Jean-Claude Michéa

« Le wokisme est un néolibéralisme culturel »

Jean-Claude Michéa, professeur de philosophie, né en 1950 à Guéret5 février 2026. Le philosophe Jean-Claude Michéa se réclame tout à la fois de Karl Marx et de George Orwell. Exilé volontaire dans un village des Landes, il a publié deux livres d'entretiens, Conversations américaines (Albin Michel, 2025) et Extension du domaine du capital (Albin Michel, 2023), sur l'alliance paradoxale de l'extrême-gauche wokiste et écologiste avec le grand capital. Elle permet à celui-ci d'abattre les traditions qui lui font encore obstacle et d'investir les sphères les plus intimes de l'existence humaine. Un tourbillon d'intelligence et d'ironie qui donne à réfléchir sur le « sens de l'Histoire »...

Dans sa critique du capitalisme, un mode de production et d'échange né il y a près de trois siècles en Occident, Jean-Claude Michéa ne fait pas de différence entre les entrepreneurs des débuts, à l'origine de la révolution industrielle, et ceux d'aujourd'hui, qui s'appliquent plutôt à désindustrialiser et dont la démarche tient en un mot : néolibéralisme (dico).

Les premiers comme les seconds s'inscrivent dans la même logique : « La première raison qui pousse ainsi le capitalisme à devoir détruire méthodiquement toutes les formes de vie autonome et d'autosubsistance, c'est que l'économie capitaliste ne repose plus, comme dans les sociétés de classe antérieures, sur l'esclavage ou le servage, mais sur le travail salarié. Pour pouvoir se développer, elle a donc besoin en permanence de voir affluer vers elle une main-d'oeuvre officiellement "libre", c'est-à-dire constituée, pour l'essentiel, d'individus qu'il a fallu préalablement déposséder de cette autonomie minimale que leur garantissaient, même sous la féodalité, leurs communautés d'origine » (Conversations américaines, page 89).

Et le philosophe de rappeler que Marx lui-même notait de façon surprenante que la commune rurale avait été « pendant tout le Moyen Âge, le seul foyer de liberté et de culture populaire » (lettre à Vera Zassoulitch, mars 1881).

On peut voir tout de même aussi une différence entre les capitalistes de la première période et ceux de la seconde :
Conversations américaines, Entretiens avec Michael C. Behrent (Jean-Claude Michéa, Albin Michel, 176 pages, 17,90 euros)• Les premiers rassemblaient des capitaux autour d'une innovation technique prometteuse en vue de la développer pour le bien commun et pour leur bien propre (dico).
• Les seconds font face à une société en voie de sclérose (effondrement de la fécondité, pénurie de travailleurs qualifiés, saturation des besoins vitaux) et choisissent en conséquence de dégager des profits d'une part avec la compression des coûts salariaux (délocalisation des usines vers les pays pauvres), d'autre part avec la concentration horizontale par absorption des petites entreprises (note), enfin avec la création de nouveaux besoins, en particulier dans l'univers dématérialisé d'internet où les coûts de production sont minimes et les profits maximums.

Dans la première période, la société était encore très majoritairement constituée de travailleurs indépendants et de petits patrons. Ce n'est plus le cas dans la seconde où tout le monde,  y compris les autoentrepreneurs et les paysans, dépend de structures anonymes et impersonnelles. Le basculement d'une période à l'autre, à la fin du XXe siècle, pourrait expliquer la fin de la démocratie représentative...

Élargissant son analyse, Jean-Claude Michéa développe une réflexion stimulante sur le néolibéralisme en lequel il voit la version aboutie du capitalisme.

Le néolibéralisme permet au capitalisme de « s'accroître et se développer, faute de quoi il serait condamné à périr » (Engels, 1892). Cela le conduit à envahir toutes les sphères de l'existence humaine, y compris, comme on le voit aujourd'hui, celles qui relevaient jusqu'ici de l'intime et de la vie privée... Ainsi se comprend le titre du premier essai (2023) : Extension du domaine du capital !

Révolutionnaire, le capitalisme !

Extension du domaine du capital (Jean-Claude Michéa, Albin Michel, 2023)Le « libéralisme réellement existant », celui de Margaret Thatcher, de Justin Trudeau ou encore d'Emmanuel Macron, exige des êtres humains de tout faire pour « rester dans la course » et s'adapter au sens du « Progrès ». Tant pis pour les losers, les provinciaux, les ouvriers et les adeptes du foie gras et de la corrida (note).

Porté à vouloir remodeler en permanence l'être humain, le capitalisme se rapproche en cela de la gauche révolutionnnaire.

Le capitalisme lui-même est révolutionnaire par sa capacité à faire feu de tout bois et récupérer toutes les idées, même celles qui lui sont hostiles.
• Ainsi de la fumeuse « théorie du genre » : elle a été récupérée par le capitalisme pour développer un marché fructueux, celui du (pseudo-)changement de sexe par lequel les troubles pubertaires des adolescent(e)s sont convertis en une dépendance à vie à la chirurgie et à la chimiothérapie.
• Ainsi de la passion pour le « bio » que la grande distribution s'est appropriée en proposant des aliments « sans » bien évidemment plus chers que les aliments « avec » sucres, gluten, huiles végétales, additifs, etc.
• Ainsi encore de la vogue de l'« antispécisme » : en refusant la viande au nom du bien-être animal, il ouvre un boulevard aux industriels et aux laboratoires qui travaillent sur la viande cellulaire et préparent la fin des terroirs et des paysans... Qui s'en plaindra ? Les prairies seront transformées en champs photovoltaïques pour alimenter en électricité nos vidéos et SUV. 

Les réseaux virtuels présentés comme des espaces de liberté font les choux gras des multimilliardaires de la Silicon Valley. Pour illustrer la remarque du philosophe, nous pensons bien évidemment à la lanceuse d'alerte Frances Haugen qui a dénoncé devant le Congrès américain, en octobre 2021, le cynisme de Facebook : ce réseau virtuel favorise sciemment les échanges transgressifs et complotistes par le fait que ces échanges génèrent davantage de pages vues et donc davantage de recettes publicitaires !

Les entrepreneurs à la Mark Zuckerberg ont de ce point de vue un comportement identique à celui des trafiquants de cocaïne : les uns et les autres tirent leur fortune de l'exploitation des faiblesses humaines... Faut-il s'étonner dans ces conditions que l'Union européenne ait intégré le trafic de drogue dans le calcul des PIB nationaux (la richesse nationale) ?

Ce cynisme est-il une constante du capitalisme ? C'est ce que pense le philosophe. Cependant, son avis mérite d'être nuancé. Le premier théoricien de l'économie libérale, l'Écossais Adam Smith, honnête homme s'il en fut, considérait en effet les humains tels qu'ils sont. Il croyait que le capitalisme devait servir leurs besoins réels comme en témoignent ses Recherches sur la nature et les causes de la Richesse des Nations (1776). Mais ses convictions étaient fondées sur le fait qu'il vivait dans un État fort et dans une société respectueuse de la loi commune. La loi et la morale pouvaient donc contenir le capitalisme dans les limites de la décence.

Nous savons, nous, que les sociétés sont autrement plus diverses. Le marché lui-même est vertueux dans une société vertueuse et mafieux dans une société mafieuse. Chaque individu agit selon ses capacités dans le sens le plus favorable que lui indique la société : dans un État fort et respecté, l'individu talentueux  se tourne vers la création d'une entreprise avec pignon sur rue ; dans un État délétère, il cherche fortune dans le crime.

Ne nous étonnons donc pas que le néolibéralisme et ses excès aient émergé dans les années 1970, au moment où l'État-nation, accusé de tous les maux, était renversé de son piédestal.

Le paradoxe est que les pourfendeurs de l'État national sont généralement issus de la haute fonction publique ou de l'ENA (comme le président Macron). Ils n'ont de cesse d'engraisser l'administration au prétexte de libéraliser les échanges (plus de mille pages pour le traité de libre-échange CETA avec le Canada). Ils multiplient également les aides sociales pour compenser vaille que vaille les conséquences de ce libre-échange (fermeture des usines, déficit commercial, endettement public, déliquescence des services publics). 

Une idéologie devenue folle

Loin de s'opposer, le néolibéralisme et le wokisme, que Jean-Claude Michéa qualifie de « néolibéralisme culturel », communient dans un même objectif : ramener l'humanité à un ensemble de monades avec leur identité particulière et sans identité collective : il n'y a plus de citoyens mais des individus, l'un transgenre, un autre racisé, un autre blanc, etc. C'est une idéologie rendue folle par ses contradictions et dont on voit les effets dans la déculturation de la jeunesse occidentale annoncée il y a déjà plus de cinquante ans par Guy Debord (La Société du spectacle, 1967).

Qui eut alors  imaginé qu'une université (Lille) pourrait confier des cours d'économie à une personne professant que les économistes Ricardo et Malthus ont été inspirés par L'Origine des espèces de Darwin, un ouvrage paru en 1859, longtemps après leur mort ? Qui eut pensé que cette personne (Sandrine Rousseau) serait un jour élue de la République et ferait la leçon à la terre entière sur les plateaux télé ? Qui eut pensé que le syndicat étudiant de gauche UNEF pourrait justifier un jour l'interdiction à la Sorbonne de la représentation d'une pièce d'Eschyle, Les Suppliantes ? Pour Jean-Claude Michéa, ces dérives orwelliennes entrent dans la logique néolibérale : elles préparent les individus au seul statut qui vaille, celui de consommateur de biens marchands (Netflix, Uber, etc.). 

Mêmes conclusions pour le philosophe Marcel Gauchet : « Le néolibéralisme s’est légitimé sous un visage libertaire avant de montrer son aspect économiquement libéral. Il y a une gauche néolibérale qui proteste contre les conséquences de la loi des marchés sans voir que son libertarisme sociétal vient à l’appui de la doctrine économique qu'elle réprouve.
L’ancrage sociologique du néolibéralisme, c’est la vague individualiste qui a bouleversé le fonctionnement social, mais aussi le fonctionnement des institutions, en mettant en avant les droits de l’homme, autrement dit les droits individuels. L’État de droit, d'une certaine manière, est le contrefort institutionnel du néolibéralisme de gauche, tandis que le libre jeu des marchés est le pilier du néolibéralisme de droite. »
(Marianne, 9 février 2026).

En rejetant les « dimensions implicites » et les « évidences partagées » qui donnent sens à la culture (Olivier Roy, L'aplatissement du monde, 2022), le wokisme ouvre un boulevard au néolibéralisme et lui offre un marché libéré de toutes les entraves. Aussi Jean-Claude Michéa juge-t-il contradictoire de contester le wokisme tout en se réclamant du néolibéralisme et de l'Europe mondialisée comme le font les journalistes des médias de droite (Le FigaroCNews, Valeurs actuelles, etc.).

Le philosophe reprend à satiété les analyses de Christophe Guilluy sur l'opposition irrévocable entre une France périphériphérique, populaire et marginalisée et une France métropolitaine, mondialisée et dominante. Combien significative est la désignation comme tête de liste socialiste aux élections européennes de Raphaël Glucksmann, qui confessait sur le plateau de « 28 minutes » en octobre 2018 : « Quand je vais à New York ou à Berlin, je me sens plus chez moi culturellement que quand je me rends en Picardie. Et c’est bien ça, le problème. »

Le découplage de la gauche d'avec la réalité transparaît dans le slogan : « Mon corps, mon choix, mon droit ! ». Pour Michéa, on ne saurait formuler de façon philosophiquement plus exacte l'essence même de la conception bourgeoise et libérale de l'être humain commme « individu replié sur lui-même, sur son intérêt privé et son caprice privé » (Marx, La Question juive, 1843).

Mais ce découplage transparaît aussi de façon encore plus brûlante dans le soutien de la gauche à l'immigration de masse, de concert avec la classe patronale, ravie de disposer d'une « armée de réserve » corvéable à merci, qui la dispense d'efforts sur les salaires et la formation.

En opposition frontale avec les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la  « Nouvelle France », le philosophe s'inquiète aussi d'une immigration de peuplement qui remplace peu à peu l'immigration de travail et « se montre de moins en moins disposée à accepter la culture et l'histoire du pays d'accueil (un peu à la manière, en somme, de ces Européens du XIXe siècle dont le "rêve américain" n'était certainement pas, dans leur grande majorité, de devenir des Apaches, des Cheyennes ou des Sioux à part entière)... »  (Conversations américaines, page 112). 

Plus que jamais sonnent vrais les avertissements du prêtre et écologiste Ivan Illich dans les années 1970 sur les illusions du consumérisme (on parlait à l'époque de « société de consommation »). Jean-Claude Michéa ne doute pas qu'Illich aurait été révolté par la dérive foncièrement élitiste et hyper-urbaine de la mouvance écologiste actuelle (Pierre Hurmic, Grégory Doucet, Alice Coffin, etc.) qui veut éradiquer sous couleur d'une « stricte protection de la nature » tout ce qui s'apparente encore, de près ou de loin, à une pratique, une tradition ou un sentiment populaire. Non sans ironie, il attend le moment où ces écologistes métropolitains s'en prendront à l'accordéon, la pelote basque, la pétanque, les sonneries dominicales, la chasse au sanglier, etc. 

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2026-04-02 22:37:42
orace369 (07-02-2026 12:04:30)

Merci. J'apprécie cette analyse et le fond du sujet.
On pourrait faire des petites mascottes à piquer d'épingles pour être dans le ton du sujet de la dite.

yuki (06-02-2026 11:37:30)

Cher Alban,
Ni Reagan ni Thatcher ne se réclamaient du "néolibéralisme" : ils parlaient plutôt de libéralisme, de libre marché ou de conservatisme économique. Dans les années 70, le mot de néolibéralisme renvoyait toujours (et ils devraient toujours renvoyer aujourd'hui) aux courants issus du colloque Lippmann. La construction européenne en est l'héritière directe, adoptant officiellement la formule "économie sociale de marché" qui est un des courant du néolibéralisme et plus précisément encore de l'ordolibéralisme. Amalgamer néolibéralisme et ultralibéralisme est une manoeuvre sémantique de la gauche, réussie il est vrai, pour caricaturer le premier. C'est un peu le même procédé que lorsque Trump appelle "communiste" l'aile gauche du parti démocrate. La rigueur historique ne doit pas suivre et encore moins entretenir la confusion : l'union européenne (et à plus forte raison la France) est bel et bien un ensemble où l'Etat joue un rôle fort (protection sociale, services publics, régulations dans la finance et le numérique, souveraineté énergétique, PAC, transition climatique, financement de la culture et des médias, infrastructures...), le tout illustré par un haut niveau de prélèvements . Ce n'est pas pour autant du planisme à la De Gaulle (vous faites peut-être cette confusion) mais le néolibéralisme n'a jamais été du planisme (ni de la social-démocratie d'ailleurs). L'Amérique de Trump ne se trompe pas, elle, sur la nature de l'économie européenne quand elle s'attaque à nos régulations ou critique nos systèmes sociaux. Ils savent très bien que nous sommes néolibéraux, et non adeptes du libéral "laisser faire, laisser passer" et c'est bien cela qui les gène.

Bernard (06-02-2026 11:34:23)

Que le Capitalisme récupère tout (idéologies, fantasmes, liberté, haine, nationalisme, guerre) est une évidence. Qu'une des idéologies qu'il récupère, l'ultralibéralisme dont le dogme est la disparition de l'État, ait développé ses métastases jusqu'au cœur et au sommet de l'État (gauche comprise : "Mon ennemi, c'est la Finance !" Le Bourget 2012) est confondant chez des "Grands Serviteurs de l'État" et révèle clairement son caractère cancéreux.

Bernard (06-02-2026 11:23:18)

Le Capitalisme est à l'Économie de marché ce que le Cancer est à la Vie. Une perversion d'un dynamisme au détriment de ce dynamisme : une fraction détourne à son profit exclusif les ressources de l'ensemble qui assure ce dynamisme jusqu'à faire crever l'ensemble, Capital compris. Aucun Cancer ne survit à l'organisme qu'il a tué (à une exception près : répondez moi si vous voulez la connaître).

Robert V (06-02-2026 07:07:03)


analyse qui a dû demander beaucoup de travail .J'attends avec impatience le prochain livre avec les solutions pour l'humanité .

Alban (05-02-2026 22:48:30)

Cher yuki, le mot néolibéralisme a bien été prononcé en 1938 mais dans un sens exactement opposé à celui sous lequel il est réapparu dans les années 1970. En 1938, en effet, il désignait un modèle économique reposant sur un État fort !
En ce qui concerne le "bio" (entre guillemets), Michéa fait référence à la tartufferie des grands groupes qui font de l'argent avec tout en trichant tant et plus.

Guy (05-02-2026 19:51:40)

Monsieur Michéa critique visiblement le capitalisme. C’est son droit. La critique peut avoir deux buts soit améliorer, soit abolir un système. Dans un cas comme dans l’autre si la critique veut être positive il préférable qu’elle donne au moins un embryon de direction pour des solutions d’amélioration ou de remplacement. C’est ce qui manque cruellement dans les extraits proposés. On pourrait également se demander ce que le capitalisme apporte aux hommes pour qu’il soit devenu le principal moteur économique mondial afin de sous peser le pour et le contre en évitant de rester ainsi sur un réquisitoire seulement à charge.

yuki (05-02-2026 15:18:05)

Bien des choses à revoir dans cette chronique :
1° Le néolibéralisme n'a pas "émergé dans les années 1970". Il est né lors du colloque Walter Lippmann en 1938 et a trouvé sa première application avec l'ordolibéralisme, l'un de ses courants, dans Allemagne gouvernée par les Chrétiens-démocrates à partir de 1949. Cette chronique, par ses références à Reagan et Thatcher confond ultra-libéralisme et néolibéralisme.
2° Peut-on parler de pénurie de travailleurs qualifiés en Occident ? Oui pour des métiers très spécifiques mais pas globalement.
3° La "saturation des besoins vitaux" serait un signe de sclérose. Bigre... Quand les besoins sont tous satisfaits, c'est bien le signe que tout va mal, faut-il comprendre !
4° Quand le capitalisme est accusé simultanément de détruire paysans et terroirs, et de promouvoir une passion pour les bio et les produits sans additifs, on ne comprend plus qu'une chose : la capitalisme a tort quoi qu'il fasse.

Hytloday (05-02-2026 13:18:56)

Régis Debré avait déjà écrit :" que vous soyez républicains ou Démocrate .......

rlrt (05-02-2026 11:54:54)

Merci Monsieur Larané pour cet excellent texte. J'ai acheté les "Conversations américaines" de J-C Michéa lors de la parution l'automne dernier.
Je rejoins son analyse comme d'ailleurs la vôtre avec les nuances qu'elle apporte au second livre évoqué.

On assiste ici à l'enterrement voulu de la civilisation occidentale. L'on rejoint aussi le livre d'Eric Zemmour paru en 2014, "Le suicide français".
Les récentes déclarations de monsieur Macron, satisfait de son action depuis le début de son mandat , ne sont-elles pas en réalité une reconnaissance de sa volonté de détruire la France en tant que Nation ?

Pablo (05-02-2026 10:59:42)

Ah si on avait continuer de suivre les principes de la bible !

Taïfale (01-02-2024 11:17:49)

J’ai lu tous les livres de JC. Michéa. Certains le classent dans la catégorie des anarchistes conservateurs. Anarchiste, car il fait souvent référence à G. Orwell, PJ. Proudhon, P. Kropotkine, G. Deborg et conservateur, car il défend des modes de vie en société contenant des us et coutumes et qu’il s’oppose à un progrès aliénant.
Si Adam Smith (1723/1790) a été le premier libéral, il a peut-être été inspiré par Bernard de Mandeville (1670/1733) qui pensait que les fraudes, les luxes, les vices doivent pouvoir se développer, car au final c’est toute la société qui en tirerait un bénéfice. Déjà à son époque, Mandeville était dans la version ultra du libéralisme.

jarrige (19-01-2024 23:38:31)

Je ne pense pas qu'une chaîne TV comme Cnews se réclame du néo-libéralisme et de l'Europe mondialisée.

mcae.fr (10-01-2024 05:59:28)

De mon point de vue la dynamique de l’histoire est une compétition où deux modèles s’affrontent et se remplacent tour à tour : l’accumulation coercitive et la décentralisation fédérative.
La référence à Marx est problématique parce qu’elle élimine un des deux modèles. Pour lui, l’investisseur qui contraint les producteurs à son profit n’est pas une modalité de l’économie, mais « l’économie » tout court. Sa critique du modèle le sacralise, puisqu’elle sous-entend qu’il n’y a pas d’alternative.
D’autre part, quand il s’attaque au « capital », il se trompe de combat. Le capital, qui permet de produire, est nécessaire à l’économie, comme la monnaie qui permet d’échanger.
Le vice de l’ère industrielle, c’est la croissance qui, dès l’origine, porte en elle la fracture sociale, la misère et les massacres. Le vice n’est pas la présence du capital, mais l’injonction faite à la société, de l’accumuler.

Les premiers « capitalistes » ont confisqué le progrès scientifique à leurs inventeurs, pour pendre le contrôle des producteurs. Ils auraient très bien pu transmettre le progrès au monde productif et les aider à le mettre en œuvre. La société aurait bénéficié d’une richesse plus abondante et plus facile à produire, accessible à tous.
Pourquoi une production de masse, si ce n’est pour en exclure les masses, et les acculer à l’exil ?
La sclérose de la société n’est que la conséquence long terme de l’objectif initial d’accumuler, c’est la signature de ce qu’on appelle le capitalisme ? Ce constat pessimiste donne également une indication pour en sortir.

L’auteur nous dit que le capitalisme fait feu de tout bois et récupérer toutes les idées, même celles qui lui sont hostiles.
L’économie du profit, est en effet, un système cohérent, un automatisme avec ses boucles de retour, qui lui permettent de toujours revenir à son but final, quelles que soient les perturbations. La seule façon d’en sortir, c’est de modifier les boucles de retour, c’est-à-dire de changer de modèle.

Les auteurs des théories économiques ont surtout été mis en avant parce qu’ils ont donné une respectabilité à la captation, en la recouvrant d’un habit scientifique.

Ce n’est pas parce que l’état s’est affaibli dans les années 70 que le néolibéralisme est apparu ( pourquoi se serait-il affaibli ? ), mais parce que le néolibéralisme nous a été imposé et que les pathologies sociétales sont apparues (chômage, appauvrissement, endettement, désindustrialisation), que l’état a perdu sa crédibilité.

Je vois le wokisme comme une tentative de la gouvernance mondiale, pour imposer sa vision du monde directement dans l’esprit des individus, surtout des jeunes, grâce à larme fatale des réseaux sociaux, à un moment où elle a de plus en plus de mal à l’imposer aux états.

Christophe (08-01-2024 11:38:17)

Désolé, la collusion woke-néolibérale ne m’apparaît toujours pas :
Que l’ignorance gagne du terrain tous les jours parce que des andouilles rejettent l’effort (la « transpiration » dans la déclaration de Julie Amanet sur les « lacs du Connemara »…), et se « repentent » de leur passé qui serait brutal, colonial, intolérant aux femmes, irrespectueux des minorités, etc, hélas ; mais que ce soit un complot du néolibéralisme, je ne vois pas. Au risque de me répéter, Macron est aussi ultra-néo-libéral que moi d’ « extrême » droite. Il ne faut pas croire les cuistres qui qualifient d’extrémistes tous ceux qui résistent à leur discours ; depuis toujours, on accuse de la rage les chiens qu’on veut noyer. L’évidence est que les LFI-écolo proposent plutôt décroissance et sobriété en opposition au commerce qui nous ajoute de nouvelles fêtes de la consommation : black Friday, Halloween, etc.
Le néolibéralisme étend-il la compétition à la sphère privée ? Sans doute, même si je n’y vois pas d’idéologie ; on peut effectivement acheter des crèmes pour être plus belle, des équipements pour courir plus vite, des kits pour avoir une plus belle voiture, du matériel pour améliorer sa maison, etc. Est-ce que le désir de mieux ou plus faire est le fruit du marketing capitaliste consumériste ou une caractéristique de la société chrétienne occidentale (mais alors comment les distinguer) ? Est-ce que l’islam crée du fatalisme, de la « soumission » à Dieu vs. le christianisme de l’opiniâtreté à la tâche comme voudrait nous le faire croire le désormais fameux discours de Noël de Villiers sur CNews. Le christianisme a-t-il permis l’Etat de droit ? Les gènes néanderthaliens ont-ils permis le christianisme ? Quel est l’œuf, quelle est la poule… Je n’en sais rien !

Jacques Groleau (08-01-2024 00:32:13)

Eh ben ! Superbe article ! J'avais acheté, et pas terminé, un bouquin de M Michea, ayant eu des membres de ma famille tués par les "héritiers" de ces grands démocrates que sont Lénine, Staline, Ho Chi Min et autres Mao, toute référence à Marx me fait fuir !
Mais je crois que je vais me trouver cet ouvrage !!!

Fischel (07-01-2024 22:54:53)

Alleluia ! Il reste encore sur cette planète au moins un esprit qui a su rester critique.
Continuez vos rubriques, c'est un bain de fraîcheur.
Cordialement

Michel Bergès (07-01-2024 19:10:49)

L'article de présentation est clair, excellent. Mais l'auteur présenté n'analyse pas la politique. C'est un économisme essentialiste -, mécaniste, qui n'explique pas les conflits, les différences, ignore le monde des langues, des cultures, des religions… Ii a "oublié" l'apport de Max Weber, sa théorie des codes religieux, dans leur prédétermination des formes économiques, sa théorie combinatoire des modes de domination (patrimonial, légal rationnel, bureaucratique, néo-patrimonial "fascismes" compris), ainsi que les essais de Fernand Braudel sur l'histoire du capitalisme et le concept de "civilisation". À poursuivre, donc. La politique, n'est pas l'économique !

Louls (07-01-2024 16:23:10)

Un thème qui fait vendre des livres!

Klakee-Nah (07-01-2024 15:23:24)

"Le marché lui-même est vertueux dans une société vertueuse et mafieux dans une société mafieuse." Le développement néo libéral du capitalisme ne tient pas à la vertu de la société et des capitalistes! Malheureusement! Sa folie est inscrite dans une nécessité "interne": son développement exponentiel! Sans ce développement il va droit vers la crise. Le "fric" est réifié. Il est devenu la "chose" à produire! Peu importe ce qui est produit! La destruction, la guerre ...etc. renouvellent la production du capital comme capital! En boostant la consommation! Le profit est la seule loi! Comme pour le voyou ou le dealer.

FH33 (07-01-2024 13:52:40)

Pour résumer la pensée que Mr Larané répand "ad nauseam" dans cette revue : 1) C'était mieux avant 2) Le capitalisme, le consumérisme, les réseaux, les américains et les milliardaires c'est tout pourri 3) Vive l'état et la politique (sous réserve qu'il s'agisse de la "bonne" politique i.e. celle qui conviendrait à Mr Larané). Quand je pense que je me suis abonné il y a quelques années à Hérodote en espérant que l'histoire serait le dernier bastion des sciences sociales ou l'idéologie serait tenue à distance.

Herodote.net répond :
Soyez rassuré quant à l'Histoire. Elle reste au coeur d'Herodote.net et nous l'analysons avec le plus de distance possible. Sans doute l'avez-vous ressenti à la lecture de notre synthèse inédite sur Theodore Roosevelt.
Dans nos contrepoints de l'actualité (2 à 3% environ de l'ensemble des articles d'Herodote.net), nous nous efforçons d'analyser le présent à la lumière de l'Histoire. Nous ne pensons pas nécessairement que "c'était mieux avant" et nous apprécions de découvrir des avancées intéressantes quand il s'en produit... Si nous en oublions, je vous serais infiniment reconnaissant de nous les signaler:-)

Varisto (07-01-2024 13:12:01)

Bonjour. Enfin je ne me sens plus seul et je suis rassuré : je ne viens pas d'une autre planète !

Cricri (07-01-2024 12:50:52)

Bon article Monsieur Michea mais rien n'est dit sur l'endettement surtout des États-Unis, qui va finir par exploser et brûler le dollar. Votre avis SVP. Merci. Cricri

HBegon (07-01-2024 11:14:10)

Bonjour
Merci pour cet article - commentaire. Je l'ai lu pour en apprendre davantage sur JC Michéa, que je connaissais essentiellement de nom et de halo (Gauche-Pas-Contente). Et je regrette que l'article de M. Larané ne distingue pas ce qui ressort du livre de JC Michéa de ses propres analyses et commentaires. Ce ne serait pas grand chose à modifier dans la forme pour rendre ces articulations plus apparentes.
Cordialement

Cala vrese (07-01-2024 10:33:17)

Stimulant. Mais a force d''avoir "déconstruit" , ridiculisé les valeurs dites bourgeoises, comme la patrie, l'honneur, la vérité ou du moins la tentative de s'en approcher (Aragon, ne disait-il pas "Le mentir vrai" !), l'on ne s'est pas préoccupé de l'intégration intellectuelle de nos concitoyens. "Le viol des foules par la propagande politique" date des années 30 ! Un autre problème : Marx fait indirectement l"éloge du Capitalisme !

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