pressions de Moscou ou au contraire mis en garde ? On ne le saura jamais...

Au même moment, le gouvernement russe concentrait des troupes à la frontière de la Géorgie, sous le prétexte de protéger les habitants de l'Ossétie du Sud, un territoire sécessionniste, grand comme la Lozère (70 000 habitants pour 3 500 km2). Mais dans le même temps, il faisait mine de désapprouver les Abkhazes et les Ossètes qui agressaient quelques patrouilles géorgiennes sur la ligne de cessez-le-feu.

Mikheil Saakachvili a-t-il vu dans l'attitude des Russes et des Américains un encouragement à agir ? D'après des télégrammes diplomatiques américains publiés par Wikileaks et Le Monde (3 décembre 2010), il pensait que les Russes le laisseraient agir en Ossétie du Sud mais resteraient intraitables sur l'Abkhazie. Et sans doute imaginait-il que sa candidature à l'OTAN lui vaudrait le soutien de l'Occident.

Toujours est-il que le président géorgien, jusque-là loué par la presse occidentale pour son flair politique, a pris le risque, le 7 août 2008, de réoccuper militairement l'Ossétie du Sud. La réaction russe a été instantanée et brutale. L'armée russe, encore vétuste, sous-équipée, taraudée par l'indiscipline et la maltraitance, mais surdimensionnée par rapport à l'armée géorgienne, n'a fait qu'une bouchée de celle-ci. Elle l'a chassée d'Ossétie du Sud mais également d'Abkhazie, menaçant même la capitale Tbilissi et ravageant au passage une grande partie de ce pauvre petit pays.

Les Occidentaux dans l'embarras

L'intrusion de la Russie dans les affaires intérieures d'un État souverain, la Géorgie, a plongé chacun dans l'embarras. Les chancelleries ont craint de fâcher le fournisseur privilégié de l'Union européenne en pétrole et gaz.

Nicolas Sarkozy, en qualité de président en exercice de l'Union européenne, interrompit ses vacances pour transmettre aux belligérants, le 12 août, une demande de cessez-le-feu avec les formules d'usage. Il eut le soutien implicite du président américain George Bush Jr, peu soucieux de s'engager personnellement dans cette affaire alors qu'il arrivait en fin de mandat.

Les Russes, sûrs de leur force, se payèrent le luxe d'annoncer ledit cessez-le-feu dès le 11 août, avant même que le Français ne leur en fasse la demande, tout en se gardant de l'appliquer sur le terrain. Cela nous valut un morceau d'anthologie journalistique avec cette Une du quotidien Le Monde : « Comment la France a arraché l'amorce d'une négociation » (13 août 2008)... Arracher une amorce de négociation ? Diable, voilà de quoi réjouir les victimes des missiles et des chars.

Le 8 septembre 2008, les Russes n'ayant toujours pas retiré leurs forces de Géorgie, Nicolas Sarkozy fut contraint à une nouvelle médiation à Moscou et Tbilissi. Après bien des atermoiements, l'armée russe s'installa pour longtemps dans les territoires d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

Victoire de la force sur le droit

Vladimir Poutine, Premier ministre russe mais véritable maître du pays, a donc gagné sur toute la ligne. Ce tsar plus vrai que nature a ramené la Géorgie dans le giron russe et forcé les Européens à s'incliner devant l'usage de la force.

Tout est dit dans une déclaration de Nicolas Sarkozy à son homologue Dimitri Medvedev, le 12 août, au Kremlin : « Il est parfaitement normal que la Russie veuille défendre ses intérêts ainsi que ceux des Russes en Russie et des russophones à l'extérieur de la Russie ». Les commentateurs, curieusement, n'ont pas relevé malgré son caractère stupéfiant, cette formule empreinte d'un gros bon sens prudhommesque, dans la manière du président français, légitime par avance une intervention russe dans les pays baltes, membres de l'Union européenne, pour le cas où des ressortissants russophones de ces pays viendraient à se plaindre d'être opprimés... De la même façon, sur la base du même principe, on pourrait imaginer que, demain, des Wallons francophones appellent l'armée française à les protéger contre leurs voisins flamands !

André Larané
Fatalité russe, aveuglement occidental

La Russie a perdu avec Mikhaïl Gorbatchev (1986-1991) une rare occasion d'échapper à son destin. En dédaignant de soutenir ce courageux réformateur, émule du tsar libérateur Alexandre II, les Occidentaux portent une lourde part de responsabilité dans son échec. Avec son successeur, le fantasque Boris Eltsine, la Russie est retombée dans ses ornières. Une nouvelle oligarchie, issue de la nomenklatura soviétique, a fait main basse sur les reliques de l'ancienne URSS, ressources naturelles incluses, sous les applaudissements des idéologues néolibéraux d'Occident. En reprenant à leur compte le galimatias marxiste sur les vertus de l'« accumulation primaire du capital » (!), ceux-ci s'étaient convaincus que la nouvelle classe de possédants était le préalable indispensable à l'avènement d'une économie de marché capitaliste et d'un État de droit !
Dans les faits, comme au temps des tsars ou des Soviets, le pouvoir et les richesses sont captés par une étroite minorité de privilégiés, cependant que les masses russes supportent arbitraire et dénuement. Le pillage du pays sous couvert de démocratie a achevé de convaincre le peuple russe de l'inanité du modèle occidental de développement. Voilà comment la Russie en est revenue avec Vladimir Poutine aux recettes du passé, celles d'Ivan le Terrible, Pierre le Grand et Staline : un « petit père » protecteur mais ferme au service d'une Russie respectée. Mais le temps n'est plus où la Russie débordait de forces vives, jusqu'à pouvoir sacrifier 20 millions d'hommes dans la lutte contre le nazisme.

Publié ou mis à jour le : 2023-09-12 08:07:50
Roland Pirard (30-08-2008 01:15:23)

Dans l'affaire géorgienne, la Russie tente, pour la première fois depuis près de 20 ans, de contrecarrer les plans américains de la démanteler complètement.
Depuis la fin de la Guerre froide, non seulement le protectorat américain sur l'Europe n'a pas disparu mais il s'est étendu jusqu'aux portes de Saint-Pétersbourg !!
Ce sont donc bel et bien les Etats-Unis qui agressent la Russie et non l'inverse ! (que dirait Bush si la Géorgie américaine s'alliait avec la Russie ?)Leur but, c'est d'éviter que ne se constitue une alliance euro-russe qui remettrait en question leur domination de la planète.

Depuis les années 90, les USA ont attaqué l'Irak, l'Afghanistan et la Yougoslavie. Ils sont donc bien plus agressifs que les Russes !

Michel Cotte (30-08-2008 00:56:23)

L'article prend fait et cause pour Saakachvili contre Poutine, avec des arguments qui pourraient se retourner si on les appliquait au Tibet (le président chinois ne serait alors coupable que "d'éventuelles maladresses dans la restauration de son autorité sur son territoire", même si ce dernier est peuplé d'une majorité de tibétains comme l'Ossétie du Sud d'une majorité d'ossètes...).

De plus, on admet bien que les Etats-Unis protègent leur arrière-cour immédiate (cf l'invasion de Grenade sous Reagan), mais on n'admettrait pas l'équivalent pour la Russie ?

Si l'on veut rester cohérent et ne pas tomber dans une contradiction avec le Kosovo, je crois qu'il faut partir de la réalité ethnique de ces provinces, comme le signale l'article qui souligne à juste titre leurs très faibles surfaces et populations :

- l'Abkhazie et l'Adjarie sont des inventions de Staline, dont la majorité de la population est georgienne et qui doivent rester à la Georgie, dont elles assurent l'accès à la mer ;

- le découpage de l'Ossétie entre Nord et Sud est certes une invention de Staline, mais chacune de ces 2 provinces est à majorité ossète (66% pour l'Ossétie du Sud), et les Ossètes du Sud s'estiment maltraités par les Géorgiens. Nul doute qu'un référendum conduirait au rattachement de l'Ossétie du Sud avec l'Ossétie du Nord au sein de la Fédération de Russie, ce qui constitue la logique vers laquelle on s'oriente (mais il faudrait s'efforcer de donner quelques garanties à la minorité georgienne) ;

- réciproquement, les petites provinces russes à majorité musulmane comme la Tchétchénie devraient se voir reconnaître le droit à l'indépendance si elles la demandent (comme l'ont eu les républiques du type Kazakstan, Ouzbékistan... après 1989) ;

- le raisonnement devient alors cohérent avec ce que l'OTAN fait au Kosovo, qui est à majorité albanaise et s'approche de l'indépendance, même s'il faisait partie naguère du berceau de la nation serbe.

Ce raisonnement qui repose sur le droit des nationalités peut naturellement être discuté par référence aux empires du type Congrès de Vienne, mais chacun sait qu'ils sont passés de mode depuis le traité de Versailles complété par l'éclatement de la Yougoslavie. Le problème du droit des nationalités est celui du nettoyage ethnique, qu'il soit organisé (échange des populations grecque d'Asie Mineure et turque de Thrace après 1923, expulsion des allemands des Sudètes en 1945 ou déplacement des allemands et polonais de l'Est de 200 km vers l'Ouest après 1945) ou subi (guerres civiles yougoslaves), mais c'est bien ce à quoi le XXème nous a habitués.

Pour y remédier, il faut essayer d'organiser les droits des minorités au sein des petites entités obtenant l'indépendance, comme la minorité géorgienne en Ossétie du Sud. Le problème n'est pas nouveau : il se pose depuis 1919 en Roumanie avec la minorité hongroise, etc...

Remarque finale : la plus grande coupable dans cette affaire me semble être Condoleezza Rice, si elle a laissé croire à Saakachvili qu'il pouvait sans risque narguer les russes au bord de leur frontière. Cela me rappelle l'irresponsabilité de l'attachée d'ambassade américaine April Gaspie lors de son dernier entretien avec Sadam Hussein en 1990 avant qu'il lance l'invasion du Koweït.

Claude Rochet (30-08-2008 00:53:48)

Il est regrettable qu'Hérodote confonde l'histoire et le commentaire de l'actualité dans l'affaire géorgienne.
Certes, vous rappelez la provocation du président géorgien poussée par les Etats-Unis et l'Organisation de Bruxelles, mais que vient faire ici "l'impérialisme russe"? Il eut suffit de rappeler qu'il ne fait jamais bon chatouiller l'ours russe: les chevaliers teutoniques, les Mongols, Napoléon, Hitler (bien qu'il n'y a ait aucun rapport entre les deux) l'ont appris à leurs dépens.
Quant à la "démocratie géorgienne" de M. Saakachvili", cela prête doucement à sourire.... Nul doute qu'une prochaine provocation nous fasse découvrir le dessous des cartes... orange en Ukraine, ou le fameux démocrate Iutchenko, montre son vrai visage d'autocrate, en mettant, au passage, sur le même plan les anciens combattant de l'armée soviétique et les volontaires ukrainiens de la Waffen SS (le même phénomène se produisant dans les pays baltes).

L'historien gagne plus à s'intéresser au petit jeu séculaire de diviser cette région en ethnie. Il gagnerait, pour céder à la tentation de "l'histoire immédiate" à rappeler que c'est l'indépendance du Kosovo qui a réactualisé ce petit jeu. Il gagnerait également à rappeler ce fonde un peuple, cette "identité" faite de "signes de reconnaissances et de mots de passe" comme l'a brillamment défini Fernand Braudel.

Il gagnerait, enfin, à rappeler ce qu'est la géopolitique et pourquoi jamais la Russie - quel que soit son régime politique - ne tolérera que l'on porte atteinte à son indépendance énergétique et à ses intérêts géostratégiques , tout comme les Etats-Unis!
Il gagnerait en outre à rappeler que la guerre aujourd'hui est principalement celle de l'information et donc de la désinformation, et donc à intégrer ce paramètre dans la gestion de ses sources.

Claude Rochet
Professeur des universités

alfred (30-08-2008 00:32:16)

Je trouve que votre article résume à merveille la situation actuelle de la Russie dans ce conflit avec la Géorgie.
Je reçois sur ma télé ADSL deux chaînes russes RTR planeta et ORTI, qui devraient à elles seules faire l'objet d'une analyse en profondeur de la propagande du gouvernement russe à l'égard de ses propres citoyens:
Au début du conflit, on y a vu Poutine comme le sauveur des opprimés, on a vu pêle-mêle des visages d'enfants "ossètes" appeurés, des camps de fortunes, des ambulances en Ossétie du Nord.
Evidemment, aucune image sur la population géorgienne appeurée, ni sur les vols ou les pilonnages de voies de chemin de fer ou du port commercial de Gori.
A en croire les médias russes: Poutine mériterait le prix nobel! On entend souvent "Goumanitarian" (humanitaire) plusieurs remarques me viennent à l'esprit en voyant cette débauche de propagande:
- on est encore très loin d'une démocratie en Russie que ce soit à travers le traitement de l'information, ou même du côté Pantin bien cravaté que représente le personnage Medvedev dont Poutine (seul représentant du KGB) tire les ficelles.
Problème: Medvedev qu'on croyait indépendant perd une grande partie de sa crédibilité quand il promet à Sarkozy que les troupes russes vont commencer à quitter leurs position.
On a l'impression qu'il subit ce que décide les généraux, l'armée et Poutine.
Cela révèle le côté politiquement fragile de cette "démocratie".
J'ai aussi lu un article informant que l'épouse de Juri Joukoff, maire de Moscou, est immensément riche et a le souhait d'investir en Abkhasie dans des complexes hoteliers haut de gamme de même que Gazprom (état russe dont on dit aussi que Poutine en posséderait 4% sans oublier que Medvedev en était le pdg avant d'accéder à son poste de président de la fédération de Russie), eh ien Gazprom a déjà lancé des explorations au large de l'abkhazie dans les eaux territoriales Georgiennes.
Une dernière réflexion que je partage avec vous, puisque la Russie a largement distribué des passeports russes aux Ossètes du Sud, elle revendique le droit légitime d'intervenir pour défendre ses citoyens, cependant si la Russie est tellement attachée à l'indépendance de l'Ossétie alors il faut la pousser à regrouper L'Ossétie du Nord avec l'Ossétie et proclamer cet état indépendant: on verra alors jusqu'où la Russie sera capable d'assumer son rôle d'émancipateur pour cette région.
Et on n'a pas évoqué non plus le sort de la Carélie: territoire finlandais totalement annexé à la 2ème Guerre Mondiale que la Russie ne redonnera jamais à la Finlande !
Et croyez vous que L'état russe abandonnera un jour l'enclave de Kaliningrad ? jamais !!!
Enfin comment peut-on croire une seconde à l'impartialité de casques bleus "russes", je trouve déjà le concept de "casque bleu" très dérangeant.

J'aurais aimé la réaction d'une Anna Politkovskaïa ou d'un Kasparov.
La télé russe est muselée, on y voit que des reportages sur les méchants occidentaux pensant du mal de la russie, on montre des manifestants russes demandant le départ de Sakhjvili mais on ne montrera pas les pillages des hors bords flambant neuf des installations commerciales du port de Poti, on ne montrera pas non plus les populations de Géorgie affamées.

On a le sentiment qu'un Poutine est effectivement un être froid sans âme motivé par l'envie d'écraser, de soumettre, de montrer de façon arrogante la fierté russe.
Bien sûr, votre article déclenche des pluies de critiques émanant de revanchards anti américains primaires mais ne faites pas attention à ce type de critique.
IL ne faudrait pas sous prétexte que les USA ont commis une grosse erreur en Irak, permettre aux russes de donner un aussi mauvais exemple (comme d'ailleurs ce qu'ils ont fait en Tchétchénie avec Poutine).
J'ai entendu ce soir que la Suède décidait de geler ses relations avec la Russie, je crois que c'est une décision courageuse qui je l'espère devrait aider M. Poutine (Medvedev à l'air d'un clown endimanché) à se poser des questions et surtout à éviter de s'auto-gargariser sur la légitimité de leur action de ce petit pays du Caucase.
Certes, je ne suis pas sûr que la solution réside dans l'adhésion de la Géorgie à L'OTAN (considéré comme la bête noire des russes) mais il et nécessaire que l'Etat russe colonial évolue comme les autres grandes démocraties (anciennement colonisatrices) ont su évolué dans leur histoire récente...

Encore une fois Bravo pour votre article!

Jean-Luc Schaffhauser (30-08-2008 00:23:53)

De deux choses l'une: ou bien l'ossétie fait partie de la Géorgie mais alors son président aurait bombardé son propre pays - dans ce cas je me rappelle que l'otan était intervenue pour bombarder la Serbie dans des conditions où le pouvoir n'avait même pas bombardé ses populations au Kosovo! ou bien l'Ossétie fait partie de la Russie - car tel est le voeu majoritaire des populations - et alors il y a agression de la Géorgie.
Votre analyse est pour cette fois erronée et manque totalement d'objectivité car on ne peut comparer la tchécoslovaquie de l'époque confrontée au pouvoir soviétique avec la situation actuelle de la Russie qui ne fait que se défendre par rapport à une agression de ses populations - coup monté pour faire adhérer à l'Otan. Par ailleurs, je tiens à souligner que la baisse démographique est liée au démembrement de la Russie soviétique dans une période de transition qui en raison des politiques libérales menées - avec les conseillers américains et Eltsine acheté - ont conduit au collapse que nous savons! je tiens également à souligner que sauf à retourner au monopole d'Etat la transition devait immanquablement amener une nouvelle caste de nouveaux riches qui vaut mieux, malgré tout, que l'ex union soviétique!

Jean-Luc Schaffhauser
Président de l'Académie européenne
Président du Forum Démocratique Européen ayant rassemblé les Forums de la révolutions de velours après la chute du Mur

Sylviane (30-08-2008 00:07:35)

Je trouve votre position très subjective... en plus, vous donnez à entendre que la Géorgie existait dans ses frontières actuelles, ce qui est totalement faux. À partir du 14° siècle et jusqu'à la déclaration d'indépendance en 1918, le royaume de Géorgie était plutôt une succession de Khanats mélangeant musulmans et orthodoxes. L'URSS l'a fait, c'est vrai, rentrer dans le giron soviétique très rapidement, mais a contribué plus à son développement qu'à sa destruction comme vous le sous-entendez.

Sylviane (30-08-2008 00:03:38)

Je trouve votre position très subjective... en plus, vous donnez à entendre que la Géorgie existait dans ses frontières actuelles, ce qui est totalement faux. À partir du 14° siècle et jusqu'à la déclaration d'indépendance en 1918, le royaume de Géorgie était plutôt une succession de Khanats mélangeant musulmans et orthodoxes. L'URSS l'a fait, c'est vrai, rentrer dans le giron soviétique très rapidement, mais a contribué plus à son développement qu'à sa destruction comme vous le sous-entendez.

Jacob (29-08-2008 21:45:25)

L'article Géorgie : Retour d'Ivan le Terrible m'a énormément déçu, Hérodote qui jusqu'ici s'était illustré par la nature équilibrée de ses articles, fait preuve d'un parti pris sans précédent pour le régime de Saakashvili, un "brillant diplômé de Harvard" élu avec un score digne de Saddam Hussein à 96% et qui a lancé son pays exsangue dans une guerre impossible à gagner alors même que des soldats géorgiens meurent au côté des forces d'occupation américaines en Irak. Saakashvili est depuis des années une marionette de Washington qui a plus à coeur les intérêts de Washington dans la région que ceux du peuple géorgien. André Larané le présente comme une victime alors que c'est juste un mauvais calculateur croyant pouvoir lancer un "Blitzkrieg" contre les Ossètes, ayant mal échoué il vient pleurer et crier à l'"agression" alors qu'il est le premier à avoir tenté de régler par la force un problème qui avait des chances de l'être pacifiquement.

André, s'il vous plaît, ne parlez pas de choses dont vous n'avez pas la moindre idée; vous dites "réprime avec la plus extrême violence ses propres minorités : Tchétchènes, Tatars, Bouriates etc. S'il pousse les Ossètes et les Abkhazes à l'indépendance, disons chiche ! ".
On voit bien que vous n'y avez JAMAIS été depuis quand les Tatars et les Bouriates sont opprimés ?? Pardi la ministre de l'économie Russe est Tatare
et même chose pour le peuple Bouriate, c'est purement et simplement absurde, Tchétchénie même chose vous semblez oublier que la mode "indépendantiste" des années 90 est terminée depuis bien longtemps et les Tchétchènes sont très loin d'avoir tous suivi les indépendantistes et qu'il n'y a pas eu de "lutte de libération nationale face à l'ogre russe". D'ailleurs, je vous informe que aujourd'hui beaucoup d'ex-indépendantistes travaillent et reconstruisent la Tchétchénie pour "l'ogre russe" et Ahmed Zakayev avez-vous entendu parler de lui ? Eh bien, il y a de fortes chances qu'il retourne dans les prochaines semaines en "Tchétchénie occupée", si M. Larané, vous êtes un honnête historien, vous pouvez vérifier les faits que je vous présente et à l'avenir modérer vos tendances russophobes malheureusement caractéristiques de l'intelligentsia française.
Cordialement.

PS: Vous appelez Poutine à inviter toutes les minorités du Caucase à s'émanciper; eh bien, à votre grande déception, je vous informe que le Daghestan rejeta une telle "offre" ; une preuve en 1999 lorsque les extrémistes Basayev et Khattab dirigeant la Tchétchénie et l'ayant transformé en enclave de criminalité lancèrent leur assaut sur le Daghestan, qui ont été les premiers à s'opposer à eux armes à la main ?
Les civils Daghestanais (!)(et non les "troupes d'occupation" de Poutine)
que vous appelez à vous émanciper de Moscou.

Mes Respects

Pierre (29-08-2008 21:07:30)

Personnellement, je trouve que Saakashvili a été très imprudent ; sans doute est-il poussé dans le dos par ce va-t-en-guerre de Bush ! Vivement que le peuple américain ait la clairvoyance d'élire Obama à sa présidence : le monde en sera plus pacifique, je crois.
Comment Saakashvili a-t-il pu croire un instant que l'Otan allait mettre la Paix du monde en péril pour 4 millions d'habitants et 70.000 km2 ?
Ce type est fou !
Même si on peut ne pas apprécier la manière hussarde des Russes (ce qui est mon cas), il faut quand même un brin de réalisme en politique !
Je n'aime pas Poutine, mais Bush ne vaut pas mieux.
Le malheur, c'est que ce sont des innocents qui paient pour ces politiciens en mal de puissance et d'orgueil.

Benoit (29-08-2008 18:34:33)

BRAVO à André Larané pour son éditorial.
Je rentre de vacances en Pologne (mon épouse est Polonaise) et la perception de ces événements depuis ce pays voisin de la Russie va dans le même sens que son éditorial: elle est bien différente de certaines réactions des amis d'Hérodote...
Il y a danger aux frontières de l'Union Européenne !

Jean-Pierre Dubois (19-08-2008 15:18:18)

Je rêve ! Vous vous croyez encore au temps de la guerre froide : "ogre russe", "force brute des maîtres du Kremlin", Poutine "tsar aux allures d'officier SS", etc. Heureusement, tout ce qui est excessif ne compte pas, mais vous nous prenez vraiment pour des imbéciles.

champot (18-08-2008 16:12:15)

Est ce que la Russie ne s'inquiéte pas plutôt du risque de voir s'installer des batteries de missiles (ou "anti-missiles") à ses portes...? La situation internationale devient trés préoccupante, la diplomatie souvent, est inefficace face au fait accompli .Cette réaction dans l'urgence, brutale et à l'apparence mal contrôlée ne dévoile t-elle pas une vive inquiétude de la part des Russes qui se seraient sentis contraints d'agir ainsi (je ne parle pas des bombardements de civils etc...)
Je n'ai pas les données ni le savoir géopoloitique suffisant mais en intégrant les problèmes énergétiques mondiaux, la tension avec lIran, le moyen Orient etc... on peut certainement encore mieux comprendre et se faire de cheveux blancs.

sincyr (18-08-2008 11:05:28)

Votre article est bien argumenté, mais il n'est pas complet. Vous oubliez de parler du Kosovo et du harcèlement américain autour des frontières russes. A force de chatouiller les gens, on finit par les mettre en colère. Tous les torts ne sont pas que d'un seul côté, et les manoeuvres américaines pour encercler la Russie commencent à devenir insupportables.

Respectez l'orthographe et la bienséance. Les commentaires sont affichés après validation mais n'engagent que leurs auteurs.

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net