21 juin 2026. Les partisans des États-Unis d'Europe plaident pour une dilution de nos nations dans un État-Continent apte à rivaliser avec les autres grands États de la planète. Comme si la taille était un but en soi, comme si elle était garante d'un surcroît de puissance ! À l’encontre de ce préjugé, l’actualité démontre que la cohésion nationale prime sur la taille. L'Europe ne sera respectée que si elle s'appuie sur des États forts (et non le contraire)…
La Russie avait cru ne faire qu’une bouchée de l’Ukraine mais cette dernière a témoigné d’une capacité de résistance stupéfiante et quatre ans après, les deux frères ennemis s’épuisent l’un et l’autre dans une lutte à mort.
Plus dramatique, au terme d’une agression tout à fait contraire au droit international, assortie de l’assassinat ciblé des dirigeants iraniens, le président américain a « réussi » l’exploit de renforcer le pouvoir dictatorial de Téhéran. Mieux encore, la République islamique d’Iran n’a pas craint d’utiliser son pouvoir de nuisance en bloquant le détroit d’Ormuz.
Prions que ces leçons du présent éclairent nos gouvernants. La puissance n’est pas un objectif en soi. Il n’est heureusement pas nécessaire à notre épanouissement personnel et familial que notre pays devienne « calife à la place du calife ». Il suffit qu’il sache se faire respecter sur la scène internationale.
L’Europe à la remorque de l’Oncle Sam
La France et l’Union européenne en sont loin. « L'union fait la force », a-t-on coutume de dire. Oui, à condition que tous tirent dans le même sens. Mais quand, au contraire, les États européens divergent et s'affrontent au vu de tous, on aboutit à la plus totale impuissance.
C'est ce que l'on connaît depuis le précédent de 1974, quand, les pays de l'OPEP ayant suspendu leurs livraisons de pétrole aux Pays-Bas, coupable d'avoir soutenu Israël, les autres pays de la CEE ont fait profil bas et lâché les Néerlandais. De la même façon, aujourd'hui, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne profitent des dissensions entre la France et l'Algérie pour avancer leurs pions dans ce pays, au lieu de soutenir la France et les droits humains face aux exactions d'Alger.
Le comble de la division est atteint avec le voyage du président Tebboune à Berlin en juillet 2026, où il reçoit les congratulations du chancelier Merz alors même qu'un citoyen français, Christophe Gleizes, est détenu en Algérie de façon totalement arbitraire. Cela revient pour le chancelier à ridiculiser son homologue français, le président Macron, alors même qu'ils sont supposés parler d'une seule voix !
Une autre illustration des conflits d'intérêt entre Européens vient d'être donnée avec l’échec du projet d’avion de combat européen SCAF. Éric Trappier, patron de Dassault, y a vu une manigance de ses « partenaires » allemands, en embuscade pour piquer au champion français son savoir-faire en la matière. Il n’a pas voulu subir le sort d’Airbus Industrie qui, né d’une initiative française, est en train de passer sous contrôle allemand.
Par-delà les belles promesses et les embrassades des rencontres au sommet, les dissensions européennes sont éclatantes en matière d’armement : de rares États dont la France s’efforcent de conserver un minimum d’autonomie mais la plupart se placent sans état d’âme sous la tutelle du Pentagone.
La domination américaine est devenue encore plus écrasante dans le domaine numérique. Par idéologie pure, l’Union européenne s'en tient à produire des normes et interdit aux États de mener des politiques industrielles énergiques comme la France de De Gaulle et Pompidou, ou encore comme la Chine de Xi et les États-Unis de Trump.
Résultat : les entreprises, les administrations et les particuliers sont entièrement dans la main des entreprises américaines de l’internet, elles-mêmes sous l’étroit contrôle de la Maison Blanche comme vient de le démontrer l’embargo de Donald Trump sur les modèles d’IA de la société Anthropic !
Sans les services (Google, Open AI, etc.) et les composants (Nvidia) fournis par les Américains, nos sociétés seraient paralysées. Ce n’est pas le cas de la Russie, de la Chine ou même de l’Inde et du Brésil qui ont depuis longtemps développé leurs propres entreprises internet à grand coup de subventions publiques.
Retour à l’ADN européen
L'alternative, c'est un retour à l'esprit et à la culture millénaire de l'Europe. Rappelons-nous que nous sommes une civilisation commune, bâtie aux premiers siècles du Moyen Âge autour de plusieurs influences, judéo-chrétienne, gréco-romaine mais aussi germanique...
Ce sont en particulier les Germains qui ont insufflé dans la civilisation européenne une dimension égalitaire et un respect de la femme absents des civilisations méditerranéennes.
Pendant mille ans, bénéficiant d'une exceptionnelle stabilité de peuplement grâce à l'absence d'invasions ou de vagues migratoires, l'Europe a pu accomplir un bond sans précédent dans l'Histoire de l'humanité en inventant la société de confiance, le respect de la loi commune, enfin la démocratie représentative et la révolution industrielle. Ses succès, elle les doit à son génie collectif, en rien à ses ressources naturelles ou autres (note).
À la différence de la Chine impériale, toute entière soumise à une autorité unique, l'Europe des nations a su aussi tirer parti de ses divisions, chaque nation et chaque peuple participant à son heure et selon son génie à la course commune au progrès, à l'image du Portugal ou des Provinces-Unies (Pays-Bas) qui ont inauguré les grandes explorations et le commerce maritime avant d'être relayés par l'Espagne, l'Angleterre, etc.
Si cette division s'est aussi soldée par des guerres quasi-incessantes, celles-ci, mises à part les deux guerres mondiales, n'ont jamais été aussi meurtrières ni aussi violentes que les guerres civiles qui ont frappé la Chine ou les invasions qui ont périodiquement ravagé les empires islamiques.
« L'unité dans la diversité »
Ce caractère propre à l'Europe s'exprime dans la belle devise adoptée par l'Union européenne : « L'unité dans la diversité » (In varietate concordia). Que ne la respecte-t-on pas ? Penchons-nous en effet sur sa signification : que chaque État doit demeurer pleinement souverain et continuer à se diriger conformément à ses traditions et son droit, tout en se gardant de porter préjudice à ses partenaires européens, et surtout en faisant front avec eux de façon solidaire à toutes les adversités.
Cela revient à la mise en oeuvre du principe de subsidiarité introduit dans le traité de Maastricht de 1992 : chaque échelon ne doit s'occuper que des affaires pour lesquelles l'échelon inférieur n'a pas les compétences requises (note). C'est le principe qui s'applique par exemple dans la Confédération helvétique où les cantons ont quasiment plus de responsabilités que les États membres de l'UE !
En pratique, cela signifierait la dissolution de la Cour européenne de justice, le droit étant une prérogative souveraine et nationale héritière de traditions pluriséculaires (héritage, famille, citoyenneté, etc.). Cela signifierait aussi de remplacer la monnaie « unique » par une monnaie « commune » réservée aux transactions extra-européennes, de façon à préserver la souveraineté de chaque État en matière d'économie et de finances.
Dans le même temps, il s'agirait que les chefs d'États se concertent et s'entendent sur une attitude commune face au monde extérieur, face aux Américains comme aux Chinois, aux Russes, aux Africains ou aux Orientaux, étant entendu que tous les Européens, dans leur infinie diversité, partagent les mêmes intérêts sur le moyen et le long terme.
Cela veut dire que dans le cas où une puissance extérieure s'en prendrait à un État de l'Union européenne (embargo, douanes, diplomatie, menace militaire, etc.), les autres États de l'Union feraient front commun avec lui dans une riposte collective et proportionnée.
Isolés, nos États sont réduits à l'impuissance comme on le voit chaque jour, qu'il s'agisse de renvoyer dans leur pays d'origine des étrangers en infraction ou de taxer les petits colis chinois qui ruinent notre commerce ; il en irait tout autrement si tous les États de l'Union faisaient acte de solidarité et convenaient de sanctions communes contre les puissances hostiles.
C'est en parlant d'une seule voix tout en laissant chacun de ses membres vivre selon son cœur, que l'Europe se montrerait fidèle à sa nature, à son Histoire et à sa devise. Et c'est ainsi qu'elle se ferait respecter du reste du monde et aimer de ses citoyens.
C'est ainsi qu'elle pourrait promouvoir des alternatives européennes aux GAFAM, contenir le dumping chinois ou tordre le bras des gouvernants orientaux ou africains qui poussent leurs ressortissants à fuir vers l'Europe.
C’est hélas dans une direction exactement opposée que se sont dirigées les élites dirigeantes depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. Croyant ingénument à la fin de l’Histoire, elles n’ont rien eu de plus pressé que de désarmer ainsi que déconstruire les États nationaux et d’ouvrir les frontières aux capitaux, aux marchandises et aux hommes.
Le résultat, ce sont des États européens quasi-inexistants sur la scène internationale et à la remorque de Washington, avec des économies et des populations en décroissance rapide. On peut au choix voir dans cette analyse motif à baisser les bras ou au contraire à faire face en formulant un projet politique résolument novateur. Rappelons les mots du ministre Calonne : « Ce qui est nécessaire pour le salut de l'État serait impossible par des réparations partielles, » écrit-il au roi Louis XVI dans un Précis d'amélioration des finances. Il s'agit de « reprendre en sous-œuvre l'édifice entier pour en prévenir la ruine ». C'était le 20 août 1786.













Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Alain 211 (26-06-2026 11:53:34)
la reflexion de JM KAËS est complètement folle. A croire qu'il est un agent de Poutine ! L'Ukraine doit résister et vaincre !
Jonas (23-06-2026 18:06:31)
Réponse a JM KAÊS
Vous reprenez les mêmes accusations que Poutine bien au chaud en Europe , beaucoup de Français comme vous devrez suivre un stage de quelques mois , chez Poutine, Xi , Kim Jong-un ou dans un quelconque pays arabo-musulman ou Africain pour apprendre en pratique la différence entre une démocratie et une dictature .
Un proverbe arabe dialectale dit : " Pour être un bon médecin , il faut avoir été malade". Depuis votre naissance vous n'avez connu que la paix, la liberté de paroles de pensée et de pouvoir critiquer les gouvernements sans être jeter dans un cul-de-basse fosse
C'est vrai que l'Europe n'est pas parfaite , elle ne le sera jamais , mais elle permet au moins a des gens comme vous de s'exprimer et de jouer aux toutologues sans rien craindre. Lisez a tête reposer des livre qui vous feront du bien " Terres de sang" de Timothy Snyder( Ed.Gallimard ) " Vie et destin " de Vassili Grossman et Milan Kundera pour comprendre ces petits pays qui vivent sous l'épée de Damoclès de votre ami Poutine.
Sans défendre la politique du vulgaire et sexiste Trump, il est comme plusieurs présidents américains avant lui a inciter les Européens de se prendre en charge et a augmenter leur budget militaire . Il a fallut l'agression de votre ami Poutine pour que l'Europe se réveille de son long sommeil . Et de constater que nous ne sommes pas dans un monde ou règne la paix éternelle.
Demain , il faut remercier l'admirable peuple ukrainien pour son courage et sa capacité de souffrir pour défendre ses frontières et son peuple, c'est un exemple.
Deux nations , l'Ukraine et la Pologne seront les grandes puissances militaires de l'Europe , ni la France et ni l'Allemagne ne pourront plus jouer ce rôle.
A la veille de la panthéonisation de Marc Bloch, je vous incite a lire : " L'Etrange défaite".
Robert V (23-06-2026 17:50:55)
Pas de matières premières ,très peu de forces militaires ,idéologie dévalorisant le travail
dans beaucoup de pays ,frontières ouvertes à tous les vents . Je crois que les futures
trajectoires risquent de venir de l'extérieur ( industrie automobile qui bascule dans
les mains des chinois . )
Robert V (23-06-2026 17:43:41)
Pas de matières premières très peu de forces militaires , idéologie dévalorisant le travail
dans beaucoup de pays ,
Nomisam (22-06-2026 17:40:58)
JM Kaës: « les néonazis Ukrainiens ? ». N’importe quoi. Ce sont les Ukrainiens responsables de l’attaque de leur pays par ce gentil poutine néo quoi lui? D’ailleurs ce n’est pas le sujet de l’article.
GAULLIER (22-06-2026 15:19:09)
Pourquoi, ne faisons-nous pas Une EUROPE unie et fédérale ? Depuis 1957, les souverainetés n'ont jamais avancé dans ce sens. Le modèle américain ne serait-il pas applicable ? L'Europe a en plus des partenariats avec ces anciennes colonies !
JM KAËS (22-06-2026 11:46:56)
Vous décrivez ici une réalité : l’Union Européenne n’est pas une union politique, c’est un simple marché où la concurrence dite « non faussée » joue à fond. Alors que les véritables grandes puissances que vous citez exercent une politique favorable à leurs intérêts avec des droits de douane importants, surtout la puissance américaine déclinante et la Chinoise en plein essor, l’UE se veut une puissance économique plutôt que politique et favorable à une libre concurrence à l’intérieur comme à l’extérieur. Certes un certain nombre d’Etats, France et Allemagne en tête, voudraient aller plus loin vers une Europe fédérale dont les États seraient de simples régions obéissant à l’Etat fédéral, et c’est bien l’intention de Macron au niveau français et Ursula VDL au niveau allemand et bruxellois.
C’est oublier que les 27 États constituant l’Union ont des intérêts divergents sur les plans linguistique, historique, politique, économique et culturel. C’est aussi oublier que cette pseudo union a été voulue dès le départ par les dirigeants US eux-mêmes, voulant faire (avec Monnet et Schuman) un ensemble économique favorable à leurs intérêts et une association dirigée contre le bloc communiste de l’Est, constituant un ensemble économique complémentaire à l’ensemble militaire de l’OTAN.
Il devient obligatoire de penser à cette situation si l’on « oublie » d’évoquer la guerre existante depuis plus de 4 ans entre l’UE et l’OTAN d’une part, et la Russie d’autre part. Il faut alors s’interroger sur les véritables causes de cette guerre, les accords de Minsk non respectés par les Occidentaux envers Gorbatchev puis envers Poutine, les attaques depuis 2014 des régions du Donbass par les neonazis ukrainiens, etc…
C’est cette Europe dont veulent les USA et l’Allemagne jusqu’à présent, avec la bénédiction du Président français prêt à tous les abandons et à toutes les lâchetés.
Et c’est cette « union » à laquelle les Français ont dit NON en 2005 et qui pourtant est revenue avec Sarkozy et le traité de Lisbonne en 2008. C’est cette fausse union à laquelle il faut continuer à dire NON tant que les pays la composant voudront encore l’alliance servile vis à vis des USA ainsi que l’assistance militaire et financière à une Ukraine de plus en plus re nazifiée et dirigée par un guignol fou et drogué.
Pépé (22-06-2026 00:46:13)
L’Europe a aussi inventé la démocratie. Les dirigeants sont à la merci de leurs peuples, qui sont résolument pacifistes, comme les Français de 39.
On s’ennuie de DeGaulle: avec lui, moins de courbette devant Trump. L’Allemagne e doit se réveiller et mener l’Europe contre la tentative d’hégémonie russe..Elle peut profiter de la bravoure des Ukrainiens, de l’appui de la France et même de notre Canada.
Jean Bachelerie (21-06-2026 23:13:20)
L'Europe pour exister doit s'émanciper de Washington, chacun sait que l'Allemagne actuelle ne l'acceptera pas, alors faisons une Europe indépendante, avec ceux qui comme nous refuse la vassalisation. A défaut choisissons des "opt out: énergie, politique étrangère , rétablissement de nos frontières, rebâtissons une France forte industriellement, militairement?; politiquement respectée dans le monde entier comme ce fut le cas entre 1965 et 2007.
Bernard (21-06-2026 20:31:03)
"Comme si la cohésion, vertueuse pour les nations, devenait un obstacle pour l’Europe !"
Alban (21-06-2026 17:24:20)
Cher yfournier. Vous vous trompez sur les ressources naturelles qui n'ont jamais été décisives dans les succès européens. Vous vous trompez aussi sur Airbus et Ariane : dès le début, ces entreprises ont été bâties dans un cadre intergouvernemental et elles ont duré jusqu'à ce jour parce que la Commission européenne n'y a pas (encore) mis son grain de sel. Au fait, où avez-vous vu un changement de politique industrielle face aux attaques de Trump? Le libre-échange est dans l'ADN de Maastricht et tant qu'on ne sera pas revenu là-dessus, l'UE restera le jouet des grandes puissances... et des autres (Algérie, etc.).
BELPAIRE Bernard (21-06-2026 16:22:34)
Comment se pourrait-il étant donné les nationalismes divers et variés de l'UE, les égos surdimensionnés de leurs dirigeants, les normes aussi disparates de chaque état, la justice également sensiblement différente etc...
Autrement dit, arriver à des compromis acceptables relèvent à trouver la définition de la quadrature du cercle.
Je suis profondément UE, républicain universaliste et laïc et en celà je ne dérogerais jamais. Voilà une loi fondamentale qui doit marquer le départ d'accords pérennes pour que vive l'Europe.
Il y a du boulot! Courage à tous.
Coche (21-06-2026 15:53:49)
Oui, cela signifierait: la dissolution de la Cour européenne de justice, le remplacement de la monnaie « unique » par le retour à l'Ecu, monnaie « commune » réservée aux transactions extra-européennes, de façon à préserver la souveraineté de chaque État en matière d'économie et de finances et pour finir de déclarer l'abrogation des traités contraignants comme celui de Lisbonne. l'Union européenne doit s'apparenter à une formule de coopérative. Avec, pour sa défense, un commandement du type SHAPE et une coordination avec les USA dans un OTAN européanisé. En tous cas, suppression de la Commission ou de ses prérogatives les plus néfastes.
Nanasse47 (21-06-2026 15:38:32)
Personnellement, je suis consterné par la politique et la direction prises par l'UE. Les dirigeants et technocrates de Bruxelles continuent une politique mondialo-globaliste qui ne permet pas un minimum de protection de nos entreprises et la dilution en cours des populations dans ce boulgui-boulga européen est catastrophique. De Gaule avait parlé "d'Europe des Nations", mais celles-ci sont en train de se dissoudre et conduit à une paralysie des initiatives. La censure qui ne cesse de se développer contre ceux qui "ne pensent pas comme il faut" ne permet plus la confrontation d'opinions qui est la seule façon de trouver les bons compromis, et la liberté a toujours été source de progrès, alors que les totalitarismes conduisent toujours à l'effondrement. Je ne parle pas de la servilité vis à vis de l'oncle Sam, les erreurs stratégiques commises envers la Russie et cette catastrophe pour l'UE de ce soutien "coûte que coûte" à l'Ukraine, ces politiques de l'énergie stupides (en particulier le marché européen de l'électricité) .... et il y a bien d'autres sujets qui sont des fautes stratégiques dans ce monde en pleine recomposition d'où, jusqu'à présent, l'UE est la grande absente.
Philippe (21-06-2026 14:53:10)
Concernant l’Europe, De Gaulle est toujours aussi visionnaire : « "L'Europe, ça sert à quoi ? Ça doit servir à ne se laisser dominer ni par les Américains, ni par les Russes. À six, nous devrions pouvoir arriver à faire aussi bien que chacun des deux super-grands. Et si la France s'arrange pour être la première des Six, ce qui est à notre portée, elle pourra manier ce levier d'Archimède. Elle pourra entraîner les autres. L'Europe, c'est le moyen pour la France de redevenir ce qu'elle a cessé d'être depuis Waterloo : la première au monde »
yfournier (21-06-2026 11:36:26)
Vous êtes un souverainiste, ce que je respecte, mais je pourrais vous faire une réponse qui inverse phrase par phrase tout votre argumentaire. Aujourd'hui l'Europe ne pèse pas car elle n'a plus les atouts de la puissance qu'elle avait au tournant du XXème : la maitrise des ressources primaires : charbon, fer, métaux en général, ce qu'ont peu ou prou les grandes puissances que vous citez. les tentatives françaises de développer ses propres ressources industrielles se sont soldées par des échecs plan calcul, minitel, télé SECAM, sauf pour Airbus et Ariane qui serait morts en restant dans le cadre français. C'est vrai que nous n'avons pas lutté à Bruxelles contre la doxa anti politique industrielle, mais la démarche européenne doit rester l'objectif ultime. Le retournement de veste de la Commission suite aux attaques de Trump est peut-être le premier pas.