Clivages générationnels

Les boomers, « coupables, forcément coupables ? »

19 avril 2026. Invité au journal télévisé du 20 heures de TF1 le 27 août 2025, le Premier ministre François Bayrou avait pointé le « confort des boomers qui […] considèrent que tout va très bien. » La formule avait indigné l’opinion par sa maladresse. Elle n’en contient pas moins une part de vérité. Une part seulement, me hâterai-je d’ajouter, étant moi-même né en 1952 et comptant donc au rang de ces boomers.
Nées entre 1944 et 1964, beaucoup de ces personnes ont en effet pu se croire arrivées dans le paradis enchanté du printemps éternel quand elles ont eu 20 ans. Par leurs choix politiques, elles se sont alors dispensées de préparer la France aux défis futurs…

Les boomers, personnes nées entre 1944 et 1964 (60 à 80 ans aujourd’hui), sont ainsi nommés parce qu’ils sont les enfants du « baby-boom », une soudaine explosion de la natalité qui a suivi une longue et forte décroissance (note).

Les naissances qui, en France, ne dépassaient guère 600 000 par an dans les années 1930, bondirent à plus de 840 000 en 1946 et, phénomène plus surprenant, se maintinrent au-dessus de 800 000 jusqu’en 1975... Elles sont aujourd'hui retombées au niveau d'il y a un siècle en dépit d'une augmentation de plus de moitié de la population et d'une immigration à forte fécondité en provenance du Sahel.

Les démographes en sont encore à s’interroger sur les raisons de ce regain subit et relativement bref, qui se retrouve à des degrés divers dans les autres pays occidentaux.

La génération du baby-boom a bénéficié d’un double privilège :

1 • Les boomers n'ont pas eu à retrousser leurs manches plus que de raison :

Quand cette génération est entrée sur le marché du travail, à partir de 1964, l’essentiel de la modernisation du pays avait déjà été accompli par la génération de la guerre, née dans les années 1920-1930 Après avoir enduré les affres de la guerre, de l’Occupation et de la Reconstruction, après avoir souvent milité dans la Résistance, ces Français-là, qui avaient eu 20 ans en 1944-1964 avaient retroussé leurs manches, liquidé les colonies, assumé la guerre d'Algérie et engagé l’industrialisation du pays à marches forcées en alimentant les usines avec les fils de paysans chassés par l’exode rural.

La plupart de nos fleurons industriels sont le produit de cette génération ; c'est dans les années d'après-guerre qu'ils sont nés ou se sont hissés au sommet : Moulinex, Renault, Matra, Bouygues, L'Oréal, etc. 

Cet élan productif a été porté par toutes les couches de la société et tout le spectre politique. Il a permis de mettre en place l'État-Providence, fondé sur un système assurantiel : ce sont les cotisations des travailleurs qui financent l'assurance maladie (Sécurité Sociale), les allocations familiales, les allocations de chômage et les pensions de retraite. Portée par l’espoir d’un avenir meilleur, cette génération née avant 1944 a aussi fondé des familles nombreuses (2 à 3 enfants par femme en moyenne contre 1 à 2 précédemment), preuve de leur vitalité et de leur confiance en l’avenir.

Affiche du Parti communiste (1945)

Les graines ayant été semées, les boomers - leurs enfants - ont pu eu, pour une bonne partie d'entre eux, en récolter les fruits : des salaires en progression rapide, un chômage résiduel, des retraites aisément financées par les cotisations, enfin des logements à des conditions d’emprunt propices à l’achat. 

2 • Les boomers ont pu croire à la fin de l'Histoire :

La génération qui a eu 20 ans en 1964-1984 s’est vu aussi arrivée dans le paradis enchanté du printemps éternel.

1963-1964, c’est la fin des guerres coloniales et aussi de la guerre froide (après la crise de Cuba, on ne craint plus l’apocalypse nucléaire) ; l’économie occidentale domine de façon écrasante le reste du monde ; la démocratie occidentale séduit le monde entier et fait figure de modèle quasi-universel (y compris dans le monde communiste).

Les Français ont pu entrer avec délices dans la société de consommation et l’american way of life. En 1963 est ainsi inauguré à Sainte-Genevière-des-Bois (Essonne) le premier hypermarché.

Inauguration du premier hypermarché à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) en 1963

Mais 1963-1964, c’est aussi le moment où la fécondité commence à décliner en France. Les jeunes boomers qui arrivent à l’âge de s’installer dans la vie active n’ont plus, autant que leurs aînés, envie d’avenir. Le présent leur paraît souriant à souhait…

1963-1964, c’est aussi, notons-le, le moment où les émissions planétaires de gaz à effet de serre dues à l’activité humaine atteignent tout juste le seuil de 10 milliards de tonnes/an. Ce seuil est celui au-delà duquel la teneur en CO2 de l’atmosphère commence à augmenter, contribuant de ce fait au réchauffement climatique. Autrement dit, la révolution industrielle du siècle précédent (1860-1960) a pu changer du tout au tout les conditions de vie de l'humanité sans altérer notablement le climat (et l'environnement).

Les boomers au pouvoir

La grande masse des Français est restée insensible ou indifférente aux aspects géopolitiques ci-dessus. Comme à chaque génération, chacun a été éduqué, a travaillé et vécu avec plus ou moins de bonheur et de chance, en fonction de son environnement familial et social. Les boomers n'en ont pas moins bénéficié des efforts accomplis par leurs aînés ; tous ont aussi restreint leur descendance, en France comme d'ailleurs dans la plupart des autres pays occidentaux. 

Mais quand il s'agit de voter, c'est en référence à ces mêmes aspects géopolitiques que se déterminent les choix de la majorité et les orientations de la classe politique. Les minorités agissantes et en particulier les étudiants, qui vivent en collectivité et disposent de temps pour débattre, sont aussi sensibles à ces aspects.

Sans surprise, les jeunes nés après la guerre furent les acteurs de Mai-68 et du mouvement hippie : Make Love not War« La contestation devient un état en soi, une identité. Elle affirme la suprématie de l’individu, de ses envies, ses jugements, ses pulsions, ses revendications et ses excommunications, sur la collectivité, laquelle se voit opposer le fameux : « Il est interdit d’interdire », écrit l'essayiste François de Closets (né en 1933) dans un essai roboratif : La parenthèse boomers (Fayard, 2022).

1981 : les élections législatives voient l'arrivée en masse à l'Assemblée législative de jeunes députés dans la trentaine, des boomers nourris au biberon de Mai-68 et de la société des loisirs. C'est cette Assemblée qui ramène l'âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans pour tous, alors même que les progrès de l'espérance de vie et le recul de la fécondité conduiraient au contraire à le retarder.

Dans les années 1990, les boomers arrivent aux affaires et au commandes des États européens. Ils voient se concrétiser leurs espérances avec la chute du Mur de Berlin. C'est la fin de l'Histoire, proclame l'essayiste américain Francis Fukuyama. Les gouvernants européens le prennent au mot et désarment en toute quiétude. Ils ouvrent aussi les frontières aux marchandises et aux hommes, sans se soucier des avertissements de leurs prédécesseurs, tel Michel Rocard, né en 1930 (citation).

Là-dessus, en 2017, les élections législatives qui suivent la victoire d'Emmanuel Macron entraînent un complet renouvellement de l'Assemblée législative. Plus de la moitié a moins de 50 ans, 28 moins de 30 ans et les femmes sortent de la marginalité en représentant 40 % de l’effectif.

Les élites politiques issues de la génération des boomers se disposent à quitter la scène… mais les boomers eux-mêmes restent très présents dans la salle ! Du fait de la chute des naissances et du dédain des jeunes pour le vote, ils forment aujourd’hui, en 2025, la majorité des votants aux élections nationales. Autant dire qu'ils continuent encore de peser sur les choix électoraux...

Mais peut-être sommes-nous à notre insu entrés dans une nouvelle ère ? La crise de la démocratie représentative et de l'État le donne à penser. À leur apogée après la Seconde Guerre mondiale, ils sont aujourd'hui contestés à l'extrême-gauche comme dans les élites européennes. Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2026-04-20 18:58:25
Béatrice (02-05-2026 17:50:26)

Totalement d'accord avec cet article. Je suis une boomer et j'ai toujours été étonnée de vivre dans un pays sans guerre, avec des facilités pour trouver un boulot... je n'ai pas réellement vécu de galères... je pense aussi que notre génération a été plutôt insouciante de l'avenir... ne s'est pas donné la peine d'imaginer les conséquences de notre consomamtion effrénée... vacances, loisirs, etc...

historien (28-04-2026 16:11:43)

Bonjour. "Déclin", "déréliction des moeurs", "crise", "décadence généralisée"... Régulièrement, et particulièrement ici, les lecteurs et commentateurs d'Hérodote utilisent, concernant la France, des qualificatifs et expressions apocalyptiques.
Mais sur quoi se fondent-ils ? Quelles données, études, enquêtes que j'ignore ont-ils en leur possession pour afficher un tel pessimisme ?
Quelques données facilement vérifiables indiquent que le PIB de la France est toujours en hausse, de 1058 milliards d'euros en 1990 à 2917 en 2024, avec un PIB/hab en parité de pouvoir d'achat à 55 500 euros au 26e rang mondial mais précédé par les monarchies pétrolières dont le coefficient de GINI (0,29 pour la France) révèle des inégalités considérables entre citoyens. Faut-il ajouter que le patrimoine financier des ménages français, avec 16 000 milliards d'euros, n'a jamais été aussi élevé, que l'indice d'Atkinson est excellent avec un écart de revenus plutôt moins important qu'ailleurs entre les plus élevés et les plus faibles. La liste de ces bonnes nouvelles pourrait être bien plus longue notamment en évoquant les domaines sociaux, éducatifs, sanitaires, démocratiques... Certes, il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin, toujours améliorer ce que nos chers boomers ont initié ou poursuivi, afin de permettre à CHACUN et CHACUNE de vivre décemment de son travail ou d'allocations si nécessaire.
Il est ainsi urgent que les Français sortent de ce pessimisme délétère et que nous, "citoyens avisés" les y aidions. Moi qui "baroude" le monde, actuellement en Égypte, je vous garantis que nous vivons dans un des paradis terrestres... et ils ne sont pas nombreux.

constant vallverdu (27-04-2026 19:05:13)

---Lamentable . Comme si dans la situation actuelle , il était nécessaire de dresser les générations entre-elles . Visiblement Mr. LARANE ,vous avez une vision assez étroite de ce que furent pour une bonne partie d'entre nous , les années d'après - guerre .
Né en 1942 en France de parents réfugiés Espagnols , je connu la grande pauvreté . Je puis vous dire que cela marque durablement un être humain .
La possibilité de poursuivre des études ne put m'être offerte après le CEP . C'est ainsi que dès l'âge de 15 , je fus obligatoirement considéré comme ouvrier agricole . A partir de 17 ans , manœuvre de maçon ; à une période où la grande partie des activités étaient manuelles .
Et ce ,au rythme de 48 h par semaine , et , sans vacances .
Mes parents , culpabilisant en raison de cette situation , parviendrons avec de grandes difficultés à me payer pendant plusieurs années des cours par correspondance à ce qui était alors " l'Ecole Universelle " . Après une dure journée de labeur,pas toujours aisé de se p)longer dans des équations ou dissertations .
Je passe ensuite sur ce qui sera ma vie future , faite de labeur ; où je pourrai toutefois fonder une famille , et , mon épouse et moi , tenter d'offrir une vie meilleure à nos enfants .
Par votre article , vous avez juste écorné quelques situations , sans prendre garde à ce que globalement purent être bien d'autres vies.
Ce dont je me souviens tout aussi bien , ce sont,l'entraide existant alors entre nos générations ( bien loin des réseaux dit " sociaux " ) et , un certain optimisme malgré la dureté du quotidien .
Alors les Boomers , cause de la débâcle de notre modèle social ? Quelle faillite intellectuelle !!! Plus aisé ainsi d'occulter les innombrables gabegies résultant trop souvent de l'incompétences de nombre de nos dirigeants .

Herodote.net répond :
Cher monsieur, loin de nous l'idée d'accuser les "boomers" de quoi que ce soit ; je fais simplement le constat que cette génération a bénéficié d'un créneau temporel exceptionnel entre 1964 et, disons, 2004 (pas de guerres sur le sol européen, reconstruction bien engagée par la génération précédente, etc.) ; on peut penser que ces conditions privilégiées ont conduit la classe politique issue de cette génération à relâcher les efforts quand elle est arrivée aux commandes dans les années 1980-2000 (désarmement, ouverture des frontière, desserrement des contraintes budgétaires, etc.)...

COCHE (26-04-2026 16:14:41)

Les enfants nés après la Seconde Guerre Mondiale grandirent en se débrouillant avec ce que leurs parents purent leur donner. Pensez-vous que les enfants d'après guerre , nés en Normandie, ou en Bretagne, ou en Alsace, en voulurent à leurs parents ou grands-parents pour les ruines au milieu desquelles ils grandirent ? Ils étudièrent et participèrent avec leurs aînés à la reconstruction et au développement du pays.
Non, la génération actuelle pointe du doigt les aînés "Boomers" parce qu'elle a la flemme. Il est plus simple d'accuser le passé que de s'atteler à l'avenir. Mais non, perdre son temps à des calembredaines de psychologues déjantés ou se battre comme des chiffonniers pour des causes fumeuses semble plus intéressant. On croit refaire le monde et on facilite seulement la démolition et la dévastation du pays et de sa société.

Guy (25-04-2026 15:31:33)

Il est évident que les boomers ne sont pas responsables, ils ont juste eu de la chance. Le responsable est une social-démocratie parasitée par le socialisme à la française qui vit dans une bulle spatio-temporelle constituée d’acquis figés et qui modélise le monde comme un état statique composé de riches et de pauvres. Alors que la vie est un flux temporel ininterrompu où il faut savoir gérer la dynamique entre ceux qui savent créer des richesses et ceux qui ne savent pas et entre ceux qui sont en expansion démographique et ceux qui ne le sont pas.
Il est évident, également, que si le bon sens et la raison s’abattait sur la France les boomers, dont je fais partie, devraient , par civisme, participer comme les autres (qui n’ont pas eu notre chance) a l’effort de redressement.

Guy (24-04-2026 17:53:59)

Les boomers coupables de nos malheurs? non, Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère ? Oui , plusieurs qui se succèdent avec des vitesses qui s’accélèrent! A notre insu? Oui à partir du moment où nous n’en comprenons pas le sens ou la portée. La mondialisation par exemple est un phénomène économique naturel inévitable et nécessaire quoiqu’en pensent les complotistes comme Trump, ce n’est pas non plus un phénomène dû à la responsabilité d industriels cupides ou de politiciens utopiques. Elle a été favorisée par la « connectivité » croissante des humains du monde entier. Le temps des boomers a été une parenthèse heureuse pour la France mais qui est maintenant refermée. Les Français n’en ont pas appréhendé la part de chance et n’ont pas remarqué que la pression économique l’emportait maintenant sur le pouvoir politique. Le nouveau choc à venir s’appelle IA.

MIRANT (23-04-2026 07:56:37)

Né, élevé, éduqué à la campagne à une époque où se faire traiter de "Paysan" par les petits citadins n'était pas un compliment... j'ai observé il y a quelques décennies les effets du réchauffement climatique. Celui-ci est incontestable mais son origine humaine est discutable; il est d'ailleurs interdit de le discuter. Cela n'en fait pas une vérité absolue!
Je ne crois ni en Dieu ni le GIEC.
Votre article est un simple commentaire et non point une analyse objective des années "boomers".
Bonne journée.

Robert V (23-04-2026 07:00:30)

Je suis boomer moi-même ,alors en tant que responsable des problèmes , je regrette
d'avoir travaillé entre 48 et 50 heures par semaine ,ce qui était la norme à l'époque ,
très difficile de trouver moins . Aujourd'hui 35 heures une cinquième semaine de congés et de nombreuses aides en plus j'ai du mal à imaginer la souffrance qu'il faut endurer .

Malvine (22-04-2026 10:53:08)

Née en 1944, je me suis occupée de mes parents financièrement et physiquement le grand âge venu - une seule retraite de misère de € 800 - comme ceux-ci s'étaient occupés des leurs (retraite idem) .... pas question de s'en débarasser dans des maisons de retraite quand celles-ci existaient... bref j'ai aidé mes parents à porter leurs enfants, voire mon père et ma mère se lever à 6:00 du mat... papa rentrer vers 21:00, cultiver son potager le dimanche, jamais de vacances, première voiture d'occasion à 55 ans avec des sous empruntés contre intérêts.... prendre soin des habits du dimanche..... etc etc ensuite accompagner nos enfants, grands voyageurs ayant besoin de régulièrement "souffler" longs week ends, soirées cinémas ou sorties copains, thalasso pour se retaper etc. car les RTT, formations bison, 35 heures, 5 semaines de vacances proposent bcp de temps libre.... il est évident que j'ai pris mes dispositions pour ne jamais dépendre d'eux

roba (22-04-2026 00:20:33)

Cet article sur les boomers est tellement tendancieux qu' à mes yeux, il affecte profondément l'image d'historien de son auteur.
Car André Larané base son argumentation sur 2 sophismes :
"1 • Les boomers n'ont pas eu à retrousser leurs manches plus que de raison".
Ce disant, il cache que les bommers constituent la seule génération de toute l'histoire de France à avoir dû cotiser 2 fois au régime retraite : une fois pour la leur et une fois pour leurs parents et grands-parents que l'Etat n'avait pas appelés à cotiser dans le passé mais qu'on ne pouvait pas laisser crever de faim ou de froid. Cette seconde cotisation retraite au profit des aînés a été payée par les parents de Monsieur Larané puis par lui-même sous le nom de vignette auto, que les Français avaient instantanément surnommée "la retraite des vieux". Aujourd'hui, on la paie encore, mais une fois pour tout achat de voiture ; du temps des boomers, elle était reconduite d'année en année, renouvelée (et augmentée) tous les mois de novembre. Comment un historien peut-il oublier ce qu'il a vécu années après années ?
"2 • Les boomers ont pu croire à la fin de l'Histoire". Derrière cette phrase interprétable de 36 façons différentes, Monsieur Larané semble chercher à décrire des blancs-bec croyant avoir atteint "le paradis enchanté du printemps éternel". En tant que boomer ayant fait 8 années d'études supérieures, je peux témoigner que j'ai exercé des jobs d'étudiant pendant ces 8 ans ; que la concurrence pour remporter ces emplois était énorme parce que nous étions par dizaines de milliers conscients que nos parents --même relativement à l'aise depuis-- en avaient suffisamment bavé pour nous élever au sortir de la guerre ; et que la durée légale du travail --étudiant ou pas-- était de 43h33, ce qui, par rapport aux 35 heures actuelles, correspond au samedi travaillé et au dimanche comme seul jour de repos. Essayons de revenir à 1 jour de repos hebdo et observons les réactions de la population d'aujourd'hui !
Dans ses sentences sur les boomers, Monsieur Larané se fait l'égal de Monsieur Bayrou. C'est peut-être flatteur pour le Premier ministre, mais ce n'est pas honorable pour la profession du premier cité !

Sgt (21-04-2026 09:38:57)

On oppose tout à tout ! Les genres, les générations, les origines… les journalistes s’occupent ! Pendant ce temps le monde est en guerre et en France on se demande qui est responsable de la décadence générale. Si ça pouvait être les boomers , ce serait génial ????

Christian (21-04-2026 07:18:59)

Comme je me suis permis de l’écrire dans un précédent message, les «boomers» ne sont pas les principaux responsables de la vague de délocalisations et du démantèlement de l’Etat-Providence, qui ont été entrepris à la fin des années 1970 et au début des années 1980, à une époque où le pouvoir économique et politique était encore largement aux mains des hommes (et plus rarement des femmes) nés avant 1945.

En revanche, on peut reprocher à de nombreux «boomers» leur foi aveugle dans les nouvelles technologies, au nom desquelles on continue d’empiler les données les plus intimes des citoyens dans des systèmes informatiques théoriquement sécurisés, données qui se retrouvent à la merci de pirates sans scrupules. En témoignent les fuites de données régulièrement constatées dans des services aussi sensibles que FICOBA (Fichier national des comptes bancaires), France Travail (ex-Pôle Emploi) ou l’ANTS (Agence nationale des titres prétendument «sécurisés»). Au rythme où se multiplient ces fuites, on peut penser que les données personnelles de la quasi-totalité des citoyens français se retrouvent désormais dans la nature, sans que le gouvernement ait jugé nécessaire de présenter ses excuses aux victimes…

naphtes (20-04-2026 18:38:50)

Je ne me sens pas responsable de ce qui s'est passé en France, j'ai travaille 53 ans dont 2/3 en indépendant, je n'ai pas vu passer le temps. Avec le développement de l'électronique, du numérique des robots, .. nous sommes dans le processus d'obsolescence de l'homme, qui avec la consommation ostentatoire, le refus de la servitude volontaire et réchauffement planétaire va finir pas nous mettre KO.

clautrier (20-04-2026 17:59:06)

Doit - on s'excuser d'être un boomer ?
Je ne suis ni responsable ni coupable du déclin de la France. Nos politiques savent très bien le faire.
Un article à charge sans intérêt.




Pierre (20-04-2026 16:47:53)

Bien d’accord! Avant on se préparait à 10 ou 15 ans de vie à la retraite. Maintenant on travaille moins longtemps pour vivre 25 ou 30 sans de retraite. Les soins sont de plus en plus chers. Ça va casser!

fraloddo (20-04-2026 15:08:47)

Excellent article, je partage complètement cette analyse. Cette génération a bel et bien bouffé la grenouille et s'est comportée comme une sorte d'Attila générationnel en ne laissant rien de valable derrière elle. Où sont les projets tels Concorde, TGV, Ariane, Bull... (et j'en passe) qui auraient dû être lancés par les "successeurs" de De Gaulle?
Parmi ces 'successeurs', Mitterand n'est-il pas surnommé 'la pomme pourrie de Mai 68'?

GASTINEAU (20-04-2026 12:02:07)

Tout d'abord, le boom selon les démographes c'est 1946 1974. En effet comment expliquer un boom des naissances en 1944 et 1945 alors que 1,5 millions de "géniteurs" étaient prisonniers en Allemagne" Ensuite il faut considérer qu'en 1968 à peine 30 % de jeunes étaient étudiants et donc plus de 70 % étaient au boulot soit en apprentissage depuis leurs 14 ans soit employés dès 16 ans. Certes la génération qui a connu la guerre et l'occupation a souffert mais elle a bénéficié du plein emploi, de retraites grâce justement aux générations suivantes (années 30 et 40 et du baby boom) Beaucoup d'actifs avec de bonnes cotisations et peu de retraités. La génération née entre 46 et 56 a effectivement profité du changement assuré par la paix et la croissance mais ça n'a pas duré. Et puis ça ne sert à rien d'opposer des générations qui vivent l'histoire sans pour autant la faire totalement. Une chose s'impose pourtant, la lucidité et l'effort pour sortir de notre situation. Ça c'est l'exemple de la génération qui a connu la guerre, l'occupation...

Christian (20-04-2026 11:12:23)

Je suis largement d'accord avec cet article, mais je remarque tout de même que ce ne sont pas des "boomers" qui ont lancé la "révolution conservatrice" (ou "libérale") et donné le signal du grand mouvement de délocalisations et de démantèlement de l’État-Providence dont nous subissons toujours les conséquences, puisque Ronald Reagan est né en 1911 et Margaret Thatcher en 1925. Personnellement, je n'avais pas encore trente ans lorsque ces deux-là ont accédé au pouvoir en 1979 et 1981.

On peut également remarquer que les "boomers" n'ont accédé aux plus hauts sommets du pouvoir politique que bien après la fin des "trente glorieuses". Ce n'est qu'en 1993 que Bill Clinton est devenu le premier président des États-Unis né après 1945. En France, ce n'est qu'en 1984 qu'un premier ministre "boomer" a été nommé (Laurent Fabius) et ce n'est qu'en 2007 qu'un président "boomer" a été élu (Nicolas Sarkozy). La plupart d'entre eux ont malheureusement suivi aveuglément les traces de leurs prédécesseurs "néo-libéraux" (admission de la Chine à l'OMC sans contreparties sérieuses, élargissement trop rapide de l'Union européenne, multiplication des accords de libre-échange)...

Lidia (20-04-2026 06:38:32)

J'adhère totalement aux commentaires de Sylvie, Maryse, etc...

Déçu (19-04-2026 22:25:45)

C'est la première fois depuis des années que je lis un texte de M. Larané aussi décevant. C'est sûr que l'on ne choisit pas quand on est né?; désolé de n'avoir pas fait la guerre. Je suis né en 1960, j'ai travaillé jusqu'à 60 heures par semaine, ce qui semble hors de portée des nouvelles générations. Dans ma dernière entreprise, c'était normal de dire "Les 35 heures, on les aime tellement qu'on les fait deux fois" ou encore quand on partait occasionnellement à 18 heures, "je prends mon après-midi". Le nombre d'articles qui décrivent les nouvelles générations ne cessent de répéter leur besoin de prendre soin de soi et du temps non travaillé nécessaire pour y parvenir. Moi, je n'ai pas demandé le congé parental, j'ai fait trois enfants et travaillé pour assurer leurs études et leur avenir. Je ne suis pas un soixante-huitard, ni un de ses avatars vu qu'en 1968 j'avais 8 ans. J'ai pris ma retraite à 62 ans, comme prévu dans les règles à ce moment-là. Je regarde la déréliction des mœurs politiques et de nos élites, ainsi que celle de nos successeurs avec effroi et affliction. Vraiment Monsieur Larané, vous qui êtes un boomer, pourquoi vous caricaturez ainsi?

Sganarello (19-04-2026 21:43:04)

Ce genre d'appréciations générales avec lesquelles on met tout le monde dans le même sac n'a guère de valeur. Ce n'est pas parce que certains ont rêvé des 35 heures, ou des 30 heures, ou de ne rien faire etc, que tout le monde était d'accord. Ce sont surtout les hommes politiques qui sont en cause. Quand à M. Bayrou lui-même pourquoi a-t-il voulu abandonner la barre qu'on lui avait donnée ?

Sylvie (19-04-2026 20:38:52)

Le titre me paraît très excessif et clivant.Mes parents,nés en 1960,ont travaillé durement toute leur vie(mon père faisait 60 h /semaine dans une boîte de transport)..pas de vacances,peu de loisirs.Le peu qu’ils ont obtenu est le résultat d’une vie de labeur.
Moi même,née en 1960, infirmière dans un hôpital psychiatrique durant 40 ans,je ne me sens pas spécialement privilégiée….
Mes ex jeunes collègues avaient ,à 30 ans ,ce que je n’ai même pas pu me payer durant toute ma carrière et sont très exigeants (maison neuve ,cuisine intégrée, Clim, voiture neuve, vacances à l’autre bout du monde….)j’ai eu ma 1 ère voiture neuve à 50 ans.
Demander actuellement à un jeune infirmier de travailler les week-ends ,a Noel, sur repos etc….ils ne veulent plus…. c’est aussi pour cela que c’est compliqué dans les hôpitaux
D’ici quelques années, il n’y aura plus personne dans le tissu associatif pour reprendre le flambeau (club rando ,entraîneurs bénévoles etc…..)ca ne les intéresse plus…..
Je pense qu’il faut arrêter de stigmatiser les gens et de leur faire porter les incompétences de nos dirigeants .

Marité (19-04-2026 20:11:11)

Vous oubliez complètement le chomage de masse. Je suis née en 1957, j'ai fait des études correctes, pourtant trouver un travail surtout pour une jeune femme n'était pas facile. J'ai surtout eu l'impression d'aller de crises en crises, chocs pétroliers ... et je n'ai nullement l'impression d'avoir vécu cette période idyllique que vous dépeigniez.

Dandumona (19-04-2026 18:52:01)

Bien beau tout ça mais rappelons que la gauche, la vraie, n'a jamais été au pouvoir et que la parenthèse de 81 (gauche??) n'a même pas duré. C'est vrai que cette époque a été plutôt agréable par rapport à avant mais aussi après, et que la destruction de l'industrie française n'a pas été discutée au parlement et encore moins dans le pays, mais concoctée par des gouvernements de droite!

Languet Jean-Paul (19-04-2026 18:17:03)

C' est pas malin , ce titre ! Pour certains, poser la question c' est déjà y répondre, par l' affirmative, bien entendu. Dans de périodes où on veut trouver le bouc émissaire responsable des malheurs, c' est exactement ce qu' il fallait faire .

Maryse (19-04-2026 17:44:30)

Je pense que le clivage intergénérationnel vous tous (tous types de médias confondus) y contribuez généreusement !
Je fais partie de la génération que vous qualifiez péjorativement de boomers … et je n'ai jamais eu l'impression que tout ce que j'avais me tombait tout cuit !
J'ai commencé à travailler juste après mon bac, à 18 ans et demi, pour 700 francs/mois, au bout de 2 ans j'ai trouvé un poste d'auxiliaire temporaire de bureau dans une administration (CDD administratif de 6 mois) avec une paye de 770 francs/mois et je devais payer un loyer de 400 francs/mois … on ne peu pas dire que la vie était facile. Certes, on passait moins de temps au chômage que maintenant, mais on prenait également le poste qu'on trouvait … on ne faisait pas le héron.
Au bout de 3 ans de vie active, je ne pleurnichait pas pour être propriétaire de mon logement ; pour avoir ma 1ère voiture, j'ai économisé sur mon salaire pour me la payer.
Mes premières vacances, je me les suis payées alors que j'avais déjà 49 ans ! demandez à un jeune de ces générations X, Y ou Z d'attendre plus de 20 avant pour prendre ses première vacances et vous allez voir comme les rues vont s'animer par la grogne.
Alors dire "Le présent leur paraît souriant à souhait…" je trouve ça un peu déplacé ! Les jeunes d'aujourd'hui veulent avoir tout et tout de suite , pendant plusieurs mois, mon lit a été un clic-clac et ma penderie un portant sur roulettes !
Les boomers ont pris ce que les politiques, boomers eux-mêmes, ont mis en place et s'ils y ont trouvé un peu de confort, à moins d'être complètement masochistes, on ne va tout de même pas leur reprocher de ne pas avoir craché dans la soupe.
Quand je lis par-ci, par-là qu'à cause des boomers il faut faire plus d'efforts contre le réchauffement de la planète, ce sont ces industriels qui nous ont forcés à utiliser les plastique à la place du verre et ont arrêté les chaînes de consigne des emballages ; pendant que j'étudiais j'ai connu les transports en palettes consignées … puis elles ont été perdues parce que cela faisait moins de manutention aux fabricants. Maintenant, il semblerait qu'on veuille y revenir … mais c'est plutôt la galère ; certains vous reprennent les emballages vides mais ils doivent être propres (comme un sou neuf), sans étiquette ni trace de colle ; d'autres vous demandent de ne leur ramener que les emballages des produits qu'ils vous ont vendus et attention le couvercle doit être le bon ; d'autres encore ne vous les reprennent carrément pas parce que ça coûte trop cher de laver des bouteilles … et je suis sûre que ma liste est loin 'être exhaustive.
J'ai aussi connu des entreprises qui avaient leur cars de ramassage pour leur personnel (et même d'autres entreprises parfois, s'ils étaient sur le chemin), puis ça coûtait sans doute trop cher (emploi d'un salarié -parfois payé en heures supplémentaires car il avait un autre poste dans l'entreprise- pour conduire le bus + entretien et carburant) alors que c'était beaucoup plus facile de laisser son personnel se débrouiller comme il le pouvait et on fait les étonnée maintenant que personne ne peut plus se passer de sa voiture … mais on les y a tellement habitués -forcés presque- qu'ils ne savent plus, et parfois ne peuvent plus, faire autrement … dans un souci d'économies on a supprimé des services publics et par ricochet des commerces ont fermé jusqu'à créer des déserts un peu partout … il faut donc une voiture pour aller travailler -parfois à 50 km de chez soi sans transport commun-, pour aller faire ses courses qu'on faisait à proximité ! Ah oui, j'oubliais ces grandes surfaces où on route tout (ou presque), on ne leur avait rien demandé … ils n'avaient qu'à nous laisser nos commerces et services publics.
Le problème vient sans doute ce que nos dirigeants considéraient comme du bonheur en boîte servi aux concitoyens qui n'est rien d'autre qu'une forme d'asservissement et d'avilissement.
Et si j'avais le temps de passer tout en revue, et un meilleur confort que ce petit rectangle où on ne voit que 3 lignes, il y aurait de quoi faire un article aussi long que le vôtre, Monsieur LARANÉ !

Sepassaki (19-04-2026 16:51:17)

Le narratif est globalement juste mais il omet de préciser que la plupart des décisions qui nous ont menées dans le mur ont été prises à partir de 1981 , essentiellement par la gauche ( mais la droite en a rajouté). Or dans les années 80-90 les postes de décision étaient encore largement occupés par des gens nés entre 1920 et 1930. Je plaide donc non coupable.

Pierre (19-04-2026 14:22:20)

Un peu fort de café que la critique vienne de Bayrou : lui était aux manettes, ayant passé sa vie comme homme politique, pas gêné le mec !

LRD54 (19-04-2026 12:54:30)

les boomers ont souffert de la guerre, né en 1936 j'ai connu les Allemands à Paris, dans le métro, à Suresnes, Fort du Mont Valérien, j'habitais avec mes six frères et soeurs aux Cités jardins de Suresnes, sans confort, un point d'eau dans la cuisine, chauffage par cuisinière bois et charbons. Ecole primaire, lycée et travail avant 17 ans, aide comptable, à Paris 9eme. On nous attendait, le travail ne manquait pas, commerces, imprimerie....congés ayés 1 semaine de plus que les plus agés, mais peu de loisirs, pas vacances au loin....c'était le no temps???????

Hugo (19-04-2026 12:50:31)

Les "boomers" n'ont rien à voir avec la déconfiture sans précédent de la France et sa probable disparition d'ici 25 ou 30 ans. Ils ne sont en effet pour rien dans le renchérissement de l'énergie à partir du premier choc pétrolier (1973) qui a cassé net la croissance, dans la bureaucratisation rampante qui a brisé l'esprit d'initiative, dans les fiscalisme initié par Giscard et amplifié par ses successeurs, et surtout par une immigration gigantesque, véritable boulet qui plombe les comptes sociaux, tue à petit feu l'État Providence, démolit les services publics, aspire les logements sociaux, détruit le système éducatif et transforme peu à peu villes et campagnes en coupe-gorges.

Chaktori (19-04-2026 11:46:22)


Les boomers ne sont en rien responsables des ruines sociales, environnementalles, et économiques. Les dégradations ont vraiment commencé il y a une trentaine d'années. Entre 1950 et 1990 les progrès sociaux et économiques ont été remarquables. Quant à l'environnement, la dégradation n'a pas ralenti avec les nouvelles générations, elles consomment toujours plus et encore plus : toujours plus de voyage en avion des voitures de plus en plus grosses du matériel informatique de plus en plus performant et cetera et cetera.

Bbopen (19-04-2026 10:49:35)

Analyse sociologique intéressante...

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