20 février 2008

L'enseignement de l'histoire réhabilité

Xavier Darcos, ministre français de l'Éducation nationale, a présenté le 20 février 2008 son projet de programmes de l'école primaire.

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Projet de programmes de l'école primaire
Le projet soumis à consultation est un beau document, clair et concis, professionnel et posé, qui marque le retour à un enseignement solide, dans lequel l'histoire et la géographie retrouvent leur place, aux côtés du français, de la grammaire et du calcul...

On n'en attendait pas moins de Xavier Darcos, sans doute la personnalité politique française le mieux au fait des problèmes de l'éducation.

Les rédacteurs de ce projet, en bons connaisseurs du monde enseignant, s'en sont tenus à des «programmes plus courts, plus clairs» (à l'opposé des préconisations ubuesques de la commission Attali) .

Le projet fixe un objectif à chaque étape de la maternelle et du primaire :
«À la fin de l'école maternelle l'enfant est capable de :
- différencier les sons ;
- distinguer les syllabes d'un mot prononcé, reconnaître une même syllabe dans plusieurs énoncés ;
- faire correspondre les mots d'un énoncé court à l'oral et à l'écrit ;
- ... »

Au CE1 (cours élémentaire 1), les écoliers ne font pas d'Histoire mais «acquièrent une première compréhension des symboles de la République et apprennent notamment à reconnaître :
- la Marseillaise, et à se lever lorsqu'ils l'entendent,
- le drapeau tricolore,
- le buste de Marianne, ou la devise
Liberté, Égalité, Fraternité».

Le retour des repères chronologiques

L'histoire et la géographie s'enseignent dans le cycle suivant (CE2, CM1 et CM2), dans le cadre d'un module appelé «culture humaniste», qui comprend aussi une initiation aux pratiques artistiques et à l'histoire des arts.

En histoire, le projet souligne l'importance «d'identifier et de
caractériser simplement les grandes périodes qui seront étudiées au
collège»
, en procédant «dans l'ordre chronologique» (pages 17 et 18).

Nous nous en félicitons car rien n'est plus important que la maîtrise de quelques repères chronologiques pour comprendre l'Histoire et progresser dans cette discipline. Il ne s'agit évidemment pas d'apprendre les dates pour les dates mais de replacer la chronologie à sa juste place.

La chronologie est aussi indispensable à la compréhension de l'Histoire que la localisation spatiale des villes et des pays à la géographie...

Comment, par exemple, comprendre la Shoah si l'on ignore que Hitler est arrivé au pouvoir en 1933, soit 4 ans après le krach de Wall Street (1929) et 15 ans après la défaite allemande (1918) ?

Présentant son projet à la presse, le ministre a déclaré : «L'histoire fait désormais l'objet d'un véritable enseignement, introduisant chez l'enfant des repères chronologiques fondés sur la connaissance des grandes dates de l'histoire de France et l'existence des personnages, contrairement aux programmes précédents qui affirmaient qu' "à cet âge, il ne s'agit pas encore de faire de l'histoire". De Clovis à Clemenceau, de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb à celle du vaccin contre la rage par Pasteur, les élèves apprendront à connaître les principaux jalons de l'histoire de France et de l'humanité. C'est dans ce cadre aussi que les nouveaux programmes font explicitement référence à la question de la traite des Noirs et de l'esclavage, ainsi qu'à l'extermination des Juifs et des Tsiganes par les nazis».

Nous lui en donnons acte et souhaitons que ses préconisations soient suivies d'effet. Nous souhaitons aussi qu'elles débouchent rapidement sur un réexamen des programmes d'Histoire du collège, là aussi dans un sens plus conforme au déroulement chronologique des événements.

André Larané.
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14
Jean-Pierre (28-02-2008 12:13:19)

"acquièrent une première compréhension des symboles de la République et apprennent notamment à reconnaître..."
Ne serait-il pas temps de de penser en termes "Europe" plutôt qu'en entités nationalistes dont on a vu au cours de l'histoire à quoi elles ont conduit ? Pour ne prendre que les dernières (en date) : 1914 et sa conséquence quasi inéluctable, 1940. Celui qui n'a pas appris des leçons de l'Histoire est condamné à la revivre.

Marie-Claire (25-02-2008 21:10:26)

En effet ce projet ministériel est bien le premier qui prenne en compte les étapes fondamentales de la construction spirituelle de l'élève: respect de soi et des autres, maîtrise des outils de communication avec LA GRAMMAIRE réssuscitée par le moyen d' une terminologie simple, en histoire le souci d'une chronologie qui fixe les repères sur lesquels fonder la connaissance de l'aventure humaine, les arts .. enfin une culture humaniste qui tend à construire l' homme avant le citoyen qu'il sera plus tard.

vincent (25-02-2008 11:12:59)

Je réagis à votre éditorial : si des repères chronologiques sont importants, le contexte des évènements l'est tout autant. Apprendre une date pour une date n'a aucun sens. Les programmes actuels n'oublient pas les dates : je viens de réviser les Carolingiens avec ma fille en cm1. De plus, le temps accordé à l'apprentissage de l'Histoire, des Arts, de la Géographie, des sciences... est tellement réduit qu'on est en droit de se demander comment les professeurs des écoles vont réussir à "tout caser". Et si on prenait le temps de la discussion avant de mettre en place des réformes qui vont dans le sens de l'opinion sans tenir compte des avis des professionnels ?

Herodote.net répond :
En lisant le projet ministériel, nous voyons qu'il n'est heureusement pas question d'apprendre une date pour une date, mais simplement de remettre la chronologie à sa juste place:-)

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